Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 11 juillet 2020

Le piège

Quand l'Etat n'est plus maître chez lui
   
          Et quand les multinationales exercent leur chantage à l'égard du pouvoir étatique.
    Elles ont trop souvent pris le pouvoir, dans des domaines stratégiques, avec la complicité ou le laisser faire des Etas eux-mêmes.


              "....   Depuis le lundi 6 juillet, la Commission européenne négocie la "modernisation" d’un obscur traité sur les énergies fossiles - le traité sur la charte de l'Energie -, hérité de la Guerre froide, qui permet à des entreprises d'attaquer des Etats en justice lorsque ces derniers s'en prennent à leurs intérêts.
     C’est dans la plus grande discrétion que se décide, une fois de plus, l’avenir de l’Europe. Depuis le lundi 6 juillet, la Commission européenne négocie la « modernisation » d’un obscur traité sur les énergies fossiles, qui permet à des entreprises d'attaquer des Etats en justice lorsque ces derniers s'en prennent à leurs intérêts.
      Le texte en question - le traité sur la charte de l’énergie - doit être modifié cette année pour répondre aux objectifs du Pacte Vert (« Green deal »), lancé à l’été dernier par la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. Le but de ce dernier : la transition de l’Europe vers la neutralité carbone à l’horizon 2050. Le succès de cette négociation est loin d’être acquis. En juillet 2019, la Commission a certes obtenu un mandat du Conseil européen pour réécrire plusieurs articles du traité. Mais les Européens vont devoir s'attaquer à un texte réputé difficile, hérité de la fin de la Guerre froide.
      Le traité sur la charte de l’énergie, ou TCE, est un accord de commerce ratifié par une cinquantaine d’États et la plupart des membres de l’Union européenne. Depuis 1994, il définit un cadre pour l’exploitation, le transit, et la vente d’énergies fossiles. Un « accord archaïque » en matière d'écologie, enfoncent les députés européens Pascal Canfin (LREM), Pascal Durand (LREM) et Aurore Lalucq (Génération.s) dans une tribune publiée par Libération le 7 juillet, jugé « incompatible avec la réalisation des objectifs de l’accord de Paris sur le climat. »
       « Il faut se resituer dans le contexte de l’époque », détaille la chercheuse du GIEC, Yamina Saheb. « En 1991, l’Union soviétique s’effondre, les pays occidentaux cherchent un moyen de s’approvisionner en énergies fossiles à l’Est. Or, les anciennes Républiques soviétiques sont encore instables pour les investissements ». Les États européens proposent alors de créer un marché européen de l’énergie, incluant la Russie, pour mettre les investisseurs étrangers à l’abri du droit international. Le traité sur la charte de l'énergie est adopte à Lisbonne en décembre 1994. Son secrétariat s'installe à Bruxelles. Dans le même temps, les membres du traité décident de recourir à des tribunaux d’arbitrage privés pour régler leurs litiges. Et parmi ses nombreuses dispositions, le texte fixe certaines règles pour protéger les investisseurs à l'étranger. Avec son article 10, ses membres s’engagent ainsi à respecter des « conditions stables, équitables, favorables et transparentes » dans leur législation.
     Par cette disposition, le TCE donne le droit à n’importe quelle entreprise d’attaquer un pays qui modifierait sa législation dans le domaine de l’énergie. Les Etats membres devront désormais dédommager les entreprises dont les bénéfices seraient menacés par des décisions de nature politique, comme l’interdiction du forer du pétrole en pleine mer. Un véritable piège, pour l'Europe, qui ne va pas tarder à se refermer sur les Etats.
      En vingt ans, plus de 130 procédures ont été ouvertes auprès de tribunaux d’arbitrage privés contre des pays au nom de cette clause. « À l’origine, l’article visait surtout la protection des investissements contre les nationalisations arbitraires », explique l’organisation écologiste CNCD-11.11.11, basée à Bruxelles. « Elle est aujourd’hui invoquée pour remettre en cause des législations environnementales ou sociales pour des motifs d’expropriation indirecte et de pertes de profits », poursuit l’ONG.
       L’Espagne est le pays le plus attaqué, avec 48 procédures dirigées contre le royaume, dont une vingtaine seulement ont été résolues à l'heure actuelle. Les investisseurs lui reprochent une série de mesures prises dans le secteur des énergies renouvelables entre 2009 et 2019. Selon ces multinationales, l'Espagne aurait violé l'accord « en ne respectant pas le cadre dans lequel avait été fait les investissements à l'époque », nous explique l'un des avocats parisiens en charge du dossier. Un argument massue pour empêcher les Etats de toucher à leurs lois en matière de climat. Bilan de la douloureuse : ces dernières années, le pays a été prié de verser plus d'un milliard d’euros de dédommagements à des multinationales au nom du TCE.
     Aucun pays n'échappe à ces procédures, pas même la très sage Allemagne. Le 3 juillet, le ministère de l’Economie allemand a reconnu avoir négocié 4,2 milliards d’euros de compensations auprès de deux entreprises d'extraction de lignite, LEAG et RWE, pour s’éviter des poursuites en justice. Les industriels ont invoqué le préjudice qu’ils pourraient subir si l’Allemagne réalisait ses ambitions climatiques. Le 3 juillet, le parlement allemand a, en effet, adopté un projet de loi, qui prévoit la fermeture de toutes ses usines à charbon d’ici 2038.
    « Si nous ne modifions pas ce traité, les entreprises continueront de faire pression sur l’Europe et d’exercer leur droit de blocage face à des mesures écologiques, il faut réveiller notre pays face à ce chantage », insiste la chercheuse Yamina Saheb, qui fut, pendant quelques mois, secrétaire du traité à Bruxelles, avant de quitter son poste, par déception.
       Comme elle, plusieurs députés français ont émis l’idée de se retirer collectivement de l’accord avec les autres pays européens. La Russie et l'Italie ont déjà montré l'exemple, rappellent les députés qui signent une tribune dans Le Monde, le 8 juillet, réclamant la transparence sur les tractations menées à Bruxelles. « C’est précisément parce que ce débat se passe à huis clos que nous souhaitons le sortir de l’ombre », développe auprès de Marianne la député de la majorité, Marjolaine Meynier-Millefert (LREM), signataire du texte.
     Alors que le premier tour de négociations prend fin ce 9 juillet, un deuxième round de discussions a été prévu à l’automne. A ce jour, aucune date n’a encore été arrêtée pour proposer un nouveau texte. Le projet de « modernisation » du texte traîne déjà dans les cartons depuis plusieurs années. L’urgence écologique attendra..."
                                             _________

vendredi 10 juillet 2020

Langue: effondrement?

Sauver la langue 
                       La maîtrise de la langue, de sa langue, a toujours été considérée comme un des éléments essentiels  de la maîtrise de la pensée, de sa formulation, de son expression toujours plus précise et fine, comme de la prise de conscience de ses émotions et de leurs formulations, pour soi-même et pour les autres. Ce n'est pas seulement un problème de vocabulaire plus riche et plus précis, mais aussi une question de syntaxe mieux maîtrisée.


      C'est une expérience plus profonde que la formule: ce qui se conçoit bien..... Penser de mieux en mieux (tâche infinie) ne peut aller sans une langue plus enrichie, ce qui est un processus sans fin. Les mots sont pas que des outils, mais des conditions nécessaires à l'élaboration d'une pensée toujours plus fine et nuancée.. On ne peut penser sans les mots, avait-on déjà remarqué depuis longtemps.
   Une langue qui s'appauvrit, qui s'étiole, se féodalise ne peut pas ne pas avoir d'incidences sur les contenus de pensée. et leur expression, et agir sur la pensée peut se faire par le biais des mots, instrumentalisés parfois au service du pouvoirs ou des pouvoirs, comme l'analysait Orwell. Le langage commandé ou le langage mécanique est trop souvent celui que nous reprenons sans vraie conscience, ce qui produit une pensée qui ne peut être personnelle, au sens de réflexive et critique.
      Une langue est par nature évolutive. Parfois lentement, parfois plus rapidement selon la nature des échanges interculturels à un moment donné.
 Or aujourd'hui, plus d'un observateur déplore une chute lente vers des formes d'expressions linguistique de moins en moins maîtrisées . De nombreux facteurs sont à l'origine de ce phénomène, notamment une perte de rigueur, de vocabulaire, de maîtrise de la syntaxe, conséquence des abandons successifs d'exigences, parfois minimales, en matière d'enseignement, sous la pression du milieu et de la réduction des heures consacrées à l'apprentissage de la richesse de notre héritage linguistique. Les  exigences de base ont été réduites, les heures de français et de culture générale ont drastiquement diminué, le vocabulaire s'est restreint, la syntaxe a été délaissée ou noyée sous les approches trop techniques et formelles....Le ludique a pris trop souvent la place de la rigueur, du travail nécessaire, laissant place à une spontanéité faussement éducatrice. L'effort s'est discrédité peu à peu.
     On déplore que le français soit en souffrance et on ne se demande pas pourquoi. On constate la pauvreté de l'écrit, même de la part de ceux de qui on attendrait le plus, et on ne s'interroge pas. On se contente de vagues et trop tardives remédiations. La mal est fait, dès l'école primaire, considérée comme la phase essentielle. Il est des retards et des handicaps qui ne se rattrapent pas.
  De plus en plus considéré comme un carcan, sauf dans certains milieux favorisés, la langue a subi les assauts d'une contestation générale des contraintes, alors que sa vocation est d'être libératrice, d'autant plus qu'elle est mieux maîtrisée. Les dominants profitent bien d'une pensée appauvrie par une  langue réduite à des formes sommaires.
    Il n'y a pas que les enseignants qui le reconnaissent, même s'ils sont aux premières loges d'un combat souvent perdu d'avance. La réduction du vocabulaire et son détournement sont des facteurs qui ne sont pas neutres socialement et politiquement. Pas seulement dans les cités...C'est le vivre ensemble qui est en question dans le langage et la culture. La question est éminemment politique au sens large et noble du terme.
    Reconstruire une enseignement digne de ce nom sur cette question deviendra de plus en plus  difficile si on laisse les tropismes sociaux se développer.  Un diagnostic ne suffit pas, si des moyens appropriés ne sont pas donnés rapidement.
       Une langue mise à mal est le signe d'une pensée dépossédée d'elle-même.
                  Comme le remarquait à sa manière Michel Onfray, qui évoquait, non sans ironie mordante,  " un cerveau reptilien qui tient lieu désormais de cortex où les émotions primitives et l'instinct ont remplacé la capacité à réfléchir, à analyser, à argumenter. Le pathos remplace le logos. Mais ne serait-il pas question ici de langage articulé ? De capacité à mette en mots des émotions ? Ne serait-il pas question aussi de vocabulaire et de syntaxe ? De ressources langagière. Il fut des temps barbares et gothiques, pourtant, où l'école apprenait à tous, sans exception, un français riche et même porteur de références culturelles.
Les exclus de la langue, on le sait, sont amenés à se conduire comme les exclus tout court, prêts à s'engager dans le cycle de la révolte active. Le ghetto linguistique emprisonne ses victimes dans le ghetto social : ici naissent et naîtront les extrémismes, les intégrismes, les idéologies simplistes. A cerveau reptilien, réaction binaire, comme dit toujours Onfray. Un mot décrit l'incapacité à mettre des mots sur les émotions : l'alexithymie. Et c'est justement le grec qui aide à comprendre : a (privatif), lexi (λέζις, la parole, le mot) thymos (θυμός, état d’esprit, humeur). Nul doute que cette alexithymie a de beaux jours devant elle car, c'est bien de perte du logos dont il est question. L'incapacité à traduire des émotions fines et complexe, à nuancer, à s'exprimer clairement et distinctement, trouve sa solution dans le slogan mimétique ou pire, l'aboiement et la vie en meutes idéologiques.
Fin des lettres?...
Je me me suis plongé dans les archives de l'INA pendant le confinement et une chose m'a frappé qui devrait faire s'interroger nos amis "progressistes" qui pensent que s'opposer à une régression c'est être conservateur et réactionnaire, et qu'on ne peut jamais dire que quelque chose de bon s'est perdu. Qu'une régression, voire un désastre, a bel et bien eu lieu : en l’occurrence ce qu'on pourrait appeler un effondrement syntaxique.
Les gens interviewés dans les années 60 et suivantes (Archives de l'INA, donc), au hasard, dans la rue, utilisaient un français beaucoup plus riche et soutenu qu'aujourd'hui, un français exempt de vulgarité, simple, mais solidement charpenté par une syntaxe correcte. Sans doute parce que l'école fonctionnait mal et n'avait pas été démocratisée. On y entend des commerçants, des ouvriers, des employés, des agriculteurs (qui ne sont pas des "clients" de journalistes, mais bien des quidams ) et on demeure frappé par la bonne maîtrise de la langue et l'abondance, souvent pittoresque, du vocabulaire. C'était avant que les pédagogues ne considérassent, à juste titre, la langue comme fasciste : un dispositif arbitraire de maintien de l'ordre social, un moyen de se distinguer et d'exclure l'autre. Un carcan à "déconstruire" (ce mot commence à donner la nausée à des gens passéistes qui n'ont rien compris aux avant-gardes) pour libérer la classe ouvrière. Heureusement, la grammaire fut mise en examen et traînée devant des juges progressistes, dès le milieu des années soixante-dix.
    Désormais l’oppression a cessé presque partout et les écrivains académiques de la tradition scolaire ne viennent plus parasiter ou plomber les propos des uns et des autres pour entraver la libre expression, brider la spontanéité et la sincérité, et prescrire un soi-disant bon usage. J'ai entendu une jeune employée de boulangerie interviewée et citant, au détour d'une phrase, un propos de... Victor Hugo.... Une apprentie boulangère, autant dire, le prolétariat. Rétrospectivement, j'ai un peu honte pour elle : quel genre de conditionnement cette pauvre femme a-t-elle pu subir durant une scolarité pourtant courte ?
    Circonstance indéniablement aggravante, cette citation venait de façon très pertinente orner des paroles fort justes, syntaxiquement élaborées, prononcées distinctement, avec aisance et naturel, sans le moindre empêchement ! Brisée par la violence symbolique d'une école primaire réactionnaire, la jeune femme, colonisée et assujettie, singeant la voix de son maître, m'est apparue comme la victime inconsciente de normes évidemment discriminatoires qu'heureusement l'école moderne a su depuis longtemps déconstruire ! Ce monde en noir et blanc de la télévision du passé me fait horreur : il m'a fait voir en vérité dans quel Enfer de réaction nous fussions demeurés si le progrès n'avait pas continué sa marche tranquille vers toujours plus d'égalité en vue de l'extinction progressive des Lumières, matrice du paternalisme de l'homme blanc européen et du colonialisme.         Tout le monde parlerait en bon français, y compris dans nos banlieues, au grand dam de la pluralité linguistique, des cultures et de la diversité ! Si l'école était demeurée comme lieu de l’apprentissage de la maîtrise des passions-pulsions c'est à dire lieu de répression, on n'aurait pas assisté à la libération de tous. Merveilleuse libération dont on voit les effets. Comme dit Dany-Robert Dufour, le credo pédagogique fut : "Libérez-moi de tout ce qui m’aliène (les institutions, la culture, la civilisation, la langue, les signifiants, le nom du père, les savoirs, les pouvoirs, etc.) et vous allez voir ce que vous allez voir !" Et on a vu. Et on voit...
                                                                   __________________

jeudi 9 juillet 2020

Casse-tête

Castex: un casse-tête?
                                  Il doit assurer une mission impossible: assurer un fin de règne qui s'annonce plus que problématique, après un changement de cap où seul le capitaine sera à la barre au sein d'un équipage désemparé.
     Une mission impossible, après la violente tempête qui a fait tanguer le navire?
  En tous cas, malgré les injonctions, le jour d'après sera de droite...comme avant.

      Un changement d'apparence pour en fait ne rien changer d'essentiel, alors que les circonstances exigeaient plus, voire autre chose. Comme promis...
     Les personnels de l'hôpital risquent d'être désenchantés:"... rien de la logique ancienne du système ne changera sans doute. Le nouvel homme de Matignon a été un des artisans de ses actuels dysfonctionnements, caractérisés notamment par  “...un accent mis sur le mesurable au détriment de l’aspect relationnel du soin.” Une critique que reprenait en creux Emmanuel Macron en 2018 lorsqu’il promettait, devant Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin de “redonner de la cohérence” à un “hôpital étranglé....Étranglé par quoi? “Par un système devenu comptable..."
   De plus, quelques ratés qui ne seront pas sans conséquences
                Le rebond sur les retraites arrive au plus mauvais moment, alors qu'il s'agit d'abord de soigner le grand malade et de prendre son temps pour classer et traiter les urgences absolues.
                 __ (*) "...Ajoutons pour la bonne bouche qu’auparavant, il était à la Cour des Comptes, puis directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, en profitant pour tout mettre en œuvre pour la « transformation » de l’hôpital, ce qui a conduit à la situation totalement dégradée que l’on sait de cette institution, ainsi que l’écrit Claude Manor dans les colonnes de Révolution Permanentelien  Pour être plus précis, c’est lui qui était à la manœuvre lors de la « restructuration » du système hospitalier entre 2005 et 2007, et qui, selon Patrick Bourdillon, de la CGT santé à Society, avait introduit la notion d’objectif dans l’hôpital, signifiant ainsi que ce service public se devait d’être rentable. Ce que confirme Hakim Becheur, chef de service à l’hôpital Bichat, à Paris, qui le rend responsable de la casse de l’hôpital public, car cette tarification à l’acte a provoqué « une course absurde à la rentabilité », et la nomination de Castex est ressentie par le personnel soignant comme une provocation.   Danielle Simonnet, conseillère municipale à Paris LFI, ne dit pas autre chose, et estime que le choix de Macron est « une insulte terrible » envers « toutes celles et ceux qui ont subi la pandémie de Covid-19 (...) cet homme ne remettra pas en cause le monde d’avant, il le perpétuera. C’est avec lui que Macron prépare la guerre sociale pour la rentrée, qu’il s’attaquera aux 35 heures, à nos retraites, et qu’il oubliera totalement la bifurcation écologique promise ». lien Or Castex dit vouloir boucler le Ségur d’ici le 11 juillet prochain, et on lui souhaite bien du plaisir. lien .."
      __De 2005 à 2006, il est le directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale, où il participe à l’introduction de la notion d’objectifs et de rentabilité dans l’hôpital et à une rationalisation des coûts15 dans le cadre du plan hôpital 2007, qui introduit notamment la tarification à l'activité (« T2A »).[wiki]
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Gaullisme social?coquille vide et hochet politique.
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mercredi 8 juillet 2020

Une Europe chamboulée

Rééquilibrer les priorités budgétaires
                   L'urgence, malgré Karlsruhe.  Seulement sauver les meubles?
                                              Point de vue:
                                                               "...Merkel et Macron, la chancelière allemande et le président français, étaient réunis lundi 29 juin au soir au château de Meseberg en banlieue de Berlin pour une dernière séance de travail avant le démarrage, mercredi 1er juillet, de la présidence allemande de l’Union européenne. "Nous sommes arrivés à un moment de vérité pour l'Europe. Et avec cet engagement franco-allemand résolu, nous pouvons en faire un moment de succès", expliquait pour sa part Emmanuel Macron pendant que sa pragmatique voisine précisait que "nous espérons que nous pourrons trouver une solution, même s'il reste encore beaucoup de chemin à parcourir".
   
 La rencontre était bien sûr destinée à montrer qu’en ces temps de crise hors norme, l’attelage formé par les deux poids-lourds de l’UE, le "moteur de l’Europe", est de retour. Mais ce rendez-vous de travail aux multiples sujets illustrait aussi à quel point le programme de la présidence allemande va être lourd à gérer. L’expérience et les qualités stratégiques de la chancelière ne seront pas de trop pour cimenter un socle européen très lézardé.
        "La pandémie de coronavirus a bouleversé notre monde, tout comme les plans de la présidence allemande", prévenait déjà la chancelière allemande à la fin mai. Et ce n’est pas peu dire. Avant la pandémie, les thèmes prioritaires étaient la réorganisation du budget de l’Union après le Brexit, mais aussi un grand pacte écologique, une redéfinition de la politique migratoire européenne ou encore un plan pour préparer l’Europe à la numérisation.
      Cet agenda a été définitivement chamboulé", insiste Claire Demesmay, directrice du "Programme France/Allemagne" pour le think tank public berlinois DGAP (Société allemande de politique étrangère). Pour cette experte des questions européennes, les priorités de la présidence sont tournées vers le futur de l’UE et sont davantage dictées par l’urgence : "La première chose qui s’impose est une réponse européenne à la crise économique et sociale, via la mise au point du fonds d’aide proposé par la France et l’Allemagne."
     "La pandémie de coronavirus a bouleversé notre monde, tout comme les plans de la présidence allemande", prévenait déjà la chancelière allemande à la fin mai. Et ce n’est pas peu dire. Avant la pandémie, les thèmes prioritaires étaient la réorganisation du budget de l’Union après le Brexit, mais aussi un grand pacte écologique, une redéfinition de la politique migratoire européenne ou encore un plan pour préparer l’Europe à la numérisation.
    "Cet agenda a été définitivement chamboulé", insiste Claire Demesmay, directrice du "Programme France/Allemagne" pour le think tank public berlinois DGAP (Société allemande de politique étrangère). Pour cette experte des questions européennes, les priorités de la présidence sont tournées vers le futur de l’UE et sont davantage dictées par l’urgence : "La première chose qui s’impose est une réponse européenne à la crise économique et sociale, via la mise au point du fonds d’aide proposé par la France et l’Allemagne."
    La création de ce fonds de 500 milliards d’euros se négociera lors du Sommet européen des 17 et 18 juillet. Il permettra de distribuer des prêts, mais aussi des subventions aux pays les plus affectés par la crise. "C’est entre autres dans le choix des aides que l’on devrait lire les inflexions européennes en faveur de l’environnement ou de la numérisation de l’économie", estime Mme Demesmay. Proposé par la France, l’Italie et l’Espagne, il sera financé sur la base d’une dette commune qui sera remboursée - et c’est la nouveauté - non pas par le pays bénéficiaire, mais par la communauté des Etats.
    L’idée a été rendue possible grâce au soutien de l’Allemagne qui a accepté pour la première fois de son histoire, le 18 mais, un financement selon le principe de la mutualisation des dettes. "Que les Français et les Européens ne se trompent cependant pas. Rien ne dit que ce revirement allemand s’inscrira dans la durée. Berlin a accepté ce principe budgétaire parce que la situation est exceptionnelle et que le fonds n’est pas un mécanisme permanent", assène la chercheuse de la DGAP.
     "Au-delà de la question du fonds, pour laquelle il faut encore gagner l’adhésion de l’Autriche, des Pays-Bas, du Danemark et de la Suède, la présidence allemande va s’atteler à des dossiers imposés par le calendrier. Les impératifs sont d’une part la négociation avec la Grande-Bretagne sur les conditions du Brexit, et d’autre part la négociation sur le futur budget septennal de l’Union européenne. Et ça, cela va être un véritable casse-tête", prévient Mme Demesmay.
    Alors que la récession actuelle creuse les budgets nationaux, le départ des Britanniques va en effet créer un trou de près de 84 milliards d’euros sur 7 ans (2021-2027). "Il faut donc rééquilibrer les priorités budgétaires et les cotisations des Etats membres. Or, les Français et les Polonais ne veulent pas toucher à la politique agricole. Quant à l’Espagne et l’Italie, elles tiennent absolument à augmenter l’enveloppe de la politique migratoire, entre autres blocages. Il faudra aussi renégocier les rabais budgétaires dont profitent les Pays-Bas ou même l’Allemagne. C’est un dossier sans consensus", souligne Claire Demesmay.
    Une fois les questions financières évoquées, que reste-t-il au programme de la présidence allemande ? Il y a bien les dossiers internationaux. Mais pour les relations transatlantiques, tout le monde attend le résultat des élections américaines. Quant au dossier chinois, la réunion UE-Chine prévue pour septembre a été annulée. Berlin espère donc, au mieux, aboutir à une prise de position commune face à Pékin, mais pas plus. "Bien sûr, il y a la politique migratoire, un dossier en souffrance depuis 5 ans. Mais les divergences sont profondes et ce n’est clairement pas la priorité d’un certain nombre de gouvernements européens. La Commission européenne avait annoncé des propositions sur le sujet, on les attend toujours. C’est bien un signe qu’il ne faut pas espérer de grandes avancées sur le sujet", objecte la chercheuse, qui n’attend aucune vraie avancée sur ce dernier dossier.
    Face à cette jungle de "méga-dossiers", une question plus prosaïque se pose à l’occasion du Sommet européen, le premier sommet physique après la pandémie, mais toujours avec un impératif de distanciation sociale. Rien n’a été vraiment prévu pour un tel cas de figure. Ainsi, les salles de la Commission ne sont pas prêtes à recevoir des délégations importantes où chaque membre doit se tenir à 1,5 mètre des autres. Qu’adviendra-t-il alors de la fameuse diplomatie du confessionnal, chère à Merkel, et des multiples discussions parallèles nécessaires pour tisser les compromis européen..."
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mardi 7 juillet 2020

Au nom du vert

La France se réveille plus verte.
                                                      Mais le résultat des urnes n'est pas en lui-même décisif. Des élections sont-elles suffisantes pour enclancher une reconsidération fondamentale de nos objectifs industriels, financiers et sociaux? Surtout à l'échelle de la planète. Pour entraîner une mutation de nos options fondamentales et nos évidences d'antan.
   Autre chose que du Green washing de circonstance et d'apparence.           L'opportunisme parfois règne en maître.
Il y a vert et vert, le vert devenant un  simple alibi de vente, en suivant la pente d'un néo-romantisme entretenu.
   Il  y a vert et vert et il y a ceux qui contestent toute véllèité d'action rt qui voient rouge quand on leur parle vert, sans nuances et sans distinction. Les climatosceptiques, radicaux comme Bolsonato et Trump ne doivent pas faire oublier ceux qui défendent dans l'ombre les droit aux affaires sans contraintes et sans limites, malgré les évidences. Il y a un consensus de plus en plus grand de scientifiques qui sonnent le tocsin.
  L'écologie n'est pas une religion, ni une idéologie ni d'abord un mouvement qui se voudrait politique.
    C'est d'abord une science. Celle des conditions du vivant, de son rapport avec le milieu naturel et des incidences de notre action sur les écosystèmes. Science qui a donné naissance à divers mouvements qui revendiquent de nouvelles orientations en matière de développement économique et social, un nouveau regard sue certains dogmes cartésiens. Mouvements dont on peut contester la cohérence et la valeur, même si les modalités doivent être discutées.
Markering ou journalisme?
Mais rejeter dans les ténèbres de l'erreur l'ensemble des prises de conscience, des actions et des engagements de ceux qui s'engagent pour réduire les risques avant qu'il ne soit trop tard, c'est participer d'un aveuglement coupable, celui d'un libéralisme étroit et à courte vue. Comme Valeurs Actuelles qui passe son temps à diaboliser  toutes prises de conscience salutaire. Au service d'intérêts qui financent ou pour vendre du papier. Sans doute les deux.
  Notre Zemmour national entre dans ce jeu avec des amalgames dont il a le secret.
   L'épisode du covid en cours relance la nécessité de nouvelles prises de conscience.
   La crise écologique s'accentue et les évolutions en cours affectent des domaines variés.
Il ne fait pas de doute que nous entrons dans un nouveau monde, qui implique d'autres modes d'actions, encore largement inédites. ... qu’au sortir de la crise, les choix politiques des gouvernements, tant au niveau de la coopération internationale que de l’importance accordée aux impératifs de transition écologique, structureront l’état du monde de demain....
                                   _______________________________________________

lundi 6 juillet 2020

L'arme du doute

Business et questions      [ Bis repetita...]
                                    Le doute, qu'il soit cartésien, méthodique ou plus modeste et circonscrit, est toujours une attitude qu'il importe de valoriser en toutes circonstances. Que soit dans la vie quotidienne, dans la recherche d'informations, ou dans celui de la recherche ou des débats scientifiques.
     Le doute est libérateur quand il est animé par le désir de sortir d'un dogmatisme trompeur,  de rechercher une vérité plus satisfaisante, d'oser penser par soi-même, comme disait Kant. C'est toujours possible, à des degrés divers, toujours libérateur.
    Mais le doute peut être instrumentalisé, utilisé à dessein comme un moyen d'instiller un soupçon, de faire naître une résistance vis à vis de connaissances pourtant bien ou assez bien établies. Parce qu'elles gêneraient, remettraient en question des vérités qui dérangent, qui mettent en péril des intérêts bien établis, un business fructueux, contestés par des esprits suffisamment éclairés et indépendants.
     C'est le cas bien connu des défenseurs du business de l'amiante, ce poison qui n'a pas fini de faire des ravages et dont les dangers ont été signalés dès le début du XX° siècle.
   C'est le cas, tout aussi connu du lobby des cigarettiers, toujours en action, qui dépensent des sommes pharaoniques pour produire des rapports à l'aspect "scientifique" pour justifier la poursuite de leurs affaires très juteuses, au détriment de la santé publique.
   Le plus insidieux, c'est lorsque une industrie, aux productions dûment contestées pour leurs méfaits, soudoient des "experts" complaisants pour susciter des questions là où il n'y a plus lieu d'en poser, pour relancer des recherches biaisées, pour éviter que le dernier mot de soit donné à ceux qui  ont fermement établi la nocivité de produits devenus d'un usage commun. 
    Au niveau politique, local ou plus large, des firmes savent aussi y faire pour influencer les débats sur les questions sur les réglementations ou des interdictions. Parce qu'elles ont de puissants moyens.
  C'est ce que montre bien, et depuis des années, certaines enquêtes, comme celle sur les produits à base de glyphosate,la molécule la plus utilisée au monde.
    Le dossier est déjà lourd. Les études de Marie-Monique Robin sur le sujet sont décisives, mais pas uniques.
    Ce qu'on a appelé la manufacture du doute dans différentes productions contestées, dont le monde rapidement grandissant des perturbateurs endocriniens.
   Parfois des questions légitimes peuvent encore se poser, mais il est des points qui ne peuvent plus être contestés sans être partisans intéressés.
   Mettre la science à l'abri des pressions de certains intérêts privés, dont le but est de distiller le doute, est aujourd'hui plus qu'hier un projet nécessaire, un combat permanent.
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dimanche 5 juillet 2020

Julien: c'était hier...

Julien: de Raon à Pékin







BRAVO JULIEN !


Un endroit charmant dans une vallée vosgienne
Où un garçon en VTT faisait des siennes

Il devint très vite un champion
Dans son village de RAONQue personne ne connaissait
Sauf moi et quelques autres: 
un jour j'y naissais...

      Malgré l'or, malgré les dévots, il est resté modeste...
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Le mot du dimanche

__ USA: Le grand bond en arrière.
            Ce n'est pas rassurant pour nous non plus...

__ Du rififi à Damas.

__ Fessenheim: ça va être long.

__ On ne tire pas sur une ambulance.

__ Il a dit "vert", notre grand penseur.


__ Un (gros) souci d'Angela.

__ Dans les coulisses de la Maison Blanche.

__ Des insectes et des hommes.

__ Le juge et le politique.

__ Même le yachting est déprimé.

__ Le premier ministre et l'hôpital.

__ Pauvre Liban!
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samedi 4 juillet 2020

Au bord de l'annexion

Un  tournant?
                Les résistances s'accumulent concernant le projet de Netanyahu de procéder à l'annexion d'une plus grande partie de la Cisjordanie et du Jourdain, contre toutes les règles internationales. Un contournement de plus, mais majeur.
        Les critiques pleuvent aussi maintenant dans son pays, beaucoup voyant déjà les conséquences incalculables de cette nouvelle mesure, leurs risques, non seulement au regard du doit international, mais aussi de l'intérêt d'Israël bien compris.
   Même dans son propre camp, on n'est pas tendre vis à vis d'un projet encouragé pas les extrêmes et on souligne les risques d'un telle opération. On ne mâche pas ses mots, avec la même lucidité que Rabin en son temps, qui le paya de sa vie:
            "...Oui, l’épidémie de coronavirus a mis à terre l’économie palestinienne. La plupart des Palestiniens ne sont plus payés, leurs banques sont fermées. Ces gens étaient déjà humiliés encerclés, que leur reste-t-il si on les dépossède en plus de leurs terres unilatéralement ? Ils ont beaucoup d’armes. On risque d’assister alors à une nouvelle compétition entre le Fatah et le Hamas pour récupérer de la légitimité à travers la lutte. Le Hamas a déjà déclaré que l’annexion était une déclaration de guerre. Israël sera bien obligé de riposter. Cette troisième intifada nous replongera dans une cercle vicieux et je me demande si ce n’est pas précisément ce que cherche le Premier ministre.    Cela lui permet de détourner l’attention de l’opinion des tribunaux où il doit répondre de ses actes, mais surtout de créer un contexte qui le rend incontournable. C’est ce qui rend notre démocratie si fragile et c’est ce que notre Cour suprême ne comprend pas : les dictatures sont renversées par des révoltes populaires mais les démocraties, elles peuvent se transformer en régimes autoritaires sans qu’une goutte de sang soit versée. Peut-être qu’un jour on finira par dire qu’Israël fut une démocratie, on en parlera au passé...."   Si nous ne sommes plus démographiquement et culturellement majoritaires dans un seul État qui aura annexé les territoires palestiniens entre la Méditerranée et le Jourdain, oui, ce sera un État d’apartheid qui entraînera un cycle de violences infini. C’en sera fini des valeurs qui sont à l’origine de notre déclaration d’indépendance....
                 Une annexion qui ne fera que se poursuivre, dans le silence général ou les protestations molles, malgré les condamnations des instances internationales.
 La presse la plus modérée insiste sur les conséquences dramatiques qui ne feraient que prolonger un état de fait très dégradé.
   L'Europe, comme à son habitude, réagit mollement. L'Allemagne se tait, juste un peu gênée, mais on sait pourquoi, contribuant à entretenir la confusion entre critique de la politique d'Israël du moment et antisémitisme, ce qui ne peut déplaire à Tel Aviv.
                                                    Du côté du Jourdain, les choses peuvent vraiment très mal se passer, surtout tant que Trump servira d'appui et de caution.. Une période de grands dangers se met en place...
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vendredi 3 juillet 2020

Y avait plus simple!

C'est vrai
                  Mais faut pas non plus laisser rouiller les appareils...