Le MILLION de visites est atteint. Merci de vos visites et de votre indulgence. En route pour la suite...si Dieu me prête vie!

mercredi 28 octobre 2026

Gaza: sous les décombres

     Le silence     

                 Atroce réalité, déjà en voie d'oubli...     

                                                                        _____________________

La dette et l'allumette

 Une divine surprise?                                                                                                                                        Les hypothèses vont bon train. Parierait-on sur l'avenir, nos ressources, nos capacités de rebond ? Certains s'en réjouissent, quand d'autres soulignent un scandale.                                                                                                                                       D'autres se demandent plus fondamentalement:   "A quoi servent les agences de notation ? Ce sont elles qui établissent le « Nutri-Score » de la dette. Le Nutri-Score informe sur la qualité nutritionnelle d’un produit, quand S&P, Moody’s ou Fitch donnent la probabilité de défaut d’un émetteur. Tel un consommateur qui pousse son chariot dans les rayons du crédit, l’investisseur qui hésite entre 1 kilo d’obligations LVMH ou un baril d’emprunts souverains allemands arbitre dès lors en fonction du prix et des lettres plus ou moins prometteuses imprimées sur le paquet – sauf quand les A, B ou C ne donnent plus le bon compte....  les économistes Olivier Blanchard, Daniel Leigh et Prachi Mishra comparent les notations souveraines établies par les trois grandes agences américaines aux fondamentaux des économies concernées. Ils pointent des « différences frappantes » d’appréciation vis-à-vis de pays présentant pourtant des profils de risque similaires. Une sorte de note à la tête du client qui montre à quel point la politique se mêle à l’analyse technique.                                                                                                                                                A la surprise générale, l’agence Moody’s a maintenu la notation de la France à Aa3, vendredi 23 octobre, quand beaucoup pariaient sur un abaissement, compte tenu de l’incapacité du pays à redresser sa trajectoire budgétaire. L’agence veut croire que le budget va faire un pas dans la bonne direction. Elle a toutefois maintenu une perspective négative, ce qui signifie qu’une dégradation est seulement partie remise.                                                                                                                                  En attendant, les obligations d’Etat françaises se retrouvent avec une notation bien plus favorable que la perception qu’en ont les investisseurs. Comme si votre paquet de céréales affichait un A flatteur quand vous êtes convaincu qu’il vaut en réalité un B, voire un C. L’emprunt à dix ans émis par la France affiche en effet un rendement qui correspond à un Baa pour Moody’s (BBB selon la terminologie de S&P), soit quatre crans en dessous du Aa3 officiel Si le premier ministre, Sébastien Lecornu, a salué dans la décision de Moody’s un « signal qui déjoue les pronostics déclinistes » de « ceux qui spéculent sur la dette française », il est bien le seul à voir cela. Le seul signal donné par Moody’s, c’est que le moment est trop inflammable pour craquer une allumette. A se demander, finalement, si ces notes souveraines ont encore un sens...." 


          Mais à quoi servent les agences de notation? Sont-elles des arbitres neutres et sur quels intérêts s'appuient-elles. On se souvient du cas de la dette grecque et du rôle qu'elles y  ont joué. Ces agences sont tout sauf désintéressées: [La "Moody's" (qui veut dégrader la France) est détenue partiellement par le milliardaire Warren Buffett, un des pontes de Wall Street qui s'enrichit en touchant des commissions sur les emprunts des Etats. Il a fait récemment, une trés bonne opération avec l'Etat espagnol qu'il a obligé à emprunter à un taux élevé ! ] _Comme dit un ban­quier parisien : « Finalement, il aurait mieux valu que la France continue à emprunter au paysan corrézien ou ’à la veuve de Carpentras plutôt qu’à un spéculateur de Wall Street ou à un banquier de Hong­kong. » Ce n’est pas le ministre ja­ponais des Finances qui pourrait le contredire                                                                                                                                               Le fonctionnement est trés empirique et moutonnier, dépendant de la haute spéculation.                                    Elles sont bien trop médiatisées, dans l'espace mondial ultra financier.                                                                                    Les agences de notation refont parler d'elles après la crise de 2008 et ses conséquences délétères sur les finances publiques. Il s'agissait de "sauver le triple A", la fameuse valeur fétiche de référence à Wall Street, qui sévit même aux USA, sans qu'on s'interroge sur le sens de la dette publique,  montrée du doigt.                     ___ Beaucoup se demandent s'il ne conviendrait pas d'abord de  noter les noteurs. De quel droit distribuent- ils les bons ou les mauvais points?  Qui contrôle les agences notatrices... et leurs décisions arbitraires, qui ont accentué la crise financière ?      Les Big Three ne sont pas des entités hors-sol. Elles font des affaires, de bonnes affaires, et leur objectivité est en question:  "...Trois entreprises de notation, toutes américaines, se partagent l’essentiel du marché au niveau mondial : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. En 2022, les « Big Three », comme elles sont surnommées, détenaient 93 % des parts du marché de l’Union européenne. Et, malgré la recommandation de l’Autorité européenne des marchés financiers de favoriser l’une des dix-sept autres agences accréditées minoritaires, ces trois mastodontes continuent de régner sur les notations. Les entités publiques françaises ayant commandé des notations financières depuis 2017 n’ont d’ailleurs pas suivi cette recommandation et ont toutes recouru à l’un des trois géants. L’un des « Big Three », Fitch, a eu jusqu’en 2018 des capitaux français..."                                        Et pourtant la dette française reste très demandée.  Ouf! Oui, mais à quel taux!

mardi 27 octobre 2026

Une impuissance explicable

     Ça patine....

             Il n'y a pas de mystère...

                   Fallait pas dissoudre...                __________

Populisme

 Une notion contestée

       S'il est un terme suremployé aujourd'hui, au point parfois de perdre toute signification claire, c'est bien le terme de "populisme". Un terme polyvalent, fluctuant selon les contextes, généralement associé aujourd'hui à l'idée d'un "peuple systématiquement opposé à une élite jugée corrompue ou coupée des aspirations véritables du peuple. Ce dernier est vu comme la source exclusive du pouvoir politique et sa souveraineté doit s’exprimer sans entraves ni restrictions d’aucune sorte...." Ce qui comporte une part d'illusion, si , comme depuis Rousseau, on s'oblige à penser le peuple comme normalement représenté en démocratie, par ses représentants légitimement élus.   Mais la démocratie peut être "malade", défaillante, des institutions peuvent  devenir des obstacles et demandant des rénovations et des adaptations. Repenser la démocratie s'impose en permanence. Au sens achevé, elle n'existera jamais, comme reconnaissait Rousseau. Une tâche au long cours...


                                                                                                                                     
 Le périodes électorales sont propices à ce qu'il est commun d'appeler l'expression de populismes.

     Qualifiant une attitude et un discours consistant à recueillir des voix en faisant des promesses supposées assurées d'une certain succès populaire, sans grand souci de cohérence et de vérité, aux limites de la démagogie. 
    Vieille problématique: Déjà Platon, dans le Gorgias, met en scène un certain Calliclès, dont le souci politique est d'abord de gagner une popularité en flattant le public dans le sens du poil, sans souci éthique ni politique, de l'intérêt général. Machiavel, dans Le Prince, donne des conseils à certains gouvernants de son temps, insistant sur la fermeté et la souplesse nécessaires, pour savoir se faire aimer, pour s'attirer les faveurs, donc être assuré de durer...
      S'il est un terme piégé, c'est bien celui de populisme, utilisé à tort et à travers, mais le plus souvent négativement.
  Un mot fourre-tout, un objet mal identifié et souvent objet de polémiques..
        Pourtant, en soi, le souci du peuple et de son destin semble bien être au fondement de l'action politique digne de ce nom, contrairement au souci de l'intérêt personnel, comme le jugeait un certain Mendès-France. Au risque de l'impopularité.
     Mais les usages du terme sont souvent viciés.
  Evoquer le peuple comme une réalité homogène, quasi-infaillible et sacrée est oublier qu'il est traversé par des contradictions et des idéologies qui en font une unité éclatée aux intérêts souvent divergents.
        Il est bon de demander qui l'utilise, comment et pourquoi, avec quelles intentions, au nom de quelles valeurs...
   Le "populisme" de  Trump n'a pas le même sens que celui de Sanders, dont le discours est libre de toute pression lobbyiste et de tout élitisme.
       Il y a bien des manières de s'intéresser politiquement au peuple, à ses semblables.
               Promettre ce qui n'a jamais été tenu et ne le sera pas, en faisant l'impasse sur les erreurs passées peut être qualifié de populiste, dans le sens le plus négatif. 
    La critique du système n'est parfois qu'un simple artifice tactique, un moyen de surfer sur la vague passionnelle, comme celui qui déclare avec aplomb:  "« Je suis candidat pour parler du quotidien des Français, pas pour être le représentant d’une élite pour qui tout va bien. Cette élite si puissante dans la sphère administrative et médiatique, et si minoritaire dans le pays » ( Zénith de Paris, le 9 octobre)
   Tout y passe: .  il a ironisé sur « les juristes, les spécialistes, l’Etat de droit, le Conseil d’Etat », sur le bobo qui « ne prend pas le métro et voit les trains de banlieue en photo » avant de citer le général de Gaulle : « Les fiefs politiques, professionnels, journalistiques, fussent-ils additionnés, n’expriment pas la volonté du peuple. » 
      La critique revendiquée de l'élite, dont il fait partie, est aisée, comme celle, récurrente, des prof's associée à un certain mépris de l'intellectualisme, pour "faire peuple"
     La critique d'un élitisme toxique ne peut avoir un sens que si elle est suivie  d'effets et de volonté de changer le réel au profit de tous, en réduisant les distorsions inégalitaires, comme Roosevelt le fit au coeur d'une crise sans précédent/ en mars 1933. Du populisme positif? Si on veut...
_________________

lundi 26 octobre 2026

Comment retrouver la forme?

       Débrancher 

                                   Sortir un peu des injonctions contemporaines

                                                                       _____________________

Sondages en question

Une fabrique opaque                                                                                                                                      Les biais et les incertittudes                                                                                                                                          Se fier aux instituts?  Ce terme équivoque renvoie à des organisations non désintéressées, dont les motivations et les méthodes interrogent.       ".. De très nombreuses entreprises proposent des prestations de sondage : le secteur des études de marché et sondages regroupe ainsi quelques 2 300 entreprises pour un chiffre d’affaires avoisinant les 2 milliards d’euros..."      


                                                                                                    Une fiabilité incertaine                                                                                                                                                           
  La sempiternelle question revient en cette période où se préparent de fiévreuses élections locales: faut-il se fier aux sondages qui commencent sur les ondes ou le papier? Certes, le doute sur la fiabilité de certaines données chiffrées est souvent présent, mais il manque le plus souvent l'analyse sur les conditions de la fabrication de ces données et leur fiabilité, même relative.  IL y a de qui s'interroger sur la valeur de ce pratiques sondagières qui n'ont le plus souvent que l'apparence de la fiabilité, dont nombre de responsables demandent la suppression, pour laisser à l'opinion la capacité de se constituer hors de toute influence.                                            La sondagite gagne du terrain d'année en année. Leur crédibilité est en cause. Ce n'est pas nouveau, mais on ne fait rien pour modifier un système devenu fou, pour légiférer, réguler, même un minimum. Pour stimuler l'électeur à se fier à son propre jugement plutôt qu' à des données fluctuantes et contestables.  La méfiance a priori devrait être de mise à l'égard d'un phénomène douteux, qui n'a aucune valeur mathématique ni vraiment sérieusement prospective. 

                     La méfiance  s'impose: "...En période électorale, les sondages sont partout. Les journaux, les radios, les chaînes d’informations nous abreuvent à longueur de journée de chiffres. « Les élections présidentielles de 2002, 2007 et 2012 avaient donné lieu respectivement à 193, 293 et 409 sondages » indiquait un rapport de la commission des sondages il y a cinq ans. En 2017, on avait une nouvelle fois pulvérisé le record avec 560 études en rapport avec le scrutin. Et tout porte à croire, qu’une fois encore, 2026 pourrait repousser ce seuil.  Pourtant, la pertinence de ces enquêtes, en tant qu’outil démocratique, pose de plus en plus questions. D’autant que leur fiabilité est régulièrement discutée. Depuis toujours, les erreurs commises par les instituts ont été nombreuses, aussi bien en France qu’à l’étranger. On se souvient, par exemple, des présidentielles américaines en 2016. L’immense majorité des établissements états-uniens donnaient alors comme acquis le succès d’Hillary Clinton sur Donald Trump, parfois même avec plus de dix points d’avance. Pourtant, c’est bien l’ancien présentateur de télé-réalité qui a pris la tête du gouvernement. Un autre exemple célèbre est celui du Brexit au Royaume-Uni. La veille du scrutin, les instituts prédisaient encore la victoire du « non » à la sortie des Britanniques de l’Union Européenne. Mais le lendemain matin, c’est bien le Brexit qui a triomphé.              ___Ce genre de déconvenues n’a pas non plus épargné la France. En 2002, par exemple, pour les présidentielles, tout le monde annonçait le couronnement de Lionel Jospin. Pourtant, au bout du compte, le candidat du PS n’avait même pas franchi le premier tour, surpris par Jean-Marie Le Pen. Scénario semblable aux présidentielles de 2017 lorsqu’Alain Juppé devait facilement emporter les élections nationales. Mais celui-ci n’avait finalement pas réussi à surmonter l’étape des primaires de la droite. En 2020, les sondeurs ont d’ailleurs encore fait fausse route lors des élections régionales en surestimant largement les scores du Rassemblement National qui n’a, en définitive, décroché aucune région. Enfin, tout récemment, Valérie Pécresse a remporté les primaires des Républicains alors que tous les instituts désignaient Xavier Bertrand comme favori. Au terme du processus, ce dernier a pourtant terminé à la quatrième place.                                                                                                                   Ces échecs, de plus en plus réguliers, interrogent sur la méthode des sondeurs. Ils posent la question fondamentale de la fiabilité des instituts. Les systèmes utilisés par les professionnels de l’opinion ont parfois de quoi laisser songeur.   L’élaboration des fameux « panels » revient régulièrement comme le premier sujet de controverse. Les sondages reposent, en effet, le plus souvent, sur un échantillon d’environ 1000 personnes dites représentatives de la population globale. Seulement, comme l’explique une enquête du Monde, la composition de ces ensembles de potentiels électeurs suscite les débats à plusieurs égards. La plupart des sondages se réalisent aujourd’hui sur internet. Bien que ce procédé s’avère plus commode et plus économique, il a le défaut de rendre invisible la partie de l’électorat qui ne dispose pas du web. Et il ne s’agit pas d’un détail, puisque 13 millions de Français utilisent peu ou pas l’outil numérique.       Si cette pratique s’est malgré tout généralisée, c’est avant tout pour sa forte rentabilité. Aujourd’hui, presque tout est automatisé, quand il fallait hier mobiliser des employés pour téléphoner aux Français ou même aller les rencontrer à leur domicile. Ces anciennes méthodes avaient pourtant l’avantage de contrôler l’identité et les informations concernant les interrogés. Luc Bronner, journaliste du Monde, auteur de l’enquête citée précédemment, a pu ainsi participer à des sondages sous plus de 200 identités différentes. Rien n’empêche donc, par exemple, un jeune cadre de se faire passer pour un ouvrier de classe populaire. Si un seul journaliste a pu prendre 200 identités différentes à lui tout seul, il est aisé d’imaginer ce que pourraient accomplir quelques centaines de militants motivés et bien organisés.   Il faut également noter qu’avec ce système, ce sont les internautes eux-mêmes qui décident de s’inscrire pour répondre aux sondages. Par l’intermédiaire de jeux-concours, ils sont même fidélisés. Ainsi, il paraît clair que des panels constitués de volontaires représentent un biais évident pour une étude par rapport à des groupes composés de personnes démarchées au hasard. Il n’existe en effet aucun moyen pour les instituts de se prémunir contre les faussaires, pas plus que contre les « sondés professionnels » qu’ils soient mal intentionnés ou non.                                                   Une autre facette méthodologique des instituts de sondages a déjà plusieurs fois déclenché la polémique : il s’agit des « redressements ». Les conclusions des enquêtes ne sont en effet jamais publiées telles quelles. Les employés corrigent d’abord les résultats en fonction de plusieurs critères. Ils peuvent, par exemple, être amenés à réajuster les chiffres si jamais l’échantillon n’est pas assez représentatif de la population française. Ainsi, si le groupe ne contient pas assez de jeunes, alors les réponses des moins âgés seront légèrement amplifiées. On parle ici d’un redressement dit «  sociodémographique ».      Mais il existe également d’autres types de redressements beaucoup plus subjectifs. Les sondeurs tiennent notamment compte des scrutins précédents pour ajuster les chiffres. C’est ainsi qu’en 2017, certains sondages surévaluaient largement le score de Benoît Hamon en se basant sur les résultats des présidentielles de 2012 de… François Hollande. Les observateurs de l’époque n’avaient d’ailleurs pas manqué de critiquer l’absence de caractère scientifique de cette méthode, d’autant que chaque institut reste libre d’appliquer les coefficients de son choix. Dans ce cas précis, cette prise en compte semblait incohérente tant la crédibilité du PS s’était dégradée dans l’opinion publique entre 2012 et 2017.                                                                  L’autre incertitude qui pèse de plus en plus lourd dans les résultats des sondages tient à la difficulté des instituts à jauger l’abstention. En juillet 2021, la France Insoumise accusait notamment les sondeurs de surévaluer l’abstention pour les présidentielles de 2022. Le député européen, Manuel Bompard, relevait dans des enquêtes récentes que des instituts comme IPSOS demandaient à tous leurs sondés d’évaluer leur certitude de voter sur une échelle de 1 à 10. Tous ceux qui ne répondaient pas 10 étaient alors automatiquement retirés du panel et comptabilisés comme abstentionnistes.              Avec cette méthode, ces instituts fournissent des estimations avec un taux d’abstention proche de 50%. Un chiffre jamais vu pour des présidentielles et qui semble hautement improbable. Rappelons par exemple qu’en France sous la cinquième république, l’abstention pour des présidentielles n’a jamais franchi la barre des 29% au premier tour. La base sur laquelle travaillent de nombreux sondeurs en ce moment paraît donc assez peu réaliste. Ce biais aurait, par ailleurs, pour conséquence de « gommer le vote populaire » selon le député insoumis. Et pour cause, la certitude de vote s’avère bien souvent plus forte dans l’électorat aisé et d’âge mûr que chez les jeunes et les classes populaires.     _____   Les sondages ont en effet la particularité de figer les situations entre les plus forts et les plus faibles, qu’il s’agisse des électorats ou des candidats. En 2017, certaines émissions de télévision n’avaient pas hésité à organiser des débats seulement en présence des candidats les plus hauts dans les sondages. Les temps de parole entre les différents participants étaient également en partie calculés en fonction des enquêtes d’opinion. Le cercle est vicieux puisque les bons sondages permettent d’avoir la parole plus souvent et donc de se faire mieux connaître et d’exposer plus facilement ses propositions. Au contraire, les candidats avec une faible notoriété ont rarement l’occasion de s’exprimer dans les médias et donc de lancer leurs campagnes. Des idées peu populaires et peu répandues dans la société ont ainsi très peu de chances de se mettre en lumière. Dans ces conditions, le système sondagier apparaît comme un verrou qui conforte le modèle en place et les idées dominantes.      Pour certains, le caractère arbitraire de la méthodologie des sondeurs donne à réfléchir sur leurs intentions. En effet,  il ne faut pas oublier que les instituts restent avant tout au service de clients qu’ils doivent satisfaire. Lorsque l’on parle de sondages politiques, leurs commanditaires sont pour la plupart du temps de grands médias. Or, ces grands médias sont souvent accolés à l’idéologie politique dominante et défendent régulièrement les intérêts de leurs principaux actionnaires tandis que les instituts de sondages majeurs gravitent également dans ces mêmes sphères d’influence. " (Simon Verdière)- Souligné par moi.-___________________

dimanche 25 octobre 2026

Brésil sous influence

      L'ère du faux

                                       Avec le soutien de Meta

                              


                Bolsonaro sous influence   bien particulière.      _________________

Petits échos du dimanche

__ Asphyxie

__ "Casseurs"?

__ Ingérence

__ Soupçons                

__ Omnibus X

__ Inacceptable

__ Parcours sup

__ Gardes à vue

__ Jeu dangereux

__ Désir d'avenir

__ Mauvais signes

__ USA: échec stratégique

__ Bolsonaro et les évangélistes

    ___________ Instrumentalisation trumpienne  ____________

samedi 24 octobre 2026

Bienvenue en plasticocène

 Ils sont partout

                      Sous toutes les formes

                                          Comment s'en débarrasser? 

            __________________

Fonction présidentielle

Vers un tournant constitutionnel?                                                                                                                                     A l'heure d'une crise sans précédent, succédant, comme on pouvait s'y attendre, à une dissolution opportuniste, mais qui se révèle comme une impasse, l'heure est venue de réfléchir à la fonction présidentielle, telle qu'elle est devenue,  quasi-monarchique, et de revoir une bonne partie de nos institutions, dont les dérives sont de plus en plus apparentes. De l'exceptionnalité de l'origine, on est passé à la chienlit, comme disait le Général, les dérives actuelles.  Le présidentialisme est devenu toxique, jusqu'auprès de certains de ses anciens proches.                                                                                                                      Changer les règles du jeu constitutionnel semble la seule issue pour sortir par le haut, ce qui semble largement souhaité. Les dérives de la macronie, comme d'autres avant lui, ont conduit à une impasse. Le détricotage de l'Etat, sous l'effet d'une financiarisation galopante, commencée sous Balladur, a réduit peu à peu le chef de l'Etat à un manager de proximité  qui a voulu jouer tous les rôles. Les dérives étaient alors prévisibles. Le bilan du macronisme explique sa série de défaite. Le problème est  posé.


         Libre opinion:   " Un fossé de défiance.       L’histoire récente nous montre à quel point la capacité d’influence d’un chef de l’État français s’est rétrécie, au rythme de l’intégration européenne, de la mondialisation économique, voire de la féodalisation territoriale. L’État-nation gaulliste s’est peu à peu effrité sous le choc de la globalisation et la fonction présidentielle en est mécaniquement affaiblie. Par ailleurs, la sacralité inhérente à l’exercice de la monarchie républicaine subit l’onde de choc de la démocratie d’opinion.                                 La hauteur, la distance, la légitimité, l’autorité et le charisme présidentiels se sont enfoncés peu à peu dans les marais de la surmédiatisation, de la trivialisation, de la « pipolisation ». On peut même se demander si la figure verticale d’autorité et de commandement associée au Président monarque est encore susceptible de fonctionner dans la société post-moderne qui a fait de la liberté individuelle un dogme absolu.                                                                                             Et pourtant, comme si de rien n’était, comme si la crise démocratique n’était pas profonde, le fantasme présidentiel occupe tous les esprits et le jeu des pronostics envahit les médias. On se demande si Jean-Luc Mélenchon a déjà tué le match à gauche, si Raphaël Glucksmann gagnera la primaire du PS avant d’être dévoré par François Hollande, si Gabriel Attal et Bruno Retailleau s’effaceront devant Edouard Philippe ou si Jordan Bardella jouera le jeu pour Marine Le Pen. C’est la douzième saison du feuilleton présidentiel qui va tenir les observateurs en haleine jusqu’en mai 2027 et au-delà, car suivront des élections législatives à haut risque, dont on peut redouter qu’elles ne donnent pas une majorité au Président élu.     Mais avant de choisir le sauveur qui effacera d’un coup de baguette magique le déficit abyssal de nos finances, le déclin de l’école, la crise des hôpitaux ou la montée de la délinquance, ne faudrait-il pas d’abord réfléchir à ce que seront réellement ses pouvoirs et la manière de l’exercer. En d’autres termes, avant de choisir un Président, ne faudrait-il pas définir ce que sera la nouvelle présidence ?                   En tout état de cause, l’histoire des huit chefs d’État qui se sont succédé à l’Élysée depuis 1959 nous enseigne qu’il est nécessaire aujourd’hui de présider autrement si l’on entend relégitimer la fonction présidentielle. Cette évolution de la présidence gagnerait d’abord à stimuler la démocratie continue par la généralisation des consultations numériques ou des conventions citoyennes, initiées par le Président du futur. Par ailleurs, elle pourrait s’appuyer sur des réformes institutionnelles majeures : le référendum présidentiel et le référendum d’initiative partagée, réclamés par une majorité de Français, méritent d’être actualisés, avec toutes les précautions d’usage évidemment ; le droit de dissolution, si décrié depuis 2024, devrait être restreint et mieux encadré ; idem pour les pouvoirs de nomination du Président, qui font trop souvent polémiques.                                                                   Enfin, la dissociation entre l’élection présidentielle et les élections législatives apparaît comme une nécessité presque naturelle, comme l’a montré la séquence électorale de 2022, qui a rompu avec le « fait majoritaire » avant même la tripartition parlementaire de 2024. Les Français ne veulent plus d’un Parlement qui soit une « chambre d’enregistrement » des décisions présidentielles, pas plus qu’ils ne veulent d’ailleurs du capharnaüm actuel.                                                                                        Et c’est pour cette raison que le Président du futur doit être conduit à changer de pratique, c’est-à-dire à restreindre son champ de gouvernance, conformément à l’article 20 de la Constitution, qui permet au Gouvernement de définir et de conduire la politique de la Nation. Ce fut d’ailleurs l’esprit de la période gaullienne où le chef de l’État, concentré sur son « domaine réservé » de la politique étrangère et de la défense, dessinait les grandes lignes de la politique publique, fixait les objectifs, mais laissait au Premier ministre le soin de les mettre en œuvre. Détaché des contingences de la gouvernance, et aussi de l’hyper-communication, le Président pourrait alors exercer dans toute sa plénitude sa fonction de chef de l’État, rassembleur des Français, arbitre de leurs conflits, et représentant de la nation aux yeux du monde.                                                                                                                            Une telle rétractation du périmètre présidentiel peut sembler sacrilège à ceux qui attendent tout du monarque républicain. Au contraire, il nous semble que cet apparent retour en arrière pourrait contribuer au renforcement de la fonction présidentielle plutôt qu’à son affaiblissement. Un Président de surplomb, gagnerait vraisemblablement une autorité et une popularité que les chefs d’État du XXIe siècle semblent avoir perdues depuis des décennies. Notre vie politique y trouverait un élément de stabilité indispensable à l’heure des fractures françaises, des communautarismes et de la brutalisation civique.                                                                Ce serait un chef de l’État plus légitime aux yeux des citoyens, comme l’étaient, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les Présidents sans grands pouvoirs des IIIe et IVe République. Certes, il s’agit là d’une véritable révolution culturelle et il est peu probable que le futur vainqueur d’une élection présidentielle soit aujourd’hui prêt à l’accepter. Mais c’est pourtant le prix à payer pour éviter que le fossé de défiance ne se creuse encore plus entre les citoyens et leur Président, et que d’aucuns fassent dériver nos institutions vers l’autoritarisme ou vers une VIe République dont on ne sait pas très bien où elle nous conduirait. La fonction présidentielle, bien que décriée, reste la boussole du fonctionnement de notre démocratie. Il est urgent de la réparer..."   (Jean Garrigues)    ________________