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mardi 11 août 2026

Quand les ultra-riches s'enterrent

    Pas de panique!

             On survivra


              Bienvenue dans les Alpes!

                         Zoug est trop exposé                          _____________


Nouveau paradigme mondial?

     Horizons, projections et hypothèses                                                                                                                                             Choix énergétiques  en question

                      " Deux puissantes révolutions technologiques sont en cours. La première concerne l’intelligence artificielle et fait l’objet d’une attention particulièrement soutenue de la part de la presse. Elle est présentée par certains comme le signe avant-coureur de changements massifs, voire du remplacement des êtres humains par une « super-intelligence ». En 2018, Sundar Pichai, le directeur général de Google ne déclarait-il pas : « L’IA est plus profonde que le feu ou l’électricité » ?        _____La seconde, en revanche, suscite un intérêt bien moindre : il s’agit d’un ensemble interconnecté de technologies, comprenant l’énergie solaire, les batteries et les véhicules électriques. Nous appellerons cet ensemble la « triade des technologies propres » ou TTP. Sa diffusion et son adoption permettent aujourd’hui de remplacer les combustibles fossiles. C’est elle aussi qui deviendra le fondement énergétique de l’économie politique et qui aura l’impact le plus grand sur la vie des populations à l’échelle mondiale. En effet, la TTP répond directement à un grand nombre de défis. Elle est déjà une réalité et son adoption est motivée par des intérêts économiques de plus en plus évidents. À l’inverse, l’ampleur et l’impact de l’IA sont encore incertains.                                                      Les révolutions technologiques les plus cruciales pour la société sous-tendent ce que Carlota Perez appelle un nouveau paradigme techno-économique (PTE). Un PTE repose sur un facteur de production clef, dont la technologie doit réunir plusieurs propriétés : être bon marché et voir son prix baisser continûment ; elle doit être inépuisable dans un avenir prévisible ; elle doit avoir des applications variées ; enfin, elle doit augmenter la productivité tout en réduisant le coût du capital et de la main-d’œuvre .    À ces quatre critères, il faut en ajouter deux autres : elle doit répondre à des besoins fondamentaux existants ou en créer de nouveaux (par exemple, le téléphone mobile est désormais un besoin qu’on peut qualifier de « fondamental » dans la majeure partie du monde) et permettre à de nouvelles entreprises de se développer et de devenir incontournables.                                                                                  Les nouveaux paradigmes techno-économiques devraient avoir un impact sur tous les aspects de notre vie socio-économique. Les trois derniers PTE que nous avons connus sont : l’ère de l’acier et de l’électricité, l’ère du pétrole et des moteurs à combustion interne ; et, plus récemment, l’ère des technologies de l’information et de la communication (TIC). Dans ce dernier cas, c’est le semi-conducteur qui en a été le « moteur » principal, indispensable au bon fonctionnement des ordinateurs et des logiciels qui les rendent utiles.                                    Les États-Unis ont dominé ces trois périodes. Si des entreprises européennes et japonaises occupaient également des positions de premier plan lors des deux premiers, dans le domaine des TIC, les États-Unis ont néanmoins imposé leur hégémonie. En 2026, ils tentent toujours de préserver cette domination mondiale dans les deux premiers paradigmes en contrôlant l’énergie issue des combustibles fossiles et en repoussant la menace qui pèse désormais sur leur domination dans le troisième paradigme, en empêchant la Chine de se procurer des semi-conducteurs, des équipements de pointe et les logiciels nécessaires à leur production. L’objectif est de freiner son essor dans le domaine de l’informatique, et plus précisément de l’intelligence artificielle. La supériorité américaine dans l’économie pétrolière et dans les PTE liés aux semi-conducteurs est en effet remise en cause par la Chine : dans le premier cas, via la triade des technologies propres ; dans le second, via la mise en place d’une pile (stack) informatique parallèle.                                                                                                                     La technologie sous-jacente au prochain PTE pourrait ne pas être l’IA, mais la TTP, qui répond directement à certains des « grands défis » actuels : le changement climatique et la pollution liées aux transports et au chauffage, causées en grande partie par l’utilisation de combustibles fossiles ; l’accès à une énergie moins coûteuse et plus durable, afin de répondre à des besoins fondamentaux tels que l’accès à l’eau potable, la production alimentaire, les communications et les transports.                                                                                                    Face à cet engouement mondial et, apparemment, inépuisable, suscité par l’IA et ses grands modèles de langage, il est crucial de déterminer si elle est seulement un outil ou si elle représente quelque chose de plus puissant encore. Si elle est largement adoptée, l’IA pourrait-elle transformer l’économie politique mondiale et faire advenir un nouveau PTE ? Pour répondre à cette question, examinons la stratégie des États-Unis, pour l’heure dominante, puis celle de la Chine, dont les modes de développement de l’IA sont très différents...                                                                                                                                  Le premier critère d’un nouveau PTE est que la technologie qui le sous-tend doit devenir de moins en moins coûteuse au fil du temps. Le coût réel de l’IA reste opaque : les entreprises américaines ont d’abord commercialisé des services informatiques basés sur l’IA à des prix bien inférieurs à leur coût de production et n’ont augmenté le prix d’utilisation que récemment, afin de récupérer au moins une partie des sommes investies. La stratégie américaine en matière d’IA repose sur des investissements massifs dans des centres de données, qui nécessitent des quantités colossales d’électricité et, par conséquent, de nouvelles capacités de production, que les consommateurs actuels devraient subventionner...                                                                                              La rapidité, l’ampleur et la concentration des investissements dans l’IA sont sans doute sans précédent dans l’histoire mondiale et pourraient même dépasser celles observées lors de la bulle Internet de la fin des années 1990. Toutes les entreprises les plus valorisées au monde, à l’exception de Saudi Aramco, investissent actuellement dans l’IA. À titre d’exemple, au premier trimestre 2026, Google, Amazon, Microsoft et Meta ont déclaré avoir investi plus de 130 milliards de dollars dans la construction de centres de données 5 D’autres estimations prévoient que les entreprises américaines, notamment les géants de la technologie et d’autres acteurs, investiront environ 1 000 milliards de dollars en 2027 dans des installations et des équipements liés à l’IA 6. Toutes ces infrastructures nécessiteront une capacité massive de production d’électricité. Les géants américains de la technologie sont ainsi, de fait, en train de passer du statut d’entreprises de logiciels à faible intensité d’actifs à celui de propriétaires de centres de données à forte intensité d’actifs. Leur pari repose sur l’espoir d’une IA qui sera d’une productivité telle que tous ces investissements en capital dans les logiciels et les centres de données – des actifs dont l’obsolescence est pourtant rapide – généreront des rendements exceptionnels.                                                                                                                                                    Le phénomène est si important qu’il contribue de manière tangible à la croissance du produit intérieur brut américain. Par exemple, les économistes de la Banque fédérale de réserve de Saint-Louis ont calculé que les investissements dans l’IA avaient contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à la croissance du PIB réel au premier trimestre 2025 et de 1,16 point de pourcentage au deuxième trimestre, avant de se stabiliser à 0,48 point de pourcentage au troisième trime8. Selon la Banque : « Cette contribution a permis d’éviter une contraction plus marquée au premier trimestre et a représenté 30 % de la croissance du PIB au deuxième trimestre et 11 % de celle du troisième trimestre. » 9 À l’heure où nous écrivons ces lignes, il semble que l’ampleur de cet investissement se soit maintenue en 2026. Ces chiffres sont clairs : l’avenir de l’économie américaine repose sur le succès de l’IA. Si l’on considère les dépenses d’investissement en pourcentage du PIB, il s’agit du plus grand boom d’investissement de l’histoire des États-Unis.                         Aucun autre pays, pas même la Chine, son principal concurrent dans le domaine de l’IA, n’investit à une telle échelle ni avec une telle intensité, concentrée sur un si petit nombre d’entreprises.     L’ampleur des montants n’est pas le seul élément stupéfiant : les pertes qui en découlent le sont tout autant. Par exemple, OpenAI affirme avoir réalisé un chiffre d’affaires de 13 milliards de dollars en 2025, mais avoir enregistré une perte de 8 milliards. Cette tendance n’est pas près de prendre fin, car l’entreprise continue de subventionner l’utilisation de l’IA tout en prévoyant de consacrer autour de 600 milliards de dollars aux infrastructures d’ici 2030 10. En mai 2026, Anthropic a déclaré que son chiffre d’affaires annualisé avait dépassé les 47 milliards de dollars . Cependant, à l’instar d’OpenAI, l’entreprise perd des milliards de dollars chaque année .                Bien que le coût unitaire d’utilisation de l’IA (par « token », c’est-à-dire l’incrément de puissance de calcul consommé) ait connu une baisse, la dynamique semble s’inverser en 2026 et son coût s’apprête à augmenter. Cela s’explique en partie par une nouvelle tendance : les fournisseurs d’IA modifient leur mode de facturation. Ils ont commencé à facturer un montant par « token », au lieu du forfait d’abonnement très bas, utilisé initialement comme produit d’appel. En réaction, bon nombre des plus importants utilisateurs ont réduit leur consommation. En juin 2026, Uber a ainsi annoncé limiter l’utilisation des outils d’IA par ses employés, alors même qu’il les avait auparavant encouragés à y recourir autant que possible 13.                                                                                           La vision actuellement défendue par la Silicon Valley est celle du remplacement prochain de tous les travailleurs par des IA. Si elle se concrétisait, le capital remplacerait les travailleurs. La promesse de l’IA est qu’elle rendra les travailleurs restants plus productifs. En ce qui concerne le capital, si les entreprises ne parviennent pas à fixer le prix de leurs offres à un niveau suffisamment élevé pour récupérer leurs coûts, les investissements massifs dans les centres de données pourraient ne pas rendre le capital plus productif. Ce problème est grave, car, contrairement à la bande passante et aux chemins de fer, les semi-conducteurs se déprécient rapidement en raison du rythme des améliorations technologiques. Enfin, en raison de la construction massive de centres de données, qui devrait se poursuivre dans les prochaines années, la demande en électricité devrait augmenter rapidement, ce qui nécessitera des investissements considérables.               Pour qu’une technologie puisse servir de base à un PTE, elle doit non seulement continuer à s’améliorer en termes de fonctionnalités, mais aussi en termes de coût. En 2026, on ignore si l’application de l’IA à une même tâche, comme le codage, permettra d’améliorer en continu la qualité du code, tout en réduisant les coûts. Permettra-t-elle d’améliorer la qualité de la production ou de réduire les coûts de manière économiquement significative ? En d’autres termes, les rendements ne devraient pas diminuer.                      Comme tout logiciel, l’IA n’est pas directement consommable. Son utilisation vise à créer de la valeur ajoutée ou à réduire des coûts en proposant de nombreux services qui n’étaient pas disponibles auparavant. À ce jour, l’IA ne semble pas répondre directement à des besoins fondamentaux identifiés. Cependant, l’application de l’IA à l’ingénierie, à la culture des plantes, à la médecine et à d’autres domaines pourrait apporter de nouvelles perspectives susceptibles de déboucher sur de nouveaux produits. À l’avenir, l’IA pourrait également répondre à des besoins fondamentaux, comme le désir d’avoir des « amis » ou des « partenaires », même s’ils sont numériques, grâce à des chatbots.                                                                      Dans le secteur émergent de l’IA, OpenAI et Anthropic font figure d’entreprises emblématiques. Cependant, contrairement aux entreprises phares des PTE précédents, ces deux sociétés sont totalement imbriquées aux géants des logiciels, des semi-conducteurs et désormais de l’IA — Amazon, Google, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla/SpaceX (xAI) — et en dépendent entièrement. Comme évoqué précédemment, ces deux entreprises sont dans une situation financière précaire, l’action SpaceX affichant des résultats décevants en juillet 2026, après son introduction en bourse le mois précédent.        Par conséquent, la croissance d’OpenAI et d’Anthropic semble bien accréditer la thèse d’une technologie capable de favoriser la montée en puissance de nouvelles entreprises, mais sans qu’elles soient à ce jour rentables. Il est par ailleurs possible que les géants technologiques existants finissent par absorber cette technologie. Cette éventualité montre que l’IA n’est peut-être pas suffisamment transformatrice pour constituer le fondement d’un nouveau PTE.                                                                         Ces éléments ne permettent pas de tirer de conclusions, mais ils suggèrent néanmoins qu’en 2026, l’IA pourrait continuer à avoir un coût relativement bas pour certains usages grâce aux subventions, et que les consommateurs commencent à réduire leur utilisation des modèles plus avancés et plus chers. La trajectoire reste ouverte...                                                                                                                La stratégie chinoise, très différente de celle des États-Unis 16, serait-elle plus à même de faire de l’IA le fondement d’un nouveau PTE ?  Le développement de l’IA en Chine a connu une accélération inattendue, propulsant ses modèles au niveau des innovations de pointe américaines 17. La Chine ne se contente toutefois pas de suivre l’exemple américain : les entreprises chinoises ont en effet adopté une stratégie open source qui consiste à mettre leurs modèles d’IA à la disposition de tous les utilisateurs. Ces derniers peuvent les télécharger, les modifier et les exécuter librement. En 2026, ces modèles se sont déployés à l’échelle mondiale en raison de leur faible coût, y compris dans des entreprises américaines, qui cherchent à réduire leurs dépenses, et qui se détournent des modèles propriétaires américains, très onéreux. Ce succès se généralise, alors même que l’administration américaine cherche à le freiner, voire à y mettre un terme, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier                                                                                                     . Selon les analystes de Goldman Sachs, les développeurs chinois sont parvenus, en 2026, à créer des modèles de classe mondiale, tout en investissant bien moins de capitaux que les entreprises américaines. C’est là que réside l’avantage concurrentiel de la Chine : elle propose des modèles de haute qualité à moindre coût, dans le but de conquérir des parts de marché et ainsi de fidéliser les utilisateurs à l’échelle mondiale....                                                                                                               Comme aux États-Unis et en Europe, les entreprises chinoises appliquent l’IA à la recherche, à la publicité en ligne ou à la production de logiciels. En revanche, ce qui distingue la Chine, c’est le concept d’IA « incarnée », c’est-à-dire le fait d’intégrer l’IA à des agents physiques, tels que les robots ou les drones 19. Pékin déclare que ces outils ne sont pas conçus pour remplacer les travailleurs, mais plutôt pour les assister.    Si l’on en revient aux conditions nécessaires à l’avènement d’un nouveau PTE, le modèle de développement chinois est en mesure de réduire le coût de l’IA, permettant ainsi sa diffusion et sa généralisation à grande échelle. Le choix de l’open source permettra à un nombre et à une diversité bien plus grands d’utilisateurs d’innover, en créant de nouvelles applications et de nouveaux usages de l’IA, tout en réduisant le coût de son adoption et de son utilisation. Toutefois, les cas d’usage véritablement transformateurs restent à identifier, en Chine comme aux États-Unis.                               Intéressons-nous plus précisément à la « triade des technologies propres » ou TTP, certes bien moins médiatisée et à première vue moins séduisante, mais qui pourrait servir de manière plus plausible de fondement à la naissance d’un nouveau PTE.    Depuis deux cents ans, les combustibles fossiles, transformés en énergie par combustion, constituent la principale source d’énergie mondiale. Ils sont présents dans la plupart des aspects de nos vies, qu’il s’agisse du transport de marchandises, de la mobilité des personnes ou du chauffage. Le remplacement d’une telle ressource entraînera des changements profonds à plusieurs niveaux : dans la vie quotidienne, dans la circulation des flux d’énergie, dans les sources de pollution, mais aussi dans la répartition du pouvoir, à la fois politique et financier à l’échelle mondiale. En 2025, les investissements pour la transition énergétique s’élevaient à 2 300 milliards de dollars, et devraient encore croître compte tenu du climat géopolitique actuel et à mesure que la demande en véhicules électriques, en batteries et en installations solaires augmente   20.   Les promesses de cette énergie propre avaient d’abord suscité l’intérêt dans l’espoir de trouver une réponse à la pollution et au changement climatique, causés en partie par l’utilisation de véhicules thermiques. Jusqu’à très récemment, elle était toutefois coûteuse et peu efficace, en particulier dans le domaine des transports. Elle n’était économiquement viable que sur des marchés de niche ou grâce à d’importantes subventions. Cependant, les progrès réalisés au cours de la dernière décennie, tant sur le plan technologique que dans la production, ont non seulement permis une amélioration rapide des performances, mais aussi une baisse des prix. Une meilleure mise au point des batteries est le facteur clef qui explique le succès croissant des énergies propres et des véhicules électriques.  Le premier véritable progrès dans l’utilisation des batteries a été l’arrivée sur le marché au Japon, en 1997, de la Prius, un véhicule hybride de Toyota, resté pendant deux décennies la vitrine de l’électrification automobile. Cette innovation a considérablement stimulé la demande de batteries plus performantes, car la Prius dépendait encore des combustibles fossiles. La deuxième étape de cet essor a été l’utilisation de batteries au lithium, initialement employées dans l’électronique grand public, qui ont connu des progrès technologiques rapides et une baisse significative de leurs coûts.   Les progrès considérables réalisés dans ce domaine ont permis de remplacer les combustibles fossiles dans un nombre croissant d’applications. Les batteries présentent deux caractéristiques qui facilitent cette transition. Tout d’abord, elles rendent économiquement viable l’intervalle de temps entre la production et la consommation d’énergie électrique. C’était un point capital pour que l’énergie renouvelable puisse être exploitée, alors que les combustibles fossiles peuvent naturellement stocker de l’énergie. Deuxièmement, cette capacité à conserver suffisamment d’électricité sans perte économique permet d’exploiter l’énergie qu’elles contiennent sans se connecter à un réseau. Les batteries peuvent donc désormais servir à stocker de l’énergie et à la rendre disponible partout. C’est ce qui permet aujourd’hui aux véhicules électriques de s’imposer comme une alternative viable aux véhicules thermiques.                                                                               En 2026, l’électricité photovoltaïque associée à un stockage par batterie est la forme la moins coûteuse de production et d’approvisionnement en énergie dans la plupart des régions du monde. Les avantages de cette technologie ne cessent par ailleurs d’être mis en lumière, grâce aux progrès constants réalisés tant au niveau de la production photovoltaïque que de la rentabilité des batteries et des moteurs électriques. Ces avancées sont en passe de faire de la TTP la source d’énergie dominante, en remplacement des combustibles fossiles.                          L’électricité peut désormais remplacer l’essence et le diesel dans les transports, et le gaz naturel dans la cuisine et le chauffage, à des conditions économiques favorables. Cela est rendu possible par l’amélioration constante des batteries en termes de densité énergétique, de temps de charge et de sécurité, tandis que leur coût continue de baisser. Il devient donc de plus en plus rentable de décaler la production d’électricité dans le temps, ce qui permet de lisser la production intermittente, caractéristique des sources d’énergie renouvelables dépendantes des conditions météorologiques. Des batteries suffisamment légères et à haute densité énergétique permettent d’accéder à l’énergie sans connexion physique à une source. La capacité à produire de l’électricité partout, tant qu’il y a du soleil ou du vent, puis à la stocker pour une utilisation ultérieure, a des implications profondes : ces caractéristiques remettent en cause les fondements mêmes de l’économie du XXe siècle, centrée sur les combustibles fossiles.    En 2025, le cabinet de conseil en recherche énergétique Ember, spécialisé dans les TTP, observait que les énergies renouvelables étaient de plus en plus souvent privilégiées pour les nouveaux projets énergétiques . Ce sont leurs avantages en termes de coûts qui ont motivé ce choix. Par exemple, le coût de l’énergie pour un projet hybride solaire-batterie s’élève à 59 dollars par mégawattheure, contre 102 dollars par mégawattheure pour un projet combinant une turbine à gaz naturel. Même en prenant en compte le stockage, les énergies renouvelables constituent désormais l’option la moins coûteuse, et les prix continuent de baisser rapidement...... " (Merci à Le grand Continent -souligné par mes soins-)

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lundi 10 août 2026

Elle arrive

 Rien de plus attendu pour un astronome

                   Avant que je m'éclipse ...   


                                 La terreur de Mayas                                                                                                                                     Un show américain                                                                                                                          Une chance pour Albert. Toute une histoire... _______

Thalassocratie

 Pouvoir sur terre, pouvoir sur mer 

                                    Dominer un territoire, même immense, ne suffisait généralement pas pour le conserver longtemps et pour assurer l'abondance, du moins taaant que le commerce maritime n'existait pas ou peu. Les Vikings l'avaient déjà compris, eux qui s'aventurèrent, de manière surtout fluviale ou côtière, jusqu'à Constantinople et surent y faire commerce. Malgré les légendes. Une thalassocratie d'un genre particulier, associée à une riche culture qu'on redécouvre, qui donna lieu à des implantations dans une partie de l'Europe, de la Normandie à Kiev. On se souvient  aussi de la puissance maritime de Venise, sans oublier celle d'Athènes, confinée dans un territoire minuscule, mais dotée d'une flotte impressionnante, qui fit sa grandeur et sa richesse, jusqu'à être supplantée par l'Europe du Nord et par la circumnavigation, qui fit la prospérité de l'Espagne et du Portugal. La mer, toujours la mer, par laquelle se pratiquaient des échanges (ou des pillages) fructueux. L'épopée de Magellan a fait date. Une puissance qui culmina avec Charles Quint, pas seulement en Méditerranée.                                                                                                                                        La Chine eut une flotte très importante à un moment de son histoire, qui déclina par la suite, mais qui se reconstitue rapidement aujourd'hui, jusqu'à vouloir dépasser celle, jusqu'ici inégalée des USA, inaugurant une nouvelle ère géopolitique. Les routes de la soie passent aussi par la mer. Grâce au géant Cosco. Le pays aux premiers site portuaires mondiaux a fait du chemin, à une vitesse fulgurante. Une puissance qui monte.  Inexorablement.      


                                                                                                                  "...L'histoire maritime entendue sur la longue durée, peut nous aider à comprendre la Chine actuelle. Depuis un demi-siècle, les mers et les océans ne sont plus seulement perçus comme des intervalles entre des civilisations terrestres, mais comme des espaces structurants de circulation, de confrontation, de médiation et d’innovation. L’historien Fernand Braudel a été l’un des premiers à montrer que la Méditerranée ne constitue ni un simple décor, ni une unité politique homogène, mais une macro-région historique faite d’interdépendances, de micro-écologies, de rivalités impériales et de circulations marchandes déployées sur le long terme . Entendue au sens large, l’Asie maritime s’étend, du nord au sud, de la mer du Japon au détroit de Malacca, en passant par le détroit de Taïwan et la mer de Chine méridionale. Historiquement, elle s’est caractérisée par une densité exceptionnelle de routes commerciales, une imbrication du littoral et de son hinterland fluvial, une pluralité de formes politiques, et des régimes juridiques se recouvrant partiellement. À cet égard, elle partage plusieurs traits structurants communs avec la Méditerranée braudélienne : une proximité navigable entre microrégions, l’existence de ports médiateurs entre mondes culturels différents, la coexistence de souverainetés concurrentes, et l’importance centrale des échanges maritimes dans l’organisation économique.             Pour comprendre les tensions actuelles en mer de Chine méridionale, les redéfinitions de la place de Taïwan, la rivalité entre Shanghai, Hong Kong et Singapour, ou encore le durcissement des rapports entre la Chine et le Japon, il faut nous extraire de la géopolitique la plus immédiate et revenir à l’histoire longue. En effet, l’ensemble de ces relations régionales, plus ou moins conflictuelles, s’explique par les différentes fonctions dévolues à la mer depuis des siècles : elle est à la fois une ressource, un axe de circulation, un espace de souveraineté disputé et un milieu d’interdépendance. Ce cadre permet de mieux comprendre le présent...Si l’on se concentre sur l’exemple chinois, les zones côtières du sud-est de la Chine ne constituaient pas des marges de l’Empire, mais des interfaces entre deux régimes d’accumulation et de circulation : l’ordre agraire-fiscal de la Chine intérieure et l’ordre commercial de la façade maritime. Les deux provinces côtières du Fujian et du Guangdong, bien que pauvres et déficitaires en céréales, ont su tirer profit de la mer pour leur économie. Elles sont devenues le point d’ancrage d’institutions lignagères et de réseaux marchands, le point de départ de flux migratoires vers l’Asie du Sud-Est, et le trait d’union avec les diasporas Hokkien établies dans les grands comptoirs étrangers, de Manille à Nagasaki, en passant par Batavia. Ce continuum terre-mer se double d’une fluidité des statuts : les mêmes acteurs, les mêmes réseaux, voire les mêmes familles glissent, selon la conjoncture politique, du commerce licite à la contrebande, puis à la piraterie. Le marchand Zheng Zhilong profita, par exemple, de la transition politique tumultueuse entre les dynasties Ming et les Qing, pour faire évoluer sa condition, jusqu’à cumuler des fonctions qui entraient parfois en conflit avec l’ordre légal : il devint amiral, proto-souverain, contrebandier, ou encore courtier entre l’Empire et la mer...La mer n’est donc pas ce vaste espace blanc et vide que l’on voit parfois sur les cartes, c’est un espace de gouvernance concurrent, dans lequel l’État impérial tente périodiquement de projeter son autorité (par l’interdiction des activités maritimes, par exemple, puis par sa levée partielle), tandis que des acteurs privés construisent un ordre parallèle. Les zones côtières peuvent alors être considérées comme un espace fiscal alternatif : alors que les interdictions maritimes abolissent de fait une fiscalité maritime impériale stable et continue, des acteurs privés ont édifié un système concurrent de prélèvement et de redistribution de la rente commerciale comme les commissions d’intermédiation et les rétributions des réseaux de contrebande, notamment de la soie, entre les pointes du triangle Zhangzhou (Fujian), Nagasaki et Manille. C’est dans cet espace que s’opère un arbitrage permanent entre commerce licite et illicite, aboutissant à la formation d’un ordre para-institutionnel, concurrent de celui de l’État impérial. Le continuum terre-mer nous incite à ne pas procéder par dichotomie, entre un Empire continental qui serait fermé et un monde maritime qui, lui, serait plus ouvert. Les deux sont en interaction constante, et les zones côtières en sont précisément le lieu d’articulation. C’est là que sont négociées les autorisations de circuler et de commercer, que la frontière mouvante entre activités licites et illicites est redéfinie, et que le statut des acteurs intermédiaires qui opèrent entre l’ordre impérial et l’ordre privé est déterminé.     À partir de ces caractéristiques, il est tentant de dresser un certain nombre de parallèles avec la politique de réforme et d’ouverture inaugurée par Deng Xiaoping à la fin des années 1970. Une fois encore, ce sont les relations maritimes qui s’avèrent décisives dans le démantèlement du carcan de l’économie planifiée.... Une thalassocratie n’est pas seulement une puissance navale. C’est un régime de gouvernance fondé sur la maîtrise des routes et des nœuds maritimes, plus que sur la souveraineté territoriale au sens classique. Si Athènes, Venise, ou le Portugal d’Henri le Navigateur en sont les modèles historiques, la Chine contemporaine présente une configuration hybride et inédite : elle reste une puissance continentale majeure (héritage de l’État territorial Qing et de la conception de la souveraineté d’un État socialiste), mais elle développe simultanément une projection maritime de type thalassocratique                                                                                                                                   La « Route maritime de la soie » s’inscrit dans cette géographie de la Méditerranée asiatique : mêmes barrières constituées par l’archipel nippon, mêmes nœuds stratégiques que sont les détroits de Taïwan et de Malacca, mêmes impératifs de domination des routes commerciales. Mais elle prolonge cet espace historique vers l’ouest, en direction du Sri Lanka et du golfe d’Aden. Elle opère en outre une inversion fondamentale : là où la Méditerranée asiatique était un domaine d’intégration par le bas (l’initiative était portée par des réseaux marchands, des diasporas chinoises essaimant en Asie, et sa mise en œuvre reposait sur des pratiques informelles), la BRI est une intégration par le haut (initiative étatique, mobilisation de capitaux publics, activisme diplomatique). L’État chinois tente d’appliquer à la mer la configuration souveraine qui est celle du territoire. Là est tout le paradoxe : en voulant territorialiser cet espace, la Chine compromet précisément la mécanique d’intégration informelle qui en avait fait la force. ...  " (Merci à Le grand Continent
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dimanche 9 août 2026

Petite parodie

 Trouvé sur FB

                  La bande des copains


  Un facebookien sceptique...
          

               Une image ambivalente



                              ___________________

Petits échos du dimanche

__ Girl

__ Records

__ Chimère

__ Brouillage

__ Coercition

__ Retournement

__ Recrutement

__ Déstabilisation

__Vraie cause?

__Plus de profits

__ Mortalité infantile              

__ Mémoire volée

__ Annus horribilis

__ Déjà en 1976...

__ Elon versus Marine

__ Archéologie politique

__ Tsunami de drogues

__ Fronde anti-datacenters

__ Nouvelle route de la soie

__ Fin de la "veuve noire"?

                     _____ Analyse, hypothèse et perspectives _______