Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mardi 22 septembre 2026

Cupidité des ultra- riches

 Platon déjà...Avant le culotté de Musk

        Réfléchissait à des limites

                    Comme Balzac ...

__________

Fin d'un mythe

 Il a eu la vie dure.                                                                                                                                 La politique de l'offre macronienne n'a pas marché 

         C'est une évidence pour plus d'un économiste aujourd'hui.  Mais, malgré ses dénégations, le Président a bien privilégié ce qu'on appelle le "ruissellement" en matière de politique économique et sociale.                                                                "...La « théorie du ruissellement » apparaît pour la première fois dans les colonnes du Monde, en anglais s’il vous plaît, la « Trickle down theory », le 14 novembre 1981 sous la plume de Robert Solé, un an après l’élection du républicain ultralibéral Ronald Reagan à la Maison Blanche..." Ce n'est pas étonnant, dans le sillage de M. Thatcher, inspirée elle aussi par les théories de l'école libérale de Chicago.

          Selon le Monde, cette théorie du ruissellement, selon laquelle « la relance économique ne s’obtient qu’en aidant la haute finance et la grande industrie », car la fortune ruissellera alors tout le long de la pyramide sociale, colle aux basques du président Macron, réputé faire des cadeaux aux riches. Le chef de l’Etat s’est toujours défendu d’adhérer à une telle théorie, mais parle, nuance, de « premier de cordée ». Selon ses mots, prononcés le 15 octobre 2017 sur TF1, « si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole ».Alors que Joe Biden vient de déclarer, le 28 avril, lors de son premier discours devant le Congrès, que cette théorie « n’a jamais fonctionné ....» Favoriser les plus riches n'a jamais fait monter les ressources des plus favorisés.


                                                                                                                                                               Une croyance tenace, qui  arrive sur son déclin aux USA, avec le virage annoncé par le nouveau Président, qui met tout son poids dans la balance, non par dogmatisme, mais par pragmatisme, par simple bon sens. Il rejoint par là les critiques déjà énoncées depuis longtemps par certains économistes d'abord minoritaires, puis de plus en plus nombreux. Même le pape s'y est mis... Un grand mythe reaganien s'effondre: la théorie du ruissellement est un montage idéologique pour que se maintiennent et augmentent les super-profits d'une minorité  que se réduise le niveau de vie des classes moyennes et que s'installent les inégalités toujours plus fortes. En fait cette croyance répétée dans le milieu des affaires était autoentretenue artificiellement mais démentie tour les jours.                 Biden, après Roosevelt qui est allé beaucoup plus loin dans des circonstances assez différentes, a signé l'arrêt de mort de cette pseudo-doctrine. Il faut relire son discours devant la convention démocrate.  C'est la fin d'un époque d'exubérance des marchés, d'envolée d'inégalités extrêmes. Du moins il faut espérer  un retournement rapide et durable de la situation, à partir de ce pari qu'il faut mettre en oeuvre. Les choix politiques ont pris le pas sur l'économie livrée à elle-même, jusqu'à ses pires excès. Mais il faut faire vite. Ce n'est pas une révolution, mais du simple bon sens politique. Il est temps que le 1% des plus riches paient leur juste part....et ils seront encore aussi riches...Ce n'est pas la révolution!  Là où il y a une volonté, il y a un chemin.

         Le ruissellement a vécu, remplacée par le premier de cordée (version soft).   Ce n'est pas Mélenchon qui le dit, mais l'OFCE ou la Tribune.  L'Unesco, le FMI sonnent aussi le tocsin face à la montée rapide et spectaculaire de la très grande richesse. Pas (seulement) pour des raisons morales, mais économiques. Elle a accaparé 82% de la richesse mondiale créée en 2017   Les élites de Davos ont eu connaissance des chiffres livrés par Oxfam et d'autres organismes.  Et après? Encore faudrait-il analyser les causes...Le grand ruissellement, cette mystification, attendra... L'ère des super-rentiers a encore de l'avenir.  ...le CAC 40 se porte bien, contrairement à l’économie réelle, PME comprises : « Selon les dernières statistiques, les profits de ces ténors sont passés de 59,8 milliards d’euros en 2012 à 73,6 milliards en 2013 (+23%), et devraient atteindre 87,3 milliards (+19%) au terme de cette année », nous apprend encore Dorion.     Pendant ce temps, de l’autre côté de la balance, la situation ne cesse de se détériorer. En 2011 (dernière année connue, les statistiques concernant l’année 2013 ne devant pas être disponibles avant fin 2015), 8,7 millions de personnes, soit 14,3% de la population française, vivaient en dessous du seuil de pauvreté (fixé à un revenu mensuel de 977 euros par mois)....  Alleluia!   Déjà que leur nombre ne cesse de grimper dans les dernières années.  Pauvres de tous les pays, réjouissez-vous! Les élites financières montent au firmament de la haute richesse.  Pas seulement aux USA ou en Europe, mais aussi en Chine. Qui l'eût cru? L'envolée des zélites financières se poursuit; après le petit accroc de 2008, la machine à cash repart à fond la caisse.

                         En vertu de la théorie du ruissellement, vous allez bientôt diminuer, disaient-ils, être de moins en moins nombreux. Jusqu'à disparaître dans...quelques siècles. Etre riche n'aura alors plus de sens.    C'est ma-thé-ma-tique!     D'ailleurs, le bon Mr Guizot le proclamait, comme la clé du développement général, et Mr Macron lui faisait écho il y a peu en s'adressant aux jeunes. Des gens qui voient loi n.    Certains disent que les pauvres, c'est une fiction  ou en tous cas qu'ils méritent leur sort, qu'il suffirait de vouloir, car la richesse se mériterait et il suffit pour eux de "traverser la rue"...Bienheureux les pauvres!...c'était bon pour le rêveur de Tibériade.  Les temps ont changé. Voici venu le temps des riches, et même des super-méga-riches. Un monde enchanté s'offre à tous. Les exemples à suivre ne manquent pas.  C'est comme une évidence. Il y a de la place pour tout le monde.   La progression est constante, qui donne tous les espoirs. Et puis tous les riches furent d'abord des pauvres, ou des descendants de très pauvres même. Il suffit de relire l'histoire économique des USA au XIX° siècle ou de regarder Dallas.  Pour ceux qui doutent, l'aube d' une nouvelle ère macronienne se lève, l'embellie économique française se confirme. Tous les espoirs sont permis. Get rich! Il n'y a pas que my tailor....
                                        ___Mais, mais...on me dit dans l'oreillette (sans doute un esprit chagrin) que la théorie du ruissellement économique serait du  bidon... | théorie selon la théorie du ruissellement économique nous avons tous à y gagner!La théorie du ruissellement  est une théorie d'inspiration libérale selon laquelle, sauf destruction ou thésaurisation, les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l'économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l'investissement (notamment via l'épargne), contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l'activité économique générale et à l'emploi dans le reste de la société. Cette théorie est notamment avancée pour défendre l'idée que les réductions d'impôt y compris pour les hauts revenus ont un effet bénéfique pour l'économie globale. En théorie donc, plus il a de riches et moins il devrait avoir de pauvres, de chomeurs, de petits revenus, d'entreprises en difficulté...ceux ci profitants des dollars qui débordants des gros revenus viendraient arroser le bas peuple...
Or, le taux de pauvreté a encore augmenté en 2015! Et le chomage aussi...quant aux riches, de plus en plus riches se portent de mieux en mieux..;."
    Et puis des pessimistes prétendent que les plus riches coûtent cher. D'autres, que des sommes considérables partent non pas seulement dans le super-luxe inutile et improductif, non pas dans l'investissement économique qui profiterait au plus grand nombre, mais dans les fonds abyssaux et vains de la spéculation-casino auto-reproductrice.
       Le vieux Hugo disait que "C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches"
                                      Mais c'était au XIX° siècle...
       _________________________

lundi 21 septembre 2026

Services publics

  En voie de régression...

      Il serait temps d'arrêter ce processus de régression

                                                               _________________________

Point d'histoire

 URSS: 1941-1945

           Une guerre encore assez mal connue
______________________[Certitudes et hypothèses]_
_________________________L'offensive hitlérienne contre la Russie soviétique et le déroulement de l'Opération Barbarossa suscitent encore beaucoup de recherches, d'interrogations et de débats.
Notamment du fait que les études sur le sujet ont été chez nous singulièrement défaillantes.
Autant les opérations occidentales on été assez bien couvertes, autant nous avons ignoré pendant longtemps ce qui s'était passé à l' Est, à part quelques hauts fait marquants (Moscou, Stalingrad, Koursk...Berlin)
La chape de plomb de la Guerre froide n'a pas été pour rien dans le désintérêt pour cette question.
__Tout débat idéologique mis à part, malgré les erreurs de Staline (purges dans les cadres de l'armée, pacte germano-soviétique_sans doute tactique_, mésestimation des annonces sérieuses d'intervention imminente de la Wehrmart avant l'agression) et malgré les répressions d'après-conflit vis à vis des prisonnier rapatriés, on peut le dire:
               La guerre s'est jouée à l'Est
Le  Front de l'Est fut le théâtre d'opérations longues, complexes, terriblement meurtrières, nationales plus qu'idéologiques.
Les victoires de l'armée allemande, dopée par ses conquêtes antérieures, ne durent pas.
La blitzkrieg ne se répète pas.Les plans du Führer, échouent les uns après les autres, comme l'avaient craint certains officiers supérieurs du Reich.
 Le 111° Reich a été vaincu dans les plaines russes
        — C'est devant Moscou, durant l'hiver 41-42, que l'armée hitlérienne a été arrêtée pour la première fois.(1)

          — C'est à Stalingrad , durant l'hiver 42-43, qu'elle a subi sa plus lourde défaite historique. (1)
          — C'est à Koursk, en juillet 43, que le noyau dur de sa puissance de feu — les divisions de Pantzers — a été définitivement brisé (500 000 tués et 1000 chars détruits en dix jours de combat !).
         .   Stalingrad  fut un tournant majeur, mais la  bataille décisive fut l'affrontement de Koursk

Déjà présente lors du siège de Brest-Litovsk, en juin 1941, qui étonna l'état-major allemand, la résistance  d’un peuple s'organisa peu à peu, au point de mobiliser à elle seule plusieurs divisions ennemies.
Dès 1942, l'armée des Partisans (1) pris une place significative, les femmes y tenant une place de plus en plus importante, comme snipeuse ou pilotes de l'air.
Le cinéma russe, a produit une grand nombre de films, de valeur inégale sur cette épopée nationale si meurtrière.

____________________Les polémiques sur les rapports entre les alliés et les forces soviétiques continuent, au fur et à mesure que l'accès aux archives est facilité.
Pendant deux années, Staline a appelé les anglo-américains à ouvrir un deuxième front. En vain.

          — Lorsqu'enfin l'Allemagne est (presque) vaincue, que les soviétiques foncent vers l'Oder, que la Résistance — souvent communiste — engage des révoltes insurrectionnelles un peu partout en Europe, la bannière étoilée débarque soudain en Normandie...

L'historien J.R Pauwels,  sur la base d'une impressionnante documentation, montre que l'aide économique indirecte à la puissance nazie, par le bais de certaines multinationales, s'est prolongée bien après le début des hostilités en Europe et l'engagement tardif des USA dans le conflit n'a pas été dépourvu d'intérêts industriels et d'arrière-pensées politiques. 
Les USA ne voulaient initialement pas être des belligérants actifs. Ils finirent par accepter que l’URSS, nouvel ennemi des Allemands, soulage l’effort de guerre des Britanniques, qui rapportait beaucoup, même si l’on ne croyait pas à un possible succès de l’Armée rouge. On commença donc à fournir à Moscou les premières armes, moyennant paiement comptant... "Un triomphe nazi sur les Soviétiques n’était plus souhaité parce que cela se serait traduit par une mauvaise opération économique. Une telle victoire hitlérienne aurait en effet asséché l’abondante source de bénéfices que générait le prêt-bail." (p.77) (*)
Truman, au début de l’opération Barbarossa, s’exprimait ainsi cyniquement : "Si nous voyons l’Allemagne gagner, nous devrions aider la Russie et, si la Russie est en train de gagner, nous devrions aider l’Allemagne, pour que le plus grand nombre possible périsse des deux côtés."
______Selon certains historiens (mais on ne peut refaire l'histoire...), la Seconde Guerre mondiale aurait pu prendre fin en 1943
" Quand l'Allemagne a subi devant Moscou son premier revers stratégiques dans la Seconde Guerre mondiale, les points de vue ont brusquement changé. En Occident, d'aucuns ont commencé à redouter e voir l'Union soviétique sortir trop forte de la guerre. Car si effectivement elle était trop forte, c 'est elle qui déterminerait le visage de la future Europe. Ainsi parlait Adolph Berle, le sous-secrétaire d'État États-unien chargé de l coordination des services de renseignement US. C'est ce que pensait aussi l'entourage de Churchill, dont des gens fort compétents qui avant et pendant la guerre avaient élaboré la doctrine des actions des forces armées britanniques et de toute la politique britannique.
Cela explique dan une grande mesure l'obstination de Churchill à ne pas vouloir ouvrir le deuxième front en 1942. Et ce alors que Beaverbrook et Cripps au sein de la direction britannique et, surtout, Eisenhower et d'autres concepteurs des plans militaires états-uniens estimaient que des possibilités matérielles et autres existaient pour infliger aux Allemands une défaite dès 1942. Selon eux il fallait profiter que le gros des forces armées allemandes se trouvait sur le front oriental et que 2.000 kilomètres de littoral français, néerlandais, belge, norvégien et aussi allemand étaient ouverts aux armées alliées. A cette date les nazis ne possédaient aucuns ouvrages défensifs permanents le long du littoral atlantique.
Qui plus est, les militaires états-uniens s'employaient à convaincre Roosevelt (Eisenhower avait adressé plusieurs mémorandums à ce sujet au président états-unien) que l'ouverture u deuxième front raccourcirait de beaucoup la guerre en Europe et obligerait l'Allemagne à capituler. En 1943 au plus tard. Cependant, de tels calculs n'étaient pas faits pour convenir à la Grande-Bretagne et aux conservateurs qui ne manquaient pas aux États-Unis..."
______________________________
( *)__À partir du 22 juin 1941, l’URSS, attaquée par l’Allemagne, se retrouve dans le camp des Alliés. Elle bénéficie du prêt-bail américain en échange des réserves en or de la Banque d'État d’URSS. À défaut de pouvoir ouvrir avant 1944 le second front instamment réclamé par Moscou, les Alliés fournissent à l’URSS une aide importante, qui transite notamment par la dangereuse voie arctique.
Selon Raymond Cartier et John Keegan, entre octobre 1941 et juin 1942, les États-Unis livrent 1 285 avions, 2 249 chars, 81 287 mitrailleuses, 56 500 téléphones de campagne, 380 000 mille international de fil téléphonique. En 1943, 427 000 des 665 000 camions de l’Armée rouge viennent d’outre-Pacifique. L’Amérique fournit aussi 13 millions de bottes, 5 millions de tonnes de vivres ou encore 2 000 locomotives, 11 000 wagons, 54 000 tonnes de rail. Trois quarts du cuivre soviétique viennent des États-Unis, mais aussi une grande partie du pétrole de haute teneur sans lequel il est impossible de fabriquer du carburant pour avion.
La défaite allemande est impensable sans l’Armée rouge, qui fixe en juin 1944 les deux tiers de la Wehrmacht – en général les troupes les plus jeunes et les mieux équipées – et met hors de combat 85 % de ses soldats. (wiki)
___________________________
-Problèmes oubliés 
-Crimes de guerre en URSS

dimanche 20 septembre 2026

Bienveillance

   Une valeur sûre?

       Tout dépend de ce que l'on met derrière ce mot 

                        A prendre avec précaution... Une notion molle


   Il  faut juste réenclencher le goût de l'effort. Le sport est la seule discipline où la population accepte encore l'idée d'effort, d'entrainement, de régularité, d'objectif, de victoire et de défaite. Pour le reste, dès que l'on dit effort on entend " contrainte", "souffrance", "mal être"... Le goût de l'effort permet de progresser. Ce n'est pas mettre à mal un enfant que de lui apprendre le goût de l'effort. Il suffit de prendre conscience que c'est plaisant de progresser...
           _____________________

Petits échos du dimanche

__ Dissonances

__ Bagnoles

__ Conflit

__ Concentration                 

__Perplexité

__Trahison?

__ Elimination

__ Double jeu

__ Désindustrialisation

__ Recolonisation

__ Temporisation

__ Attention en question

__ Welcome to Paradise!

__ Géopolitique d'un goulet

                           ___________ Corruptions américaines ______

samedi 19 septembre 2026

Vers une nouvelle Afrique?

      Ce n'est pas seulement une question de cartographie, de représentation 

                  

            Le continent  a un avenir qui pourrait nous surprendre 

                       Comme elle a eu un passé prestigieux    __________________

Le boum des prisons

    Aux USA                                                                                                                                                      Le business continue.       Tous les records sont battus. "... le pays a atteint le taux faramineux de 730 personnes incarcérées pour 100 000 habitants (contre 102 pour la France), prenant sur ce terrain le leadership mondial.     Accompagnée d'une privatisation galopante.    "  Les enjeux économiques sont tels que les pressions exercées par le secteur privé de l’enfermement ne connaissent pas de limites. L’ACLU rappelle ainsi la condamnation d’un juge de Pennsylvanie ayant accepté près d’un million de dollars des responsables d’un centre de détention pour mineurs en échange de condamnations – un système que le tribunal a qualifié de Kids for Cash, « des enfants pour de l’argent ».   Un document qui laisse sans voix. 


                       Un marché comme un autre...Un business juteux.  En France, certains rêvent d'un modèle de ce genre. Une sorte de prison-entreprise où le séjour serait payant. Une prison qui rapporte, quoi! Un concept pervers. Une fausse bonne idée.     Le budget de la justice reste en Europe un des moins bien dotés et l'état de nos prisons et des conditions de détention  peuvent faire honte.     On est loin encore du modèle scandinave, de sortir de la logique  du surveiller et punir.                                                              Il est temps de repenser la prison...

vendredi 18 septembre 2026

Belle découverte

    Un film impressionnant

           Découvert hier soir par hasard sur Arte


              D'une grande qualité et d'une grande humanité, tout en rejoignant une actualité politique brûlante   _____________

Haute finance en action

 On les appelait naguère fonds vautours ou Hedge Funds

    Une finance aux extrêmes autoritaire et mondialisée, représentant la menace d'une crise,  une menace pour la production industrielleaussi. Un système risqué et  vicieux. Très peu régulé, sans souci de l'intérêt général.


" ...Chaque jour, une centaine d'entreprises françaises changent de main, de plus en plus souvent au profit d'un fonds qui les rachète en les endettant. Le rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, rendu en juin, alerte sur les ravages de ce modèle, le rachat par effet de levier. Et désigne sa cible la plus préoccupante : la santé. Et si ce modèle délétère de reprise d'entreprises se déploie autant, c’est parce qu’il est promu par des responsables politiques et des hauts fonctionnaires qui vont pantoufler du public vers le privé et notamment dans ces fonds d’investissement..."                                Depuis des années, un même discours revient régulièrement dans le débat français : face à un État jugé inefficace, le privé saurait mieux gérer, mieux investir et même mieux soigner. L'Institut Montaigne estime par exemple que l'hôpital public a des « boulets aux pieds » et plaide pour faire évoluer ses établissements vers le privé. L'association professionnelle du secteur du capital-investissement privé France Invest se présente comme l'acteur qui va « créer des emplois, réindustrialiser, soutenir l’économie des territoires et construire les infrastructures de demain ».                                                                                   Selon une étude conjointe du cabinet d'audit et de conseil EY et de France Invest, les entreprises « accompagnées » par ces fonds privés auraient créé 530 000 emplois depuis 2018. Au cœur de cette promesse, un instrument financier présenté comme vertueux, le leveraged buy-out (LBO), ou rachat par effet de levier, censé apporter aux entreprises les capitaux et la rigueur de gestion qui leur feraient défaut. Un de ses illustres défenseurs l'a dit sous serment : interrogé sur le fonds Apollo, qui a fait passer la dette de l’entreprise de chimie en difficulté Kem One de 10 à 700 millions d'euros, l'ancien ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a refusé d'y voir un prédateur.                                                                                                                         La France est le terrain de chasse favori de ces fonds en Europe. Elle « figure parmi les marchés les plus actifs de cette industrie », selon la Banque de France et France Invest, et ce dispositif n'a plus rien de marginal dans l’Hexagone. Selon le rapport de l’Assemblée, chaque jour, une centaine d'entreprises françaises changent de propriétaire, de plus en plus souvent au profit d'un fonds. Fin 2024, les seuls fonds adhérents de France Invest géraient près de 300 milliards d'euros d'actifs. Depuis le début des années 2010, le montant annuel des nouveaux investissements a quadruplé, atteignant près de 30 milliards d'euros en 2025.....                                                 Plus contestable encore, l'État subventionne cette fragilisation des entreprises. Les rapporteurs de l'Assemblée nationale décrivent comment « le levier de la fiscalité » vient en renfort de l’endettement pour remplir les poches des fonds : la fiscalité française autorise la holding à déduire de son résultat imposable les intérêts de l'emprunt contracté pour le rachat (dans la limite de 30 % de l'EBITDA ou de 3 millions d'euros)...                                                 Le rapport de l'Assemblée nationale désigne la santé comme une cible privilégiée des fonds. Cet intérêt est préoccupant, car le secteur tire ses recettes presque exclusivement de la solidarité nationale, si bien que les flux de trésorerie remboursant la dette proviennent, en bout de chaîne, de l'Assurance maladie, donc du contribuable. Pour un fonds, c'est la promesse d'un revenu régulier, garanti par la puissance publique, l’idéal pour adosser un effet de levier.   Les montants investis dans les services de soins ont été multipliés par six entre 2017 et 2022. Ceci s’est accompagné d’« une accélération brutale de l'endettement du secteur de l'offre de soins », la rapporteure redoutant une « fragilisation financière systémique des secteurs du soin sous l'effet de l'intervention des fonds ». ...                                                        Si le rachat par effet de levier a prospéré, ce n'est pas par accident : il a été subventionné par la déductibilité fiscale de la dette, accompagné par une banque publique qui co-investit avec les fonds prédateurs qu'elle devrait contrôler, et protégé par des décideurs qui passent d’un ministère à un conseil d'administration.  Le rapport formule quarante recommandations pour encadrer les pratiques délétères du capital-investissement. Reste à savoir si le législateur s'en saisira. ..."    _______________