Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 10 avril 2020

Nouveau contrat social

Quid demain?
              Après les désaccords sur les coronabonds et les colères françaises, un pas vient heureusement d'être franchi hier en Euroland vers moins d'égoïsme, pour éviter le pire dans les jours d'après. Pour le partage des dettes on verra plus tard. On navigue à vue, mais la crainte est parfois bonne conseillère. Voilà qui obligera peut-être la zône euro à repenser ses fondements et ses pratiques, à revoir ses accords, à redéfinir ses règles, à renoncer à ses dogmes néolibéraux hérités du thatchérieme

 L'avenir est d'autant plus hypothétique que le confinement pose toujours problème et retarde les décisions, ce qui n'arrange pas le bateau ivre de l' économie.
  Certains économistes avancent la notion d'un nouveau Contrat social , sur le mode de l'action de Roosevelt en 1933 pour remettre en route une machine économique en panne et résorber le chômage massif, par une redéfinition d'une imposition plus équitable, dans l'intérêt du pays tout entier et même des plus privilégiés.
   Le crédit crunch et le risque de chômage qui vient risquent autrement de créer des dégâts plus sévères encore, avec ses risques d'aventures politiques incontrôlables.
  Revenir à plus de souveraineté est une des conditions essentielles, sur laquelle un certain consensus se dessine, en rompant avec la folie de la mondialisation sans freine:
   "...Nous avons besoin de plus de production de ressources en France et donc d'une adaptation des lois et codes, plus d'affinage et de métallurgie des métaux stratégiques (comme c'était le cas en France avec le Comptoir-Lyon-Alemand-Louyot avant que son actionnariat ne le fasse sauter à la dynamite pour vendre ses stocks de métaux stratégiques), plus de travail dans l'acier en France et en Europe, plus de production dans les turbines énergétiques comme le faisait Alstom en France et en Europe et jusqu'à plus d'usines de machines à laver en France et en Europe. L'ensemble de ces « plus » deviennent une autosuffisance désirée et des emplois choisis, c'est-à-dire les nouveaux dividendes du capitalisme de souveraineté qui n'est pas donc l'antithèse de l'union européenne. Certes, c'est une renaissance moins rémunératrice pour l'actionnaire individuel mais plus enrichissante pour la communauté. A l'image des scientifiques qui effacent magistralement leurs egos et coopèrent pour lutter contre le coronavirus, les politiques devront coopérer pour se sauver de la crise ?...
   Recentrer notre production sur l'essentiel, de manière durable, sans renoncer à un certain libre-échange, semble être la seule solution qui se présente. Une question de survie.
  "...La crise sanitaire que nous vivons a fait d’un coup exploser tous les verrous idéologiques et politiques, toutes les idées préconçues, toutes les réserves prudentielles que l’on pouvait opposer à une remise en question majeure de l’éco-système libéral et productif hégémonique depuis la crise des années soixante-dix. De fait, la modernisation de l’État-providence, telle que la concevait le projet macroniste au début de son quinquennat n’apparaît plus recevable intellectuellement ni politiquement praticable en l’état. Il faut changer de braquet, de paradigme, de philosophie de l’histoire et donc de politique, c’est aujourd’hui une évidence...."
     Une course contre la montre est engagée.
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jeudi 9 avril 2020

Dé-solidarité européenne

A la croisée des chemins
                                      L'Europe était bien malade, la voilà à l'agonie. S'en remettra-t-elle? Il faudrait un traitement de choc pour la remettre sur les rails de ses objectifs initiaux, ceux d'avant Masstricht. Le dernier père fondateur, lui, ne s'en remet pas.
   Soit l'UE opère une mutation, soit elle se dissout un peu plus. La crise que nous vivons, malgré les moyens financiers débloqués par la BCE par instinct de survie, est un révélateur des égoïsmes nationaux, qui reprennent le dessus avec force.

   Les vives réactions des pays les plus touchés, les moins favorisés, la crispation des pays du Nord sur leurs intérêts à court terme, dans l'urgence absolue, n'augure rien de bon. On nous rejoue la pitoyable crise grecque à une échelle de plus grande ampleur. L'Allemagne ne pliera pas. quitte à se mettre en danger quand les affaires reprendront. Où trouvera-t-elle des débouchés quand les affaires seront de retour?
  Le réflexe de survie ne joue plus, même pour des économies qui risquent de devenir exsangues. Beaucoup d'Allemands lucides s'en désolent, critiquant la rigidité de ceux qui veulent passer pour les bons élèves de l'orthodoxie financière chère à Mr Schaüble. Cela pourrait se payer cher, ajoutant la crise à la crise. Le plan Marshall a été autrefois moins regardant sur la solvabilité des pays sauvés du chaos. Et pourtant le soutien n'était pas désintéressé.
  Mais la division domine.
     La question de la dette, depuis la dernière crise surtout, a été une pierre d'achoppement, souvent un fantasme justifiant tous les blocages, toutes les rigueurs, toutes les restrictions.
 Au bord de l'abîme, on ne demande pas des garanties à celui qui va faire une chute mortelle.   L'heure est à une action rapide, en dehors même des voies dites classiques. On verra après. C'est ce que voulait dire Jupiter: quel qu'en soit le coût...
                 "...  L’extension géographique de l’épidémie de coronavirus a produit une crise sanitaire mondiale. Il faut de toute urgence libérer des moyens financiers très importants, et cela en recourant le moins possible à de nouvelles dettes. Il existe un moyen simple de libérer des ressources financières : il consiste à suspendre immédiatement le remboursement de la dette publique et à utiliser les sommes libérées en matière de santé publique.
   Les Etats peuvent décréter de manière unilatérale la suspension du remboursement de la dette en s’appuyant sur le droit international et sur les arguments suivants : l’état de nécessité, le changement fondamental de circonstances et la force majeure.
   Les souffrances et le nombre de décès sont très clairement aggravés par le sous-financement de la santé publique tant dans les Etats du Sud que dans les Etats du Nord. Les gouvernements et les grandes institutions multilatérales, comme la Banque mondiale, le FMI, ont instrumentalisé le remboursement de la dette publique pour généraliser des politiques qui ont détérioré les systèmes de santé : suppression de postes de travail et de lits d’hôpitaux, sous-investissements dans les infrastructures et les équipements, privatisation de différents secteurs de la santé, réduction des dépenses dans la recherche de traitement, ce qui a profité aux grands groupes privés pharmaceutiques.
    La demande de suspension du paiement de la dette ou de son annulation est revenue sur le devant de la scène à l’occasion de la crise sanitaire mondiale. La Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) soutient que les pays endettés doivent pouvoir de manière unilatérale geler temporairement le remboursement de leur dette.
 C’est une position qui est avancée depuis longtemps par le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) dans des termes sans ambiguïté.
  Quels sont les arguments juridiques qui peuvent appuyer une décision unilatérale de suspension de paiement dans le cas présent ?
    L’état de nécessité : un Etat peut renoncer à poursuivre le remboursement de la dette parce que la situation objective menace gravement la population et que la poursuite du paiement de la dette l’empêche de répondre aux besoins les plus urgents de la population.
   C’est exactement le cas de figure auxquels un grand nombre d’Etats de la planète est confronté maintenant : la vie des habitants de leur pays est directement menacée s’ils n’arrivent pas à financer toute une série de dépenses urgentes pour sauver un maximum de vies humaines. L’« état de nécessité » est une notion de droit utilisée par les tribunaux internationaux et définie à l’article 25 du projet d’articles sur la responsabilité de l’Etat de la Commission du droit international (CDI) de l’ONU..."
         On connaît tous les malentendus et toutes les confusions qui sont derrière cette notion de dette publique et on a oublié l'histoire récente où des dettes furent réduites ou effacées pour permettre une remise en route d' économies en détresse.
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mercredi 8 avril 2020

Ouvrez la cage...

NON!, trop tôt...



                                                   Si longue soit la nuit...♫♪♫
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La Bourse ou la vie

Penser l'après crise
                           Un exercice compliqué, étant donné le caractère inédit et soudain de l'événement, les multiples inconnues qui se présentent, dans un processus encore en marche et dont on n' entrevoit pas la fin, même si elle devra bien avoir lieu.
    Mais dans quelles conditions?

  Les économistes de service sont en plein désarroi. L'anticipation n'est pas le point fort dans cette discipline, qu'on a déjà prise en flagrant délit d'erreur au pires moments de l'histoire. Seuls trois ou quatre avaient vu venir la tempête financière de 2008.
  Certains ont pourtant une approche prudente et nuancée en ce qui concerne le "monde d'après", comme Gaël Giraud, qui pointe les questions que nous devrons affronter dans X mois.
  La sortie du confinement ne sera pas celle d'une crise déjà annoncée auparavant, pas seulement par lui. A moins que...une nouvelle forme de capitalisme commence à émerger sous le choc et que les engagements d'Etat ne soient pas seulement circonstanciels, juste pour sauver le navire en perdition. La nécessité de nouvelles formes de souveraineté contre une mondialisation devenue folle ainsi qu'un retour à une finance contrôlée et orientée vers les besoins urgents et vitaux engageant l'avenir au lieu de se perdre dans des spéculations générant inégalités croissantes et risques de crise à répétitions.
   La politique ne se fait pas à la corbeille, disait De Gaulle. L'avenir de l'humanité non plus, où le long terme est la dimension essentielle.
 On parle de nouveau capitalisme. Dans quel sens? Une mutation ou un ravalement de façade? Les propos ne sont pas toujours clairs. On a entendu certains après 2008 parler de changements radicaux et raisonner comme avant après le tourmente, comme si ce n'était qu'épisodique, comme si les crises faisaient partie naturellement du système..
  On a beau poser les bonnes questions, encore faut-il trouver les solutions de fond. Ce qui ne pourra vraiment se faire qu'au niveau international. La Bourse suit pour beaucoup la logique économique, celle que les Etats tolèrent ou encouragent. Si les postulats du néolibéralisme, hérités de l'école de Chicago, ne sont pas mis en cause, on a peu de chances que certains espoirs d'aujourd'hui portent leur fruit.  Quoi qu'il en coûte, disait-il...
   Un monde différent, certes, mais lequel? Celui où la finance devienne un outil au service des hommes, de tous les hommes, de la vie, au service des biens essentiels à la vie. 
 Reste aux économistes et aux décideurs, mais pas seulement, à en dessiner les contours et les exigences. Et de s'y tenir.
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mardi 7 avril 2020

Guerre des masques

Démasqués!
              Il ne faut pas se voiler la face, il y a un vrai scandale des masques.
                   Cela commence à se savoir.
   Non seulement du fait du marché tendu de ces petites protections faciales, que l'on s'arrache d'un pays à l'autre, quitte à détourner des cargaisons, à surenchérir sur les prix, dans une concurrence sauvage où la solidarité, parfois proclamée, n'a plus de sens.

   Mais aussi parce qu'on n'a pas cessé de nous tenir un double discours sur l'utilité de ce morceau de tissu, dont on constate enfin aujourd'hui qu'il est un élément protecteur efficace pour soi et pour les autres. Un élément seulement, mais jugé enfin nécessaire et même généralisable. Tous à vos maques! Do it yourself! Im-pé-ra-tif!
   A l'heure où certains personnels soignants en manquent encore, pour ne parler que d'eux, ou ils ne sont pas en nombre suffisant, c'est un scandale qu'il faut dénoncer dans une gestion déjà ancienne, sous le signe des l'économies à courte vue. Notre système de santé est bien préparé, disait-elle...
    Magouillages, verbiages, tripatouillages et pillages furent jusqu'ici la logique d'une affaire dont il faudra un jour déterminer les responsabilités. L'urgence ne justifie pas tout. C'est l'ère des prédateurs.
  Des Etats commencent enfin à revenir à des comportements civilisés, des régions aussi. Mais on est loin de pouvoir armer toutes les populations, surtout les plus exposées, comme on le déclare (enfin!) maintenant, après avoir minimisé l'importance protectrice du problème.
   Une longue enquête permet d'affirmer que l'on a (eu) affaire à un mensonge d'Etat, entre gestion non assurée, minimisation du problème et contre-vérités, en fonction des circonstances et des intérêts:
              "...En déplacement, mardi 31 mars, dans une usine de fabrication de masques chirurgicaux, le président de la République Emmanuel Macron a cité beaucoup de chiffres sur les approvisionnements en cours, afin de rassurer les Français qui s’inquiètent de la pénurie de ce matériel médical essentiel pour la protection des soignants.
  Beaucoup de chiffres, sauf un : « 1200 ».
    « 1200 », comme le nombre officiel de personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le vaisseau amiral des hôpitaux publics français, qui ont été contaminés par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie.
   « 1200 », comme la preuve de la vulnérabilité des soignants, « au front chaque jour », comme le dit le chef de l’État, mais bien souvent sans protection adaptée contre le virus.
   « 1200 », comme le résultat de l’impéritie du pouvoir politique face à une crise sanitaire d’une ampleur et d’une violence inédites.
     Fin janvier et début février, le ministère de la santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes. Le matériel a de surcroît mis plusieurs semaines à arriver.
    Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais là encore, le bilan s’est avéré catastrophique : lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques, soit l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.
   Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. Fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile…
    Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. Dans le même temps, des personnels soignants continuent à travailler sans ces masques protecteurs, faute de stocks suffisants.
   Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement....
    « La grande erreur aux États-Unis et en Europe est, à mon avis, que la population ne porte pas de masque. » Dans le très sérieux magazine américain Science, un haut scientifique chinois a rappelé, le 27 mars, une évidence face au coronavirus, qui « se transmet par les gouttelettes respiratoires » : « Il faut porter un masque. »
   « Le simple fait de parler peut transmettre le virus, a souligné George Gao, directeur général du Centre chinois de contrôle et de préventions des maladies, qui fut en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. De nombreux individus atteints sont asymptomatiques, ou ne présentent pas encore de symptômes : avec un masque, on peut empêcher les gouttelettes porteuses du virus de s’échapper et d’infecter les autres. »
    Le problème : mi-janvier, au début de l’épidémie en Chine, les stocks de masques sont quasi inexistants en France.
    Selon nos informations, on dénombre alors moins de 80 millions de masques dits « chirurgicaux » – plus 80 millions supplémentaires commandés avant l’épidémie, mais pas encore livrés – et zéro en stock de masques dits « FFP2 ». Les premiers sont des masques anti-projection de base, destinés à la population, avec une durée de vie limitée à quatre heures. Ils ne protègent pas ceux qui les portent, mais empêchent ces derniers de contaminer d’autres personnes par leurs postillons.
   Les seconds – ainsi que leur version haut de gamme, les FFP3 – sont, eux, des masques de protection respiratoires à destination du personnel soignant. Seuls les FFP2 et FFP3 protègent leurs porteurs. En cas de pandémie, il faut pouvoir en distribuer, au minimum, à tous les personnels de santé les plus exposés : soignants hospitaliers, médecins de ville, pompiers, ambulanciers… Et pourtant, la France n’en a aucun en stock.
   Ce choix n’est pas celui du gouvernement actuel mais de son prédécesseur. En 2013, la ministre de la santé, Marisol Touraine, avait en effet décidé de supprimer les stocks stratégiques de l’État et de transférer cette compétence aux employeurs, qu’ils soient privés ou publics, désormais chargés « de constituer des stocks de masques pour protéger [leur] personnel ».
    Au lieu de jouer la transparence sur cette pénurie – qui n’est pas de son fait –, et d’expliquer que le peu de stock disponible sera réservé en priorité aux soignants, le gouvernement d’Édouard Philippe choisit de ne pas informer les Français. Et d’utiliser de faux arguments sanitaires pour masquer des stocks insuffisants. Il expliquera ainsi tour à tour que les masques sont inutiles pour la population générale, puis qu’ils ne sont pas efficaces car les Français ne savent pas les porter, pour désormais, sur le tard, tenter d’équiper « massivement » la population afin de sortir du confinement...."
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lundi 6 avril 2020

Couleurs du présent

Dans le quotidien morne et sans couleurs
                                                     la nature, indifférente, nous rappelle sa présence.
Lillers-  Haut de France

Peintre pour époque troublée

La musique adoucit le confinement, mais elle n'est pas la seule.

       Jérôme Bosh dans son siècle

                   Indépassable, toujours énigmatique et fascinant.

                                                                 Un peintre paradoxal, talentueux, rangé et tranquille, mais d'une extravagance raisonnée. 500 ans après sa mort: toujours vivant.
                  Plongeant dans l'univers du fantasme et des croyances d'époque, surfant sur les terreurs de son temps.
    Un triomphe de folie picturale dans une époque devenue troublée. Des représentations qui enchantent et interrogent à la fois.
   C'est une époque folle, telle que Érasme en fait l'Eloge
                 « Partout, en tous lieux, on trouve maintenant des livres de piété : les doctrines des Pères de l’Église, des Bibles, et tant d’autres livres semblables que je m’étonne de ne voir personne devenir meilleur. Au contraire, on méprise les Écritures et la Doctrine. Le monde demeure dans une nuit profonde et persiste, aveuglé, dans le péché. Les rues sont remplies de fous. Ils mènent leur folie partout mais ne veulent pas qu’on le dise.
    C’est pourquoi j’ai étudié le projet d’équiper pour eux les nefs des fous ! Des fous et des insensés j’ai ici fait le portrait. Et celui qui méprise le texte, ou ne saurait le lire, peut se reconnaître dans les images. Il verra à quoi il ressemble, qui il est en réalité et ce qu’il devrait corriger en lui.
     C’est le Miroir des Fous dans lequel chacun peut se reconnaître. Celui qui s’y mire convenablement comprendra qu’il aurait tort de se prendre pour un sage, car il verra son vrai visage. Nul n’est sans défaut ou peut dire avec assurance : « Je suis un sage et sans folie ! » Celui qui reconnaît sa folie s’en libérera facilement, mais celui qui se vante d’être toujours sensé, est un fou – mon compère. Il gardera une profonde rancune contre moi s’il rejette ce livret.
   Ici on ne lésine pas sur les fous. Chacun y trouve son portrait, chacun avec sa particularité et aussi, pourquoi il y a tant d’insensés.... 
(1494)
_______________________La nuit profonde reste d'actualité...Pas seulement à Alep.
_ La guerre: de Rubens à Picasso.
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dimanche 5 avril 2020

Dimanche?

Perte de repère....
Repos obligatoire😎
Chat peut pas durer longtemps comme chat (Merci à E.M-V)

En passant

__Urgence sanitaire et derniers instants:
         Dans les hôpitaux, les rites funéraires disparaissent parfois par nécessité ou sont réduits à un strict minimum, douloureux pour les familles. L'homme se caractérise dans l'évolution, disent les anthropologues, par cette particularité de l'enterrement des défunts, qu'elle qu'en soit la manière. Pour un deuil plus apaisé.

__ Les choix mortifères de Bolsonaro commencent enfin à être contestés.
       En Biélorussie, l' épidémie n'aura pas lieu.
           En Israël, certains comptent sur le Messie..
      La bible comme recours pour Trump, le plus grand Président de l'histoire.
        Poutine résistera-t-il?
     En Algérie, des statistiques douteuses.

__La piraterie des masques, un scandale d'Etats.

__Mondialisation en question.

__Des dividendes (provisoirement) impactés? Chiche!

__Le salut par les vers?

__ Un curare rare.

__En attendant demain...
Durant la grippe espagnole, des masques.
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samedi 4 avril 2020

Ces amis qui nous veulent du bien

Merci, les microbes!
              Ce qui suscite souvent la peur, parfois la hantise, à tel point qu'ils peuvent engendrer les pires terreurs, est rarement considéré de manière juste avec le recul médical, scientifique nécessaire. Surtout en ces temps de combat.

  Du point de vue de l'évolution, comme du fonctionnement de notre organisme, les microbes nous sont utiles, voire indispensables. Sans eux nous ne serions rien. Même si quelques uns nous jouent parfois de mauvais tours. Mais la vie résulte d'une équilibre de forces qui s'opposent à notre insu. Du point de vue organique et microbiologique, c'est la "guerre", comme le disait le vieil Héraclite, qui voit l'harmonie comme l'ajustement des contraires, un conflit permanent au coeur de tout vivant, sans lequel il ne serait pas ce qu'il est, le produit de l'évolution qu'il est devenu.
  Ils sont partout,           
_           Absolument partout. Et ils étaient là avant nous.
   Notre corps héberge dix fois plus de bactéries qu’il ne contient de cellules.
      On en parle souvent avec frayeur.
Si petits, si variés et si dangereux...dit-on

La peste
Pourtant tous n'apportent pas "la peste"...
On peut leur dire: merci les microbes!  Merci Pasteur!
   L'activité de nos amis intimes est indispensable à notre organisme.
    Sans microbes, nous ne serions rien...
Vivant leur vie de microbes, ils nous habitent, nous colonisent, alliés aux fonctions vitales.
  Nous sommes en symbiose avec nos microbes (comme, par exemple, dans la flore intestinale, dont on dit qu'elle pourrait même agir sur notre mental)
____Relations nécessaires, mais relations occasionnellement conflictuelles, parfois à cause de l'homme.
  Entre notre organisme et nos microbes, c'est toujours entre guerre et la paix...
"... Leur activité est indispensable à notre organisme. Il existe ainsi entre l’homme et les microbes une véritable symbiose dont les mécanismes complexes ne peuvent être décryptés qu’avec les moyens de la génétique moléculaire.
Mais ces bactéries provoquent aussi des maladies infectieuses et parasitaires : elles tuent environ quinze millions de personnes chaque année dans le monde. Pour mettre au point des traitements et des vaccins efficaces, il faut comprendre comment elles déjouent les défenses de notre organisme, il faut déchiffrer les règles de la guerre et de la paix entre les microbes et nous."
   Le compromis est la règle.

Les neutrophiles (en vert), les cellules qui défendent en première ligne l'organisme contre les intrus, engloutissent la bactérie Streptococcus pyogenes. Ce mécanislme s'appelle la phagocytose. Cette bactérie est à l'origine des angines rouges
   "Dès que les êtres vivants sont devenus multicellulaires, ils ont dû socialiser avec les microbes, premiers occupants de la planète, et établir avec eux un état de commensalisme, voire de symbiose. Les êtres multicellulaires modèles, comme le vers Caenorhabditis et la mouche Drosophila, ont un microbiote commensal – c’est le terme désormais utilisé pour définir la flore microbienne résidente – et sont sensibles à des pathogènes. Les systèmes gouvernant la gestion de cette interface, qui sont nés de l’adaptation de mécanismes parmi les plus fondamentaux du développement, ont été remarquablement conservés au cours de l’évolution, de l’insecte aux primates supérieurs. « Rien en biologie n’a de sens, sauf à la lumière de l’évolution », disait Theodosius Dobzhansky. La co-évolution homme-microbes ne s’est pas résumée à la reconnaissance et à l’éradication des pathogènes ; elle a aussi mené à la tolérance des microbiotes commensaux. La veille microbiologique de notre organisme est permanenteSi vis pacem, para bellum. C’est sous ce paradoxe que s’est forgé notre système immunitaire : « vaincre l’ignorance, apprendre la tolérance, ajuster la réponse à la gravité de la délinquance », c’est un défi sociétal que nous imposent les microbes..".
  Un combat incertain...
      L'art de la guerre...ne se résume pas à l'offensive...  
« Qui connaît son ennemi comme il se connaît, en cent combats ne sera point défait. Qui se connaît mais ne connaît pas l'ennemi sera victorieux une fois sur deux. Que dire de ceux qui ne se connaissent pas plus que leurs ennemis ? » (Sun-Tzu)
    Il faut savoir aussi pactiser avec l'ennemi...

       La compréhension de la complexité n'est généralement pas notre fort.
          C'est aujourd'hui la  "guerre" au niveau planétaire, mais il ne faut pas jeter tous les microbes avec l'eau du bain.
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