jeudi 30 septembre 2021

Recherche en perdition.

 Allo labos bobos!

               La recherche dans notre pays est en baisse d'année en année. Ce qui ne manque pas d'inquiéter. Serait-ce au nom de l'absurde principe qu'il vaut mieux trouver que chercher?     Faire des économies se pare parfois de justifications étranges. Oui, nous sommes en déclin, comme le signalent plus d'un spécialiste. Mis à part sans doute le CNRS. C'est notre avenir économique, industriel, médical qui est en question. On vient de le voir à propos des vaccins. 


_____C'est largement confirmé:      "....C’est ce qui ressort des premières données provisoires sur l’année 2020, communiquées par l’Observatoire des sciences et techniques (OST) au Monde, portant sur le volume des publications scientifiques nationales. En 2017, l’Italie était passée devant la France, qui se retrouve désormais à la limite d’être exclue du top 10 par le Canada, l’Espagne et l’Australie, alors qu’elle en était sixième en 2009. « Décrochage rapide depuis quinze ans », écrivaient, pour qualifier la situation française, les auteurs d’un des rapports destinés à nourrir la loi de programmation pour la recherche (LPR), votée fin 2020. Celle-ci était censée stopper l’érosion mais elle a surtout réveillé les contestations d’une communauté scientifique doutant de l’intérêt des réformes structurelles, qui depuis 2005 accompagnent ce décrochage. Même si corrélation n’est pas causalité. Et derrière le flétrissement du prestige français, en termes de publications, de moyens financiers, de salaires, des fractures apparaissent au sein même de la communauté scientifique nationale, entre laboratoires riches et pauvres, vedettes et secondes lignes, titulaires et précaires… signant la fin de l’exception du modèle français dans le paysage mondial. A l’occasion des 10 ans du supplément « Science & médecine », nous avons voulu, pour paraphraser Condorcet, tenter l’esquisse d’un tableau des fractures scientifiques qui traversent le pays des Lumières.   Certes, la France, avec 1 % de la population mondiale et plus de 2,5 % de la production d’articles scientifiques (sur plus de deux millions), « fait partie des pays les plus intensifs en recherche », comme l’indique l’OST dans son dernier rapport. Mais « elle bouge moins vite que le monde », rappelle Frédérique Sachwald, sa directrice. Si bien que sa part ne cesse de décroître et son rang de baisser. Pire, si elle est encore dans les dix pays qui publient le plus, elle n’est que seizième sur un indicateur de qualité élaboré par l’OST qui prend en compte le centile des publications les plus citées, derrière la Belgique, la Suisse ou le Danemark..."                  ____La pénurie est bien là et beaucoup de jeunes chercheurs sont découragés et dissuadés de s'engager. C'est aussi l'indépendance de la recherche qui fait problème, surtout dans certains domaines cruciaux. C'est maintenant bien établi. La recherche se meurt et le déclassement menace. La politique à courte vue dans ce domaine commence à se payer cher... _____________________________

mercredi 29 septembre 2021

Angela sans éclat

Auf Wiedersehen!  

                             L'art de balayer gentiment la poussière sous le tapis.                              

                      «Für ein Deustchland, in dem wir gut und gerne leben»-   "Wir schaffen das"                                      ______Mutti quitte la scène, comme une mère laisse ses enfants qu'elle a accompagnés si longtemps. Après beaucoup de mauvais jours, elle a su tenir la barre avec constance mais sans charisme, donnant le ton, imposant son style rassurant et louvoyant selon les circonstances avec un calme olympien, mais sans relief, laissant le monde des affaires suivre leur cours normal, donnant à l'esprit Schröder les moyens de se perpétuer, aux finances, l'esprit étroit et dogmatique du comptable  Schaüble,  le regard tourné vers Pékin plus que vers Bruxelles. excédants commerciaux obligent.             Finalement, la chancelière Angela est et fut beaucoup  surcotée .L'Europe a stagné pendant son mandat, mais l'ordo-capitalisme allemand s'est renforcé un peu plus, malgré les écueils, mais sans vision d'avenir.    ".. elle achève ses quinze ans au pouvoir sans laisser derrière elle de réforme économique d'envergure. La bonne santé économique de l'Allemagne durant ses mandats est très largement due aux réformes, alors impopulaires, du marché du travail qui ont causé la perte de pouvoir de son prédécesseur, Gerhard Schröder. Elle a laissé les grippe-sous du ministère des Finances élever l'équilibre budgétaire au rang de dogme, coupant dans les dépenses d'infrastructures publiques. Il faudra des années pour rattraper le temps perdu...."

            Un héritage contesté donc. Une procrastination remarquable, qui n'a pas été sans effet dans l'espace européen.   "...Certains célèbrent aujourd’hui la chancelière comme celle qui a su maintenir, en dépit de tout, l’Union européenne. Ces détracteurs dénoncent au contraire une dirigeante pusillanime, subissant les événements plus que les contrôlant, qui n’a eu comme ligne de conduite que le « Merkantilisme ». Une politique marquée par la défense des intérêts allemands au point d’en oublier la solidarité et les principes européens.  Dans tous les cas, le bilan européen d’Angela Merkel, à bien y regarder au moment de son départ, est loin d’être convaincant. Elle laisse en héritage une Union européenne essorée, non pas tant par la crise du Covid-19 que par des années d’austérité, d’absence de croissance, d’ambition et de perspective. Depuis l’instauration de l’euro, certains pays, à l’instar de l’Italie, ne sont allés que de récession en stagnation. Le chômage, et particulièrement celui des jeunes, dans l’Europe du Sud, atteint des niveaux stratosphériques, nourrissant un exode de toute une jeunesse formée.   Les déséquilibres patents dès les débuts de la construction européenne n’ont cessé de s’accentuer. Les pays périphériques, dont toute l’Europe du Sud, mais aussi la Finlande et la France, ne cessent de se désindustrialiser et de s’appauvrir au profit d’un centre formé par l’Allemagne et son hinterland formé autour des Pays-Bas, de l’Autriche et d’une partie des pays de l’Europe de l’Est intégrés à la chaîne de valeur allemande.  Toutes ces questions ont soigneusement été mises sous le tapis, Angela Merkel laissant à ses successeurs le soin de les régler d’une façon ou d’une autre...."                         Le réveil du sommeil dogmatique et de l'autosatisfaction aura-t-il lieu?  Quand la Chine lâchera, quand l'ami américain s'éloignera, que deviendront les marchés allemands si ses partenaires s'affaiblissent, l'euro favorisant surtout Berlin? De nouvelles urgences s'imposent. Les épines dans le pied ne disparaîtront pas  de si vite, même si de nouvelles ambitions surgissent, comme des mises à niveau nécessaires, malgré les  pusillanimités  externes. Les coalitions durent ce qu'elles durent... Le pragmatisme à la petite semaine ne put suffire, malgré certains virages inattendus...   Le "modèle allemand", celui dont on se réclame à tous propos, survivra-t-il?_________________________

mardi 28 septembre 2021

Penser à penser

 

Penser ne nuit pas à la santé           [Bis, tris.. repetita...]

                                 Penser pas soi-même autant que possible aide à vivre les yeux ouverts et est un processus sans fin, parfois inconfortable, surtout quand il faut le faire à rebours des préjugés personnels et ambiants, pour une plus grande autonomie. Mais il est toujours émancipateur, souvent exaltant.
    Aujourd'hui, la tendance, le tropisme commun est devenu: je clique, donc je pense.
   Pas d'accord  aurait dit Descartes, qui ne connaissait pas Bill Gates et sa drôle de machine à cliquer, mais qui fut contemporain de Pascal, inventeur d'une géniale machine à calculer et prédécesseur de Leibnitz et de son intérêt pour la logique.formelle, pouvant à ses yeux investir le champ du langage, de Turing, traçant la voie à la machine à souris d'aujourd'hui. 
      On clique pompe beaucoup trop, même dans les universités 
         Surtout si on est danois..
  Pourquoi se fatiguer à penser quand tout nous est offert sur un plateau... numérique. Le meilleur et le pire. Mais souvent le moins digéré.
 Certes, on ne peut se constituer un savoir sans l'héritage des anciens et des références reconnues, mais il est toujours possible de l'assimiler de la manière la plus personnelle possible.    L'information (même exacte) n'est pas la réflexion. Kant le disait mieux que d'autres.
       Eduquer un  enfant par le moyen de l’ordinateur finit par le rendre dépendant de la logique binaire de la machine. Une manifestation de cet asservissement est une « fuite en avant où chaque innovation technique en appelle une autre » de sorte que nous sommes « entraînés dans un mouvement incessant » en accélération constante 
   Il faudrait penser à penser...plutôt que de penser par délégation wikipedienne ou autre.
        L'intelligence artificielle est sans doute prometteuse dans certains domaines, mais est encore au berceau et ne pourra se substituer à la pensée vivante et multifonctionnelle.
   Penser n'est pas que calculer.
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dimanche 26 septembre 2021

Les mots de Zemmour

L'art de brouiller (ou de clarifier) les lignes.

                   On peut le dire sans ambages: notre étoile montante a un discours clivant et ne manque pas de cohérence!! (?)   Il reste tel qu'en lui-même, droit dans ses bottes...Il est à fond dans l'alternatif, comme un certain Trump...On ne peut lui reprocher cela. Question de logique.


          Ses propos sont clairs. C'est assez rares sur nos médias, très complaisants (comme C.News) on non. On peut en juger. Même si la Démocratie est le moindre de ses soucis.  Il a ses références. Le général Bugeaud ne lui fait pas peur, pas plus que Pétain. Une référence!  Il y va à fond la caisse, quitte à casser la baraque. Reste plus qu' à trouver les moyens d'aller plus loin, mais il a quelques amis, et certains y voient une (bonne) fortune.. On verra...Personne n'est parfait.   L'Elysée botte en touche. Prudence...Ira-t-il, ira-t-il pas? That is the question...Il existe parfois d'étranges alliances.      En tous cas, l'homme ne manque pas de phobies et de fureurs.

                                                             Attila est là. Les Huns sont dans la cité!
C'est ce qu'on croit deviner en écoutant notre Zemmour national, qui, tel Ste Geneviève, vient nous alerter sur les menaces de la barbarie dans nos murs. Ils existent; il les a rencontrés.
    Un brave garçon, qui ne dit pas que des bêtises, mais un peu brouillon, assez  excessif, un peu énervé, atrabilaire, souvent pris d'urticaire identitaire...Un mal récidivant.
     Il nous prévient gentiment : "...Notre territoire, privé de la protection de ses anciennes frontières, renoue dans les villes, mais aussi dans les campagnes, avec les grandes razzias, les pillages d’autrefois, les Normands, les Huns, les Arabes.
Les grandes invasions d’après la chute de Rome sont désormais remplacées par des bandes de Tchétchènes, de Roms, de Kosovars, de Maghrébins, d’Africains, qui dévalisent, violentent ou dépouillent. Une population française sidérée et prostrée crie sa fureur, mais celle-ci se perd dans le vide intersidéral des statistiques. »
    Diable! Entendez-vous dans nos campagnes?...Ils viennent jusque dans nos bras...! ♪♫♪
Sie kommen! Des quatre coins des confins de l'Europe ou de ses marges lointaines...C'est une ligue, que dis-je! un complot. La République est en danger. Des accents de Valmy.
   Rome n'est plus dans Rome. Paris n'est plus Paris...Mais Bangui. Les Maliens sont à Montreuil.
Les Roms sont là! Halte-là!
     L'herbe ne repousse plus sous les ruées  barbares.
                Vous avez dit Barbares...?
  Nos ancêtres les barbares... Les Gaulois furent les barbares de César. Les Romains en virent passer bien d'autres plus tard...victimes eux-mêmes d'autres barbares...On est toujours les barbares de quelqu'un.
    Les Huns et les autres. Les vandales!
Rome ne survécut pas, mais laissa place à une autre civilisation, à d'autres recompositions...  "Il ne faut pas voir le remplacement de l’Empire romain par les royaumes barbares comme une invasion à l’instar de celle de la France par l’armée allemande en 1940. Il s’agit d’un phénomène migratoire, encouragé par les Romains eux-mêmes, notamment pour combler les manques dans leur armée... et Rome a gagné quelques années de survie grâce aux généraux barbares. » nous disent les historiens.
                Les barbares n'ont pas fait que passer et (parfois) détruire (un peu, beaucoup) . On en trouve encore: des descendants de Goths en Lorraine, des Normands là où vous savez, etc... Les Vikings: quelles richesses!
   Et ces Francs, franchement, ces affreux!.. qui firent la future France. Tous des barbares! Assumons l'héritage...
________________ Notre polémiste pressé stressé ose le télescopage, l' hyper-simplification et l'anachronisme.  
Sur les ondes de RTL, il faut faire vite.
  Il ne craint pas de racialiser la délinquance, qui, comme chacun sait, vient toujours de l'étranger, comme le dit ma concierge, qui a besoin de se rassurer.
      Les nouveaux Goths sont là! Le gang des voleurs de poules rôde.   Jamais un Français n'oserait braquer une bijouterie!
                                     Singulière conception de l'histoire...
     Gibbon est lu avec de drôles de lunettes.
Pas de critiques de la mondialisation en cours et du système économique qui autorise, encourage même  ce que l'auteur considère comme une déferlante.
     Il en rajoute à  Obertone lui-même , tout dans la nuance l'excès, en déclin maintenant.
_________________ "Le barbare, c'est celui qui croit à la barbarie", disait par expérience Levi-Strauss
   Il met certains à cran
Lepéniste, Zemmour? Il s'en défend, même s'il a déjeuné avec Jean-Marie, toujours aussi nuancé.
    Peut-être seulement inconséquent, xénophobe (un peu quand même...) et à courte vue, racialisant la délinquance. (*)

Une histoire grand guignol...

      Le bêtisier est impressionnant...Morceaux choisis:
    " Concernant Pétain, je réhabilite l'armistice de 1940. Au fond, le maréchal a fait la même chose qu'en 1917, il a gagné du temps pour attendre les Américains. » 
« Plus je vieillis, plus je pense que nos ancêtres étaient mieux que nous ! La littérature était supérieure aussi. A part la médecine et la technologie, je ne vois pas où sont les progrès.» , etc...
__________________On ne niera pas les problèmes liées à une immigration (souvent réclamée par la patronat) mal maîtrisée, non négociée, dans l'espace-passoire Schengen, au coeur d'une mondialisation ouverte à tout vent...
    Zemmour semble ignorer les causes d'une immigration le plus souvent non choisie.
   Mais on ne va pas pour autant guillotiner le journaliste le plus décrié du PAF ...pour son ignorance et ses élans ethnophobiques. Et paf!
      Malaise à RTL...
       La posture zemmourienne est difficile à défendre.  On peut lui conseiller de calmer ses nerfs, de se retirer du PAF et de faire un peu de sport et surtout beaucoup d'histoire, sérieusement, pas revisitée....pour ne pas nous raconter des histoires.
_____
(*)   Il faudrait qu'on nous démontre en quoi la diversité culturelle dans un Etat mène à la violence - je ne suis pour ma part pas du tout convaincu de cela. La violence, elle vient en partie de ceux qui n'ont pas accepté la différence, et qui au sein de groupuscules d'extrême-droite vont tout faire pour la rejeter. Faudrait-il donc changer d'identité pour être réputé pacifiste? Moi qui suis né en France de parents syriens, moi qui suis parfaitement intégré à la société française mais qui reste en partie syrien, moi qui ai appris la langue de mes parents que je parle souvent avec ma mère parce que c'est dans mes habitudes, dois-je être considéré comme un danger public à cause de mes origines? Eric Zemmour pense que les délinquant sont en grande majorité noirs et arabes. Je l'entend. Mais est-ce à dire que la majorité des noirs et des arabes sont des délinquants? Si 60% des délinquants sont noirs et arabes, est-ce à dire que 60% des noirs et arabes sont délinquants. De plus, ne faut-il pas chercher quels noirs et quels arabes sont délinquants, chercher leur origine sociale, quel facteur aurait encouragé la délinquance? Mais au lieu de cela, avec Eric Zemmour, on pointe du doigt des hommes et des femmes et on dit: « Voilà les monstres! » Si bien qu'avant même qu'elle ait agi ou qu'elle ait foulé le sol français, on pourra savoir, contre l'Etat de droit, que telle personne est destinée à être coupable...._______________________

Philosophie de côté

 Le consommateur: un imbécile?

  Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on regarde les notices des appareils ménagers, des objets techniques et des gadgets postmodernes, on tombe souvent sur des perles. Du genre :

    (Sur un sèche-cheveux de marque )
 Ne pas utiliser pendant que vous dormez.
    
(C'est vrai que c'est sûrement le meilleur moment).

    (sur un pudding à la pâte à pain)
Ce produit sera chaud une fois réchauffé
    (Vous en être bien sûr?)

    (sur des guirlandes de Noël électriques)
Pour extérieur ou intérieur seulement
   (Cela veut dire quoi? Il ne faut pas s'en servir dans l'espace? Sous terre?)

   (Sur une brosse à dents donnée par un dentiste)
Utiliser le côté avec les poils.
   
(merci du conseil, on y pensera)

   (sur un flacon de somnifère)
Mise en garde : peut causer de la somnolence.
   (Non, c'est vrai?)    


                           Commentaire:       Il y a un point commun entre tous ces dérapages : prendre le consommateur pour un imbécile, un crétin, un abruti ou un demeuré. Cela n'a l'air de rien, mais en réalité, ce n'est pas du tout anodin, cela traduit l'esprit même dans lequel est pensé le concept de consommateur. Si vous n'avez pas bien compris pourquoi, prenez une heure et lisez Beigedder, 99 F. Il est dans la nature même de la publicité de s'adresser au "consommateur", à un individu plutôt "moyen", très "moyen" et de lui parler gentiment de sorte qu'il reste bien dans sa moyenne, tout en restant capable de capter juste ce qui est nécessaire pour qu'il achète ce qu'on a à lui vendre. Pour cela, il ne faut qu'il réfléchisse trop, juste qu'il s'amuse et qu'il réplique le stimulus réponse, une fois qu'il a bien gobé le stimulus premier. C'est tout. Le conditionnement publicitaire est fait pour s'adresser au degré minimal de l'intelligence, le degré proche de l'automatisme. Il suffit de laisser entendre implicitement dans quelques clin d'oeil qu'il y a connivence là-dedans (on est bien tous pareil, on aime bien les frittes, le camembert coulant, le look d'enfer, gigoter au son d'une musique rigolote, pouffer devant de situations bien stupides). Peut-il vraiment y avoir un  "consommateur intelligent" ? Si vous êtes intelligent, vous cessez définitivement de vous identifiez à la figure d'un "consommateur".  Mais à partir du moment où je n'ai pas d'autre identité que celle de "consommateur", à partir du moment où je n'ai pas conscience de ce que je suis, de ce qu'est ma vie, où je n'ai pas la moindre étincelle de lucidité, où est-ce que cette identité de "consommateur" me mène? Je vous laisse tirer la conclusion logique (qui n'est pas très drôle).       Du coup, en suivant ce fil conducteur, il est intéressant d'observer effectivement de près le niveau mental des publicité, et surtout des publicités à la télévision. Cela donne une vision assez cohérente. De quoi réfléchir sur l'illusion.   _________

Survol

 __ Mercenaires US

__ Dommage collatéral

__ On n'arrête pas le progrès

__ Un mariage qui rapporte

__ Il va bon train

__ Stupéfiant!                                       

__ Mineurs non désirés

__ Soutane ou Satan?

__ Des liaisons sous-marines

           * __ Revue de presse  __________________

samedi 25 septembre 2021

Points d'histoire

 On n'a pas fini d'en débattre...

                         Il y a les faits et l'interprétation des faits. 

   _____Par exemple, au sujet de l'histoire encore chaude de la naissance  d'Israël. De nouveaux historiens commencent à être écoutés dans leur réinterprétation de l'histoire dite "officielle", notamment sur la question de la Terre dite "promise".

    _____ Par exemple, sur la défaite de 1940.  Une défaite qui ne doit rien au hasard. Rien n'était inéluctable. L'illusion du déterminisme est tenace. Il est toujours temps de revoir nos propres mythes et même certains fantasmes.

                    Il y a en général l'art de tordre les faits:

                       L'art de l'historien est de prendre la maximum de recul par rapport au présent pour interpréter, de manière toujours renouvelée, les données du passé proche ou lointain. Ce qui n'est jamais une tâche achevée, car le présent, par ses limites et ses points de vue, conditionne toujours en partie la lecture du passé. L'objectivité est un idéal vers lequel il tend en sachant que sa tâche ne sera jamais achevée , à la lumière de nouveaux documents, grâce à des méthodes renouvelées. C'est ainsi qu'on n'aura jamais fini d'écrire l'histoire de la Révolution Française.                                           ___Le danger est que le politique s'empare du passé, du moins ce qu'il veut en retenir, pour valoriser la lecture qu'il veut en donner, pour favoriser ses vues et ses projets.   Les hommes au pouvoir et qui tiennent à le conserver, comme les autocrates, souvent par tous les moyens,  n'aiment pas les historiens. L'histoire donne trop d'exemples en leur défaveur et témoigne toujours d'une chose: tout régime arbitraire connaît un jour une fin. La considération du passé souvent les gêne comme un obstacle à leur domination. Ils essaient souvent de l'instrumentaliser en leur faveur, soit en inventant des généalogies, comme autrefois, soit en idéalisant ce qu'ils considèrent comme allant dans leur sens, soit en taisant des aspects qui les désavantageraient. L'histoire peut parfois être revisitée ou peut être malmenée, jusqu'à des pressions sur les historiens eux-mêmes.

     Ainsi, "La Fédération internationale pour les droits humains publie un document, « Crimes contre l’histoire », qui recense les atteintes systématiques menées ces dernières années par Moscou contre les historiens pour imposer un récit officiel et autolégitimer le pouvoir."                __Les historiens sont parfois vus comme des gêneurs, des empêcheurs de gouverner en tond. On comprend pourquoi. Ils ravivent une mémoire qui peut en perturber plus d'un, en faisant l'histoire de l'esclavagisme, par exemple. L'équilibre entre le relativisme et l'engagement dans le présent est toujours un problème. Les dérives sont encore nombreuses.

        D'où l'importance de faire l'histoire de l'histoire et de son implication dans l'histoire réelle. Le récit (toujours provisoire ) du passé demande le plus souvent une approche critique.   Cela fait partie du travail de l'historien, mais pas seulement, qui sait qu' une relecture des représentations du passé fait partie intégrante de l'étude des faits, qui sont toujours établis à une époque donnée, qu'ils en portent la marque, les limites et l'idéologie.

 Une relecture des représentations populaires, plus ou moins forgées par l'école, mais aussi de leurs prédécesseurs manquant de données, de recul ou de moyens techniques (par exemple, en archéologie, en génétique, en linguistique, etc...)     Il est donc dans la nature même de l'historien de produire des vérités toujours partielles, provisoires, parfois biaisées et de se donner les moyens de se corriger en permanence et de remettre en question des croyances et des mythes qui sont loin d'être toujours innocents.
   Hier comme aujourd'hui.
       L'histoire s'est longtemps construite sur l'idée d'un roman national, flatteur et parfois mobilisateur, mais douteux du point de vue théorique..
    Instrumentaliser les faits ou les sortir de leurs contextes pour mieux agir sur les esprits est une dérive permanente. 
   Des récits non critiqués ont toujours la vie dure dans l'imagination.

      Des Gaulois à De Gaulle, il y a fort à faire parfois pour établir le vrai.
                             Charlemagne a-t-il inventé l'école ? Y-a-t-il un secret des Templiers ? Jeanne d'Arc a-t-elle sauvé la France ? Marignan fut-elle une victoire si importante ? Marie-Antoinette fut-elle une ravissante idiote ? Y-a-t-il eu un génocide vendéen ? Jean Moulin a-t-il été trahi ? La France est-elle malade de la guerre d'Algérie ? Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution...
          Une histoire "plurielle" dans une France qui a changé reste à réinventer, en gardant un regard critique sur ses propres productions et celles de son époque.
    Déconstruire les mythologies nationales est une nécessité permanente, malgré les résistances.
       Nous ne sommes pas encore tout à fait sortis de l'histoire à la Jules Michelet.
         Des barbares aux Gaulois, en passant par Charlemagne, Charles Martel et les autres...il est essentiel de dépoussiérer, de rectifier, de relativiser. A la lumière de nouveaux faits, de nouvelles méthodes, de nouvelles recherches.
               La Vérité historique est toujours un horizon...les vérités peuvent toujours s'affiner.    _________

vendredi 24 septembre 2021

USA: Le grand frère?

 Amitiés sincères...

                          La récente affaire  des sous-marins australiens , les remous qu'elle engendre, même au sein des partenaires européens, vient nous rappeler que l'"amitié" entre Etats n'est qu'une façon de parler (même si on peut évoquer éventuellement de "bonnes relatons", toujours provisoires). Il ne faut pas se fier au vocabulaire diplomatique ni au langage convenu. Se rappeler que les Etats, dans le contexte international, ont d'abord des intérêts, politiques, économiques, géostratégiques, comme nous le rappelait déjà Machiavel en son temps             .         ___Que les USA ait fait un choix qui n'est pas le nôtre, que l'Australie ait changé son fusil d'épaule, voilà qui ne devrait pas nous étonner, même si nous ne connaissons pas les dessous du dossier, malgré le courroux de Paris, qui aura peut-être un petit lot de consolation...Biden, qu'on plaçait au pinacle, pour le coup a fait du Trump. La Realpolitik s'est imposée.    On devrait se souvenir que ce n'est pas la première fois que les USA nous font de "mauvais coups" au cours de relations souvent assez mouvementées. Malgré Lafayette et le partage anciens d'idéaux communs. 


           Il est utile de revenir sur le passé, comme le fait, de manière fouillée et intéressante, le livre de Branca:  L'ami américain.    Il met le doigt sur des rapports difficiles que nous ne connaissons guère ou que nous avons oubliées. Dans notre guerre au Vietnam à celle de l'Algérie, et même pendant la seconde guerre mondiale, l'oncle Sam nous a joué des coups pendables, évoqué dans les mémoires de De Gaulle ou dans certaines déclarations ultimes de Mitterand (« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. ») Sans parler de l'affaire irakienne ou syrienne...                                   "...Pourquoi de Gaulle refusa-t-il, en 1964, de présider les commémorations du vingtième anniversaire du débarquement allié en Normandie ? Parce qu'il se souvenait que, sans sa volonté farouche de faire échec aux plans de Roosevelt, la France ruinée de 1944 n'aurait pas été traitée autrement que l'Allemagne vaincue, privée d'une fraction de son territoire et placée sous administration militaire américaine. Pis, c'est sur une partie des élites de Vichy que, durant tout le confit, la Maison-Blanche avait misé pour barrer la route à l'homme du 18-Juin.   Grâce aux archives déclassifiées, mais aussi à des témoignages inexploités, il est désormais possible de raconter pour la première fois cette " guerre de trente ans " qui, de 1940 à 1969, opposa le Connétable de la France libre à la volonté de puissance des Etats-Unis. Alors que, aux instants les plus cruciaux de la guerre froide, le soutien du Général resta toujours acquis à Washington, le Département d'Etat et la CIA ont beaucoup tenté pour l'éliminer de la scène internationale. Du financement du FLN algérien au concours prêté à l'OAS, de l'espionnage nucléaire à la corruption d'une partie de la classe politique française, en passant par l'enrôlement d'Hollywood dans la croisade antigaulliste, Eric Branca raconte avec verve l'histoire secrète et inédite d'un conflit rendu d'une brûlante actualité par l'élection de Donald Trump...."                                                                                                                               Bref, les relations franco-américaines n'ont jamais été un long fleuve tranquille, même au sein de l'Otan, qu'il a fallu quitter un temps et dont on devrait abandonner le projet définitivement du fait de son caractère désuet et des aventures où cette organisation d'une autre époque peut encore nous entraîner contre notre gré et nos intérêts...Florence Parly manque de recul historique.______

jeudi 23 septembre 2021

Voitures électriques à tout va?

 Tout le monde s'y met

            La publicité devient envahissante: tout pour la voiture électrique, la voiture de demain!... La percée semble irrésistible. le climat va y gagner, la "voiture propre" est en route, en attendant les autres moyens de locomotion... Mais est-ce vraiment LA solution? L'euphorie est-elle justifiée? A t-on bien mesuré les tenants et les aboutissants de la nouvelle voie présentée comme salvatrice, voire miraculeuse? Rien n'est moins sûr quand on se penche sur le problème et que l'on y regarde d'un peu plus près...La généralisation des moyens de locomotion "tout électrique" ne peut être qu'un rêve, même paré de toutes les vertus.  Il va falloir d'urgence renoncer à un engouement naïf et repenser tout le problème.

                       Comme le remarquent plusieurs spécialistes, il y a le problème, en amont, des "terres rares", de leurs conditions d'exploitation, qui rend le problème de la " propreté" pour l'instant plus qu'aléatoire....En plus des problèmes de dépendance qui ne manqueront pas de se poser. Il y a une part d'illusion à s'engager tête baissée sur une voie qui semble convenir à tous ceux qui alertent sur les périls climatiques.                                                                         _________"...Le tout-électrique ne diminuera le total des émissions de GES [gaz à effet de serre] que de moins de 1 % par an, avec un impact nul ou presque sur la santé. En France, les transports sont responsables du tiers des émissions de GES. Au sein des transports (route, aérien, maritime, rail), la route est responsable de 75 % des émissions. Il y a actuellement un million de ventes de voitures neuves 100 % électriques dans l'Union européenne (UE), ce qui représente 7,5 % du total des ventes. Il s’agirait donc de passer à 15 millions de véhicules électriques vendus annuellement en 2035. Remarquons d’emblée que l’interdiction des voitures neuves à moteur thermique ne changera pas grand-chose en termes d’émissions car les 300 millions déjà en circulation dans l’UE ne seraient pas concernés. En outre, le secteur sensible du fret, qui représente le quart des émissions de GES de la route, a été « sagement » évité par la Commission.    « Les politiques qui prennent ou cautionnent de telles décisions négligent totalement l’impact environnemental désastreux de la production des batteries et de leur fin de vie. »   Ceci d’autant plus que le « zéro émission » des véhicules électriques avancé par la Commission et repris par les pseudo-écologistes est un mythe qui néglige, volontairement ou non, qu’il faut fabriquer les véhicules électriques, recharger leurs batteries avec de l’électricité, puis les recycler. Or, chacune de ces étapes consomme de l’énergie et produit des émissions ! Un site indépendant, développé par le Luxembourg Institute of Science and Technology, indique modèle par modèle le niveau des émissions, tant pour les véhicules thermiques que pour les électriques : on constate qu’à puissance équivalente, sur l’ensemble de leur cycle de vie, les émissions de GES des véhicules électriques, si elles sont évidemment inférieures, représentent tout de même entre 25 % et 50 % de celles d’un véhicule thermique. Et pour les hybrides, les émissions sont logiquement plus importantes. Dès lors, reprendre le mythe du « zéro émissions » des constructeurs, du « c’est bon pour la planète » des écologistes à courte vue, est une tartufferie. Ce faisant, l’État et la Commission tendent une perche aux constructeurs automobiles qui trouvent une occasion inespérée de se repeindre en « vert », notamment Volkswagen, compromis dans le Dieselgate, un scandale de présentation frauduleuse des émissions polluantes, dont il est piquant de constater la communication durant l’Euro de football sur le thème « Way to zero », « la route vers le zéro émissions » (sic).                                                                        De plus, l'impact est nul sur la qualité de l’air : du fait de ces émissions non nulles, et compte tenu du stock de 300 millions de voitures thermiques et de l’exclusion des transports routiers, même si les 15 millions de véhicules neufs vendus à compter de 2035 sont électriques comme l’escompte la Commission, les émissions du secteur routier ne diminueront que de 2 % par an. Et l’impact sur le total des émissions de GES sera lui inférieur à 1 % !..."                                                    Les politiques qui prennent ou cautionnent de telles décisions négligent totalement l’impact environnemental désastreux de la production des batteries et de leur fin de vie. En effet, une seule voiture électrique exige de 250 à 600 kg de batteries de type « Lithium-ion », et en moyenne 400 kg ! Par simple multiplication, rien que pour les 15 millions de voitures neuves escomptées en 2035, il faudra produire… 6 millions de tonnes de batteries par an ! Et si les 300 millions de voitures sont remplacées par de l’électrique, il faudra donc produire 120 millions de tonnes de batteries !                                                          Sans oublier non plus l’électronique embarquée pour gérer l’énergie, bien plus présente que dans un véhicule thermique. J’ai déjà relevé l’impact écologique exponentiel des batteries et composants électroniques des téléphones portables et du tout-numérique lié à l’extraction des terres rares et métaux lourds qu’ils contiennent : jusqu’à une tonne de terre concassée pour un seul gramme de matériau utile. C’est le cas des principaux composants des batteries - cobalt, lithium, manganèse, nickel, graphite…- dont les procédés d’extraction sont très gourmands en eau, stérilisent les sols et polluent durablement les eaux, provoquant de graves affections. Et les éventuelles innovations technologiques espérées avec les condensateurs seront tout aussi polluantes.                          Dit autrement, pour améliorer de quelques pourcents la qualité de l’air des Européens, on s’apprête à provoquer une pollution majeure ailleurs. Ainsi de la Chine, qui accapare les deux tiers de la production mondiale de batteries, avec le respect de l’environnement que l’on sait, ou de la République démocratique du Congo dont les terres sont définitivement retournées et concassées pour extraire le cobalt. Mais pour nos « modernes » tartuffes, qu’ils soient à la Commission, au gouvernement, à la mairie de Paris ou « écologistes » autoproclamés, l’essentiel est que cette pollution ne se produise pas sur les quais de Seine...."   _______________

mercredi 22 septembre 2021

Pays Bas si tranquilles

 Dans une Europe bancale

                      On entend peu parler de nos voisins du Nord, si tranquilles et si discrets dans leur décor de carte postale convenu. Vu de Paris, on dirait qu'il ne s'y passe tien, ou presque.       Vu de Bruxelles, les Bataves apparaissent comme de bons élèves, voire de très bons partenaires, qui pèsent dans les décisions. Le passé marchand et prospère du pays a laissé des traces dans la gestion des affaires, au pays de l'abondance retrouvée. Tout va bien donc.      "... Quatrième puissance économique de l’Union européenne, dix-septième au niveau mondial, devant la Turquie ou l’Arabie saoudite, troisième de la zone euro en PIB par habitant4, derrière le Luxembourg et l’Irlande, mais devant l’Allemagne et la France, avec 40 160 € PIB/habitant, le royaume batave jouit, en dépit de la crise économique et sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19, d’une économie et d’une croissance robustes, avec une récession presque deux fois moindre que dans la zone euro en 2020 (-3,7%) et d’une reprise prévue à 3,3% du PIB pour 2021 et 20225. Quant aux Néerlandais, ils seraient le sixième peuple le plus heureux du monde en 2020, d’après le World Happiness Report 2021, mené sous l’égide de l’ONU...."  Un bon élève, quoi!

            Sauf que cette prospérité tranquille doit beaucoup à une pratique peu vertueuse chez ce peuple qu'on a parfois qualifié de "radin": c'est un important paradis fiscal en Europe, comme le Luxembourg, aussi très prospère et pays d'accueil choisi notamment par Jeff Bezos, pour y prospérer tranquillou. Fiscalement, comme en Irlande ou à Chypre, c'est très intéressant d'y investir, aux dépends des pays voisins, partenaires et amis de Bruxelles, qui lève de temps en temps la voix sur les distorsions de ses principes peu appliqués. Certains autres voisins le font aussi, mais à un degré moindre.. A La Haye, on se déclare les meilleurs Européens, les plus fidèles, les plus stricts aussi: on se souvient du rôle important que jouèrent les Pays Bas dans les négociations avec Athènes au sujet de la dette. Un inflexibilité intraitable, à l'instar de Mr Schaüble. L'orthodoxie financière devait être préservée à tous prix, et quel prix! Il fallait sauver les banques et les fondements d'un libéralisme pur et dur.     Orthodoxie oblige. Malgré quelques entorses ..."  alors que le gouvernement dit « frugal » de Mark Rutte contestait le plan de relance européen à la suite de la crise sanitaire, l’ONG a dénoncé un double discours par la voix de son directeur Alex Cobham : « Les données historiques de l’OCDE récemment publiées confirment que, loin d’être un chef de file de la responsabilité fiscale, les Pays-Bas sont l’un des plus grands catalyseurs de l’abus de l’impôt sur les sociétés....Le manque à gagner fiscal pour ses cousins français, allemands ou italiens dépasse largement les frontières de l’Union. « Pour les centaines de milliards de dollars de profits réalisés par les multinationales américaines hors du territoire américain, les Pays-Bas sont le paradis fiscal numéro un », confirme le chercheur français de l’université de Berkeley Gabriel Zucman dans son livre La Richesse cachée des nations (Seuil, 2017). Pour une multinationale qui a installé une holding à Amsterdam, le schéma de base consiste à facturer des redevances de marque à ses filiales partout à l’étranger. Ces revenus remontent jusqu’à elle et ce sont autant de bénéfices qui ne sont pas taxés par l’Administration néerlandaise s’ils ne font que transiter. Tandis que tous les pays d’implantation des filiales voient leur échapper les recettes de l’impôt pour les activités qu’elles y réalisent. » Subtil.                              ______Le Parlement européen proteste bien un peu, mais sans conséquences...Les autorités du pays disent vouloir changer un peu le système, mais pas trop et...sans trop de hâte. Il y a des trous dans la raquette. Un pays qu'on dit "frugal": tout à fait quand il s'agit de solidarité à l'égard de partenaires moins favorisés ou lésés par ses pratiques, qui ne jouent pas dans la même cours, "Les premiers receveurs de profits artificiels" ont encore du temps devant eux avant qu'on ne change vraiment les règles. ________

mardi 21 septembre 2021

Mais jusqu'où ira Vincent?

 Où s'arrêtera-t-il?

                    Un empire, ça se construit       Avec la main basse sur le groupe Lagardère, le domaine d'influence  du mastodonte s'étend encore..."... l’arrivée de Vincent Bolloré est peu rassurante. L’homme est au contraire réputé pour son interventionnisme, comme il l’a encore montré récemment à Europe 1. Si personne, chez Hachette, ne s’avoue surpris du rachat du groupe Lagardère par le milliardaire breton, beaucoup craignent la perte de cette culture maison. Et se rappellent avec quel acharnement Vincent Bolloré a poursuivi en justice deux ouvrages publiés par des éditeurs du groupe, Informer n’est pas un délit (Calmann-Lévy) et Vincent tout-puissant (JC Lattès). Et bientôt, ce sera lui le patron..."   


     Il fait le ménage avec une méthode bien singulière: froide et calculatrice. Vise-t-il le monopole où le quasi monopole? Il y avait des lois pour éviter cela à une certain époque. La réduction de la diversité est la base de l'uniformité de l'information et de la concurrence faussée. Ce n'est pas qu'une affaire d'argent, mais aussi d'influences et de distorsion de l'information, surtout quand on a des préférences bien marquées: le patron protège Zemmour, C.News est sa tribune, où ne règnent plus que les gens de confiance. Connivence et intérêts. Après l'"épuration" à Canal et à Europe 1. Et il y a la face cachée.


______La main basse sur l'information par des intérêts privés continue, la concentration se poursuit. L'Etat ne pipe mot et continue à subventionner à l'aveugle. Le CSA réagit timidement. Le verrou médiatique se referme peu à peu. Une situation française atypique et inquiétante. Où est passé l'esprit de la charte de la presse, adoptée en octobre 1945 par la commission exécutive de la Fédération de la presse, qui précise que « la loi devra prendre les mesures nécessaires pour que les journaux appartiennent soit à des partis politiques ou groupements idéologiques, soit à des équipes essentiellement composées de personnes travaillant effectivement dans l’entreprise, de telle sorte que ces partis, groupements et équipes ne puissent être dépossédés ou dominés par des groupements capitalistes »?     Dix milliardaires possèdent l'essentiel de la presse française; il y a de quoi s'interroger.                                 L'empire empire....       _________