Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 22 avril 2008

Rêves de pauvres ?



L’art de faire rêver les pauvres

"Dans le modèle marxiste, le travailleur est invité à se défaire de la mentalité servile et autodépréciative qui lui interdit de comparer son sort à celui des nantis pour revendiquer sans complexes le partage des richesses ; en même temps, il s’identifie à ses semblables, salariés ou chômeurs, nationaux ou étrangers, envers qui il éprouve empathie et solidarité. Le génie de la droite a été de renverser ce schéma. Désormais, le travailleur s’identifie aux riches, et il se compare à ceux qui partagent sa condition : l’immigré toucherait des allocations et pas lui, le chômeur ferait la grasse matinée alors que lui « se lève tôt » pour aller trimer… Son ressentiment est ainsi habilement dévié de sa cible légitime, et l’on voit s’enclencher un redoutable cercle vicieux : plus ses conditions de vie se dégradent, plus il vote pour des politiques qui les dégraderont encore ...
Chacun étant incité par le matraquage médiatique à se penser environné de flemmards, de parasites et de voyous qui veulent le saigner à blanc, au propre comme au figuré, il ne peut désormais cultiver que des espoirs strictement individuels. Il n’imagine pas changer les règles afin d’améliorer le sort commun, et, pour cela, s’allier avec d’autres, mais seulement tirer son épingle du jeu. « Chacun aura sa chance », clamait le président de la République au soir de son élection ; « chacun pour soi », en somme (« et Dieu pour tous », comme on s’en apercevra quelques mois plus tard à l’occasion de ses voyages officiels au Vatican et à Riyad). Il est secondé en cela par la culture de masse, qui brode d’infinies variations sur un thème auquel nos cerveaux ont développé une accoutumance pavlovienne : celui de la success story. Success story du gagnant du Loto. Success story de l’entrepreneur « parti de rien ». Success story des acteurs, des chanteurs, des sportifs ou des mannequins, à qui l’on fait raconter en long et en large comment ils ont été « découverts », comment ils ont persévéré sans se laisser décourager malgré les déconvenues de leurs débuts, comment ils vivent leur célébrité et leur soudaine aisance financière..
Car le natif de Neuilly-sur-Seine est persuadé qu’il ne doit son ascension qu’à sa propre ténacité : « Quand j’étais jeune, je pensais tout est possible. Tout m’était contraire, mais je pensais tout est possible . » En affirmant que seul le « mérite » gouverne le destin des individus, la droite naturalise l’ordre social : les riches comme les pauvres étant intégralement responsables de leur condition, les élus peuvent en toute bonne conscience s’en laver les mains. Rien d’étonnant si ce cap idéologique s’est rapidement avéré un peu difficile à tenir : il porte en lui la négation même de la politique, dont les noces avec le show-business sont celles de la carpe et du lapin, etc..."

Pourquoi les pauvres votent à droite

Propos récents de Barack Obama (jugés non politiquement corrects par Hilary Clinton):
"« Dans ces petites villes de Pennsylvanie, comme dans nombre d’autres petites villes du Midwest, les emplois se sont volatilisés depuis maintenant vingt-cinq ans, et rien ne les a remplacés. Ils ont continué à diminuer sous les administrations Clinton et Bush, et chacune de ces administrations, l’une après l’autre, a affirmé que ces communautés allaient se régénérer, mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Il n’est donc pas surprenant que ces gens soient en colère, qu’ils s’accrochent aux armes, ou à la religion, qu’ils développent une hostilité envers ceux qui ne sont pas comme eux, ou qu’ils accusent les immigrés, ou le commerce international, afin de donner un sens à leurs frustrations. »

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Storytelling à la française ?
-Où sont les privilèges?
"...je dis STOP: ne nous laissons pas avoir ! Le but de cette maneuvre d’opposition généralisée est de faire gagner une plutocratie dans laquelle on va retrouver un bon nombre de politiques - majoritairement de droite et d’archi droite - qui émargent dans les cercles financiers également , ou qui y ont leurs petites entrées (vacances en yatch, déjeuner au Fouquet’s, vacances à 200 000 euros la semaine payées par des copains PDG, apartemetns à prix réduit, au hasard). On y trouvera aussi les 500 familles les plus riches, les capitaines d’industrie et des affaires, bref la cour du prince d’aujourd’hui.Et qui seront les perdants ? Dans un premiers temps on s’en prendra à une minorité érigée en bouc émissaire (au hasard encore les regimes spéciaux de retraite, si "injustes") puis on attaquera les autres catégories progressivement, avec, faut-il que nos concitoyens soient TF1-isés pour ne pas le voir un alignement sur le moins disant social et les plus mauvaises des conditions de travail..." (Ronny sur Agoravox)


2 commentaires:

Anonyme a dit…

Le premier mouvement du peuple serait à mon sens de se rassembler , de s'identifier à ses semblables et de s'inscrire par lui même dans un vaste ensemble pacifique et solidaire.

Le regroupement et l'identification de classe

Le deuxième mouvement ne serait pas (toujours à mon sens) la possibilité de s'identifier à la classe dominante , mais une évaluation de sa valeur selon les critères de la valeur diffusée par cette dernière. Patatras ! c'est de la classe bourgeoise qu'est issu le poison qui la tue le critère individualiste de la concurence et de libéralisme marchand , chacun pour soi.

Le deuxième mouvement serait alors bien au contraire : non nous ne sommes pas comme eux.

Dans une vision du monde pacifiée le prolétaire voit bien qu'au lieu de vouloir ressembler à son maitre matériellement : dans une course à la richesse désespérée et à la jouissance du luxe. La gestion collective du travail et de ses fruits lui offre un mode d'accès à de meilleures conditions de vie bien plus efficace et rapide....

Pourtant que voyons nous de par le monde ? Des gens qui ont compris la dialectique et qui la mettent en pratique en prenant les devants . Il leur faut interdire toute voie qui conduirait à l'dentification solidaire .Le show bizz , le sport spectacle et même par l'affichage d'un mode de vie scandaleusement luxueux...Une proposition morale d'un individualisme qui aurait fait rougir Louis XIV. La jouissance immédiate de biens anticulturels le showbizz et les gadgets coûteux sont la seule image qu'envoie désormais les classes dominantes. La culture d'un Bush , Sarko , ou autre est infirme et débile

Dans mon enfance que représentait le mannequin et le chanteur de variétoche face à l'écrivain et la cantatrice ....
Rien....Aujourd'hui c'est l'inverse

Le Furtif

Marcel Thiriet a dit…

Dur, dur de contrer l'idéologie dominante dévastatrice de solidarité au niveau des masses...