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samedi 30 mai 2026

Le vrai et le faux

 Subjectivité et objectivité

       Une opinion ne fait pas une information

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Nouvelle révolte des canuts?

 Casser les outils

           Quand on lit certaines propositions de services américains au sujet de  réactions  possibles et attendues de certaines couches de la population active vis à vis des effets prévisibles de l'IA et de ses avatars, concernant notamment  des pertes rapides et massives d'emplois dans divers secteurs, on ne peut pas ne pas penser à la Révolte des canuts en France, en 1831.    L'introduction rapide de machines à tisser à Lyon provoqua des réactions violentes des ouvriers au travail manuel complexe, qui se trouvèrent dépossédés rapidement de leurs activités spécialisées par les machines Jacquart, les transformant rapidement en des chômeurs en colère.                     On peut parler aussi d'une fronde américaine. Les data centers sont particulièrement visés. Au point de faire craindre pour Trump, dans sa propention à dramatiser, un extrêmisme anti-technologique. Le doute et l'incertitude commencent en tous cas à s'installer...   Comme le scepticisme, très répandu.  


                                                                       
Ce sont certains services US qui envisagent et redoutent, à plus grande échelle, un phénomène semblable dans certains secteurs économiques où les outils numériques complexes et la robotisation galopante pourraient produire un vent de révolte inédit, au vu de leurs exclusions potentielles et de dysfonctionnements non prévus. Déjà des mouvement ont eu lieu dans certains secteurs, même dans le monde du cinéma à Hollywood. Certains, dans de nombreux secteurs, même de pointe, se sentent dépossédés de leur tâche, et cela à une vitesse grandissante, anticipant un avenir encore plus inquiétant. Il n'y aura pas que de l'accompagnement...                                        "  Le développement des intelligences artificielles bouleverse le domaine de la création de contenu. Le rôle des journalistes et rédacteurices évoluent en raison de logiciels qui rédigent des articles et même analysent l’actualité. Les graphistes et illustrateurices sont d’autres métiers que l’IA menace. Ces spécialistes du visuel font face à des outils qui permettent de générer des images en quelques secondes, impactant ainsi leur travail qui demande plus de temps. Dans le secteur de la musique et du montage vidéo, les logiciels assistés par intelligence artificielle sont capables de créer des compositions musicales et d’éditer des vidéos avec une facilité grandissante. Néanmoins, cette technologie peut se révéler être une aide intéressante, car elle peut donner des idées, proposer des axes et ainsi produire du contenu plus pertinent et percutant. Toutefois, rappelons que ces professionnel∙les possèdent chacun∙e « une plume » ou « un coup de patte », c’est-à-dire leur marque créative personnelle qui font d’eux/elles un∙e spécialiste dans leur domaine. C’est ce qui est reproché à l’IA : le manque d’âme, le fait ne de pas ressentir d’émotions...."                                                                                                                          On peut passer de la crainte réelle ou fantasmée à la révolte possible, avec des risques encore peu prévisibles? C'est ce que soulignent des services US plutôt alarmistes. "...Des rapports et documents élaborés par plusieurs services fédéraux et locaux, dont le département de la Sécurité intérieure et le FBI, indiquent que l’administration Trump s’attend à faire face à une opposition croissante aux projets de construction de centres de données 1.En particulier, un rapport du Bureau du renseignement et de la lutte contre le terrorisme de New York alerte : « l’atmosphère chaotique qui pourrait résulter de l’émergence des technologies d’IA au cours des cinq prochaines années pourrait alimenter des manifestations à grande échelle qui dégénéreraient en troubles civils et en activités extrémistes violentes anti-technologie ».La formulation « anti-technologie », utilisée pour désigner des activistes qui s’opposent notamment aux projets de construction de centres de données, n’a jamais été publiquement utilisée par les services de renseignement américains..."                                                                                                                                 Il y aurait donc urgence à réglementer. Des dérives sont déjà là, pas seulement en Chine. Mais quelles instantes régulatrices, étant donnée l'ampleur du problème qui nous attend?                                                                                     L’IA de frontière [modèle d’IA parmi les plus performants actuellement] comporte des risques que des chercheurs de premier plan décrivent en des termes catastrophiques, notamment la perte de contrôle humain et l’émergence de systèmes « dévoyés » agissant contre les intérêts humains. Dans un tel profil de risque, l’autolimitation volontaire est fragile. 
Il existe aussi une voie de traverse séduisante, mais incapable de résoudre le problème. De nombreux commentateurs voient dans le statut de public benefit corporation une solution de gouvernance. Ces statuts remplacent souvent des obligations permissives – « peut » (en anglais, may) – par des obligations impératives – « doit » (en anglais, shall).

Pourtant, la mission vit ou meurt avec la nomination des administrateurs, et les actionnaires conservent ce levier. Les dirigeants peuvent bénéficier d’un refuge juridique leur permettant d’arbitrer entre différents intérêts, mais les conseils d’administration continuent de privilégier la croissance. La réalisation de la mission dépend alors de l’altruisme discrétionnaire des fondateurs ou des mandataires élus par les actionnaires.  Il faut donc passer de la confiance à une conception institutionnelle réellement contraignante. Créons des laboratoires à but non lucratif financés par les pouvoirs publics, mais clairement séparés du pouvoir d’Etat. Plaçons dans leurs conseils de véritables administrateurs indépendants ou des gardiens dédiés de la mission – comme Ben & Jerry’s l’avait fait avant que sa société mère, The Magnum Company, ne défasse ce dispositif – et fermons les canaux par lesquels les financeurs peuvent faire primer leurs intérêts sur la mission.   Limitons l’accès aux intrants de frontière, tels que les puces haut de gamme et les capacités de calcul, au-delà de seuils définis, et imposons des environnements de cybersécurité confinés pour les prototypes d’IA générale jusqu’à ce qu’ils aient fait leurs preuves en conditions de quarantaine...."                                    Il est urgent de ne pas attendre...  ______________

vendredi 29 mai 2026

Canicule

      Les hypothèses vont bon train



   Mais la météo n'est pas une science exacte
           Le soleil n'y est pour rien

       Prendre du recul ne nuit pas...


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Le poulet français bat de l'aile

 Est-ce ainsi que les poulets vivent?

                                                   Et que les hommes se nourrissent..

      La malbouffe est aujourd'hui pas chère, dans le  marécage alimentaire qui nous est proposé, quand on est pressé ou fauché comme un étudiant. Il faut bien survivre. Tout le monde ne peut s'offrir un poulet de Bresse, élevé comme un prince.                        Du côté de la majorité des poulets pas chers, c'est le plus souvent la folie.   Une malbouffe pas comme les autres, bien adaptée aux tout petits budgets.     Vive la concurrence internationale!   Mais pas de quoi faire ripaille....   


                                                   " ...Pour répondre à l’appétit grandissant pour la viande de poulet en Europe, la Pologne a tout misé sur les élevages intensifs, qui alimentent notamment la France. Mais près de la moitié des poulaillers industriels du pays exerceraient sans autorisation, selon une récente enquête du média The Bureau of Investigative Journalism. Des méga-fermes fantômes, qui font peser une menace sanitaire et environnementale sur l’ensemble des consommateur·ices du continent.                                                                                                              Master Poulet, Chicken Street, Tasty Crousty… Depuis quelques années, les chaînes de fast-food spécialisées dans le poulet se déploient à toute vitesse dans les grandes villes. La recette de leur succès ? Des pilons rôtis ou des « tenders » (bâtonnets) frits vendus seulement quelques euros, et promus par une myriade de vidéos sur les réseaux sociaux.              

     Un élément reste cependant bien mystérieux : l’origine de la viande utilisée par ces enseignes. Interrogé récemment sur le sujet, le dirigeant de Master Poulet, qui compte une cinquantaine de points de vente en France, avoue que sa volaille « vient principalement de Pologne et d'Espagne », sans plus de précisions. Voilà quelques années que le poulet consommé en France est en effet majoritairement importé, principalement de Pologne. Le pays en a livré pas moins de 648 540 tonnes en 2025, selon les données des douanes françaises compilées par Disclose. Entier ou désossé, frais ou congelé, vivant ou mort, le poulet polonais est acheminé en France par camion, sous toutes ses formes.       
               Face à la hausse de la demande, le nombre d’élevages intensifs se multiplie dans le pays, dans la plus grande opacité. Une enquête publiée en mars dernier par le média britannique The Bureau of Investigative Journalism révèle que près de la moitié des poulaillers industriels de Pologne exercent sans autorisation administrative. Ils ne sont, de fait, jamais contrôlés par les services sanitaires, ni par les inspecteur·ices de l’environnement.                                                                                                                         Des bactéries mortelles pour les humain·es.
Janek fait partie des victimes de ce défaut de surveillance. Alors qu’il est âgé de 11 mois, le nourrisson qui vit à Czepielin, un village de l’est de la Pologne, est touché par un mal soudain. « Au départ, le médecin nous a rassuré·es en nous disant que ce n'était qu'un mal de gorge », témoigne sa mère. Mais l’état de Janek se dégrade rapidement. Sa peau devient jaune, la fièvre monte en flèche et les vomissements ne s’arrêtent plus. Le bébé frôle la mort.    
       D’autres enfants du village sont frappés par les mêmes troubles. Devant l’inaction des autorités, les habitant·es mènent l’enquête. Ils apprennent qu’en trois ans, leur eau potable a été contaminée à huit reprises par des bactéries E. coli, des coliformes et des entérocoques. Autant de pathogènes causant des troubles digestifs ou cardiaques, qui peuvent s’avérer mortels. Très vite, les habitant·es suspectent un élevage avicole géant, qui borde le captage d’eau du village, d’être à l’origine de la pollution. Après avoir alerté l’administration locale, les villageois·es découvrent que l’élevage a multiplié les infractions : il ne disposait d’aucun permis de rejets de polluants, ni de captage d’eau ou d’épandage. Et alors qu’il était censé accueillir au maximum 70 000 volailles, il en a hébergé jusqu’à 120 000.                                                             Le cas de cette méga-ferme est loin d’être isolé. En Pologne, près de la moitié des élevages industriels de poulet ne disposent d’aucun permis de rejets de polluants, d’après l’enquête du Bureau of Investigative Journalism. La faute à un empilement d’administrations, régionales et nationales, qui estiment que l’identification des fermes non-enregistrées « ne fait pas partie de leurs missions », comme l’explique un fonctionnaire. Une faille administrative aux conséquences dramatiques : aucune inspection n’est menée dans ces fermes fantômes. De quoi mettre en danger les riverain·es, comme le petit Janek, mais aussi les consommateur·ices finaux·ales de poulet.                                                      
­ En France aussi, des élevages hors de contrôle.
    Car, et c’est là une autre spécificité des méga-fermes polonaises, les animaux y reçoivent des doses d’antibiotiques particulièrement élevées. Selon le Bureau of Investigative Journalism, un poulet polonais est traité en moyenne pendant la moitié de ses six semain
es de vie. La Pologne est, de fait, le troisième pays d’Europe qui recourt le plus à ce type de médicaments dans l’agriculture, derrière l’Espagne et Chypre. Administrés pour éviter la prolifération de maladies, les antibiotiques rendent les bactéries toujours plus résistantes aux médicaments, autant chez les animaux que pour les humains qui les côtoient ou qui les mangent. Une « antibiorésistance » que l’Organisation mondiale de la santé considère comme l'une des principales menaces sanitaires pour l'humanité.   
­     Est-ce à dire que le poulet élevé en France est plus vertueux que son voisin polonais ? Pas forcément. Si la quantité d’antibiotiques utilisée y est quatre fois plus faible qu’en Pologne, les élevages français ne sont pas épargnés par les problèmes sanitaires. À commencer par la grippe aviaire, dont plus de 100 foyers ont été identifiés ces derniers mois, faisant de la France le deuxième pays le plus touché en Europe. Favorisée par la concentration des animaux, la désormais célèbre « grippe A » est transmissible aux humains.
­  Autre entaille dans la communication bien huilée du lobby français de la volaille : la souffrance animale. En 2024, plus de la moitié des contrôles du ministère de l’agriculture dans les poulaillers industriels ont détecté des « non-conformités » en matière de bien-être animal. Et encore, ces chiffres ne concernent que les élevages inspectés cette année-là par les autorités. Soit 0,03 % du total des poulaillers, selon les données compilées par Disclose. Qu’elles soient en Pologne ou en France, les méga-fermes mettent en danger le vivant dans son ensemble. À contre-courant, le projet de loi d’urgence agricole, présenté il y a quelques jours par le gouvernement, veut faciliter leur agrandissement au nom de la « souveraineté alimentaire ».                       Lire l’enquête du Bureau of Investigative Journalism [en anglais] [Merci à Disclose]        ___________________________