Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 31 janvier 2021

LU

__ Alibaba et les ...voleurs

__ RSA jeunes

__ Pris au piège

__ Victoire de Lemaire?


__ Navigation à vue

__ Liban: terrible chaos

__ Des rustines...

__ Immunité-impunité

__ Biden et les Gafas

__ Bien commun mondial    _____________________

samedi 30 janvier 2021

Où l'on reparle d'Hercule

Résistances

          Depuis le début de la mise en place du projet, inspiré par les libéraux bruxellois, l'opposition est vive au sein de la maison EDF, tous syndicats confondus. Mais pas seulement les syndicats. Il y a un assez large consensus sur le sujet.    La question est de savoir: comment éviter l'éclatement de la structure d'un ensemble qui nécessite, pour le bon fonctionnement dans ce domaine  stratégique, unité et cohérence. L'opposition ne faiblit pas contre l'oukase de l'UE, qui vent compartimenter les secteurs de production et dissocier la production et la distribution, comme il a été fait dans d'autres domaines. Une production entièrement soumise aux lois du marché, comme dans d'autres domaines. La réforme s'enlise, ne suscite pas l'enthousiasme au sein du gouvernement et les échéances sont prudemment reportées.  L'ouverture aux capitaux extérieurs ne pourraient, comme on l'a vu dans d'autres domaines, qu'engendrer une nette augmentation des prix.

               "...La mise en oeuvre du projet découlerait d'une réforme de la régulation du parc nucléaire existant pour remplacer le système actuel, connu sous le nom d'Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), afin de garantir la couverture des coûts d'EDF, un sujet qui fait lui aussi l'objet de discussions depuis plusieurs mois entre Paris et Bruxelles..."   -       ________".. Interpellé sur le projet Hercule par Mme Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, le 15 décembre dernier, le premier ministre Jean Castex tente de rassurer : « Nous n’avons (…) nullement l’intention de démanteler EDF, qui restera un grand groupe public. » Ces propos rappellent ceux prononcés dans le même hémicycle par le ministre de l’économie Nicolas Sarkozy, le 6 avril 2004 : « Depuis 2000, le marché de l’énergie est ouvert à la concurrence à hauteur de 30 % parce que le gouvernement de Lionel Jospin, soutenu à l’époque par le Parti communiste, avec des ministres communistes, a transposé en février 2000 la directive européenne libéralisant le marché de l’énergie… Je redis qu’EDF et GDF [Gaz de France] ne seront pas privatisés. » Élu président de la République en 2007, il privatisa GDF.    À ce jour, l’État détient encore 84 % du capital de l’établissement public transformé en société anonyme en 2004 et introduit en Bourse l’année suivante. Mais pour combien de temps ? Depuis le printemps 2019, le gouvernement français et la Commission européenne négocient en toute opacité la réorganisation du deuxième producteur mondial d’électricité. En mai dernier, alors que le président Emmanuel Macron venait d’évoquer devant les caméras le retour des « jours heureux », en référence au programme du Conseil national de la Résistance, ses représentants négociaient à Bruxelles le torpillage d’une des conquêtes de la Libération, soixante-quinze ans après la nationalisation de l’électricité et du gaz. Le projet Hercule poursuit l’objectif fixé par une directive européenne de 1996 : imposer l’émergence d’acteurs privés en rognant la position dominante d’EDF, tout en demandant à l’État d’assumer les incertitudes et les risques liés à la filière nucléaire...."  ______La logique libérale de la Commission suit son cours...    ________________________

vendredi 29 janvier 2021

Myopie politique

Chères autoroutes

                        Parmi les mauvaises nouvelles du début de février, s'annonce celle de la hausse du coût des péages autoroutiers. La routine... On a fini par oublier les conditions dans lesquelles les incontournables voies ultra-rapides de circulation ont été concédées au secteur privé, il n'y a pas si longtemps, quand tant d'autres pays gardaient la maîtrise de leurs réseaux.                ____On nous annonce que:  ".....Après une évolution de +0,80% en 2020, les prix des péages autoroutiers vont augmenter de 0,44%, en moyenne, au 1er février. Les hausses devraient varier, selon les tronçons, entre 0,30% et 0,65%. Des augmentations limitées cette année, certes, mais qui font toujours ressurgir le débat sur le bien-fondé des concessions autoroutières accordées en 2006. Un récent rapport sénatorial a préconisé de ne pas les prolonger au-delà de leur terme en raison d’une rentabilité trop favorable. Deux des trois groupes autoroutiers pourraient atteindre la rentabilité attendue lors de la privatisation, et ce 10 ans avant la fin des concessions, soit autour de 2022. Pour le rapporteur de la commission, « le statu quo n’est pas possible. Il est impératif de mieux partager les profits des sociétés d’autoroutes avec l’Etat et les usagers, et de rééquilibrer les relations entre le concédant et les concessionnaires ».

           Pour une fois, après les critiques de la Cour des Comptes, le Sénat met tout à plat, confortant les nombreuses critiques émises depuis le début d'une privatisation, dont même Mr Bayrou avait dénoncé l'absurdité. Pout contenter les désiderata des magnats du béton et de la finance. Sont dénoncés la «.... position de faiblesse de l’État dans les négociations la surrentabilité pour le privé et le manque à gagner pour le public. Le rapport sénatorial de la « commission d’enquête sur le contrôle, la régulation et l’évolution des concessions autoroutières » dresse un bilan au vitriol de la gestion des autoroutes, dont les concessions ont été privatisées en 2006.    L’État aurait ainsi perdu environ 6,5 milliards d’euros de recettes potentielles depuis qu’il a ouvert le capital des sociétés d’autoroute au privé (une ouverture commencée en 2002 par l’intermédiaire de Lionel Jospin, puis achevée en 2006, sous Dominique de Villepin)...."                                                                          Malgré certains regrets tardifs de celui-ci. Un bijou vendu au nom de la dette, dans une  optique court-termiste. L'Etat a préféré encaisser plutôt que de gérer. De nombreuses irrégularités ont entaché les contrats dès le départ.   Un bref, ce fut une manne pour ceux qui continuent à profiter de la vache à lait, aux dépends des utilisateurs.       _______________________

jeudi 28 janvier 2021

Une parole forte

Mémoire et résilience

       Le grand inconfort, parfois la grande souffrance  de la situation actuelle, c'est surtout qu'elle ne laisse aucune visibilité. C'est ce qui est matériellement et psychologiquement le plus difficile à assumer. Et pourtant, l'inattendu n'est pas une nouveauté dans l'histoire et un peu de mémoire nous rappelle qu'il fut constant, souvent plus dur et plus durable. Comme le rappelle quelqu'un qui a beaucoup vécu. Tenir bon, tous les jours.

 « J'ai été surpris par la pandémie mais dans ma vie, j'ai l'habitude de voir arriver l'inattendu. L'arrivée de Hitler a été inattendue pour tout le monde. Le pacte germano-soviétique était inattendu et incroyable. Le début de la guerre d'Algérie a été inattendu. Je n'ai vécu que pour l'inattendu et l'habitude des crises. En ce sens, je vis une nouvelle crise énorme mais qui a toutes les caractéristiques de la crise. C 'est-à-dire que d'un côté suscite l'imagination créative et suscite des peurs et des régressions mentales. Nous recherchons tous le salut providentiel, mais nous ne savons pas comment.

Il faut apprendre que dans l'histoire, l'inattendu se produit et se reproduira. Nous pensions vivre des certitudes, des statistiques, des prévisions, et à l'idée que tout était stable, alors que tout commençait déjà à entrer en crise. On ne s'en est pas rendu compte. Nous devons apprendre à vivre avec l'incertitude, c'est-à-dire avoir le courage d'affronter, d'être prêt à résister aux forces négatives.
La crise nous rend plus fous et plus sages. Une chose et une autre. La plupart des gens perdent la tête et d'autres deviennent plus lucides. La crise favorise les forces les plus contraires. Je souhaite que ce soient les forces créatives, les forces lucides et celles qui recherchent un nouveau chemin, celles qui s'imposent, même si elles sont encore très dispersées et faibles. Nous pouvons nous indigner à juste titre mais ne devons pas nous enfermer dans l'indignation.
Il y a quelque chose que nous oublions : il y a vingt ans, un processus de dégradation a commencé dans le monde. La crise de la démocratie n'est pas seulement en Amérique latine, mais aussi dans les pays européens. La maîtrise du profit illimité qui contrôle tout est dans tous les pays. Idem la crise écologique. L'esprit doit faire face aux crises pour les maîtriser et les dépasser. Sinon nous sommes ses victimes.
Nous voyons aujourd'hui s'installer les éléments d'un totalitarisme. Celui-ci n'a plus rien à voir avec celui du siècle dernier. Mais nous avons tous les moyens de surveillance de drones, de téléphones portables, de reconnaissance faciale. Il y a tous les moyens pour surgir un totalitarisme de surveillance. Le problème est d'empêcher ces éléments de se réunir pour créer une société totalitaire et invivable pour nous.
À la veille de mes 100 ans, que puis-je souhaiter ? Je souhaite force, courage et lucidité. Nous avons besoin de vivre dans des petites oasis de vie et de fraternité. »
Edgar Morin_________________

mercredi 27 janvier 2021

Ombres chinoises

Fin de la naïveté?

            La France et d'autres pays européens sont en train de passer de l'admiration-fascination à la distance et à la critique vis à vis d'une Chine dont les avancées apparaissent mieux pour ce qu'elles sont.     La libéralisation/ouverture du régime de Pékin, entrevues un temps, n'est plus un horizon pour un moment. C'est la fin d'unr certaine naïveté libérale, où l'ouvrier du monde participait avantageusement à notre prospérité, grâce à une multitude de produits dont les coûts réduits permettaient notamment de faire pression sur les salaires..     Cette période n'est pas finie, loin de là, mais elle tend à se réduire. Malgré les apparences.     L'affaire du coronavirus n'a rien arrangé. La montée en puissance de l'économie et de l'influence chinoise commence à faire problème. La séduction intéressée. de l'Allemagne connaît, elle aussi, un recul. Le projet complexe de la route de la soie ne suscite plus le même attrait et attire même certaines méfiances au fur et à mesure que le durcissement politique s'exerce à Pékin.

                          Le patronat allemand commence même (par opportunisme?) à être plus critique, comme le patron du géant allemand Siemens: « Nous observons de près et avec inquiétude ce qui se passe en ce moment à Hongkong ainsi que dans la région du Xinjiang, a déclaré Joe Kaeser à l’hebdomadaire Die Zeit, jeudi 10 septembre. Nous condamnons catégoriquement toute forme d’oppression, de travail forcé et d’atteinte aux droits de l’homme. » Venant du patron d’un groupe qui réalise un dixième de son chiffre d’affaires en Chine, pays où il est implanté depuis 1872 et où il compte aujourd’hui plus de 35 000 employés, une telle fermeté aurait été inimaginable il y a encore un an. « L’Allemagne doit veiller à bien faire la balance entre ses valeurs morales et ses intérêts », avait déclaré M. Kaeser, le 8 septembre 2019, après trois jours passés en Chine dans la délégation d’Angela Merkel. « Quand des emplois, en Allemagne, dépendent de la façon dont sont abordés des sujets délicats, il convient de ne pas renforcer l’indignation générale », avait-il alors affirmé en référence à l’inquiétude suscitée en Europe, par le durcissement de la politique de Pékin vis-à-vis de Hongkong..."         Mais pas seulement. Une indignation bien tardive. Malgré tout, le business as usal ne pourra que continuer. La Chine continuera à maîtriser le jeu, souvent avec un pion d'avance. Et pour longtemps encore. Surtout tant que l'Europe restera un nain politique, aux objectifs souvent divergents.
     _______ _____En dehors du champ de l'analyse classique, on peut lire cette approche qui ne manque d'être originale et brillante, malgré la multiplicité des points de vue émis.______

mardi 26 janvier 2021

Terre féconde

La vie cachée des sol

Notre Terre nourricière est faite d'un équilibre riche, complexe et fragile.

 Que nous ne soupçonnons guère.

     La fabrique de la vie qui la constitue demande un autre gestion des sols  que celle, technocratique et court-termiste, que nous lui imposons de plus en plus, sous l'impulsion des marchands de machines et de certains  entrants, qui nuisent aux sols, ne les considérant que comme de simples supports.
  Avec le développement de la culture intensive et de l'agrobuseness, les sols s'appauvrissent de plus en plus. Notamment du fait de la multitude des produis entrants développés par l'agrochimie, qui contribue à réduire ou à détruire les constituants vitaux essentiels à la vie des sols.
    La monoculture sur de grands espaces, souvent par déforestation, accentue cette régression, de Bornéo à l"Amazonie de la Beauce au Middle West.
  Nous avons oublié que la vie des sols conditionne la nôtre.
       Nous sommes des hommes et Homo vient de humus. Nous  retournerons à la terre, comme humus. Le mot "homo" est lui-même apparenté à "humus",la terre,le sol,le grec "khamai" signifiant "à terre". Les Romains nommaient donc l'homme "le terrestre", par opposition aux dieux (cf. humilité, de même racine).
   Faute d'humilité et de savoir, nous tuons à petit feu ces sols qui vont devenir improductifs, sous les impératifs, non seulement démographiques, mais surtout les exigences de rentabilité et de mécanisation qui les accompagnent.
      L'homme oublie trop souvent qu'il ne peut vivre hors-sol. Sans les vers, notamment, ces laboureurs du sol, ses racines sont bien compromises.
    Le déclin de la diversité est une vraie menace, comme l'indique clairement Claude Bourguignon. 
      Le perte progressive des vers de terre, des insectes et des oiseaux n'est pas anodine. La vie microbienne se réduit.
  Le problème n'est pas seulement chimico-commercial, il est aussi politique.
    L'agriculture biologique pourrait nourrir, à certaines conditions, plus d'hommes qu'on ne croit.
A condition que soit revue dans l'urgence la gestion mercantile des ressources agricoles en reconquérant une souveraineté alimentaire, véritable et rapide.
  La biodiversité est toujours menacée
    L'agriculture dite moderne, pas seulement dans le Middle West ou l'Argentine, nous mène à des impasses.
    20% des terres cultivées dans le monde seraient affectées.
      La chimie  c'est bien, mais pas trop et pas n'importe comment. Sans ses obscurs alliés, la terre n'est plus rien.
                  La vie des sols conditionne la nôtre.
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lundi 25 janvier 2021

Désastre à Rio

Tragédie structurelle

                 Dans le plus grand cynisme, Bolsonaro laisse son pays s'enfoncer dans l'épidémie qui s'envole et la misère qui s'installe un peu plus. Un bilan calamiteux où s'accumulent toutes les détresses. S'il n'y avait que l'Amazonie, un peu plus mise à mal!                        "...Le président brésilien Jair Bolsonaro et son gouvernement constituent une véritable calamité pour le Brésil, ses citoyens et la terre qu’ils habitent. C’est ce qui ressort de l’édition 2020 du « Baromètre d’alerte sur la situation des droits humains au Brésil » qui sera rendu public ce 19 janvier. Les indicateurs collectés par une coalition d’organisations, qui s’étend de Act-Up au Secours catholique, en passant Attac, l’association Autres Brésils, le CCFD, ou France Libertés, sont alarmants, tant au niveau social qu’écologique..."

               Difficile d'imaginer un tel effondrement. Malgré les colères montantes, les manifestations, le désespoir, faudra-t-il attendre les élections de 2022 pour passer à autre chose?   "... Il y a longtemps que les limites ont été franchies. Arrêter la machine de mort est plus qu’une question d’honneur, c’est une question de survie pour l’ensemble de la société, quel que soit le spectre idéologique.     Le 20 mars 2020, l’économiste et démographe José Eustáquio Diniz Alves a déclaré au Correio: «Le seuil des 100’000 cas doit être atteint le 31 mars, et le seuil significatif d’un million de cas peut être dépassé avant le 30 juin, avec environ 40’000 décès. Nous avons terminé le premier semestre 2020 avec 59’000 décès et l’année avec plus de 200’000 décès [216’450, le 23 janvier 2021 – source: John Hopkins], soit un nombre bien plus élevé que prévu dans le pire des cas. grande grâce à l’engagement de son personnel, il n’a reçu aucune aide officielle qui aurait compensé la casse déjà effectuée.   Car comme l’a écrit notre chroniqueur et sociologue Marcelo Castañeda, «il est difficile de maintenir une certaine sérénité dans la situation où l’on prend conscience de faire partie d’une expérience de politique de la mort».    Même si cela peut sembler être une dystopie cinématographique, nous vivons en réalité une expérience politico-administrative d’élimination massive d’être humains. Les corps non rentables et «inemployables» – oui, Bolsonaro a retrouvé, ces jours-ci, la pensée implacable de Fernando Henrique Cardoso – peuvent et doivent être éliminés. «C’est bon pour l’économie» des sociopathes comme Paulo Guedes et son déni total de la vie en société, au profit de la transformation de tout et de tous en simples actifs financiers.   La tragédie est structurelle. Il n’est pas possible de calculer combien de temps il nous faudra pour nous rétablir en tant que corps social.."                         Le chaos annoncé a bien eu lieu. La maladie qui ronge le Brésil n'est pas que sanitaire...

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dimanche 24 janvier 2021

Aujourd'hui

__ Netanyahou et les Juifs américains

__ Comment peut-on être suédois?

__ Sauver Lagardère?

__ Le début de la fin?

__ Inégalités scolaires

__ Symbolique du voile

__ Sujet virus

__ Les dessous de Pfizer et Israël      _______

samedi 23 janvier 2021

Réseaux de pouvoir

Ils sont partout

                En France, il faut pousser un peu l'investigation pour en découvrir l'ampleur. Ceux qu'un ministre de De Gaulle appelait les "copains et les coquins". Des réseaux parfois informels, parfois quasiment institutionnalisés, basés sur de vieux copinages, des renvois d'ascenseurs pour services rendus, des intérêts croisés de haute volée.  Ce n'est pas seulement dans le monde des affaires qu'on les rencontre, s'ils se révèlent un peu, et ils ne sont pas toujours visibles publiquement. C'est aussi en marge des institutions politiques qu'ils peuvent agir, par des rencontres ou des rassemblements réguliers où s'échangent plus que des banalités ou de vieux souvenirs de prépa, de l'Ena ou autres institutions de prestiges.                                                                  __ Une "institution" en apparence mineure fonctionne en France de cette manière, où les grandes orientations politico-économiques y sont souvent en question, pas seulement sur le mode informatif; Le Siècle : du beau monde, un entre-soi particulier, des réunions régulières où l'on ne fait pas qu'échanger des informations, dans un lieu qui n'est pas un café du commerce, mais un endroit huppé de la capitale, où ne parle pas de la pluie et du beau temps....

          L'affaire Duhamel nous a rappelé son existence et son influence. Certes, ce n'est pas le (grand) siècle, le pouvoir absolu, mais un lieu où des pouvoirs de tous horizons se côtoient et échangent. "...Ce club ultrasélect du Tout-Paris des affaires et de la politique réunit tous les mois, pour un dîner, banquiers, hauts fonctionnaires, ministres, journalistes de cour et universitaires du sérail....  Le Siècle n’est pas un think tank mais un pur lieu de pouvoir. Un point de rencontre obligé pour ceux qui aspirent à diriger et ceux qui veulent continuer à le faire .Infiniment mieux qu’une légion d’honneur, être invité aux dîners du Siècle suffit à signifier une appartenance à cette nomenklatura satisfaite surtout d’elle-même. « Ces agapes transpirent un entre-soi incurable et maladif » raille un éminent membre. Réglés comme un métronome, ces dîners à 250 couverts constituaient jusqu’au 26 février 2020, date à laquelle ils se sont arrêtés pour cause de Covid, les noces mensuelles de cette nouvelle aristocratie...."         ____"....JP. Anselme (2010) parle d'un comité central de l'élite, là où s'organisent rois de l'économie et de la finance, princesde la haute administration, seigneurs de la politique (de droite et de gauche), barons des médias et de l'édition, chevaliers de l'intellectuelle courbette, vassaux du syndicalisme... C'est là que se préparent entre gens de bonne compagnie les contre-réformes libérales qui seront ensuite votées par les "représentants du peuple" et promues par les médias de connivence. C'est là que, depuis plus de soixante ans, les apparatchiks de la classe dirigeante décident de la vie des Français. En toute discrétion...."             ____Une institution où se diffuse et se renforce l'idéologie dominante, où le politique et les affaires savent se conjuguer. Même les Echos lève un coin du voile. Certes, ce n'est pas une loge maçonnique. Pourtant le secret est de rigueur et les complicités, parfois inattendues, se nouent ou se dénouent. ___________

vendredi 22 janvier 2021

Derrière les murs

 De mur en mur   

                     Aucun mur ne monte jusqu'au ciel et ne dure une éternité.
  La chaîne Histoire a rediffusé un document non orthodoxe (du point de vue de Tel Aviv) sur les enjeux du plus grand mur, de 700km construit entre Israël et la Cisjordanie, pour des raisons "officielles" de sécurité.
    Des barrières physiques, politiques et psychologiques, concrétisation d'un conflit qui dure, sans dire son nom. Un mur d'incompréhension érigé de sang froid, illégalement. Des villages et des familles palestiniennes sont enclavées, en situation de survie économique.
  Dans le pur esprit de Vladimir Jabotinsky __(1)
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 Certains murs finissent par cèder, d'autres durent, de nouveaux s'érigent (*)
        Beaucoup n'ont pas d'oreilles, sourds à la détresse.
            Il en reste tant  dans le monde aujourd'hui,
                                                                 Beaucoup à abattre.
__________25 ans après, celui de Berlin  reste dans les mémoires (**)
     Le mur de la honte est toujours là. Destiné à tomber, comme tous les autres...
   Il sont toujours symbole de repli et de faiblesse.
                Ne parlons pas des murs d'incompréhension.
                   Il y en aurait pour des années...
    Non, les vrais murs, de béton ou de barbelés, les murs-frontières, ceux qui tomberont aussi un jour...comme les enceintes fortifiées et les citadelles d'autrefois. Qui n'excluent pas les frontières.
        Comme le remarque V.Hugo:
    « Autour de cette ville, la monarchie a passé son temps à construire des enceintes, et la philosophie à les détruire. Comment ? Par la simple irradiation de la pensée. Pas de plus irrésistible puissance. Un rayonnement est plus fort qu’une muraille. »
       La muraille de Chine, le mur d'Hadrien n'ont pas résisté, pas plus que les barrières, plus ethniques, de l'apartheid...
__________
  (**) - Toute une histoire...partiellement secrète.
       - Une chute  programmée?
  -Relire le passé... Les conséquences.
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(*) "...L’installation de nouveaux murs apparaît caractérisée par une variété de situations et de configurations. Ils sont construits pour renforcer les frontières entre des États ainsi que pour séparer des morceaux de territoire au sein d’un même État – ou d’une ville. Il peut s’agir de tenir en dehors ou d’expulser des groupes ou populations « indésirables », « dangereuses », ou bien d’instituer un territoire sécurisé pour un établissement résidentiel séparé, une enclave, comme le sont les gated communities, les gated towns et autres enclaves. Il faudrait encore ajouter ces autres territoires sécurisés par des murs de béton aussi bien que par des clôtures, des barbelés et, paraît-il, des fossés, où s’installent les établissements de l’industrie extractive globalisée. Il faut relever la variété des matériaux de construction et des formes qui caractérisent ces barrières ; qui sont d’autre part accompagnées par un répertoire de dispositifs de surveillance électronique ou armée, de check points, de zones tampon. Mais le fait d’énumérer cette variété ne réduit pas l’impression qu’il y a là, dans ces « concrétions », des éléments communs, un air de famille, qu’il faut mettre en lumière et étudier. Wendy Brown dans son livre sur les nouveaux murs – jusqu’ici la recherche la plus complète sur ce phénomène – y voit une concrétisation de la mise en question par la mondialisation de la souveraineté des états nationaux, laquelle est devenue « poreuse » ; elle y voit à l’œuvre, dans cette variété, un format commun de construction de l’espace et d’organisation d’une collectivité qui suggère un principe d’ordre différent de celui de la souveraineté. Alain Supiot y a relevé plutôt des indices du principe de suzeraineté. Partant de cela, on peut spécifier et articuler la question de ce qu’ont en commun ces « nouveaux murs ».
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jeudi 21 janvier 2021

Les défis de Biden

     En deux mots
                             Trump, le grand saboteur, après son vrai-faux départ, disparaîtra-il vraiment?
      
        Les relations avec la Chine resteront la point clé des nouvelles relations internationales.

._______Un casse-tête. Cents jours décisifs? Que pourra Dr Biden? On peut en partie prévoir.

      Un état de guerre permanent qui risque de durer, malgré les inflexions et les changements, mais qui n'entameront pas le système.

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mercredi 20 janvier 2021

Investissez avec optimisme

Dans l'industrie pharmaceutique

             Une des plus intéressantes qui soit.  L'actionnaire  y est particulièrement gâté. Une haute rentibilité y est assurée, car les produits se développent toujours plus, pas forcément la recherche qu'on attendrait. Pour la bonne santé des malades, mais aussi celle de actionnaires, toujours mieux servis. Les préoccupations de service pour le public n'y sont pas toujours la priorité, comme on s'en rend compte en cette période de pénuries de médicaments, où s'exerce une concurrence discutable entre les labos, alors que la coopération s'imposerait, surtout dans l'urgence mondiale.    Or si les pouvoirs politiques ont un rôle de contrôle en dernière instance, ils n'en ont pas en ce qui concerne en amont la recherche et ses orientations, ses choix, surtout en ce qui concerne les produits les plus vitaux. L'OMS n'a pas plus de pouvoir, malgré sa fonction coordinatrice.  Le gonflement des prix de vente de médicaments de base est une pratique courante dans les pays où le contrôle étatique est laxiste ou inexistant, comme aux USA, pénalisant les plus démunis.

                  Or certaines de ces firmes devenues multinationales décident à nouveau, au pire moment de pratiquer (une nouvelle fois) des licenciements et au coeur du système: la recherche.               Sanofi continue à faire des "économies", pour purger les secteurs jugés moins rentables, en pleine crise sanitaire majeure, que ce soit à Strasbourg ou ailleurs, où les plans sociaux se succèdent maintenant toue les ans. Les labos sont au front dans la course aux vaccins.     Une poule aux oeufs d'or pour les actionnairesDe plus une entreprise comme Sanofi, aux pratiques parfois contestables, se laisse aller à une sorte de chantage en cette période critique où les conflits d'intérêts s'exacerbent entre les grandes puissances. Le covid-19 est déjà une bonne affaire pour Sanofi.      Il est clair qu' une révolution est nécessaire dans cette course à la marchandisation. Pas seulement pour le contrôle des prix et la limitation des profits. Cela apparaît surtout aujourd'hui comme une  évidence.

Alors que l'entreprise a touché plus d'un milliard d'euros de crédit d'impôt recherche en 10 ans:

👉 Elle est soutenue par le plan relocalisation
👉 Elle a versé 4 milliards € de dividendes à ses actionnaires privés (dont 200 millions € à Blackrock) alors que 80% de ses revenus en France dépendent des remboursements de la Sécurité sociale.
👉En 2020, en pleine pandémie, le résultat net de ses activités a progressé de 9,4% au troisième trimestre (+ 5,7% à 9,48 milliards € pour le chiffre d'affaires)
👉 Elle a pris du retard dans la production d'un vaccin contre le coronavirus.
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  • mardi 19 janvier 2021

    Verrou médiatique

     Vers-où allons-nous?

                                       L'enfermement médiatique.
           On connaissait les verrous de Bercy, ceux qui bloquent certains dossiers embarrassants ou compromettant pour le pouvoir ou ses amis, mais qui lèsent les recettes publiques.
           On parle moins de verrous plus complexes, plus multiformes, qui retiennent, brident, limitent, déforment ou censurent l'information ou la noie dans l'inessentiel, le détail, le superficiel, l'éphémère, l'anecdotique, le spectaculaire. en délaissant les analyses de fond, la véritable investigation.
        Certes plus rien à voir avec la vieille censure de temps de guerre, fondée sur le silence ou la désinformation.
       La spécificité de la plupart des censures dans les medias d'aujourd'hui, c'est qu'elle est masquée ou à peine perceptible, sauf pour des esprits avertis ou un brin inquisiteurs. Ils se répètent quasiment l'un l'autre, le plus souvent à partir des données des mêmes agences de presse. 
    Qu'avons-nous su de la vraie nature des interventions irakiennes ou de l'affaire lybienne?..
       .Faire sauter le verrou médiatique est une tâche qui reste à accomplir, pour donner à la presse d'opinion, la respiration et la liberté qui lui manquent. La libérer du poids de l'argent, de la vitesse, de l'insouciance citoyenne, du divertissement, de la polémique inutile, de l'incompétence parfois. Lui donner les moyens de se déconcentrer, de se diversifier dans une indépendance maximale, de faire sa mutation en matière d'analyse et d'investigation, de retrouver le courage d'informer, au sens fort, à la recherche des causes, malgré les risques. Comme de rares organes de presse tentent de le faire encore.
     [Par exemple, en Espagne aujourd'hui, une réaction s'esquisse pour remonter une pente dangereuse: « Le paysage médiatique connaît une situation à la Berlusconi. Tous les gouvernements, que ce soit à Madrid ou dans les communautés autonomes, exercent un pouvoir très fort sur “leurs” médias locaux », s’inquiète Miguel Mora, un ancien correspondant d’El País à Paris, qui a lancé, début 2015, Contexto, site gratuit d’opinions et d’enquêtes, doté d’un budget très serré (un plus de 100 000 euros, aucun des journalistes fondateurs n’est rémunéré). « Au fil de la crise, il y a eu un glissement : les journaux papier sont passés de contre-pouvoirs à des appendices du pouvoir. »]
         Mais il ne suffit pas de le dire, d'en faire le voeu.
      Développer une presse indépendante,  faire aussi loin que possible la vérité sur les faits, voilà une      tâche difficile mais nécessaire. Comme le concevait Albert Londres, comme le souhaitait au début H.Beure-Méry. Un fait est un jugement, disait J. Fauvet.  Faire l'opinion est une démarche ambigüe.
        Un citoyen informé est un homme plus libre, plus disponible pour une démocratie moins minées par les ambitions, les corruptions, les détournements de sens en tous genres.
            Les censures médiatiques épousent de multiples formes que nous ne soupçonnons pas toujours. Parfois trop tardivement. 
      C'est une censure souvent soft, indirecte, s'appuyant sur l'argument d'autorité,celle qui vient du pouvoir de l'argent et des réseaux qu'il cautionne et entretient. Qui contrôle la presse contrôle l'information, par formatage, pression idéologique insidieuse plus que par l'intimidation et la force.     Le récent cas Bolloré n'en n'est qu'un exemple récent. La CSA devrait se poser des questions....
    Les chiens de garde sont au coeur d'une presse d'opinion réduite à quelques titres.
          Le mouvant maquis médiatique français demande à être un peu exploré pour apprécier les jeux de pouvoirs qui se jouent. C'est toute la presse qui est malade.
                            ____________ Le grand nombre de titres de presse écrite, de chaînes de télévision, d’éditeurs de livres masque l’ampleur de la concentration dans les médias et ses effets dévastateurs.
                    La concentration au sein de chaque média (concentration dans la télévision, la
    presse…) n’est qu’un aspect de la concentration car les groupes les plus puissants sont multimedia. Ils ont des positions fortes à la fois dans la télévision, la presse, l’édition, … et sont intégrés à des groupes industriels (Lagardère, Bouygues,Dassault, …). La concentration est aussi amplifiée par les alliances entre les groupes de médias : des convergences d’intérêts naissent à travers des entreprises dont le capital est détenu conjointement par les groupes alliés (alliance Vivendi-Lagardère, alliance TF1-M6, …)    L’ampleur de cette concentration met en cause l’indépendance des hommes politiques vis-à-vis des médias, le pluralisme et la qualité de l’information et rend donc nécessaire, et urgente, l’adoption d’une loi limitant réellement la concentration dans les médias.
    1. La télévision, un média très concentré.
              TF1 en position dominante.  L’entreprise TF1 a réalisé en 2002 un chiffre d’affaires de 2,6 milliards d’euros et capté plus de la moitié des recettes de la publicité à la télévision (54% en 2002 selon Secodip). La chaîne TF1 qui réalise près du tiers de l’audience totale de l’ensemble des chaînes de télévision en France (32,7% fin 2002 selon Médiamétrie) ne représente que 58% du chiffre d’affaires de TF1. Les chaînes de télé qui appartiennent à TF1 L’entreprise TF1 n’est pas seulement la chaîne gratuite TF1, c’est aussi le premier actionnaire du bouquet numérique TPS qui diffuse plus de 200 chaînes avec un million d’abonnés.    L’entreprise TF1 possède également les chaînes de télévision LCI, Odyssée, Eurosport, TPS Star, Cinétoile, Cinéstar, Télétoon, Infosport, sans compter des participations dans Série Club, TF6, TV Breizh, etc., …TF1, ce n’est pas seulement la télévision. TF1, c’est aussi le cinéma, à travers des participations dans des sociétés de production de films (49% de Téléma, 50% de Film Par Film et bien sur TF1 Film Production) et la distribution de films (à travers TFM, filiale commune de TF1 et de Miramax du groupe Disney). TF1, c’est également l’édition et la distribution de cassettes vidéo, de DVD, de CD musicaux. TF1 est le premier éditeur vidéo français (à travers TF1 Vidéo) (Les Echos, 14.05.2003). Sans oublier les produits dérivés, jeux de société, presse magazine (Tfou Mag, Star Academy)… et les investissements dans la presse écrite quotidienne gratuite. La participation de TF1 dans Métro-France (34%), les projets de gratuits spécialisés dans le sport, dans la télévision, en cours de réalisation marquent le choix stratégique de TF1 de s’implanter dans la presse écrite quotidienne.
        TF1 au sein du groupe Bouygues. Le groupe Bouygues contrôle TF1 avec 41,3% du capital. Si, au sein de Bouygues, TF1 ne représente que 12% du chiffre d’affaires du groupe, en revanche l’activité
    média peut être utilisée pour favoriser les autres activités du groupe (construction,téléphone). Comme l’affirmait Francis Bouygues au moment de la privatisation deTF1 : « il y a des intérêts secondaires découlant de la possession d’un tel outil »(cité par P. Péan, C. Nick dans TF1, Un Pouvoir). Les groupes Pinault et Arnault, actionnaires de Bouygues. Qui possède le groupe Bouygues ? Si la famille Bouygues est le premier actionnaire du groupe, le groupe Pinault (FNAC, Printemps, Le Point, RadioBFM…) détient 8% du capital et le groupe Arnault (La Tribune, Investir, LVMH…)
    près de 5%. Ainsi deux groupes, eux-mêmes impliqués dans les médias, détiennent une part significative du groupe qui détient TF1.
       TF1 et son allié M6.Le réseau Bouygues-TF1 ne s’arrête pas là, il s’étend à travers les alliances de TF1. La plus connue de ses alliances est la participation de TF1 au capital de lachaîne de télévision TV Breizh aux cotés de Berlusconi et de Murdoch. Mais l’alliance la plus importante en termes de chiffre d’affaires concerne les relations de TF1 avec M6. M6 est contrôlée par la multinationale allemande Bertelsmann qui, à travers le groupe RTL, est le premier actionnaire du groupe M6 (et contrôle M6 depuis le retrait de Suez). TF1 et M6 possèdent en commun deux chaînes de télévision SérieClub (50%-50%) et TF6 (50%-50%) et surtout le bouquet TPS (dont M6 détient
    34% et TF1 66%). Les deux chaînes privées accessibles sans abonnement au plan national, TF1 et
    M6, sont ainsi reliées par des intérêts communs importants. TPS à lui seul représente 11% du chiffre d’affaires de TF1 et plus encore de celui de M6. Les groupes TF1 et M6 sont certes concurrents dans la recherche d’audience, clé des recettes publicitaires, mais sont aussi alliés. Or l’ensemble TF1 et M6 représentait 46% de l’audience totale de la télévision en 2002 (TF1 32,7%, M6 13,2% selon
    Médiamétrie). La domination est encore plus forte dans le domaine des recettes publicitaires 76,8%du marché de la publicité à la télévision leur revient (en 2002 : 53,9% pour TF1 et 22,9% pour M6 selon Secodip).
       Dans la télévision payante, l’alliance Vivendi-Lagardère Le groupe Canal Plus, propriété de Vivendi Vivendi a vendu une partie très importante de ses activités médias (édition,presse), et rien n’assure qu’elle restera, à terme, présente dans la télévision. Néanmoins, aujourd’hui, la télévision payante est dominée par Vivendi qui contrôle 100% du groupe Canal Plus. Le groupe Canal Plus contrôle la chaîne à péage Canal Plus et ses 4,8 millions d’abonnés, une vingtaine de chaînes thématiques (MultiThématiques dont Canal Plus détient 63,9% du capital), StudioCanal qui tient une place importante dans la production et la distribution de films et deprogrammes de télévision (ce qui est d’ailleurs une obligation légale de Canal Plus). C’est aussi la plate-forme CanalSatellite avec 2 millions d’abonnés qui diffuse quelque 230 chaînes de télévision et de services interactifs. Si l’on inclut NCNuméricable, c’est 8 millions d’abonnés que compte le groupe Canal Plus fin 2003. Le chiffre d’affaires de la télévision à péage du groupe Canal Plus a été de 2,7 milliards d’euros en 2002 (1,5 milliard pour la chaîne Canal Plus). Toutefois, l’audience de Canal Plus n’étant que de 3,5% de l’audience totale de la télévision, le pouvoir que donne la détention de Canal Plus est beaucoup plus faible que celui du groupe Bouygues qui contrôle TF1 dont l’audience est dix fois plus forte.
      L’alliance Vivendi-Lagardère dans la télévision Dans la télévision Vivendi est allié avec le groupe Lagardère. Vivendi et Lagardère possèdent en commun CanalSatellite (34% Lagardère et 66% Canal Plus) et MultiThématiques (27,4% Lagardère et 72,6% Canal Plus). Le contrôle conjoint de CanalSatellite crée des intérêts communs importants entre Vivendi et Lagardère, d’une part parce qu’il y a plus de 2 millions d’abonnés à CanalSatellite et un chiffre d’affaires en 2002 de 782 millions d’euros (bien plus que TPS), et d’autre part parce qu’en contrôlant l’entrée dans ce bouquet satellite, les deux alliés détiennent le pouvoir de fixer la rémunération de chacune des chaînes diffusées et les conditions d’accès à ces chaînes par les téléspectateurs. Le contrôle conjoint par Vivendi et Lagardère du capital de MultiThématiques, qui regroupe des chaînes de télévision autour de huit marques (Planète, Planète Future, Planète Thalassa, Canal Jimmy, Season, CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel) est une autresource d’intérêts communs entre Vivendi et Lagardère.
    __Les chaînes de télévision contrôlées par Lagardère.  Lagardère contrôle en propre cinq chaînes de télévision : deux chaînes musicales (MCM et Mezzo), deux chaînes jeunesse (Canal J et Tiji), Match TV et la chaîne météo. Le groupe Lagardère produit et distribue aussi des programmes pour la télévision (premier producteur de fiction prime time en France en 2002). Quelles relations entre le pôle TF1-M6 et le pôle Vivendi-Lagardère ? La télévision privée comporte donc deux pôles, d’un coté l’alliance TF1-M6 (Bouygues-Bertelsmann) et de l’autre l’alliance Lagardère-Vivendi    Quelles sont les relations entre ces deux réseaux ? Vivendi et le groupe Bertelsmann ont longtemps été alliés. Ainsi l’un des dirigeants de Bertelsmann siégeait au conseil d’administration de Vivendi jusqu’à ce que Bertelsmann rachète la part de Vivendi dans France-Loisirs (édition) qu’ils détenaient conjointement. Jusqu’en janvier 2004, le groupe Canal Plus et RTL Groupe étaient présents dans le capital de Sportfive (droits sportifs), … Aujourd’hui, ce sont surtout les relations entre le groupe Lagardère et le pôle en principe concurrent (TF1-M6), qui sont inquiétantes. Lagardère et M6 participent l’un et l’autre au capital de la chaîne de télévision Téva. Certains administrateurs du groupe Lagardère sont administrateurs du groupe Bouygues. Arnaud Lagardère lui-même est administrateur de LVMH qui appartient au groupe Arnault, lequel est actionnaire de Bouygues ! L’actualité récente montre que Lagardère se rapproche de Bouygues, puisqu’il vient d’entrer dans le capital de TV Breizh au coté de TF1, Berlusconi et Murdoch. Et si, commecela est régulièrement évoqué, CanalSatellite et TPS étaient regroupés pour améliorer la rentabilité de l’ensemble, ou encore si Lagardère mettait la main sur Canal Plus, la télévision privée ne serait plus qu’un ensemble d’interconnexions capitalistiques formant un seul réseau.
           Une concentration inacceptable. La télévision privée est dans les mains de trois groupes industriels multinationaux (Bouygues, Lagardère, Vivendi) et un géant mondial de la communication (Bertelsmann) qui sont aussi présents, et souvent aux premières places, dans les autres médias (presse écrite, radio, cinéma, musique). A l’affrontement, ces groupes préfèrent des stratégies d’alliance, les concurrents deviennent ainsi des partenaires, que l’on ménage et qui vous ménagent, même si chaque groupe cherche à accroître l’audience de ses chaînes ou à attirer plus de publicité. Cette concentration pose des problèmes politiques sérieux : danger pour la pluralité et donc la qualité de l’information, dépendance du pouvoir politique vis–à-vis du pouvoir télévisuel, capacité, pour les groupes qui la contrôlent, d’utiliser le pouvoir que donne la télévision au bénéfice de leurs autres activités (défense, bâtiment, téléphone, …). La législation anti-concentration est manifestement insuffisante puisqu’elle n’a, dans les faits, entravé ni la constitution d’alliances entre les majors de la télévision privée, ni les liaisons dangereuses entre les activités industrielles et le contrôle de la télévision. Non seulement la législation anti-trust est insuffisante, mais les quelques protections existantes sont attaquées de toutes parts. Ainsi le projet de « loi sur les communications électroniques et les services de communication audio-visuelle » prévoit de lever, pour la télévision numérique terrestre, l’interdiction de cumuler les fréquences nationales et locales. Dans un contexte où il serait essentiel de renforcer les moyens de la télévision publique, de nombreuses mesures tendent à affaiblir la télévision publique : menaces sur le budget, partenariat imposé avec TF1 dans la Chaîne Internationale d’Information…
    __2. La concentration dans la presse
                  Le paysage de la presse.Trois leaders français multi-secteurs, deux groupes étrangers
    Alors qu’il a longtemps été un monde de petits entrepreneurs, voire d’artisans, le secteur de la presse écrite connaît une accélération de la concentration depuis deux ou trois ans. Le regroupement entre Le Figaro et L’Express, d’une part, et entre Le Monde et PVC, d’autre part, aboutit à ce que les cinq premiers groupes représentent plus de la moitié du chiffre d’affaires des 25 premiers groupes. La
    récente absorption du groupe Excelsior par Emap semble confirmer cette tendance : L’arrivée de Dassault sur le marché de la presse aboutit à rassembler dans le même groupe, après que l’avionneur ait pris le contrôle de la Socpresse (il en détient aujourd’hui 80%) trois hebdomadaires (L’Express, Figaro Magazine et Valeurs Actuelles) et plusieurs quotidiens nationaux ou régionaux ; L’absorption du groupe PVC (Télérama) par Le Monde permet à la nouvelle entité d’être elle aussi présente sur plusieurs marchés (quotidiens, magazines télé, culture, etc.) et les échanges de participation entre Le Monde et le groupe Nouvel  Observateur semblent augurer d’un renforcement potentiel de ce pôle ; L’absorption du groupe Excelsior Publications (Sciences et Vie, Biba, Vingt ans, etc.) par l’anglais Emap permet à ce groupe de rattraper une partie de l’écart avec les leaders (surtout Hachette Filipacchi Média et Socpresse). Trois groupes français, Hachette-Filipachi Media, Dassault-Socpresse et Le Monde PVC se détachent donc du paysage de la presse écrite. Ils ont en commun de tendre à être présents sur la plupart des différents segments de marché du secteur : quotidiens nationaux, magazines économiques et financiers, féminins, presse de divertissement, hebdomadaires de télévision, magazines culturels. Derrière ce trio de tête apparaissent des groupes d’origine non hexagonale : Prisma Presse-Berstelsman et Emap sont puissants dans tous les segments de la presse magazine, tout en évitant une présence sur les marchés de la presse quotidienne ou d’opinion, jugés trop « politique ». Un groupe réalisant 150 milions d’euros de chiffre d’affaires, n’est plus aujourd’hui que de taille moyenne. Il devient une proie pour des groupes ayant franchi le cap des 500 millions. Ce risque est encore plus grand si l’on prend en compte les 13 groupes de presse se situant en dessous de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, parmi lesquels on trouve Libération ou le Point, propriété de François Pinault. Dans le paysage tel qu’il se met en place, l’existence d’un journal, quotidien ou hebdo, isolé risque de devenir précaire.
          Les groupes spécialisés. A un troisième niveau apparaissent des groupes “ spécialisés ” qui se contentent de dominer leur secteur :Le groupe Amaury, présent sur le marché de la presse quotidienne, qui vient de constituer son propre réseau de diffusion (notons que Lagardère est présent au capital de ce groupe) ; DI Groupe (Arnault, La Tribune) et le groupe Pearson (Les Echos) restent
    cantonnés, pour l’essentiel, dans l’économie et la finance ; Le groupe Marie Claire se contente des féminins (mais Lagardère est présent au capital de ce groupe) ; Plusieurs groupes régionaux restent circonscrits à leur région (Ouest France, Sud- Ouest, etc.)
          Vers des mega-groupes de communication ?
    Certains groupes tentent de couvrir tous les champs de la communication : Hachette est présent dans la télévision, la presse magazine, l’édition et la distribution de livres comme de journaux ; Du temps de Jean-Marie Messier, la même tentation était perceptible chez Vivendi à travers la stratégie dite des contenus ; En prenant une participation dans le quotidien gratuit Métro, en lançant certains
    produits dans les kiosques ou en librairie (TF1 Editions) et en préparant des gratuits spécialisés (sports, télé), le groupe TF1 tend à devenir multisectoriel ; De la même manière, le groupe M6 réalise une partie croissante de son chiffre d’affaires dans des produits dérivés parmi lesquels peuvent figurer des produits d’édition ou de presse. Quelques tendances lourdes.Multiplication des alliances.
    Au-delà de la concentration, comme dans la télévision, on voit apparaître des coopérations, voire des alliances entre groupes dans des domaines précis : L’alliance (par échange de participations) entre les groupes Le Monde et le Nouvel Observateur est censée préparer la succession de Claude Perdriel, lefondateur du groupe ; Le groupe Lagardère prend des positions tous azimuts. Il est présent tant dans le groupe Amaury que Marie-Claire. Il participe au pôle de presse gratuite qui vient dese constituer avec Socpresse et Amaury. Enfin, il renforce ses positions dans la presse quotidienne régionale à travers Version Fémina ; Un pôle Socpresse-groupe Amaury vient de se constituer pour lancer des quotidiens gratuits puisque le lancement de projets concurrents aux gratuits paraît la seule stratégie possible pour concurrencer l’offensive de Métro et de 20 Minutes ;
    Des offres publicitaires globales (c’est-à-dire une proposition faite aux annonceurs de passer simultanément dans plusieurs organes de presse moyennant un tarif avantageux, avec jusqu’à 50% ou 60% de remise) se multiplient pour permettre aux éditeurs d’afficher une audience concurrentielle avec les médias audiovisuels. En regroupant Le Monde, Le Figaro, L’Express, Le Nouvel Observateur, on peut prétendre toucher plusieurs millions de lecteurs. L’offre groupée démultiplie la
    puissance commerciale : l’annonceur obtient un tarif attractif pour toucher plus de cadres. Plusieurs regroupements de cette nature se sont mis en place (Cadre Emploi par exemple), ce qui constitue un obstacle redoutable pour les magazines agissant seuls ou de faible diffusion, qui n’ont pas accès à ces regroupements. Ces processus de globalisation de l’offre publicitaire ne peuvent qu’accentuer, à moyen terme, la concentration.
         Crise de la presse quotidienne.
    La presse quotidienne vit une crise qui se prolonge depuis une quinzaine d’années : la plus grande partie des quotidiens nationaux (excepté Aujourd’hui-Le Parisien et Les Echos) et régionaux subit une érosion plus ou moins lente du lectorat. Leur audience chez les jeunes devient résiduelle, ce qui fait craindre une marginalisation, surtout de la presse quotidienne régionale. Face à ces difficultés,
    les groupes semblent adopter des stratégies essentiellement défensives : Lancement de gratuits pour concurrencer les gratuits existant (exemple de La Provence à Marseille, d’un projet du Parisien à Paris, …) ; Négociation de positions dominantes dans les projets de télévision locale, pour
    continuer à bénéficier de la manne publicitaire locale ; Adossement à des magazines jugés plus rentables pour contrebalancer la perte structurelle liée au quotidien (Le Monde) ; Ajustements par le bas (restructurations, suppressions d’emplois, diminution de pagination (France-Soir, Libération, L’Humanité).
       Vers des journaux 100% publicitaires ?
    L’apparition récente de journaux gratuits ne fait que poursuivre à son terme une évolution déjà sensible depuis une vingtaine d’années dans la presse magazine tendant à faire transformer l’économie du secteur. Traditionnellement la presse vit d’un double flux de recettes, celle des lecteurs-acheteurs et celle des annonceurs, acheteurs d’espace publicitaire. C’est l’audience, c’est-à-dire la certitude d’un annonceur de toucher x lecteurs, cadres ou femmes, ou décideurs, ou « fous »
    d’informatique, etc., qui contribue à fixer le tarif de la publicité. Depuis les années 80, les gestionnaires des hebdomadaires ont conduit des stratégies visant à fidéliser des centaines de milliers d’abonnés par tous les moyens : abonnements à tarifs cassés, cadeaux d’abonnements, etc. A la limite, ces journaux “ achètent ” ainsi des lecteurs et font financer le journal par la publicité. Dans la presse féminine, la part des recettes provenant de l’achat d’espace publicitaire, qui, selon la loi, ne devrait pas représenter plus de 50% de la recette d’un numéro de magazine, tend à devenir essentielle grâce à différents artifices. Au fur et à mesure de l’explosion publicitaire, en particulier depuis les années 80, le poids des lecteurs tend à devenir résiduel dans l’économie des magazines. Avec la création des gratuits, le processus est conduit à son terme : pourquoi dépenser de l’argent pour conquérir des lecteurs et ne pas directement leur offrir le journal, ce qui est une façon de garantir à l’annonceur une diffusion ? Demain, la même logique conduite pour concurrencer les quotidiens pourrait bien être mise en oeuvre dans d’autres segments du marché, notamment de la presse magazine. Il va sans dire, et c’est ce que craignent un certain nombre de journalistes et même de patrons de presse,que ce processus rendrait les publications de plus en plus dépendantes des
    annonceurs, c’est-à-dire des 100 ou 150 groupes français les plus importants.
    3. La concentration dans l’édition
        Les multinationales dans l’édition. La concentration dans l’édition s’accélère au profit des groupes multinationaux. Après le contrôle de Flammarion par le groupe italien Rizzoli, la reprise par le
    groupe Lagardère de 40% d’Editis (ex Vivendi-Universal Publishing), les éditions du Seuil viennent d’être absorbées par le groupe La Martinière (devenu La Martinière- Le Seuil). D’autres concentrations sont attendues, à travers en particulier la vente de la partie d’Editis non reprise par Lagardère (Nathan, La Découverte, Plon, Le Robert, Pocket, 10-18, Robert Laffont, …). Les multinationales contrôlent au moins 60% de l’édition française (Lagardère, Bertelsmann, Atlas, Rizzoli, Reed-Elsevier, Média Participations, Wolters-Kluwer, …). Dans les mains des multinationales, le livre est une marchandise, l’édition n’est qu’un contenu intégré dans la
    communication. Les conditions de création d’une oeuvre intellectuelle et les possibilités de la faire connaître s’en trouvent altérées. La domination du groupe Lagardère: La domination de Lagardère sur l’édition française se lit dans la liste des maisons d’édition qu’il contrôle : Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, … et bien d’autres (dont depuis peu Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod). Sans oublier le pouvoir que détient Lagardère sur les éditeurs dont il distribue les livres ou avec lesquels il passe des alliances (ainsi Lagardère qui distribue les livres d’Albin Michel est aussi coactionnaire du Livre de poche avec Albin Michel). La domination de Lagardère apparaît dans le chiffre d’affaires qu’il représente dans l’édition : 1,3 milliards d’euros après le rachat de 40% d’Editis. La puissance du groupe tient aussi à son poids dans la presse et dans la commercialisation du livre. Le groupe n’est pas seulement le premier éditeur de livres, c’est aussi le deuxième libraire de France (réseau Relay, magasins Virgin), le premier éditeur de presse magazine (Paris- Match, Elle…), un intervenant important dans la presse généraliste (le Journal du Dimanche, La Provence, Nice-Matin…), la radio (Europe1, Europe 2, RFM, …) et latélévision (Canal J, MCM, CanalSatellite…). Le groupe Lagardère dispose donc d’un fantastique réseau de promotion de ses livres par les médias qu’il contrôle ou qu’il peut influencer par les budgets publicitaires du groupe, sans compter les articles favorables de tous ceux qui dans les médias sont auteurs ou conseils du groupe, ou qui espèrent le devenir (sans compter non plus les échanges de bons procédés avec les médias alliés). Marketing et pression médiatique contre le pluralisme
    Pour une multinationale, le livre est une marchandise produite dans le seul but de générer des profits. Pour faire face aux exigences de rentabilité du groupe, les filiales adoptent de plus en plus les méthodes marketing habituelles dans l’industrie, ce qui les conduit à refuser des manuscrits qui ne sont pas jugés assez rentables sur le court terme (quelle qu’en soit la qualité) et à sélectionner les
    manuscrits en privilégiant des critères sans rapport avec le contenu intellectuel ou culturel du livre : médiatisation de l’auteur, sujet permettant de lancer une polémique dans les médias, … Sous l’effet de la concentration, le succès n’est plus le résultat de décisions d’acteurs autonomes et nombreux (critiques, libraires, ,lecteurs…), mais de plus en plus le produit de la capacité des groupes d’édition à influencer ceux qui parlent du livre, qui présentent le livre, qui le font connaître. La concentration, à travers la pression du marketing et la puissance de diffusion qu’elle permet, conduit à l’uniformisation des livres, les mêmes règles marketing conduisant au choix des mêmes thèmes, pour les mêmes cibles, avec les mêmes techniques marketing de construction d’un livre. La concentration porte en elle un risque de censure particulièrement dans le domaine économique et politique. Un
    livre politique majeur pour le débat démocratique peut ne pas être publié soit parce que sa rentabilité de court terme est jugée trop faible, soit parce que son contenu est considéré comme « sensible » par les groupes dominants, qu’il s’agisse de la critique de ces groupes ou de celle des hommes ou des entreprises avec lesquels ils sont en relation. Il n’existe aucune législation antitrust spécifique
    En dépit des dangers de la concentration dans l’édition, pour l’expression plurielle des idées, il n’existe aucune législation antitrust spécifique. Seul s’applique le droit commun, comme si le livre était un produit industriel ordinaire. La décision de Bruxelles d’accepter la reprise par Lagardère de 40% d’Editis illustre le fait que le droit commun ne s’oppose, au mieux, qu’à la constitution d’un monopole privé, mais accepte la concentration. On ne peut donc pas compter sur la législation
    actuelle pour résoudre les problèmes qui résultent de la concentration dans l’édition.
    ______
    -  L’inquiétante razzia des oligarques: 
           Xavier Niel et Matthieu Pigasse, alliés à un producteur, veulent créer un fonds d'investissement dans les médias doté de 500 millions d'euros. La mainmise des puissances d'argent sur l'information et la concentration des médias qui est en cours laissent muet le gouvernement.
        De gigantesques manœuvres sont engagées en France dans le secteur de la presse et de la télévision. S’il fallait un nouvel indice de la boulimie d’acquisitions dont font preuve quelques milliardaires, bouleversant le paysage médiatique français, c’est le dernier projet en date, porté par le propriétaire d’Iliad-Free, Xavier Niel, le banquier d’affaires de Lazard Matthieu Pigasse et le producteur Pierre-Antoine Capton, qui le fournit : le trio vient de créer un fonds d’investissement qui ambitionne de lever de 300 à 500 millions d’euros pour financer le rachat d’autres médias...
       La naissance de ce fonds d’investissement, c’est Le Figaro qui l’a révélée...
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