mardi 9 juin 2026

Point d'histoire et de géopolitique

     Russie: un pays colonial?

              Dans une certaine mesure seulement

                            Depuis Pierre le Grand et Catherine II, disant:  « Je n’ai d’autre moyen de défendre mes frontières que de les étendre. »

      Des frontières en question

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Multinationales et pouvoir mondial

Gigantisme et pouvoir politico-économique

            Elles sont partout, ne connaissent pas les frontières, ont un pouvoir politique considérable.   Leur hégémonie est souvent sans égal sur les choix des pays, surtout les plus vulnérables: choix économiques, écologiques, sanitaires, informationnelles  ... La souveraineté des pays est souvent remise en question de par leur poids et leurs choix, n'allant pas toujours dans le sens de l'intérêt général, du développement économique, du bien être et de la santé collective. Certaines, comme Palentir, posent des problèmes redoutables.     "Présentées tantôt comme des havres de développement économique, tantôt comme des enfers sociaux, les multinationales sont dans tous les cas le symptôme d’économies et de sociétés mondialisées et remettent en cause des régulations édictées par les États et les organisations interétatiques sur une base nationale..."                                                      Le problème est aussi que les multinationales bénéficient souvent de conditions financières particulièrement favorables, qu'elles ne manquent pas d'exiger. Il est question régulièrement, faute de mieux, de les taxer, faute de pouvoir toujours les contrôler.  


           Cela paraîtrait d'une grande logique                                                                                                                                                                 Pour une justice élémentaire.  Malgré des réticences attendues. Une mesure qui n' a rien de  "bolchevique" On comprend les cris d'orfraie de certains...Comme pour la taxe Zucman à un autre niveau.                 " Un étonnant vent de révolte contre les multinationales a soufflé sur l’Assemblée nationale dans la soirée du mardi 28 octobre. Malgré l’opposition résolue du gouvernement, les députés qui examinent le projet de budget pour 2026 ont adopté coup sur coup deux mesures marquantes visant à taxer les bénéfices des grandes entreprises étrangères d’une part, l’activité des géants du numérique de l’autre. Ensemble, elles pourraient rapporter plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’Etat, selon leurs initiateurs..."    Mais le Sénat risque fort de passer outre.                       On est encore loin du compte.    C'est au niveau mondial que le problème se pose . Au-delà des mythes.                                                                                                                                                                           


       __Depuis la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, les sociétés multinationales ont fait leur chemin, mais ont explosé surtout à partir des années 1970. Une multinationale" est une société qui produit des effets économiques dans plusieurs pays. C'est-à-dire que les actionnaires ne viennent pas du même pays ou elle implante ses sièges dans deux ou plusieurs pays. Selon Charles-Albert Michalet, la multinationalisation d'une entreprise répond à cinq déterminants principaux :
  • La recherche d'un accès direct aux matières premières, notamment durant la colonisation.
  • Le besoin de contourner certaines entraves à l'échange. Il s'agit par exemple de produire sur le marché où le produit sera consommé afin de ne pas être affecté par les tarifs douaniers à l'importation.
  • La recherche de débouchés extérieurs suite à l’intensification de la concurrence sur le marché intérieur. De plus, dès lors qu’une firme adoptera cette stratégie elle sera probablement imitée par les firmes concurrentes.
  • La perte d’un avantage technologique sur le marché national peut contraindre les entreprises à le produire à l’étranger, à moindre coût, afin de pouvoir continuer à le produire de façon rentable.
  • La recherche de coûts du travail plus faibles.
  • ____Il définit une multinationale comme une entreprise « le plus souvent de grande taille, qui, à partir d'une base nationale, a implanté à l'étranger plusieurs filiales dans plusieurs pays, avec une stratégie et une organisation conçue à l'échelle mondiale ». Cathal J. Nolan, professeur d'histoire à l'université de Boston, insiste sur les « capitaux, biens et technologies extrêmement flexibles » de ces entreprises qui « pensent globalement », qui n'ont « pas de loyauté spécifique » et qui prennent leurs « décisions selon des questions d'économie d'échelle, de politique fiscale et de rapatriement des profits ».__Le Cetim insiste sur une certaine centralisation, en définissant une multinationale comme une « entité légale de droit privé, agissant dans plusieurs États, mais avec un seul centre ou un centre principal dé décision ». Dans le même sens, René Sandretto la définit comme une « firme généralement de grande taille, dont l'organisation et la gestion sont le plus souvent centralisées, développant leur activité productive grâce à des filiales implantées dans plusieurs pays ».
        _Ces sociétés, que d'aucuns appellent MAÎTRES DU MONDE ( le monde appartient à 147 compagnies aux intérêts entremêlés), ne font pas dans la philanthropie, elles se moquent bien de leur pays d’origine . “Dans l’idéal, il faudrait installer chacune de nos usines sur une barge qui se déplacerait au gré des fluctuations des monnaies et des changements dans l’économie.” C’est avec cette formule lapidaire que Jack Welch, alors à la tête de General Electric, résumait en 1998 sa conception de l’entreprise américaine. On comprend pourquoi le libre échange sans limite soit leur thème d'élection. La mondialisation sans frein leur convient.
__Ne connaissant pas de frontières, s'efforçant d'affaiblir les Etats et les réglementations, elles sont aussi les premières bénéficiaires des paradis fiscaux .
_A vocation mondiale, elles sont de puissants acteurs de délocalisation.
        "...A chaque année qui passe, la croissance des grands groupes américains est de plus en plus découplée de l’économie américaine. Leurs intérêts concordent de moins en moins avec ceux de nos travailleurs, de nos consommateurs et de notre économie. Cette rupture se reflète dans leur chiffre d’affaires. En 2001, 32 % des revenus des 500 premières sociétés américaines qui composent l’indice boursier Standard & Poor’s provenaient de l’étranger. En 2008, cette proportion atteignait 48 %. Ce changement a de profondes – et terrifiantes – conséquences sur le comportement des multinationales. Dans cette période où les PME ne peuvent pas se développer parce que le chômage élevé et le fléchissement de la valeur des logements ont déprimé la demande des ménages, les grandes entreprises sont plus soucieuses d’accroître leurs ventes et leur production à l’étranger plutôt que dans leur pays d’origine. C’est pourquoi la récession en cours ne ressemble pas aux précédentes. A la différence de toutes les crises économiques qu’a connues l’Amérique, le ralentissement de l’activité se poursuit alors que les principaux employeurs peuvent renouer avec les profits sans procéder à des embauches massives aux Etats-Unis. Les bénéfices des sociétés ont battu un record au troisième trimestre – 1 659 milliards de dollars – et ils ont progressé de 28 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est la plus forte augmentation en glissement annuel jamais enregistrée. Mais cette hausse de la rentabilité ne s’est pas accompagnée d’une augmentation de l’emploi, des salaires ou du revenu national..."
_Le projet de grand marché transatlantique vise surtout à favoriser encore plus leur pénétration et leur hégémonie.
_Leur puissance financière dépasse parfois le PIB de certains pays,
_Il arrive souvent qu'elles dictent leur loi , même en Europe, en ce qui concerne en particulier les ressources naturelles.On sait l'influence des lobbies, notamment de Monsanto, sur les instances européennes bruxelloises.
_Les Etats abdiquent le plus souvent face à leurs exigences.
_Elles opèrent une captation de richesses, aux dépends des moins favorisés.
_Elles sont très présentes en matière d'agriculture, au coeur du système alimentaire, s'efforçant de contrôler toute la chaîne : le commerce des semences est au main de 10 multinationales.  ____________________

lundi 8 juin 2026

Economie et économistes

Quelle place pour l'économie?

      Qui n'est pas une science exacte 

                            Et qui a montré ses limites

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Allemagne et Europe

  Nouvelle question allemande                                         Sortir du déni                                                                      Parallèlement au virage français, la question du réarmement allemand, en cette période particulière d'incertitudes  de menaces venant de l'Est, paraît déjà comme une vieille histoire qui a plusieurs fois hanté l'Europe. Aujourd'hui, elle a changé de nature, dans un contexte géopolitique totalement différent. Faut-il s'en inquiéter ou y voir comme un chemin pour aider à constituer une Europe plus intégrée à l'abri d'un péril venu de l'Est, qu'il s'agit d'abord de dissuader.? Un tournant fait d'armement à grande vitesse, parfois contesté à l'intérieur du pays, plus facilement accepté par les syndicats, qui y voient surtout un moyen de dépasser la crise actuelle de la métallurgie. Une ambiguïté traverse cependant le pays.   
                                                        "...Inscrite dans le contexte de la guerre froide et portant sur une question intimement liée à l’identité de la construction politique allemande — faut-il, est-il possible d’historiciser la Shoah ? —, la Querelle des historiens semble pourtant d’une actualité troublantePlus de quatre-vingts ans après la chute du régime nazi, l’extrême droite est devenue la première force politique dans plusieurs Länder dans un mouvement concomitant à l’accélération réactionnaire de la Silicon Valley et aux ingérences de l’administration Trump. Les débats des années 1980 sur la mémoire, la responsabilité historique et la défense des fondements normatifs de la démocratie trouvent ainsi une résonance inattendue...."   

                                                                                                                        
Un 
"réarmement qui se fait souvent sous tension, au coeur d'une sorte de révolution copernicienne, entrainant des réticences internes et externes.                                                                                                                         "...
L’Europe est seule . Certes pas entièrement, ni de manière irrévocable, mais force est de constater qu’elle ne l’avait jamais vraiment été depuis 1945. Cette solitude aurait sans doute stupéfié les architectes de l’ordre mondial d’après-guerre, de Monnet, à Schuman, en passant par Adenauer, Bevin, Spinelli et Churchill, voire de Gaulle lui-même lorsqu’il était d’humeur frondeuse. Pour la première fois depuis trois générations, nous nous retrouvons contraints de réfléchir sérieusement à la défense de notre continent, à la sécurité de son voisinage et à la crédibilité de ses moyens de dissuasion, sans pouvoir compter sur l’hypothèse qu’une cavalerie alliée viendra toujours nous sauver depuis l’étranger. Alors comment s’en sortir ? Cette situation largement inédite exige la construction d’une réponse structurée.                                                              D’une certaine manière, nous avons déjà commencé à la mettre en pratique : en témoignent les sommes sans précédent mises sur la table, les nouvelles institutions, des prises de décision plus rapides, qui s’enchaînent à un rythme encore impensable en 2019. Mais les moyens financiers mobilisés et les acronymes ne sauraient constituer à eux seuls une stratégie. Autrement dit : nous avons un budget, mais pas encore de doctrine. C’est un problème. Par ailleurs, si la réponse proposée doit être une vraie réponse européenne, la question allemande doit occuper une place prépondérante. L’essor de l’Allemagne comme puissance militaire constitue l’une des évolutions les plus marquantes au sein de l’arsenal sécuritaire de l’Europe depuis la chute du Rideau de Fer. La question de savoir si cette transformation est une chance ou un problème pour le reste du continent dépendra de son ancrage en Europe. Dans cette perspective, Berlin a besoin d’une feuille de route renouvelée pour entrer dans cette nouvelle ère......                                                                                                 La guerre d’Ukraine a surtout permis de prendre acte que, même si les États-Unis de Biden restaient — à l’époque — disposés à jouer un rôle de premier plan, la sécurité européenne ne pouvait plus être un bien militaire produit aux États-Unis et passivement consommé par les Européens. La deuxième administration Trump a explicité ce constat : de même que le pivot vers l’Asie est bien réel, le désengagement de l’Europe est concret. Les conditions liées à l’article 5, autrefois murmurées, sont désormais énoncées haut et fort. Le retrait récemment annoncé de cinq mille soldats américains d’Allemagne — motivé, nous dit-on, moins par un calcul stratégique que par le mécontentement du président face aux critiques du chancelier Merz à l’égard de la guerre contre l’Iran — est un détail mineur — les États-Unis ayant annoncé qu’ils allaient envoyer le même nombre de troupes en Pologne, pays dont le président est un allié politique de Donald Trump — mais révélateur. La défense de l’Europe dépend désormais en partie des sautes d’humeur d’un homme à Washington...."     ___________________

dimanche 7 juin 2026

Réponse du berger à la bergère

Tempête au Moyen Orient

                  Les nuages et les tensions s'accumulent. Jour après jour.

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Petit billet du dimanche

__ Doutes

__ Révolution?

__ Tripatouillage

__ Bipède un jour...              

__ Avenir désirable

__ Pays sacrifié?

__ HSBC en accusation

__ Univers impitoyable

__ Immigration: régression

__ Effets non voulus

__  IA et dissonance cognitive

  ____________ Nouvelle vision du monde du Tsar ______

vendredi 5 juin 2026

Demain

       Je prends l'air...

            Hasta luego !                                                                     _____________________

Grand remplacement?

 Il y a "grand remplacement "

             Et grand remplacement...

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Larges horizons

                                                                                                                                    __ Etonnante découverte:                                                                                                                                         Une bière en bière

__ Prise de contrôle de l'IA                                                                                                                                            Par quelques milliardaires

__ Agrocarburants                                                                                                                                             Une très mauvaise idée. Voire une absurdité

__ Allemagne                                                                                                                                           Quelle nouveau pays?

__ Israël                                                                                                                                                   Dernier journal d'opposition

__ L'Etat menacé?                                                                                                                                           Aux USA "...Allons-nous vers ce que la sociologue Julia Adams appelle également le « patrimonialisme », et qui se caractérise avant tout par sa dimension familiale..." 


__ Immigration                                                                                                                                             Qu'on le veuille ou non, l'immigration est une composante centrale de la société française

__Ormuz:                                                                                                                                          Onde de choc économique et menace de récession

__ Les robots et la guerre                                                                                                                                            "... Andreessen soutient que l’IA « va améliorer la guerre, lorsqu’elle est inévitable, en réduisant considérablement les taux de mortalité » 29, en partie grâce à « de meilleures décisions stratégiques et tactiques, minimisant les risques, les erreurs et les effusions de sang inutiles » 30.Si les « armes intelligentes » ont éloigné les soldats du feu, elles ne les empêchent pas pour autant d’exercer leur puissance létale. Au contraire, elles les rendent insensibles au fait même de tuer et les encouragent, ainsi que leurs officiers, à se livrer à une utilisation effrénée de ces armes, provoquant des « dommages collatéraux » accrus, au préjudice des populations civiles..."

__ Des voix juives aux USA                                                                                                                                                                  Une bascule aux USA, pas seulement chez les jeunes, et des divisions entre Juifs en France

__ Audiovisuel public en question                                                                                                                                          ¨;Avenir de la télévision numérique terrestre, concurrence des plateformes étrangères, lutte contre les fake news et les ingérences extérieures, irruption de l’intelligence artificielle (IA), accessibilité de l’offre, etc. Les urgences sont pourtant connues. Dans une interview parue dans La Tribune dimanche, le 10 mai, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, alertait, à titre d’exemple, sur la priorité de traiter du « droit à une information sécurisée à l’heure des ingérences étrangères ou de l’IA, ou la question de l’identité culturelle face aux grandes plateformes mondialisées ». Le lendemain, Stéphane Sitbon-Gomez, le numéro deux de France Télévisions, suggérait, à son tour, devant des journalistes quelques réflexions à mener sans attendre.   (Le Monde)

__ Université  sacrifiées    Faire plus avec moins                                                                                                                                  "...Hier, lors de la discussion autour de la régulation du privé j'ai fait un choix : Parler des les difficultés de l'enseignement supérieur public. "Faire plus avec moins", voilà la doctrine dans l'ESR. La question fondamentale n'est donc pas de savoir quelle place il faut accorder à l'enseignement supérieur privé lucratif, mais 𝗾𝘂𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘃𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻𝘀-𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗲𝗿 𝗮̀ 𝗹'𝘂𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗲́𝘁𝗮𝗯𝗹𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱'𝗲𝗻𝘀𝗲𝗶𝗴𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝘂𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗻𝗼𝗻 𝗹𝘂𝗰𝗿𝗮𝘁𝗶𝗳𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗼𝘂𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂 𝘀𝗲𝗿𝘃𝗶𝗰𝗲 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰 ? La France a besoin de docteurs en médecine, de docteurs, d'ingénieurs, de diplômés du supérieur dotés des compétences les plus pointues et d'une culture générale la plus vaste possible pour affronter les défis d'une société en plein bouleversement...." _____________________

jeudi 4 juin 2026

Mots d'oiseaux

La guerre des fous 

                   Pas content! Des aveux  révélateurs   


          « You’re fucking crazy [Tu es complètement fou], lui lance-t-il, raconte le média américain Axios. Sans moi, tu serais en prison. C’est moi qui te sauve les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça. »                    ____________

Varia

 __ Négociation

__ Contradiction

__ Violation

__    Oisiveté?   >>              

__ Défiance

__ Inquiétant

__ Contestation

__ Occultation

__ Surveillance

__ Retournement

__ Déconvenues

__ IA de gauche?

__ Kanzlerwechsel?

__ Explosion chinoise

__ Crise allemande

__ Manque de puces

__ Le paradoxe du FN

__ Narratifs du Kremlin

__ Pas seulement le cadmium

       _______________  Revue (libre) de presse _____________

mercredi 3 juin 2026

Nul n'est parfait

        L'exemple vient de haut 


            Tout fout le camp, Mme Michu!           ______________

Journalisme et citoyenneté: un immense défi

A la croisée des chemins
                                         A l'heure de l'IA. Comment sauver le journalisme et toutes les données d'information et de culture diversifiées. La question est éminemment politique. (Bis repetita) . L'excellente revue Le Grand Continent,  largement accessible, vient de produire sur ce sujet une étude remarquable, qui va droit aux enjeux essentiels.

                    " ...Jamais encore la presse d'information n'avait été confrontée à de tels défis. L'introduction de plus en plus rapide de l'IA, sous des formes variées, dans le secteur de la presse, représente un tournant majeur, trop rarement évoqué et anticipé. Surtout quand on se rappelle ce qui doit constituer l'essentiel de la notion d'information, qui n'est pas la simple présentation des faits, mais leur interprétation la plus objective et honnête qui soit. Faire l'opinion est toujours le résultat d'un processus complexe et collectif, dans lequel la responsabilité est engagée. La question de certains usages actuels et potentiels des outils dérivés de l'IA devient de plus en plus une préoccupation, partagée par les meilleurs spécialistes de la question. Des menaces pèsent sur le travail et l'indépendance de la presse, même dans ses formes actuellement les plus élaborées. On a vu le monde du cinéma comme de la traduction s'insurger contre certains usages de l'IA, qui remettent en question leur travail et leur talent. Un risque qui n'a rien d'imaginaire. C'est le risque de la "robotisation" de la culture en général, qui peut affecter d'autres domaines culturels, où la créativité pourrait être réduite ou abolie... Face à l'érosion de la presse digne de ce nom et du développement anarchique des plate forme en tous genres, la question n'est pas mineure. Nous sommes à la croisée des chemins.... "...Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 et l’avènement des chatbots ont soulevé une nouvelle vague de captation des audiences. Ces moteurs de réponse produisent des résumés d’actualité qui dissuadent les usagers de consulter la presse : pourquoi lire un article journalistique sur un conflit quand une intelligence artificielle en synthétise des dizaines en une seconde ? Conséquence : depuis le lancement par Google du moteur de réponses AI Overview en mai 2024, les sites de presse ont, aux États-Unis, perdu un quart de leur trafic tandis que la proportion de recherches de nouvelles sur des chatbots n’occasionnant aucun clic vers des sites de presse passait de 56 % à 68 % (5). Cette réorientation se traduit par une évaporation des revenus publicitaires et une fragilisation des modèles économiques des médias et des agences. Si le lecteur souhaite aller plus loin ou vérifier l’information fournie par le chatbot, la machine lui propose certains liens. Mais ces sources sont six à dix fois moins nombreuses que celles fournies, par exemple, par Google Actualités, ce qui réduit d’autant la possibilité de consulter, voire de découvrir, des médias d’information. OpenAI a choisi de ne pas publier les critères utilisés par son automate pour sélectionner des sources de presse. Les éditeurs ne peuvent donc pas mettre en place des stratégies susceptibles de favoriser la sélection de leurs articles. Dans cette mécanique du pire, la dépendance des éditeurs aux géants du numérique s’accroît. Ainsi, l’absence de l’Agence France-Presse (AFP) parmi les sources que référencent les principaux agents conversationnels appauvrit cette dernière en limitant sa visibilité, alors que les journaux, qui subissent la même attrition, peinent de leur côté à payer leurs abonnements à l’agence. Cette asphyxie des médias n’est pas un simple effet collatéral de l’innovation : elle marque une reconfiguration géopolitique de l’information. La compétition pour la visibilité s’internationalise car l’oligopole de la Silicon Valley offre une prime démesurée aux industries médiatiques anglo-saxonnes. OpenAI (qui commercialise ChatGPT) et ses concurrents privilégient un noyau restreint de titres globaux, tels que le New York Times, le Guardian ou CNN, et relèguent les autres au rang de figurants (6). La presse indépendante et/ou rédigée dans une autre langue que l’anglais n’a pas les faveurs des algorithmes. En France comme dans de nombreux pays, cette dépendance s’est construite en deux décennies dans un rapport de forces inégal. Dès 2003, Google Actualités reprenait des contenus sans rémunérer quiconque au nom d’une prétendue neutralité technique. Dix ans plus tard, l’État français misait sur l’autorégulation et favorisait la création d’un fonds de financement privé qui substituait la charité au respect du droit d’auteur. Parallèlement, le plus célèbre moteur de recherche nouait des partenariats avec certains titres et insérait dans son algorithme un classement des sources fondé sur des critères comme la taille et la productivité des rédactions. La loi de 2019 reconnaît enfin les « droits voisins » : elle impose à Google et aux autres plates-formes de rémunérer les éditeurs lorsqu’ils reprennent leur production. Mais l’application concrète dépend d’accords souvent opaques : Le Monde perçoit au titre des droits voisins des sommes cent fois plus élevées que La Voix de la Haute-Marne. La logique du « winner takes all » (« le gagnant prend tout ») a éclipsé celle de la péréquation d’après-guerre. Avec l’IA, les accords de rémunération bénéficient majoritairement aux grands médias capables de négocier des compensations importantes, tandis que les titres locaux et indépendants se contentent de sommes dérisoires (7). En 2024, OpenAI a ainsi conclu des accords avec les groupes Le Monde, Axel Springer, Condé Nast, News Corp…, qui profitent à la fois des largesses financières prodiguées par le créateur de ChatGPT et du renvoi de trafic. Selon les données de SimilarWeb, la part des visites sur le site LeMonde.fr reçues depuis ChatGPT atteint 10 %, soit dix fois plus que les médias d’information concurrents. « Une citation du Monde dans un article de ChatGPT nous permet de convertir, en abonnements payants, vingt fois plus qu’un article du Monde sur Facebook et cinquante fois plus sur Google Discover », explique M. Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde (8). Le journalisme se transforme-t-il en une classe d’actifs pour les industriels de la tech qui, après avoir capturé la distribution, investissent la production du sens ? Au fond, l’intrusion des géants de l’IA dans les rédactions constitue moins une rupture que le prolongement du processus amorcé dès le milieu des années 2000 avec le choix du tout-numérique. Pour être bien référencé par les plates-formes, les médias doivent réagir constamment à l’actualité et donc publier plus, plus vite, plus court. Les journalistes « web » rédigent quotidiennement de nombreux « contenus » alors que leurs confrères du « print » (l’« imprimé ») disposent généralement d’un ou de plusieurs jours pour rédiger un article ; mais voici les seconds vivement invités à rattraper la cadence des premiers. Ainsi, une stratégie initialement destinée à doper la diffusion transforme peu à peu la production. Et contribue à la modification des habitudes de lecture dont se prévalent ensuite les autres éditeurs pour justifier de mettre le doigt dans l’engrenage. Cette accélération a encore renforcé la part du journalisme « assis », dont l’activité consiste moins à collecter des nouvelles originales sur le terrain ou à porter un regard critique sur le monde qu’à retraiter une information préfabriquée (dépêches d’agence, communiqués de presse…) (9). En 2017, une étude révélait que 64 % du contenu des articles publiés en ligne était copié-collé à partir de textes rédigés par des humains (10). Avant même l’arrivée de l’IA, une part significative du métier se réduisait ainsi à une série de tâches répétitives et quantifiables évaluées à travers des indicateurs de performance. En devenant une simple opératrice de flux, la profession s’est rendue d’elle-même automatisable. À présent, Internet se trouve submergé d’informations synthétiques. En novembre 2024, le volume des contenus générés par l’IA atteignait 55 % (11). Des sites d’information dépourvus de toute rédaction humaine se multiplient tandis que des images artificielles de médiocre facture saturent les réseaux sociaux. Un avenir se dessine. Au sommet, quelques grands groupes ayant tiré leur épingle du jeu produisent une information de qualité à destination d’un public privilégié et parviennent à équilibrer leurs comptes grâce aux accords conclus avec les majors de l’IA. En dessous, un marécage numérique où les articles synthétisés automatiquement à partir de posts d’usagers sur les réseaux ou d’autres contenus créés artificiellement défilent sous les yeux du grand public. Les gouvernements n’ignorent rien de ce scénario : en misant sur l’autorégulation, ils en ont écrit le script. " 

 [Merci au Monde diplo: Olivier Koch & Nikos Smyrnaios. Respectivement maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne Paris-Nord et professeur dans la même discipline à l’université de Toulouse, auteur de L’Espace public sous l’emprise du capital. De la presse bourgeoise aux géants de la Silicon Valley, Le Bord de l’eau, Bordeaux, 2025._ souligné par moi _] __ « Avec l’IA, des licenciements transformés en arguments marketing », entretien avec Antonio Casilli, L’Humanité, Saint-Denis, 29 janvier 2026. (4) Nikos Smyrnaios, Les Gafam contre l’Internet. Une économie politique du numérique, Institut national de l’audiovisuel (INA), Bry-sur-Marne, 2017. (5) « The impact of generative AI : Publishers », Similarweb. (6) Olivier Koch, « Comment ChatGPT choisit ses sources pour vous répondre sur l’actualité », La Revue des médias, INA, 24 septembre 2025. (7) Charis Papaevangelou, « De l’internet à l’IA, bis repetita entre médias et géants du numérique ? », La Revue européenne des médias et du numérique, n° 71, Paris, automne 2024. (8) « Comment l’IA bouleverse-t-elle notre manière de nous informer ? », émission « La Fabrique de l’information », France Culture, 5 septembre 2025. (9) Sophie Eustache, Bâtonner. Comment l’argent détruit le journalisme, Éditions Amsterdam, Paris, 2020. (10) Julia Cagé, Nicolas Hervé et Marie-Luce Viaud, L’Information à tout prix, INA, coll. « Médias et humanités », 2017. (11) Jose Luis Paredes, Ethan Smith, Gregory Druck et Bevin Benson, « More articles are now created by AI than humans », Five Percent._________

mardi 2 juin 2026

Le piège?

   La conquête et le piège

                 Le château des nouveaux "croisés"?

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Le "doux commerce" en question

Règles du commerce en question

              La vieille intuition de Montesquieu, souvent reprise après lui, depuis la pensée mercantiliste jusque dans la période capitaliste libre-échangiste d'après-guerre. Echanger librement, en vue de la prospérité commune serait facteur de paix. "L’idée selon laquelle le commerce posséderait des vertus pacificatrices remonte à Montesquieu. Au chapitre XX de son traité De l’esprit des lois (1748), il écrit que « l’effet naturel du commerce est de porter à la paix », car « deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes ». D’où la théorie du « doux commerce » qui lui est attribuée. Un concept économique, mais aussi politique et philosophique libéral, qui préconise de laisser le plus possible les acteurs économiques commercer librement entre eux, sans contrôle de l’Etat...."   


                                                                                                                          Commercer, au lieu de s' affronter... Echanger des biens librement aurait donc des vertus pacificatrices en rapprochant les peuples, par le biais de leurs intérêts bien compris. Un point de vue très théorique et largement idéaliste, qui fait fi des nombreux affrontements entre groupes humains, qui eurent lieu au cours de l'histoire dans leurs courses aux matières premières, aux biens vitaux ou de luxe, depuis notamment la circumnavigation, entamée par Venise, accomplie par le conquête des nouvelles terres, soumises à la loi du plus fort.   Loin des  règles anciennes du potlatch, du don et du contre-don. La notion du commerce en lui-même pacificateur est largement un leurre, même s'il fut porteur de progrès matériel.   Même à l'époque récente de la mondialisation heureuse                                                                                                                                                       Serions-nous aujourd'hui entrés dans un état de guerre permanente, une guerre commerciale sans merci, pour une hégémonie sans partage? La montée en puissance inédite de la Chine sur les marchés mondiaux, associée aux nouvelles pratiques commerciales de Trump, faisant fi des pratiques de la libre concurrence, telles que pratiquées depuis la seconde guerre mondiale, porte à le croire. L'épisode ubuesque du conflit d'Ormuz en est une illustration, dans l'affrontement pour l'énergie, plus que pour les territoires. La guerre commerciale semble bien devenir la norme. "...
Si l’on repense à l’ancien système commercial, nous nous étions mis d’accord sur un ensemble de règles. Dans une certaine mesure, lorsque nous disposions de cet ensemble de règles, nous pouvions nous y référer et les suivre. La question se résumait à : « Est-ce conforme aux règles ou non ? » Ainsi, pour des questions telles que « devons-nous appliquer des droits de douane ? » ou « devons-nous discriminer les autres ? », nous n’avions pas besoin d’examiner les détails : nous disposions de principes à suivre. Ces règles se sont effondrées et nous nous retrouvons donc dans un monde moins prévisible, confrontés à des problèmes auxquels nous n’avions pas eu à faire face auparavant.."                                      ____ L'intrication de fait des économies augmente le coût humain de la guerre, comme on peut le voir en Ukraine.                                 On a pu parler de keynésianisme de guerre pour contrer les assauts d'une économie sans principes, mettant en péril celle des plus faibles.                                                                                     Dure réalité du "doux commerce"!... "! ..En contestant l’hégémonie américaine, Pékin défend ainsi la continuité d’un ordre libre-échangiste dont Washington a longtemps fixé les contours. Il en reprend la logique : dans le commerce mondial, les règles comptent moins que la puissance de ceux qui les imposent..." 
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