Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

jeudi 26 mars 2026

Mirage?

  Un univers fantasmé...

            Et une stratégie fumeuse                                                      ___________________

Varia

__ Lassitude

__ Résister?

__ Contradictions

__ Sharp Power                                 

__ Inacceptable

__ Chiisme

__ Presse libre?

__ Harvard en justice

__ Calcul trumpien

__ Désarroi libanais

__ Le pire scénario

__ National capitalisme

__ Obsession cubaine

__ Nettoyage ethnique

__ Le prix de l'eau

__ Matière à penser

__ Mensonges de Musk

__ Irresponsabilité d'Etat

__ IA générative en question

__ Fusion nucléaire: espoir?

                     _________   (Libre) revue de presse ____________

mercredi 25 mars 2026

Brouiller les cartes

 Jouer sur plusieurs tableaux?

                 Quel discours tient le chef de guerre?

              Allez savoir...                 _____________

Quel journalisme pour demain?

A la croisée des chemins

                                   Jamais encore la presse d'information n'avait été confrontée à de tels défis. L'introduction de plus en plus rapide de l'IA, sous des formes variées, dans le secteur de la presse, représente un tournant majeur, trop rarement évoqué et anticipé. Surtout quand on se rappelle ce qui doit constituer l'essentiel de la notion d'information, qui n'est pas la simple présentation des faits, mais leur interprétation la plus objective et honnête qui soit. Faire l'opinion est toujours le résultat d'un processus complexe et collectif, dans lequel la responsabilité est engagée.     


                                                                                                         La question de certains usages actuels et potentiels des outils dérivés de l'IA devient de plus en plus une préoccupation, partagée par les meilleurs spécialistes de la question. Des menaces pèsent sur le travail et  l'indépendance de la presse, même dans ses formes actuellement les plus élaborées. On a vu le monde du cinéma comme de la traduction s'insurger contre certains usages de l'IA, qui remettent en question leur travail et leur talent. Un risque qui n'a rien d'imaginaire. C'est le risque de la "robotisation" de la culture en général, qui peut affecter d'autres domaines culturels, où la créativité pourrait être réduite ou abolie...   Face à l'érosion de la presse digne de ce nom et du développement anarchique des plate forme en tous genres, la question n'est pas mineure.   Nous sommes à la croisée des chemins....                                                                                                                                                               "...Le lancement de ChatGPT en novembre 2022 et l’avènement des chatbots ont soulevé une nouvelle vague de captation des audiences. Ces moteurs de réponse produisent des résumés d’actualité qui dissuadent les usagers de consulter la presse : pourquoi lire un article journalistique sur un conflit quand une intelligence artificielle en synthétise des dizaines en une seconde ? Conséquence : depuis le lancement par Google du moteur de réponses AI Overview en mai 2024, les sites de presse ont, aux États-Unis, perdu un quart de leur trafic tandis que la proportion de recherches de nouvelles sur des chatbots n’occasionnant aucun clic vers des sites de presse passait de 56 % à 68 % (5). Cette réorientation se traduit par une évaporation des revenus publicitaires et une fragilisation des modèles économiques des médias et des agences.                 Si le lecteur souhaite aller plus loin ou vérifier l’information fournie par le chatbot, la machine lui propose certains liens. Mais ces sources sont six à dix fois moins nombreuses que celles fournies, par exemple, par Google Actualités, ce qui réduit d’autant la possibilité de consulter, voire de découvrir, des médias d’information. OpenAI a choisi de ne pas publier les critères utilisés par son automate pour sélectionner des sources de presse. Les éditeurs ne peuvent donc pas mettre en place des stratégies susceptibles de favoriser la sélection de leurs articles. Dans cette mécanique du pire, la dépendance des éditeurs aux géants du numérique s’accroît. Ainsi, l’absence de l’Agence France-Presse (AFP) parmi les sources que référencent les principaux agents conversationnels appauvrit cette dernière en limitant sa visibilité, alors que les journaux, qui subissent la même attrition, peinent de leur côté à payer leurs abonnements à l’agence.                                                                         Cette asphyxie des médias n’est pas un simple effet collatéral de l’innovation : elle marque une reconfiguration géopolitique de l’information. La compétition pour la visibilité s’internationalise car l’oligopole de la Silicon Valley offre une prime démesurée aux industries médiatiques anglo-saxonnes. OpenAI (qui commercialise ChatGPT) et ses concurrents privilégient un noyau restreint de titres globaux, tels que le New York Times, le Guardian ou CNN, et relèguent les autres au rang de figurants (6). La presse indépendante et/ou rédigée dans une autre langue que l’anglais n’a pas les faveurs des algorithmes.                                                                                        En France comme dans de nombreux pays, cette dépendance s’est construite en deux décennies dans un rapport de forces inégal. Dès 2003, Google Actualités reprenait des contenus sans rémunérer quiconque au nom d’une prétendue neutralité technique. Dix ans plus tard, l’État français misait sur l’autorégulation et favorisait la création d’un fonds de financement privé qui substituait la charité au respect du droit d’auteur. Parallèlement, le plus célèbre moteur de recherche nouait des partenariats avec certains titres et insérait dans son algorithme un classement des sources fondé sur des critères comme la taille et la productivité des rédactions.  La loi de 2019 reconnaît enfin les « droits voisins » : elle impose à Google et aux autres plates-formes de rémunérer les éditeurs lorsqu’ils reprennent leur production. Mais l’application concrète dépend d’accords souvent opaques : Le Monde perçoit au titre des droits voisins des sommes cent fois plus élevées que La Voix de la Haute-Marne. La logique du « winner takes all »  le gagnant prend tout ») a éclipsé celle de la péréquation d’après-guerre. Avec l’IA, les accords de rémunération bénéficient majoritairement aux grands médias capables de négocier des compensations importantes, tandis que les titres locaux et indépendants se contentent de sommes dérisoires (7). En 2024, OpenAI a ainsi conclu des accords avec les groupes Le Monde, Axel Springer, Condé Nast, News Corp…, qui profitent à la fois des largesses financières prodiguées par le créateur de ChatGPT et du renvoi de trafic. Selon les données de SimilarWeb, la part des visites sur le site LeMonde.fr reçues depuis ChatGPT atteint 10 %, soit dix fois plus que les médias d’information concurrents. « Une citation du Monde dans un article de ChatGPT nous permet de convertir, en abonnements payants, vingt fois plus qu’un article du Monde sur Facebook et cinquante fois plus sur Google Discover », explique M. Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde (8).                                                                                              Le journalisme se transforme-t-il en une classe d’actifs pour les industriels de la tech qui, après avoir capturé la distribution, investissent la production du sens ? Au fond, l’intrusion des géants de l’IA dans les rédactions constitue moins une rupture que le prolongement du processus amorcé dès le milieu des années 2000 avec le choix du tout-numérique. Pour être bien référencé par les plates-formes, les médias doivent réagir constamment à l’actualité et donc publier plus, plus vite, plus court. Les journalistes « web » rédigent quotidiennement de nombreux « contenus » alors que leurs confrères du « print » (l’« imprimé ») disposent généralement d’un ou de plusieurs jours pour rédiger un article ; mais voici les seconds vivement invités à rattraper la cadence des premiers. Ainsi, une stratégie initialement destinée à doper la diffusion transforme peu à peu la production. Et contribue à la modification des habitudes de lecture dont se prévalent ensuite les autres éditeurs pour justifier de mettre le doigt dans l’engrenage.   Cette accélération a encore renforcé la part du journalisme « assis », dont l’activité consiste moins à collecter des nouvelles originales sur le terrain ou à porter un regard critique sur le monde qu’à retraiter une information préfabriquée (dépêches d’agence, communiqués de presse…) (9). En 2017, une étude révélait que 64 % du contenu des articles publiés en ligne était copié-collé à partir de textes rédigés par des humains (10). Avant même l’arrivée de l’IA, une part significative du métier se réduisait ainsi à une série de tâches répétitives et quantifiables évaluées à travers des indicateurs de performance. En devenant une simple opératrice de flux, la profession s’est rendue d’elle-même automatisable. À présent, Internet se trouve submergé d’informations synthétiques. En novembre 2024, le volume des contenus générés par l’IA atteignait 55 % (11). Des sites d’information dépourvus de toute rédaction humaine se multiplient tandis que des images artificielles de médiocre facture saturent les réseaux sociaux.                                                                            Un avenir se dessine. Au sommet, quelques grands groupes ayant tiré leur épingle du jeu produisent une information de qualité à destination d’un public privilégié et parviennent à équilibrer leurs comptes grâce aux accords conclus avec les majors de l’IA. En dessous, un marécage numérique où les articles synthétisés automatiquement à partir de posts d’usagers sur les réseaux ou d’autres contenus créés artificiellement défilent sous les yeux du grand public. Les gouvernements n’ignorent rien de ce scénario : en misant sur l’autorégulation, ils en ont écrit le script. "  [Merci au Monde diploOlivier Koch & Nikos Smyrnaios. Respectivement maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Sorbonne Paris-Nord et professeur dans la même discipline à l’université de Toulouse, auteur de L’Espace public sous l’emprise du capital. De la presse bourgeoise aux géants de la Silicon Valley, Le Bord de l’eau, Bordeaux, 2025._ souligné par moi _]                                                                                                                                       __ « Avec l’IA, des licenciements transformés en arguments marketing », entretien avec Antonio Casilli, L’Humanité, Saint-Denis, 29 janvier 2026.

(4Nikos Smyrnaios, Les Gafam contre l’Internet. Une économie politique du numérique, Institut national de l’audiovisuel (INA), Bry-sur-Marne, 2017.

(6Olivier Koch, « Comment ChatGPT choisit ses sources pour vous répondre sur l’actualité », La Revue des médias, INA, 24 septembre 2025.

(7Charis Papaevangelou, « De l’internet à l’IA, bis repetita entre médias et géants du numérique ? », La Revue européenne des médias et du numérique, n° 71, Paris, automne 2024.

(8« Comment l’IA bouleverse-t-elle notre manière de nous informer ? », émission « La Fabrique de l’information », France Culture, 5 septembre 2025.

(9Sophie Eustache, Bâtonner. Comment l’argent détruit le journalisme, Éditions Amsterdam, Paris, 2020.

(10Julia Cagé, Nicolas Hervé et Marie-Luce Viaud, L’Information à tout prix, INA, coll. « Médias et humanités », 2017.

(11Jose Luis Paredes, Ethan Smith, Gregory Druck et Bevin Benson, « More articles are now created by AI than humans », Five Percent.      

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mardi 24 mars 2026

Toujours plus

     Qui arrêtera Elon dans son élan?

                Plutôt lunaire

                             No limit!

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De tout

__  Fin du mythe automobile en Allemagne?                                                                                                                                                             C'était prévisible. Berlin a donné à Pékin des verges pour être fouetté

__ Le coût de la guerre trumpienne                                                                                                                                                                              Qui ne sera pas que financier.

__  Bulle de  l'IA                                                                                                                                                                            Une pyramide de Ponzi?

__ Face au Chiisme                                                                                                                                                                            Une doctrine iranienne

__  Evangéliser, disent-ils                                                                                                                                                                         Dans le sillage d' Olivier Stérin 

__ Choc pétrolier                                                                                                                                                                          Et ses conséquences

__ Peter Thiel, grand lecteur de René Girard                                                                                                                                                          Une instrumentalisation qui n'est pas sans effet

__ Retraites polonaises et vieillissement allemand

__ Racisme décomplexé                                                                                                                                                                            Comme disait Frantz Fanon : « Le Blanc ne voit jamais le Noir. Il voit ce qu’il projette sur lui. La peur. Le désir. Le fantasme. La menace. »

__ Guerre comme porte de sortie pour Netanyahou.                                                                                                                                                         " Finir le job", disait-il...

__ Ecoles du commerce: usines à diplômes?                                                                                                                                                                     La question se pose

                __ Reconnaissance faciale: dérives inquiètantes                                                                                                                                                                Elle ne pose pas seulement problème en Chine, mais aussi dans la police française:

" Sous l’œil bienveillant du Ministère de l’Intérieur et en dehors de tout cadre légal, la police se sert de la reconnaissance faciale pour surveiller et réprimer –Le ministère de l'Intérieur le jurait : il n'y a pas de reconnaissance faciale en France. Dans une enquête abondamment documentée, le média d’investigation Disclose révèle l’existence de méthodes policières dystopiques. À la croisée d’une multitude de dispositifs de surveillance, dont la reconnaissance faciale, la police surveille et réprime dans une impunité totale. Les élections municipales, massivement désertées par la population, ont été ces dernières semaines le théâtre d’une surenchère sécuritaire caricaturale. De l’armement létal des policiers municipaux à la vidéo surveillance algorithmique, en passant par les lampadaires «intelligents», les candidats de tous bords se sont rués dans une avalanche de propositions toujours plus inefficaces et dangereuses pour nos libertés. Au-dessus de ce néant politique, Disclose révèle cette semaine des pratiques policières orwelliennes qui durent depuis des années en toute opacité, et qui devraient attirer notre attention. Depuis 2022, la police nationale est ainsi autorisée à pratiquer le «rapprochement par photographie», une fonctionnalité disponible sur «les tablettes et smartphones» dont sont équipés l’ensemble des effectifs, police comme gendarmerie. Cette mesure a été instaurée sous l’impulsion de Céline Berthon, à l’époque directrice centrale de la sécurité publique et aujourd’hui patronne de la DGSI – les services de contre-espionnage. Concrètement ce gadget, présenté comme un simple outil numérique, permet non seulement la lecture automatisée des cartes d’identité et des plaques d’immatriculation, mais donne aussi accès à un système de reconnaissance faciale. Une technologie qui, comme l’enquête de Disclose le démontre, est directement connecté au TAJ, pour «traitement des antécédents judiciaires». Cet autre outil policier, consulté 1 million de fois en 2024, contient environ 17 millions de fiches sur des personnes mises en cause dans une enquête, mais aussi 48 millions de victimes. Autrement dit, quasiment toute la population adulte. On y trouve à la fois le prénom, le nom, l’adresse et la date de naissance de l’individu, mais aussi des informations personnelles très sensibles telles que l’appartenance politique ou religieuse.... Une simple photo prise lors d’un contrôle, avec ou sans le consentement de la personne, donne donc accès en «temps réel» à cette quantité de donnés informatiques titanesques, et ce en-dehors de tout cadre légal. Dans son enquête, Disclose indique que les usages abusifs de la reconnaissance faciale sont massifs et généralisés à toute la police. Pourtant, la loi est on ne peut plus claire : une circulaire du ministère de l’intérieur interdit explicitement l’usage de la reconnaissance faciale lors «d’une opération de contrôle d’identité». Plus grave, seuls des des agents «individuellement désignés et spécialement habilités» sont supposés y avoir accès, et uniquement dans le cadre d’une enquête criminelle, d’une infraction ou d’un délit. Dans les faits, il est très fréquent de voir des policiers prendre en photo des manifestant·es avec des smartphones..." Le site d’investigation énumère les multiples usages de cet outil de surveillance de masse : contrôles d’identité, contestations ou encore évacuations de squats, tout est bon pour dégainer l’appareil. Plusieurs victimes racontent les pratiques dystopiques des fonctionnaires. En plus de photos prises à l’insu des personnes contrôlées, voire de force, le sentiment d’impunité est tel que des fonctionnaires assument tranquillement, devant des caméras, s’en servir en-dehors du cadre précisément défini par la loi. Encore plus délirant, un rapport de l’IGPN indique que ces pratiques illégales sont connues et signalées depuis 2023. Le service d’inspection, pourri jusqu’à l’os, écrit noir sur blanc que le TAJ est «très fréquemment utilisé sur la voie publique lors des contrôles d’identité» et évoque des «consultations injustifiées» en augmentation. Alors que l’utilisation illégale du TAJ est punie de 5 ans de prison et 300.000 euros d’amende, les policiers ne sont presque jamais poursuivis et s’en servent régulièrement pour leur intérêt personnel. Malheureusement, comme l'a montré l'histoire récente, quand la police utilise illégalement de nouvelles méthodes de contrôle et de répression, non seulement elle est impunie, mais c'est la loi qui s'adapte à la police. En clair, le pouvoir vient «régulariser» après coup certaines pratiques policières opaques ou interdites, comme cela a été le cas pour l'usage d'armes à feu ou de moyens de surveillance. Il est donc probable, suite aux révélations sur la reconnaissance faciale, qu'une loi vienne valider et officialiser a posteriori l'usage massif de l'outil actuellement utilisé sous le manteau, plutôt que de l'interdire....Pour que 1984 reste éternellement une fiction, ..." La résistance citoyenne s'impose.

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lundi 23 mars 2026

Détroit statégique

 Une artère vitale 

        Logistique en crise et crise industrielle

                                   Vers quelle issue?         _______________

Incertitudes

     Scepticisme méthodique ou rationalisme modéré?

  Il est bon de lire ou de relire Montaigne, de côtoyer son scepticisme subtil et raisonné, parfois paradoxal, souvent mal compris, mais libérateur, à remettre dans l'esprit de son temps et l'histoire des idées.                                                                                              Le débat, inauguré assez radicalement par Pyrrhon, n'aura pas de fin. Quelle est la juste attitude de l'esprit face à la valeur de ses connaissances affirmées ou prétendues, du fondement des valeurs qu'il revendique? Quand il fait un retour critique sur soi. La question s'est posée très tôt: Socrate déjà mettait publiquement en question certaines certitudes de ses contemporains, qui n'avaient pas été passées au crible de la critique ou de l'autocritique, et osait parfois cette formule un peu provocatrice et apparemment paradoxale: Ce que je sais, c'est que je ne sais rien...Point de départ pour une recherche positive de vérité, même partielle.   Montaigne avançait un subtil que sais-je?, conscient qu'il était de la fragilité de ses acquis cognitifs et de leur valeur relative et lacunaire. La Vérité est un problème et ne peut jamais être tenue pour acquise, quels que soient les domaines, quelle que soit l'époque. Un horizon reculant sans cesse, au fur et à mesure de la constitution de nos connaissances vérifiées. Plus celles-ci s'approfondissent, plus la conscience des lacunes devient vive. En toutes matières, même scientifiques, où la vérité se construit, en dépassant les certitudes premières et au contact d'un réel toujours réinterrogé, à la lumière de nouvelles hypothèses, dans la communauté des chercheurs en dialogue et parfois en confrontation temporaire, comme le soulignait Bachelard et à sa suite tout chercheur exigeant.                                                                                                           Dans la vie ordinaire, nous sommes tous plus ou moins bardés de certitudes, de préjugés, où l'éducation, ses préjugés et les pesanteurs de l'esprit jouent un rôle majeur. Ce que l'on a appelé les obstacles épistémologiques. Non pas qu'il ne faille pas avoir des convictions, comme celle que nous pouvons avoir d'avoir tout à apprendre et qu'un vie n'y parviendra pas, que nous n'avons au mieux que des vérités partielles. Les certitudes morales, comme le respect inconditionnel dû à autrui, où la supériorité de l'amour sur l'exclusion et la haine, ont leurs propres fondements, d'un autre ordre, celui des valeurs et des convictions.                                                                                                                               Certains viennent nous le rappeler de temps en temps, comme ici le chercheur et épistémologue Etienne Klein, insistant sur l'importance de la nuance, qui tend à s'effacer dans les débats publics et les échanges sur les réseaux sociaux surtout, au profit d'opinions non vérifiées, de certitudes assénées, de convictions non examinées, de manque de distance, d'autocritique simplement, celui qui parle le plus fort ou le dernier tendant à faire foi. Dans la recherche de la vérité, toujours sans fin, parfois frustrante, contre notre désir de certitudes à tous prix, le souci de la nuance n'est pas une faiblesse mais une force intérieure, le signe d'un discours s'efforçant de rester prudent et maîtrisé. Non sans courage. Une tâche sans fin...De la nuance avant toute chose


Éloge de la nuance. Et pourquoi c'est important..

                                             YouTube · Brut · 21 juil. 2021     _____________________________