dimanche 28 février 2021

Survol

__ Un némir particulier

__ Puteaux: putain!

__ Revanche des sectes  

__ Bolloré empire

__ Pour un ministre de la solitude?

__ Retard japonais

__ Plus de navions, na!

__  MO: stupéfiant!

__ Le virus et les bébés

__ Demain l'hydrogène?      ______________________________

samedi 27 février 2021

La bagnole, un symbole

 Du besoin (relatif) au mythe (évolutif).

                                  L'objet voiture n'es pas un un objet comme un autre.
                   Il cristallise les rêves de toute une époque, dont nous commençons à peine à sortir.

    Celle des débuts déjà, avec les voitures Ford réservées à une élite, puis aux classes les plus privilégiées. 
   Celle de notre époque, qui a banalisé l'objet, devenu le plus souvent purement utilitaire, mais qui garde toujours le rôle de marqueur social.   De la C3 à la Mercedes haut de gamme jusqu'aux rares exemplaires de voiture très haut de gamme, il y a, à travers les options et les usages (ou les non usages), toute une symbolique de la réussite.
   Même si la recherche planche sur une autre automobile, même si on en annonce la disparition.
    Le sociologue André Gorz, dans les années 70, était un des premiers à théoriser le succès irrationnel de la voiture individuelle et ses conditions de développement et aussi de son déclin programmé.
       Elle "offre l’exemple contradictoire d’un objet de luxe qui a été dévalorisé par sa propre diffusion. Mais cette dévalorisation pratique n’a pas encore entraîné sa dévalorisation idéologique : le mythe de l’agrément et de l’avantage de la bagnole persiste alors que les transports collectifs, s’ils étaient généralisés, démontreraient une supériorité éclatante...."
  Comme Yvan Illich, plus tard, qui souligne les paradoxes et les contradictions liés à son succès:
«...; L’Américain type consacre plus de mille cinq cents heures par an (soit trente heures par semaine, ou encore quatre heures par jour, dimanche compris) à sa voiture : cela comprend les heures qu’il passe derrière le volant, en marche ou à l’arrêt ; les heures de travail nécessaires pour la payer et pour payer l’essence, les pneus, les péages, l’assurance, les contraventions et impôts… A cet Américain, il faut donc mille cinq cents heures pour faire (dans l’année) 10 000 km. Six km lui prennent une heure. Dans les pays privés d’industrie des transports, les gens se déplacent à exactement cette même vitesse en allant à pied, avec l’avantage supplémentaire qu’ils peuvent aller n’importe où et pas seulement le long des routes asphaltées....; »
    Comme Roland Barthes, qui voit dans la voiture un mythe qui se renouvelle sans cesse.
   La voiture fait partie intégrante du rêve américain, largement diffusé après-guerre. S'il est singulièrement émoussé, il en reste quelque chose, notamment avec la mythique Ford Mustang, accessible à quelques happy fews rêvant encore d'aventures symboliques, qu'ils peuvent faire rugir à leur guise. L'objet ne cesse de marquer la distinction, la hiérarchie sociale: le trader de chez Barclays ne peut rouler avec le même véhicule que l'ouvrier de chez GM.
   Priorité a été donnée à la voiture, sous la pression des pétroliers, sur les transports en commun.
      Nous avons des difficultés à sortir du piège dans lequel nous sommes maintenant enfermés. Le VAE peut suffire en milieu urbain, mais moins en province, où le lieu de travail et celui de la résidence se trouvent de plus en plus éloignés. Souvent par nécessité.
     Se passer de voiture n'est pas à la portée de tous.
  Le dépassement de l'automobile n'est pas si proche que souhaitée, même si l'électrique remplace partiellement le pétrole, même si le mythe s'affrite, devenant une contrainte, dans laquelle certains n'ont plus que la ressource d'y dormir. 
    A moins que des révolutions technologiques proches obligent à repenser complètement le problème du transport, individuel et collectif...
                        Tesla, c'est pas ça. L'électrique, c'est pas magique.
__________

vendredi 26 février 2021

Flux financiers mondiaux

 Ils sont gigantesques

                  Qu'ils soient licites ou non. Ils vont à la vitesse de la lumière d'une place à l'autre, accélérés souvent par des robots qui fonctionnent jour et nuit. C'est le trading haute fréquence.     Ce n'est pas d'hier que l'on envisage de les taxer. Un peu. Mais sur la masse, quelle manne pourrait revenir aux Etats et à leur budget, à  leurs investissements! En toute normalité.      Une question de justice sociale et un moyen d'égratigner (si peu!) les énormes profits engrangés par les paradis fiscaux. Une question de volonté politique à l'échelle des plus grands pays.                                                                                                          ____L'idée d'une taxation des opérations financières n'est pas récente:  elle est "..suggérée au lendemain de la crise de 1929, par l’économiste John Maynard Keynes – fondateur de la macroéconomie et défenseur d’un certain interventionnisme. Il envisage cette taxe dans le but de ralentir les opérations spéculatives des investisseurs.   L’idée a été reprise en 1972 et développée par un économiste keynésien, James Tobin. Le but était de frapper la spéculation sur les marchés des changes fragilisés par l’effondrement du système monétaire international de Brettons Woods qui imposait une parité fixe des changes. Ce projet, explique Dominique Plihon, est tombé dans l’oubli jusqu’en 1998, date de fondation de l’association ATTAC – Association pour la taxation des transactions financières et l’aide citoyenne. L’objectif était de lutter contre la spéculation, qui cette fois-ci accablait les pays émergents, certains altermondialistes intégrant cette taxe dans un ambitieux projet politique.   James Tobin avait imaginé d’imposer chaque opération d’achat et de vente de devise, à 0,1 %.   Il s’agissait de décourager les cambistes – les opérateurs sur les marchés de change – et leurs multiples va-et-vient journaliers. En effet selon les calculs de James Tobin, le montant annuel de la taxe serait supérieur au gain espéré par les spéculateurs.

        La « taxe Tobin » est revenue sur le devant de la scène lors de la crise des subprimes en 2007-2008. Elle correspondait à deux nécessités : lutter contre la spéculation à l’échelle internationale, et dans le cadre de la crise des finances publiques, trouver de nouvelles sources de financement pour les états.   La proposition d’ATTAC repose sur une taxation de l’ensemble des transactions financières – changes, actions, obligations, options, produits dérivés etc. – à 0,1 %. Elle a un double objectif : réguler la finance en luttant contre la spéculation, et financer, grâce à une partie de l’argent collecté, les biens publics mondiaux.   Aux yeux de Dominique Plihon, les biens publics mondiaux – programmes d’éducation, de lutte contre les pandémies ou de partage et de conservation de l’eau – sont au cœur de la construction d’un nouvel ordre mondial ; tout comme l’éducation a pu être un bien public national au cœur de la fondation de la République française.   En septembre 2011, la Commission européenne a déposé un projet de directive visant à taxer toutes les transactions financières, sauf celles sur les marchés de change. Selon les experts de la Commission, cet impôt européen collecterait entre 50 et 60 milliards d’euros par an à l’échelle des 27 pays membres.    Dominique Plihon se réjouit de ce qu’il qualifie de maturation, puisque jusqu’à présent la Commission était opposée à toute taxe financière pouvant restreindre la libre circulation des capitaux, liberté fondamentale du marché unique. Mais il déplore la non-taxation des transactions du marché des changes qui est pourtant le cœur de la taxe Tobin.    Il entrevoit cependant dans ce projet, la possibilité d’une relance de la construction européenne. Si cette directive était votée, cela signifierait, à ses yeux, un renforcement du Parlement mais surtout une source de financement du budget européen – aujourd’hui représentant moins 1 % du PIB des pays membres.    Avec des fonds propres accrus, l’Union Européenne pourrait plus facilement développer et financer des investissements de long terme indispensables, comme ceux permettant la transition énergétique. L’application de cette directive constituerait, selon lui, une étape significative en direction de politiques publiques communes européennes...."    ____Mais les résistances sont encore nombreuses, pas seulement dans les paradis fiscaux, grands ou petits. Le double discours est au goût du jour. Et pourtant, ce n'est pas très révolutionnaire. IL faudra encore du temps pour créer une unanimité et pour trouver un accord commun sur les modalités de cette mesure de bon sens...    Mais ....Depuis le XVIIIème siècle, les principaux banquiers sont étroitement interconnectés entre eux et ont des intérêts communs et liés. Les activités de ces banquiers sont structurellement internationales, leurs intérêts pouvant être qualifiés d’apatrides, ou plus exactement de supranationaux, en ce sens qu’ils n’ont aucun rapport avec un quelconque « intérêt national » au sens culturel et géographique du terme «  national ».    Aussi, les USA et ses alliés ne sont plus depuis le début du XXème siècle (au bas mot) gouvernés par ce qu’on appelle un phénomène politique, qui représente l’intérêt commun, mais par un cartel d’entreprises dirigé par les principales banques globales d’investissement qui ont leur quartier général, depuis Oliver Cromwell, à la City de Londres. Précisons à propos des USA que la Réserve fédérale, la « FED  », est née, en 1913, des menées des banquiers globalistes, dont le noyau dur se trouvait à Londres ; menées auxquels les intérêts Rothschild, notamment via le banquier Warburg, n’étaient pas étrangers.   En réalité, les Etats occidentaux n’existent plus car ils ont été privatisés lorsque le contrôle de leurs monnaies est tombé dans les mains des banquiers privés, ce qui explique, en Europe, l’apparition des institutions européennes, qui ne sont que la formalisation politique (traités de Maastricht et Lisbonne) de cette capture des règles d’organisation des peuples par des intérêts privés.  Tant que le destin des monnaies restera l’apanage des banquiers mondialisés, et continuera en conséquence à échapper aux peuples qu’elles contraignent, nous assisterons à la continuation de la mise sous tutelle financière, économique, juridique et politique de ces derniers...."   ___________

jeudi 25 février 2021

Désolé!

 


Desole

Je suis désolé!
                     Je ne savais pas....
Je ne l'ai pas fait exprès...
Devant le juge, je suis vraiment désolé.
L'inventeur de la Kalach est désolé, mais content quand même.
Je suis désolé pour le bruit ou de m'être énervé
Désolé de vous avoir tiré dessus!
Madoff devait être désolé d'avoir ruiné tant de monde.
Je suis désolé de vous avoir blessé, de vous avoir trompé sur un produit.
     On est désolé pour tout et à tous propos: pour le plus insignifiant ou le plus grave
On ne s'excuse plus, mon bon monsieur, on est juste désolé
Ça ne mange pas de pain.
Au lieu d'être vraiment en sympathie, on est désolé.
Au lieu de reconnaître courageusement ses torts, on est désolé.
Pour esquiver une responsabilité ou un devoir de réparation, on est désolé.
Pour justifier son manque de courage, masquer son devoir de savoir et d'attention..
    On est désolé.
Désolé, on vous dit!
       Un voile commode d'auto-justification, de déresponsabilisation parfois, qui fait partie des locutions propres à la nouvelle langue de bois d'aujourd'hui, technique d'évitement, de défense, de minoration.
  Bon, c'est décidé, je ne serai plus désolé...
    Désolé d'être désolé!
              Y'a pas de souci.
.. _________________________

mercredi 24 février 2021

Ecrans toxiques?

Du bon usage des écrans

                 La surabondance des écrans dans la vie quotidienne, dans tous leurs usages et leurs diversités, l'invasion du numérique dans les aspects les plus divers de la vie sociale et intime posent problème à plus d'un titre. L'utilité de la plupart de ces nouvelles technologies n'est pas à discuter dans nombre des secteurs, même si les modalités de leur introduction dans la vie quotidienne peuvent avoir des conséquences d'une grande violence, notamment sur les conditions du travail.  La présence des écrans au coeur de la vie de famille et de la vie personnelle, dans son aspect utilitaire mais surtout ludique, pose plus d'un problème. Du smartphone aux jeux vidéo, il y a un mésusage de plus en plus signalé, qui met en péril les relations familiales et sociales et, par ses aspects chronophages, compromet la disponibilité à d'autres tâches, affecte les dispositions affectives et sociales, les capacités d'ouverture aux autres et d'attention.  Les effets toxiques de la surconsommation du numérique commencent à être mieux connus, même s'il y a toujours débat entre spécialistes. Une addiction qui peut prendre des dimensions inquiétantes, psychologiquement et même physiquement. Jusqu'à la nomophobie

       Plus d'un spécialiste de l'enfance et du développement du cerveau se rejoignent: la consultation immodérée des écrans dès la prime enfance et à proscrire, étant donnés les effets néfastes constatés au niveau psychologique et même physiologique: le développement du cerveau, très malléable dans les premières années, est compromis à plus d'un titre.         Les enfants ne devraient pas être abandonnés très tôt  au monde numérique pour des usages ludiques ou même pédagogiques, surtout hors de toute surveillance humaine.       Ce qu'on compris les concepteurs et les vendeurs de ces objets digitaux de la SiliconValley, qui proscrivent les tablettes pour l'éducation de leurs propres enfants.  Les facultés cognitives seraient compromises par un usage abusif des outils numériques. Les recherches se poursuivent sur ce sujet. Mais on sait déjà que le développement affectif et social est atteint à des degrés divers. L'addiction caractérisée aux portables se remarque aussi chez l'adulte, mais l'emprise est bien plus marquée dans les premières années, compromettant les possibilité d' apprentissages multiples et divers et sclérosant l'attention et la vie affective.

       Dans son étude fouillée au titre provocateur, La fabrique du crétin digital, Michel Desmurget remarque que dès deux ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque trois heures d'écran.. Ce docteur en neurosciences parle de "décérébration" au sujet de cette consommation croissante avec l'âge, dans toutes sortes d'activités, même parascolaires.    Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire et humaine des jeunes. Une étude encore en débat, mais qui ouvre des voies prometteuses....___________________

mardi 23 février 2021

Houston...

...Ton univers impitoyâ-able. ♪♫♪

                             Coup de froid au pays de la réussite pétrolière.                                               Il aura suffi d'un grain de sable, enfin, d'un très gros grain de sable, pour servir de révélateur à  des faiblesses cachées d'un Etat, se réclamant du plus pur libéralisme. Un Etat parmi les plus importants des USA. Un froid intense et voilà un système désemparé avec son lot de personnes démunies d'électricité, avec son lot de pénuries et de souffrances. C'est la rançon des dysfonctionnements d'un système entièrement privé de distribution de l'électricité: un dogme au pays de low tax low service, où la notion de service public sonne comme une incongruité. Business first, le principe absolu, quelles qu'en soient les conséquences. 

               Les plus favorisés pourront toujours tirer leur épingle du jeu. Cela rappelle l'affaire de l'approvisionnement en eau dans la ville de Flint. Quand on laisse les intérêts privés, dans la plus belle concurrence, gérer une ressource si fondamentale, on peut s'attendre à tout, Une enquête suivra, des aménagements aussi, mais rien de plus. On ne change pas un système qui tourne (mal). Les libertariens aux affaires et leurs dogmes ne seront pas inquiétés. C'est le progrès...au pays de Bush, où les intérêts privés dominent de nombreux secteurs. L'esprit de Ayn Rand dominera encore longtemps le monde des affaires et des théories politiques dominantes.

        ___________________

lundi 22 février 2021

Convention climat et lobbyisme

Rapports de forces

                      La contre offensive vient des USA et gagne la France. Au nom d'un refus des normes climatiques qui empêcheraient de faire du business as usual en rond, de fortes pressions se manifestent au nom d'un statu quo dans le monde des affaires, avec en arrière- plan un climato-scepticisme avoué ou implicite.      "...L’offensive des lobbys industriels révélée par basta ! et l’Observatoire des multinationales dans son rapport « Lobbys contre citoyens. Qui veut la peau de la convention climat ? », marque une inflation dans la violence verbale : contre les « citoyens » de la Convention Climat et les écologistes en général. Cette violence verbale s’explique en partie par une réaction de rejet de la part d’un petit monde de représentants professionnels, de lobbyistes, d’experts et de hauts fonctionnaires habitués à un confortable entre-soi, dans lequel de simples profanes ont prétendu faire irruption. « C’est un peu étrange que ce groupe de 150 citoyens de bonne volonté s’érige en conscience universelle et veuille décider pour nous », commente ainsi Patrick Martin, dirigeant du Medef et industriel fortuné. Un discours repris par Emmanuel Macron estimant, dans son entretien avec le média en ligne Brut, n’avoir « pas de leçons à recevoir ». Pour résumer : mais pour qui se prennent ces citoyens avec leurs propositions ?  Ces mesures n’ont pourtant rien d’inédit ou de révolutionnaire. Beaucoup sont déjà versées au débat public, ou ne font que prolonger des efforts antérieurs. À lire ou écouter certains « experts » et commentateurs, c’est le principe même d’une régulation publique des activités économiques qui est devenu inacceptable pour une partie des milieux d’affaires...."  

La question se pose de la puissance des forces qui s'opposent des quatre fers aux conventions mises sur pied à la COP 31, au nom d'une vision à court terme. La désillusion gagne au vu des résistances organisées. La Convention climat a du plomb dans l'aile; même s'il était illusoire d'attendre une adhésion rapide et généralisée, surtout de la part des géants de l'énergie. Pas de limites à l'économie néolibérale. Les lobbies  "...qui savent que le Parlement est plus un lieu de rapport de force que de débats, sont puissamment organisés : cabinets d’avocats, de marketing, d’influence, étourdissent députés et sénateurs sous un flot de propositions d’amendements tout faits, d’études d’impact savamment dosées pour favoriser leurs activités..."                                                                                               Non, nous ne sommes pas au bout du chemin.... _________________

dimanche 21 février 2021

Méli mélo

__  Erreurs médicales: un tabou

__ C'était prévisible

__ La plaie des rançongiciels  

__ Miracle luxembourgeois? Non

__ Pas de Calais au secours du Louvre

__ Ecole: encore des économies

__ Tricheur!

__ Petit progrès

__ Un bijou de plus pour Isabelle

__ Amazon et les syndicats

__ Une île à la dérive    _____________________________

samedi 20 février 2021

Barkhane: l'enlisement?

 C'est à redouter.

            Après déjà tant d'années sur le terrain et trop de soldats disparus, on se demande quel avenir peut avoir une opération des plus complexes qui soient. L'ombre de l'Afghanistan et de son fiasco planent sur une opération où la France est délaissée par une Europe sans moyens ni volonté, seulement aidée marginalement par les USA. Le doute s'installe. 

                Entre les critiques et les atermoiements, les espoirs fondés ou feints, la situation est sans cesse mouvante: "... Selon le Canard Enchaîné, lors de leur compte rendu devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, les députés ne « cachent pas leur désarroi ». Le chef d'État-Major des armées, le général François Lecointre, déclare pour sa part en février 2018 : « Je ne pense pas qu'il soit possible de régler le problème au Mali en moins de dix à quinze ans, si tant est que nous le puissions. L'évolution de la situation au Mali n'est guère satisfaisante et nous n'en partirons pas demain, sans qu'il s'agisse pour autant d'un enlisement »L'historien militaire Michel Goya déclare en 2019 : « La force Barkhane se retrouve environnée d’un chaos croissant contre lequel elle ne peut pas grand-chose. [...] Pour autant, si Barkhane n’était pas là, ce chaos serait bien plus important. Barkhane est comme une clé de voûte, bloquée mais indispensable » .En juillet 2019, Rémi Carayol note dans Le Monde diplomatique la priorité donnée à des choix militaires au détriment d'actions diplomatiques. Il s'inquiète de l'incapacité du président malien réélu Ibrahim Boubacar Keïta à rétablir son autorité et les services publics dans le pays, où se développent des violences intercommunautaires, ce qui alimente la montée des violences au Mali et dans les pays voisins.Renaud Girard considère début janvier 2021, qu'au bout de huit ans, l'opération Barkhane n'a pas obtenu de « résultat patent ». Si, selon lui, il serait absurde de précipiter le départ des forces françaises, le pouvoir français doit prévenir les États africains qu’il leur appartient de gérer leur propre sécurité...". ____Là est l'essentiel du problème, le plus problématique.                                                                                            ___Une histoire compliquée. Nous payons largement le projet franco-américain de Sarkozy d'invasion de la Libye et de sa dislocation, qui a été à l'origine de la déstabilisation des régions du Sud. Une guerre, une opération de cette envergure, on sait quand ça commence...Et après?

             Non, rien n'est réglé
Les moyens militaires ne suffisent pas...
  L'indignation et les réunions de crise ne changeront pas grand chose à la situation sur le terrain.
          France-Afrique n'est pas tout à fait mort...
" ...Plus de cinquante ans après les indépendances, la France place toujours des « conseillers » dans les ministères des ex-colonies les plus proches. De Bamako à Abidjan en passant par Dakar, ils sont légion à rester les « yeux de Paris ». Le franc CFA demeure aussi un instrument essentiel de cette influence de l’ex-puissance coloniale.
  À l’image du Mali, les ex-colonies ne sont-elles pas en passe de devenir ou de rester des néo-colonies ? Les Maliens se posent la question à haute voix. Et cette France à nouveau omniprésente a-t-elle les moyens de ses ambitions ? Financièrement la France a-t-elle les reins assez solides pour soutenir un long effort de guerre au Mali ou en Centrafrique ? Autre question centrale, l’objectif militaire de Paris est-il accessible ?
   D’emblée, la France, à l’image de l’Amérique de George Bush junior, a annoncé qu’elle se lançait dans une « guerre contre le terrorisme ». Or, il est beaucoup plus facile de faire tomber un régime africain que d’éradiquer le djihadisme. Dans toute l’Afrique de l’Ouest, les djihadistes sont bien plus qu’un corps étranger, ils possèdent des relais dans l’opinion et des soutiens dans les populations. Sinon comment expliquer que Boko Haram puisse multiplier les « actions militaires » et affronter l’armée nigériane, qui bénéficie pourtant du soutien des États-Unis ?
  Très pragmatiques, les djihadistes ont quitté leur fief malien au plus fort de l’intervention française. Ont-ils pour autant disparu ? Il est permis d’en douter. Rien ne les empêche demain de frapper en Mauritanie, au Niger, en Algérie, en Libye ou même au Bénin ou au Sénégal.
Dans ses aventures africaines, la France ne bénéfice pas du soutien des autres pays de l’Union européenne qui suspectent toujours Paris de « relents françafricains ». Paris aura-t-il les moyens de continuer sa guerre contre le terrorisme sur un aussi vaste territoire que celui du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest ? Les mêmes qui applaudissent aujourd’hui François Hollande ne lui reprocheront-ils pas demain un « aventurisme africain » ? Il est temps pour la France de clarifier son projet sur le continent. De montrer qu’elle ne retourne pas à ses démons françafricains. Si elle ne le fait pas rapidement, le capital de sympathie acquis après l’intervention militaire réussie au Mali risque de se transformer en ressentiment..."
      Les enjeux dans ces contrées-refuges sont complexes (il faut des cartes pour mieux comprendre) et les conséquences seront sans doute plus durables qu'envisagées (officiellement) par certains.  Il y a sans doute trop de choses occultées.  Trop d'influences étrangères masquées  On ne nous dit pas tout... Les enjeux économiques (pétrole, or, matières premières, terres rares...) sont importantsUn nouvel eldorado pétrolier
 Le business n'est pas absent en arrière-planIl y a des raisons françaises de la déstabilisation du Mali.   Les banquiers  et les multinationales sont très intéressés par cette région

"...En 2012, le site survie.org indiquait pour sa part que   »le Mali est pieds et poings liés aux demandes des multinationales » , ajoutant que le ministère des Mines, créé sous Alpha Oumar Konaré en 1995, au moment de la libéralisation du code minier et des réglementations en matière d’investissement sous l’impulsion de la Banque Mondiale, en était « l’instrument docile« . Ajoutant : « en plus de la compromission des élites, le code minier malien ne prévoit aucune contrainte pour les compagnies minières en termes de responsabilité environnementale et sociale pendant la phase d’exploration et de prospection« . Une faiblesse législative rendant le sous-sol malien « extrêmement attractif » soulignait-il enfin..."

_____________________________

vendredi 19 février 2021

Coup de force

 Facebook: dernières aventures (suite)

               Ce  n'est pas la première fois que la super-plateforme use de son pouvoir jusqu'à défier des Etats, contrer des lois, aller outre la souveraineté de certains pays. Par exemple en matière de diffusion d'informations. L'Australie l'apprend à ses dépens et prétend résister à une pression jugée inadmissible, contrairement à certains pays qui s'offusquent et menacent, mais en vain. La multinationale est sur tous les fronts, à l'insu des "gentils" participants, contribuant à sa croissance exponentielle. 

            C'est le bras de fer dans le domaine de l'information, où l'empire communicationnel puise sans vergogne dans la presse nationale et s'offusque quand des lois prétendraient réglementer son pouvoir discrétionnaire. Une dangereuse dérive. Google a été condamné pour cela.             "... Au-delà de la baisse de trafic vers leurs sites que va générer la mesure, nombre de médias australiens, à l’instar de The Australian Financial Review, s’inquiètent de la disparition d’informations fiables sur le réseau. Le quotidien estime que “Facebook sacrifie la vérité australienne pour [s]es dollars mondiaux” : “pour éviter de créer un précédent mondial coûteux”, le groupe de Mark Zuckerberg “laisse ses utilisateurs australiens impuissants face à de dangereuses fausses nouvelles”, et ce sont ces derniers qui en paieront “le prix”.  L’auteur de l’article s’en alarme d’autant plus que selon un rapport de l’université de Canberra sur l’actualité digitale en 2020, 39 % des Australiens utilisent Facebook pour consulter l’actualité, et 49 % l’utilisent pour obtenir des informations concernant l’épidémie de Covid-19..."                                                                                       La vengeance facebookienne est jugée non seulement dangereuse mais aussi inadmissible.  Que l'appât du gain et l'hubris de la puissance défient les Etats en dit long sur les prétentions d'un pouvoir exterritorial qui se présente comme une gentille plateforme pour des échanges conviviaux. Pas question de participer, de partager, de contribuer au financement de ce dont elle profite, même si beaucoup d'éditeurs sont tombés dans la piège de Mark Zuckerberg. La trop grande dépendance installée est devenu un piège.    Mais de l'intérieur gagne une certaine contestation des méthodes et de la puissance sans fin de la firme. Comment en finir avec la puissance des Gafa, de manière plus générale, commence-t-on enfin  à se demander en Europe et un peu déjà aux USA? C'est bien la question de fond. Et il n'y a pas que les affaires de presse....Too big to change?

__ Les dérives et la logique intrusive facbookiennes peuvent-elles être modifiées?
                                  Ou bien: too big to change?
       Elements pour la réflexion:

Facebook et le « paradoxe de la vie privée »
Mark Zuckerberg, le roi du «déso pas déso» 
Le mea culpa de Facebook ne suffira pas
Comment Facebook s’est débrouillé pour que vous ne le quittiez pas:
Facebook : avec 230 likes, l'algorithme vous connaît mieux que votre conjoint

Les réseaux sociaux sont-ils mortels ?:
La pire crise de l’histoire de Facebook en 17 actes  ___________

jeudi 18 février 2021

Frontières incertaines

Ambivalentes limites.

                              La détermination des limites, c'est ce qui institue l'individualité. C'est vrai pour l'existence humaine, comme pour celle d'un pays. Je "suis" parce que mon corps est autonome, ma conscience m'est propre, une nation ne fonctionne que si elle a une identité, qui plonge ses racines dans l'histoire. Mais ces limites n'ont de sens que parce qu'elles permettent des échanges, maîtrisées ou non.    La question des frontières se pose régulièrement pas seulement quand il est question de conflits, mais aussi dans les relations de tous ordres (démographiques, économiques, politiques...quand il est question parfois d'unification, de redéfinition des limites.) L'histoire le montre amplement. Les cartes n'ont rien de définitif, pas plus que les frontières, même dites naturelles. Les limites de la souveraineté sont souvent fluctuantes, au hasard des effondrements ou des rebrassages (les nouvelles configurations à partir de la fin de l'Empire ottoman, puis l'histoire récente de l'ex-Yougoslavie en sont des exemples récents et frappants)                                                      "...Les même États qui avaient inventé les frontières se sont attribués le droit de les dépasser pour aller s’approprier des ressources ailleurs. Ces mécanismes que l’on dit d’« extra-territorialité » ne viennent pas après ou en plus, ou pour contredire le principe initial de souveraineté qui a toujours justifié l’invention des frontières. Ils mettent en évidence la flexibilité d’une institution comme la frontière, qui n’a rien de stable, contrairement à ce qu’une vision réaliste des relations internationales nous habitue à penser.   Plutôt que les traditionnelles définitions de la frontière qui lient traditionnellement Etat, territoire et souveraineté d’une manière quasiment tautologique, je propose désormais, pour la différencier aussi d’autres types de limites, de définir la frontière comme un espace-temps matérialisant les normes. Cela permet d’une part d’intégrer dans la pensée de ce concept les dynamiques d’extra-territorialité que les États s’autorisent et, d’autre part, de pouvoir penser des frontières à d’autres échelles. Voir: Géopolitique des frontières. Découper la terre, inventer une vision du monde..."

          Parfois,  les frontières sont poreuses, comme en Guyane, parfois, elles sont murées.
    Définir des frontières n'est pas toujours chose aisée.
  Quelles sont celles d'Israël, par exemple, dont le projet sioniste réactivé, laisse la question dans le flou, volontairement?
   Les frontières dites "naturelles" ne le sont pas toujours, ou pas toujours longtemps et les problèmes historiques ne manquent pas de montrer les limites de cette fixité provisoire.
        Les cartes souvent fascinent... et perturbent.
                                         Surtout celles qui dormaient à l'école primaire, bien jaunies, souvent écornées, au fond de la salle, sagement accrochées, et que l'on sortait de la poussière au fur et à mesure des besoins et des cours d'histoire-géographie.
  Très tôt, elles imposent à l'enfant curieux leurs évidences.
Les pays, colorés ou non, avaient valeur d'éternité, les frontières se donnaient comme des limites absolues. C'était comme ça et pas autrement. Depuis toujours.
...Jusqu'au moment où les naïves certitudes initiales se trouvent peu à peu ébranlées par des données non plus visibles, mais apprises. Non, les nations n'ont pas toujours existé tel qu'on peut se les représenter aujourd'hui, avec les mêmes limites. Le doute s'installe. Les pseudo certitudes s'effondrent...
       Le terrain n'est pas la carte et les pays, les nations, les confédérations  sont le résultat de constructions dans le temps. Les USA, par exemple, présentent une apparente homogénéité qui masquent une histoire récente compliquée. L'unité n'était pas donnée.
    Rien n'est éternel. Pas même la France, si jeune dans l'histoire du monde (n'en déplaise à De Gaulle). Les Gaulois n'étaient pas la France.
        L'histoire (écrite) a aussi une histoire, qui mérite d'être interrogée.
Comme la cartographie
     Les  cartes  n'ont qu'une valeur provisoire, éphémère à l'échelle de l'histoire des hommes, qui, au début, ignoraient la notion de territoire, au sens politique. Les chasseurs-cueilleurs n'avaient pas de passeport...  
    On comprend que nous puissions être perturbés par des changements lents ou rapides au niveau des territoires, qui se font et se défont, au niveau des frontières qui se déplacent au gré des péripéties historiques et parfois écologiques. Il suffit de comparer entre elles les cartes de la Pologne ou de l'Autriche depuis quelques siècles...Voyez l'Ukraine.
Cela donne parfois prétexte à perplexité un peu facétieuse (*)
                  Il semble qu'on n'en ait jamais fini avec les problèmes de frontières.   Les guerres surtout sont suivies de redistributions de territoires, contraintes ou négociées, sources parfois de nouvelles instabilités. Staline et Churchill ont été orfèvres à ce jeu-là, reconfigurant l'Europe sur un coin de table, comme on le dit...
 ,       Combien de fois l’Europe a changé de frontières en 25ans?
   On peut le constater aujourd'hui en Europe centrale et de l'Est, dans les Balkans, où existent encore des plaies non cicatrisées. Combien de temps durera le Kosovo bricolé? Qu'en sera-t-il de la Belgique dans quelques décennies?...
           Parfois, des frontières sont en suspens... ________________________

mercredi 17 février 2021

Point d'histoire

  Nazisme après-guerre [notes de lectures]

         Dénis et recyclages. Dénazifier: une mission ambiguë, inachevée et presque impossible

              Il a fallu du temps pour que les faits soient mis à jour. Exsangue, l'Allemagne d'après-guerre, subissant l'occupation des vainqueurs, mis du temps à se relever et à remettre sur pied une économie qui allait reprendre un rythme accéléré, le plan Marschall ayant été déterminant pour donner au pays les impulsions nécessaires.

           Très tôt une politique de dénazification fut instaurée dans la partie Ouest, mais fut inégalement menée selon les responsables des pays occupants, les lieux et les périodes.  Beaucoup de hauts responsables du régime de la dictature furent exfiltrés à l'aide de réseaux de solidarité et avec l'aide de pays où ils trouvèrent refuge. Le Vatican ne fut pas en reste.   Seule l'Autriche échappa au filet des instances chargées de la dénazification.                     Mais la RFA constituée manifesta beaucoup de réticences à faire le ménage au sein de sa propre population, même au sein des responsables de la haute administration: "...Ces derniers sont d'autant plus ménagés par la justice que 90 % des magistrats et avocats en fonction dans les années d'après-guerre avaient servi sous le régime hitlérien. Les autorités font au contraire de la chasse aux communistes dans la fonction publique une priorité. Le Service fédéral de renseignement (BND), mis sur pied par l'ancien responsable du renseignement militaire allemand sur le front de l'Est, Reinhard Gehlen, recrute nombre d'anciens nazis grâce aux États-Unis qui leur reconnaissent un anticommunisme ardent. Tout l'appareil d’État de la RFA est concerné.                                                                                  Le groupe de recherche sur l'histoire du ministère de l'Intérieur établit qu'en 1961, la part des anciens membres du parti nazi parmi les cadres supérieurs atteignaient 67 %, contre moins de 10 % en RDA. Hans Globke, à l'origine des lois antisémites de Nuremberg, devient même le directeur de cabinet de Konrad Adenauer, le premier chancelier fédéral..."  qui fut appelé le "grand recycleur".                                                                       Une des conséquences de la chappe de plomb qui s'est abattue très vite sur le pays pour un bon moment. Une épuration qui a tourné court, qui fut un échec à bien des égards, le contexte politique de l'Europe favorisant bien des oublis, de complicités, bien des dénis. Du moins pour la première dénazification. à la nature à la fois complexe, diversifiée et ambiguë. La passé est mal passé et il reste encore bien des traces aujourd'hui de ce qui fut le drame absolu de l'Allemagne et de ses séquelles. L'oubli des véritables causes de l'aventure fasciste reste toujours un problème. ________________________________