Le château des nouveaux "croisés"?
__________________HORIZONS ET COUPS DE COEUR (ou de gueule)
CARNET DE BORD D'UN PASSEUR FATIGUE MAIS EVEILLE...QUI NE VEUT PAS MOURIR (TROP) IDIOT. _____________________________________________________ " Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile." [Thucydide]--------------------- " Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti " [A.Camus] Pâques 2025: Un million de visites...Merci à vous fidèles lecteurs ou consultants d'un jour!
mardi 2 juin 2026
Le "doux commerce" en question
Règles du commerce en question
La vieille intuition de Montesquieu, souvent reprise après lui, depuis la pensée mercantiliste jusque dans la période capitaliste libre-échangiste d'après-guerre. Echanger librement, en vue de la prospérité commune serait facteur de paix. "L’idée selon laquelle le commerce posséderait des vertus pacificatrices remonte à Montesquieu. Au chapitre XX de son traité De l’esprit des lois (1748), il écrit que « l’effet naturel du commerce est de porter à la paix », car « deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes ». D’où la théorie du « doux commerce » qui lui est attribuée. Un concept économique, mais aussi politique et philosophique libéral, qui préconise de laisser le plus possible les acteurs économiques commercer librement entre eux, sans contrôle de l’Etat...."
Commercer, au lieu de s' affronter... Echanger des biens librement aurait donc des vertus pacificatrices en rapprochant les peuples, par le biais de leurs intérêts bien compris. Un point de vue très théorique et largement idéaliste, qui fait fi des nombreux affrontements entre groupes humains, qui eurent lieu au cours de l'histoire dans leurs courses aux matières premières, aux biens vitaux ou de luxe, depuis notamment la circumnavigation, entamée par Venise, accomplie par le conquête des nouvelles terres, soumises à la loi du plus fort. Loin des règles anciennes du potlatch, du don et du contre-don. La notion du commerce en lui-même pacificateur est largement un leurre, même s'il fut porteur de progrès matériel. Même à l'époque récente de la mondialisation heureuse Serions-nous aujourd'hui entrés dans un état de guerre permanente, une guerre commerciale sans merci, pour une hégémonie sans partage? La montée en puissance inédite de la Chine sur les marchés mondiaux, associée aux nouvelles pratiques commerciales de Trump, faisant fi des pratiques de la libre concurrence, telles que pratiquées depuis la seconde guerre mondiale, porte à le croire. L'épisode ubuesque du conflit d'Ormuz en est une illustration, dans l'affrontement pour l'énergie, plus que pour les territoires. La guerre commerciale semble bien devenir la norme. "...Si l’on repense à l’ancien système commercial, nous nous étions mis d’accord sur un ensemble de règles. Dans une certaine mesure, lorsque nous disposions de cet ensemble de règles, nous pouvions nous y référer et les suivre. La question se résumait à : « Est-ce conforme aux règles ou non ? » Ainsi, pour des questions telles que « devons-nous appliquer des droits de douane ? » ou « devons-nous discriminer les autres ? », nous n’avions pas besoin d’examiner les détails : nous disposions de principes à suivre. Ces règles se sont effondrées et nous nous retrouvons donc dans un monde moins prévisible, confrontés à des problèmes auxquels nous n’avions pas eu à faire face auparavant.." ____ L'intrication de fait des économies augmente le coût humain de la guerre, comme on peut le voir en Ukraine. On a pu parler de keynésianisme de guerre pour contrer les assauts d'une économie sans principes, mettant en péril celle des plus faibles. Dure réalité du "doux commerce"!... "! ..En contestant l’hégémonie américaine, Pékin défend ainsi la continuité d’un ordre libre-échangiste dont Washington a longtemps fixé les contours. Il en reprend la logique : dans le commerce mondial, les règles comptent moins que la puissance de ceux qui les imposent..." ______
lundi 1 juin 2026
Vu d'Israël
De l'ethnocratie à l'apartheid
C'est en ces termes que Oren Yiftachel qualifie les dérives de son propre pays, de hier à aujourd'hui, engagé dans une aventure sans issue. "...Oren Yiftachel enseigne la géographie politique à l’université Ben-Gourion de Beer-Sheva. On lui doit le concept d’ethnocratie, forgé dans les années 1990, pour décrire un régime qui, derrière une façade démocratique, privilégie en réalité l’ethnicité d’un groupe au détriment des autres. Il l’a appliqué à plusieurs pays, dont le sien, Israël. Son dernier livre, De l’ethnocratie à l’apartheid, publié pour l’heure seulement en hébreu et en arabe, franchit un pas supplémentaire : à ses yeux, Israël est désormais un apartheid. « Nous vivons une période très grave et honteuse pour Israël », s’alarme dans un entretien à Mediapart l’ancien président de l’ONG israélienne phare B’Tselem, coauteur du rapport fondateur de 2021 sur l’apartheid (il a aussi contribué à celui sur le génocide en 2025)...." Difficile d'être en désaccord avec son analyse sans concession. Il n'est pas le seul dans son pays à aller à rebours de la politique et du discours actuel de Netanyahou et des leaders d'extrême droite qui ne se retiennent plus dans leurs déclarations racistes, expansionnistes, parfois même criminelles. Nombre d'Israëliens, commeBartov, d'arabes israëliens et de Juifs hors Israël pointent un danger mortel pour le pays qu''ils aiment, comme Yakov Rabkin ou Norman Finkelstein. M. Rabkin dénonce les politiciens israéliens qui déclarent agir au nom du peuple juif sans se soucier des effets néfastes de l’activité de l’armée israélienne sur l’image du juif dans le monde. Il déplore que l’allégeance à l’État d’Israël ait depuis longtemps remplacé le judaïsme comme ancrage principal de l’identité juive. La Cisjordanie, la situation devient intenable. A Gaza, on "reconfigure". Au Liban, c'est la continuation des destructions, pour tracer de nouvelles frontières, pour un contrôle territorial élargi. On ne se cache plus, dans cette politique de la terre brûlée. C 'est tout le Moyen Orient qui est concerné, malgré les interventions formelles de l'ONU.
Lior Amihai, directeur de l’ONG israélienne La Paix maintenant : « La coalition au pouvoir en Israël veut annexer les territoires de Cisjordanie et établir un Etat raciste fondé sur la suprématie juive » Porté par une idéologie messianique, le gouvernement de Benyamin Nétanyahou a bureaucratisé le processus de la colonisation en Cisjordanie depuis fin 2022. Dans un entretien au « Monde », le directeur d’une grande organisation pacifiste rappelle qu’une majorité de l’opinion publique israélienne ne soutient pas cette politique.
Il n'est pas le seul. " C’est l’un des intellectuels israéliens les plus influents au monde, historien à l’Université hébraïque de Jérusalem, auteur des best-sellers mondiaux Sapiens, Homo Deus et 21 Lessons for the 21st Century, traduits dans des dizaines de langues et lus jusque dans les cercles du pouvoir occidentaux. Et pourtant, depuis le 7 octobre, cet homme issu du cœur même de la société israélienne lance un avertissement d’une brutalité rare contre son propre pays et surtout contre Benjamin Netanyahou. Dans plusieurs entretiens accordés notamment au quotidien espagnol El pais , Harari parle d’« humiliation historique » pour qualifier le 7 octobre et accuse Netanyahou d’avoir fracturé la société israélienne au point de devenir, selon lui, « le pire ennemi du nationalisme israélien ». En effet, dans ses entretiens accordés également au New York Times (Ezra Klein Show), à Ynet News, GZERO Media et Le Monde. » ; il a honnêtement, rendu ses déclarations si puissantes que ce n’est plus seulement leur radicalité critique qui percute ; mais elles questionnent la cécité des élites parce qu’elles viennent d’un homme profondément issu du récit sioniste israélien, mondialement respecté, lu dans les universités, les chancelleries et les cercles technologiques occidentaux.... les avertissements les plus graves ne viennent pas des ennemis.
dimanche 31 mai 2026
Le vieux résistant a lâché prise
Nahoum, le dernier des dinosaures
Un rationalisme sceptique. Une vie libre de franc tireur
Le douteur confiant en l'humanité
Contre la pensée réductrice et pour la contradiction
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Billet du dimanche
__ Echec
__ Corruption
__ Verrouillage
__ Dilemme
__ Capitulation__ Drug Nation
__ Un bon relai
__ La protégée
__ Code noir >>
__ "Révolutions" en cours
__ En attendant Lapid?
__ Soupçons permanents
__ Influenceurs chinois
__ A l'ombre de la race
__La voix de Moscou
__ Journaliste "atypique"
__ Deutshe Banhn: nicht pünklich!
_____ Redresser la France? (libre propos) __________
samedi 30 mai 2026
Nouvelle révolte des canuts?
Casser les outils?
Quand on lit certaines propositions de services américains au sujet de réactions possibles et attendues de certaines couches de la population active vis à vis des effets prévisibles de l'IA et de ses avatars, concernant notamment des pertes rapides et massives d'emplois dans divers secteurs, on ne peut pas ne pas penser à la Révolte des canuts en France, en 1831. L'introduction rapide de machines à tisser à Lyon provoqua des réactions violentes des ouvriers au travail manuel complexe, qui se trouvèrent dépossédés rapidement de leurs activités spécialisées par les machines Jacquart, les transformant rapidement en des chômeurs en colère. On peut parler aussi d'une fronde américaine. Les data centers sont particulièrement visés. Au point de faire craindre pour Trump, dans sa propention à dramatiser, un extrêmisme anti-technologique. Le doute et l'incertitude commencent en tous cas à s'installer... Comme le scepticisme, très répandu.
Ce sont certains services US qui envisagent et redoutent, à plus grande échelle, un phénomène semblable dans certains secteurs économiques où les outils numériques complexes et la robotisation galopante pourraient produire un vent de révolte inédit, au vu de leurs exclusions potentielles et de dysfonctionnements non prévus. Déjà des mouvement ont eu lieu dans certains secteurs, même dans le monde du cinéma à Hollywood. Certains, dans de nombreux secteurs, même de pointe, se sentent dépossédés de leur tâche, et cela à une vitesse grandissante, anticipant un avenir encore plus inquiétant. Il n'y aura pas que de l'accompagnement... " Le développement des intelligences artificielles bouleverse le domaine de la création de contenu. Le rôle des journalistes et rédacteurices évoluent en raison de logiciels qui rédigent des articles et même analysent l’actualité. Les graphistes et illustrateurices sont d’autres métiers que l’IA menace. Ces spécialistes du visuel font face à des outils qui permettent de générer des images en quelques secondes, impactant ainsi leur travail qui demande plus de temps. Dans le secteur de la musique et du montage vidéo, les logiciels assistés par intelligence artificielle sont capables de créer des compositions musicales et d’éditer des vidéos avec une facilité grandissante. Néanmoins, cette technologie peut se révéler être une aide intéressante, car elle peut donner des idées, proposer des axes et ainsi produire du contenu plus pertinent et percutant. Toutefois, rappelons que ces professionnel∙les possèdent chacun∙e « une plume » ou « un coup de patte », c’est-à-dire leur marque créative personnelle qui font d’eux/elles un∙e spécialiste dans leur domaine. C’est ce qui est reproché à l’IA : le manque d’âme, le fait ne de pas ressentir d’émotions...." On peut passer de la crainte réelle ou fantasmée à la révolte possible, avec des risques encore peu prévisibles? C'est ce que soulignent des services US plutôt alarmistes. "...Des rapports et documents élaborés par plusieurs services fédéraux et locaux, dont le département de la Sécurité intérieure et le FBI, indiquent que l’administration Trump s’attend à faire face à une opposition croissante aux projets de construction de centres de données 1.En particulier, un rapport du Bureau du renseignement et de la lutte contre le terrorisme de New York alerte : « l’atmosphère chaotique qui pourrait résulter de l’émergence des technologies d’IA au cours des cinq prochaines années pourrait alimenter des manifestations à grande échelle qui dégénéreraient en troubles civils et en activités extrémistes violentes anti-technologie ».La formulation « anti-technologie », utilisée pour désigner des activistes qui s’opposent notamment aux projets de construction de centres de données, n’a jamais été publiquement utilisée par les services de renseignement américains..." Il y aurait donc urgence à réglementer. Des dérives sont déjà là, pas seulement en Chine. Mais quelles instantes régulatrices, étant donnée l'ampleur du problème qui nous attend? L’IA de frontière [modèle d’IA parmi les plus performants actuellement] comporte des risques que des chercheurs de premier plan décrivent en des termes catastrophiques, notamment la perte de contrôle humain et l’émergence de systèmes « dévoyés » agissant contre les intérêts humains. Dans un tel profil de risque, l’autolimitation volontaire est fragile. Il existe aussi une voie de traverse séduisante, mais incapable de résoudre le problème. De nombreux commentateurs voient dans le statut de public benefit corporation une solution de gouvernance. Ces statuts remplacent souvent des obligations permissives – « peut » (en anglais, may) – par des obligations impératives – « doit » (en anglais, shall).
Pourtant, la mission vit ou meurt avec la nomination des administrateurs, et les actionnaires conservent ce levier. Les dirigeants peuvent bénéficier d’un refuge juridique leur permettant d’arbitrer entre différents intérêts, mais les conseils d’administration continuent de privilégier la croissance. La réalisation de la mission dépend alors de l’altruisme discrétionnaire des fondateurs ou des mandataires élus par les actionnaires. Il faut donc passer de la confiance à une conception institutionnelle réellement contraignante. Créons des laboratoires à but non lucratif financés par les pouvoirs publics, mais clairement séparés du pouvoir d’Etat. Plaçons dans leurs conseils de véritables administrateurs indépendants ou des gardiens dédiés de la mission – comme Ben & Jerry’s l’avait fait avant que sa société mère, The Magnum Company, ne défasse ce dispositif – et fermons les canaux par lesquels les financeurs peuvent faire primer leurs intérêts sur la mission. Limitons l’accès aux intrants de frontière, tels que les puces haut de gamme et les capacités de calcul, au-delà de seuils définis, et imposons des environnements de cybersécurité confinés pour les prototypes d’IA générale jusqu’à ce qu’ils aient fait leurs preuves en conditions de quarantaine...." Il est urgent de ne pas attendre... ______________
vendredi 29 mai 2026
Le poulet français bat de l'aile
Est-ce ainsi que les poulets vivent?
Et que les hommes se nourrissent..
La malbouffe est aujourd'hui pas chère, dans le marécage alimentaire qui nous est proposé, quand on est pressé ou fauché comme un étudiant. Il faut bien survivre. Tout le monde ne peut s'offrir un poulet de Bresse, élevé comme un prince. Du côté de la majorité des poulets pas chers, c'est le plus souvent la folie. Une malbouffe pas comme les autres, bien adaptée aux tout petits budgets. Vive la concurrence internationale! Mais pas de quoi faire ripaille....
" ...Pour répondre à l’appétit grandissant pour la viande de poulet en Europe, la Pologne a tout misé sur les élevages intensifs, qui alimentent notamment la France. Mais près de la moitié des poulaillers industriels du pays exerceraient sans autorisation, selon une récente enquête du média The Bureau of Investigative Journalism. Des méga-fermes fantômes, qui font peser une menace sanitaire et environnementale sur l’ensemble des consommateur·ices du continent. Master Poulet, Chicken Street, Tasty Crousty… Depuis quelques années, les chaînes de fast-food spécialisées dans le poulet se déploient à toute vitesse dans les grandes villes. La recette de leur succès ? Des pilons rôtis ou des « tenders » (bâtonnets) frits vendus seulement quelques euros, et promus par une myriade de vidéos sur les réseaux sociaux.
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