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mardi 26 mai 2026

Les jeunes et l'IA

   Ce n'est pas l'enthousiasme aux USA  

         Un certain scepticisme contre la Big Tech

        On comprend pourquoi                           _____________________

Larges horizons

  __ Energies: 

                        Symbiose ou compétition? Pour dissiper quelques malentendus

__ Et nos enfants?                                                                                                                                              Une mission fondamentale qui s'érode

__ Une déjà vieille affaire                                                                                                                                        Le passé est souvent prémonitoire

__ Soft Power chinois tik tok                                                                                                                                          Un outil d'influence

__  Et nos enfants? (bis)                                                                                                                                         Mais pas seulement.  Nous voilà avertis. Il est bon d'aller voir sous le capot...

__ Dictionnaires amoureux, en marge du conflit

__ Les (nouvelles) ambigüités de l'IA

__ Guerre de l'information aux USA 

__ L'écologie n'est pas une affaire de bobos   

__ Le climat ne suit pas les humeurs de  Trump

__ Techno-oligarchie en question                                                                                                                                     _ Des tuyaux menacés                                                                                                                                      De toutes sortes 

__ Retour à un Age Moyen?

__ Google: un modèle de recherche disruptif?

__ Ultra_transformation en question

__ IA: ver l'abondance ou la rareté?  

__Chat GPT et la médecine:                                                                                                                                 Une avancée intéressante mais périlleuse 

__ Géopolitique de MBZ, le roitelet                                                                                                                                Des haillons au millions

__ Panique à Tel Aviv ou tensions                                                                                                                             Encore des "détails" à régler

                   ________"...Les derniers développements dans la guerre contre l'Iran sont pour le moins surprenants. Aujourd'hui, le site web Axios (un média américain spécialisé dans le renseignement) a publié un article affirmant que l'Iran accepterait une trêve de 60 jours et que la guerre prendrait fin aux conditions suivantes :

1- Un cessez-le-feu de 60 jours

2- La réouverture du détroit d'Ormuz sans péage
3- La fin de la guerre d'Israël au Liban dans le cadre de l'accord, mais avec une « liberté d'action » pour Israël (c'est-à-dire la poursuite des frappes)
4- Un allègement partiel des sanctions sur le secteur énergétique iranien et le déblocage des avoirs iraniens gelés
5- Le report des discussions sur le programme nucléaire iranien à une date ultérieure (30 à 60 jours).
Bien sûr, tout cela est absurde, une manœuvre des services de renseignement américains pour servir les intérêts de Trump et dissimuler le scandale de la guerre. Premièrement : le détroit d'Ormuz est la plus grande victoire de l'Iran et son arme la plus précieuse. Elle ne renoncera pas à son contrôle sur celui-ci et n'autorisera pas l'imposition de péages (cette question est réglée et non négociable). L'Iran considère le détroit d'Ormuz comme une voie maritime régionale entre l'Iran et Oman, et non comme une question internationale relevant de la compétence américaine. L'Iran a également annoncé un mécanisme de compensation pour les pays ayant soutenu les États-Unis (certains États du Golfe et certains pays européens) en guise de dédommagement pour la guerre. Il s'agit d'une décision stratégique du Guide suprême, irrévocable. Enfin, le programme nucléaire iranien est non négociable. Fruit de 47 années de sanctions, il représente un investissement et des sacrifices considérables, et les Iraniens n'y renonceront en aucun cas. Ce qui est négociable, c'est l'uranium enrichi à 60 %, soit environ 400 kg. Il s'agirait d'une réduction interne, c'est-à-dire d'un arrêt temporaire de l'enrichissement d'uranium (semblable à l'accord de 2015 avec Obama). L'uranium enrichi resterait en Iran, sous l'autorité du Guide suprême, et ne serait ni restitué ni détruit à l'étranger. Trump exige la restitution de la poussière d'uranium, mais l'Iran refuse, car elle constitue un bien public iranien, et les États-Unis ne sont pas en mesure d'imposer des conditions de restitution. Troisièmement, l'Iran rejette catégoriquement la liberté d'action d'Israël au Liban. Il a déclaré qu'il ne saurait y avoir de véritable cessez-le-feu sans la cessation des agressions contre le Liban et a conditionné la réouverture du détroit d'Ormuz à la paix au Liban. En substance, le principe de liberté d'action d'Israël signifie la poursuite de la guerre, et non sa cessation, comme ce fut le cas lors des précédents accords (2024), où les frappes se sont poursuivies et ont conduit à l'intervention de la résistance (2026). Quant aux illusions d'Israël, la résistance libanaise ne faiblira pas ; au contraire, elle se renforcera à chaque attaque. Le Liban n'est pas la Syrie, que l'on peut terroriser par des bombardements et la destruction d'infrastructures civiles. Il existe d'authentiques résistants qui ignorent tout de la sédition et du chaos qu'al-Julani a semés en Syrie, contribuant à son affaiblissement. En bref : l'Amérique a perdu la guerre et n'est pas en mesure d'imposer des conditions de capitulation.Les conséquences de la guerre sont les suivantes : échec du changement de régime, échec de la destruction des programmes nucléaires et balistiques, échec de la destruction de l’axe de la résistance, épuisement des objectifs et affaiblissement des alliés des États-Unis en Europe, en Israël et dans le Golfe. Trump subit des pressions internes (économiques et d’opinion publique) en plus des pressions internationales, ce qui explique ses négociations. Sans ces pressions, il n’aurait tout simplement pas entamé de négociations. Après les frappes iraniennes contre des systèmes américains, les États-Unis ont transféré des systèmes de défense aérienne de Corée du Sud à Israël, affaiblissant ainsi leur position en Asie. Cette situation engendre des vulnérabilités et des pertes accrues pour les États-Unis, notamment dans leur conflit international avec la Chine et la Russie. La guerre a davantage affaibli les États-Unis que l'Iran, et Israël n'a pas réalisé le « Grand Israël » promis par Netanyahu aux zélotes du Likoud. Tout accord, s'il est conclu, constituera une concession américano-israélienne sur des points épineux, tandis que l'Iran en est sorti stratégiquement renforcé, ayant acquis simultanément plusieurs avantages : le contrôle du détroit d'Ormuz, la capacité nucléaire, la levée des sanctions, ainsi que le soutien et la revitalisation des mouvements de résistance. Quant à Trump, il tente de monnayer sa victoire à des fins électorales, mais la réalité est tout autre. Comme toujours, ses adversaires et la presse américaine locale le démasqueront.  "...L'anxiété, la confusion et la colère s'emparent des cercles du pouvoir à Tel-Aviv après le coup dur porté au gouvernement d'occupation par son plus proche allié, Washington. Ces dernières heures ont viré au cauchemar pour Benjamin Netanyahu, qui a longtemps prospéré en attisant les conflits dans la région. Il se retrouve désormais complètement isolé et marginalisé face à l'imminence d'un accord historique entre le président américain Donald Trump et Téhéran, un accord qui menace de mettre fin à la guerre et de briser les illusions d'une élimination du régime iranien. L'état de panique et de confusion qui s'empare de l'entité occupante était manifeste dans l'appel urgent lancé par Netanyahu à une réunion de sécurité de haut niveau, à huis clos, afin de discuter de l'escalade rapide et dangereuse des négociations américano-iraniennes. Des sources bien informées au sein de l'entité ont décrit la situation comme extrêmement préoccupante pour toutes les parties en Israël, car un état de panique et de stupéfaction règne depuis que les dirigeants politiques et militaires ont réalisé que le processus de colonisation s'est enclenché avec force et qu'il est impossible de l'arrêter, ce qui a plongé le système de sécurité dans une confusion extrême par crainte des répercussions de ce changement stratégique. L'armée israélienne est sur le qui-vive, craignant les termes de l'accord. Sur le plan militaire, elle a placé ses forces en état d'alerte maximale, anticipant un effondrement soudain qui pourrait précéder la signature, et se montrant inquiète et consternée par les clauses choquantes qui ont fuité du projet d'accord. L'état-major israélien considère ce projet comme une menace directe pour sa sécurité, d'autant plus qu'il n'impose pas l'arrêt complet de l'enrichissement d'uranium iranien et n'empêche pas Téhéran de poursuivre le développement de son arsenal de missiles balistiques. De plus, la clause explicite exigeant la fin de la guerre au Liban a profondément choqué Netanyahu, contrariant ses plans d'extension et de prolongation du conflit. La Maison Blanche exclut Israël des négociations secrètes Le plus grand scandale, révélé par des sources du renseignement, réside dans le mépris délibéré de l'administration Trump envers Israël et son exclusion quasi totale des négociations secrètes, quelques semaines seulement après le début de la confrontation avec l'Iran. Cette décision américaine décisive est intervenue après que la Maison Blanche a réalisé que les promesses de Netanyahu d'éliminer le régime iranien n'étaient que vaines paroles et slogans inexacts et irréalistes. Washington a donc choisi de le court-circuiter et de traiter l'armée israélienne comme un simple sous-traitant, exécutant des ordres sans avoir voix au chapitre. .." _________________________________

lundi 25 mai 2026

Hum...c'est embarrassant

 Story telling:     Un choix discuté 

             Mais c'est le sien

                 C'est pas Dallas, mais presque...


       Un pari médiatique   Elle se prépare...                           ___________________

Jérusalem: entre catastrophisme et angéllisme

 La voix d'un patriarche

                             Jerusalem: sainte ou maudite? 

         Un foyer commun saturé de sens.     L'impossible capitale...
                                                                                         A la suite de l'initiative de Trump, surtout destinée à une partie de son électorat, on peut craindre que l'initiative concernant Jérusalem ne débouche sur une action violente, réveillant de vieux antagonismes politico-religieux bien partagés. Déjà des prémisses...

       Sans forcément présager le pire, la voix de l'ONU étant inaudible, l'Europe étant muette, la ville est une poudrière, surtout que Netanyahou cherche par tous les moyens à faire oublier ses multiples casseroles et les réactions hostiles à son égard dans son pays.
      Comme souvent, surtout depuis  un demi-siècle ,  Jérusalem, ville "partagée" et contestée, au statut hors du commun, devient le lieu d'enjeux extérieurs, le point de fixation de passions, où de nouvelles Croisades se font jour régulièrement.
     Surtout depuis les provocations de Sharon sur l'esplanade des Mosquées et la montée en force de l'extrême droite israëlienne, profitant de la colonisation galopante de la Cisjordanie, rendant ainsi aujourd'hui impensable la création d'un Etat palestinien envisagé initialement sous l'oeil vaguement et formellement réprobateur du parrain américain.
     La radicalisation US et israëlienne rallume un conflit potentiel, qui à vrai dire n'a jamais cessé.
Jérusalem est le nœud gordien dont on voit pas comment il pourra être tranché, quand on considère l' histoire compliquée d'une ville de si vieille tradition historique, qui plonge ses racines dans un long passé mythico-religieux.
    Le jeu des passions exacerbées ferait regretter à certains l'époque pré-balfourienne.
 Comme le disait l'historien israëlien Marius Schattner, évoquant une histoire encore brûlante, où les mythes ont la vie dure..

   Comme d'autres, devenus inaudibles:
        Nombre d'Israëliens,  d'arabes israëliens et de Juifs hors Israël pointent un danger mortel, comme Yakov Rabkin ou Norman Finkelstein. 
M. Rabkin dénonce les politiciens israéliens qui déclarent agir au nom du peuple juif sans se soucier des effets néfastes de l’activité de l’armée israélienne sur l’image du juif dans le monde. Il déplore que l’allégeance à l’État d’Israël ait depuis longtemps remplacé le judaïsme comme ancrage principal de l’identité juive.
      On voit mal pour l'instant comment rompre l'engrenage, maintenir le fragile équilibre, éviter le risque renforcé de radicalisation et d'islamisation. Attiser les extrêmes, cela s'appelle jouer avec le feu.
              Seul un processus de laïcisation et de démocratisation bilatéral pourrait faire sortit de l'ornière des tensions d'un autre âge. Et la clé essentielle du problème se trouve à Washington. C'est mal (re)parti...

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dimanche 24 mai 2026

Distributeurs

 Ile ne font pas que "distribuer"...

        Une loi du silence?

              


Des zônes d'ombre                                  _________________

Petit billet du dimanche

 __ OQTF

__ Népotisme

__   Désamour?  >>      

__ Finance et IA

__ Zône morte

__ Drôle de choix

__ Un rêveur israëlien

__ Conflits pétroliers

__ Retour du Brexit ?

__ Loi insuffisante

__ Consumérisme fou

__ Cadmium en tête

__ PFAS en question

__ Pythagore et Platon

__ Gueule de bois

__ Impasse mercantiliste

__ Toujours plus haut!

__ Frontières conflictuelles

__ Restreindre le vote des noirs

__ Formation des prix: déséquilibre structurel 

              _____ Revue (libre) de presse  __________

samedi 23 mai 2026

Nouvel élan de modestie

 Casting 100% Maga

           Ils se connaissent...

                                                              __________________

Digitalisation sans frein

 L'Etat n'est pas une start up                                                                                                                                         Sommes-nous embarqués vers le tout- numérique? Il semble bien que oui. Du moins en France. C'est de plus en plus d'actualité, même si toutes les populations ne s'en rendent pas compte et n'en souffrent pas de la même manière. Pour les virtuoses ou du moins les habitués du clavier, tout se passe selon les "lois du progrès", quelles que soient les tâches administratives, même les plus complexes.   Pour le commun des mortels et surtout les analphabètes du clic ou les surfeurs du dimanche, c'est une autre affaire, quand il faut s'adresser à certains services publics, ne serait-ce que pour des questions des plus courantes, des démarches apparemment simplissimes. Et l'accélération est rapide, économies obligent. "Il faut vivre avec son temps", disent-ils...ou "faites-vous aider"...Qui a toujours la formation et l'aide demandée? Il y a toujours des couches de la population, sans parler des plus anciens, qui ne sont pas familiers de l'ordinateur et de ses arcanes parfois problématiques, même pour leurs impôts, et qui passent à côté de droits légitimes.                                                                                                                                        Bref, l'Etat digital accélère sa logique numérique. Non sans heurs ni conflits. Dans un processus de management qui met en souffrance des personnels et parfois en péril le fonctionnement des services publics. La déshumanisation de certains secteurs compromet le lien social et explique en partie le sentiment d'abandon de certaines catégories sociales. C'est la marche forcée vers le tout-numérique.          Une obligation incapacitante, qui ne va pas sans effets pervers....     


                                           Le constat est parfois alarmant:  "...Le numérique isole. Aujourd’hui, il faut se débrouiller sans voir personne. La banque, l’assurance, le fisc, la Sécu, les services de la ville, bientôt le médecin, le caissier, sont absents, injoignables, robotisés. Alors qu’un tiers des Français souffrent d’isolement, le service au public devient un mur contre lequel on se cogne la tête.     Le numérique dévore notre temps. Nous passons des heures à effectuer (gratuitement) ce pour quoi des employés, du public ou du privé, étaient jadis payés. Nous usons nos nerfs à trouver (ou à ne pas trouver) comment effectuer des démarches de plus en plus compliquées là où le conseiller, le guichetier, le caissier nous rendaient ce service.            C’est ainsi qu’une part croissante de Français ne font plus valoir leurs droits. 38 % des personnes éligibles ne réclament pas le RSA. Chaque année, 10 milliards d’allocations diverses restent en déshérence.  Le numérique met en danger. Il nous oblige à confier à des systèmes, généralement américains, des données personnelles qui se volent ou se contrôlent. Il nous expose à la cybercriminalité, si ingénieuse que les plus avertis se font piéger. Il nous soumet aux trolls que l’inintelligence artificielle fait proliférer. Il nous inonde de fausses nouvelles, toujours plus sophistiquées, qui altèrent nos connaissances et notre libre arbitre..."             ___________

vendredi 22 mai 2026

Indignation

     Quand  Ben Gvir  montre le pire visage d'Israël en guerre.

               Et suscite la réprobation (sélective) jusque dans son pays 

                                Bibi feint un désaccord

Billet d'humeur

Une guerre si jolie?

         De nouveau en Europe circulent des rumeurs de guerre. Alors que l'on se croyait à tout jamais à l'abri. La menace russe, qu'on n'avait pas vu venir, reste toujours présente.  Il s'est passé un lâchage inattendu du parapluie américain, incitant les pays de l'Otan  à se prendre en charge pour les question de défense.   Pourtant, on le sait maintenant, Poutine n'arrivera jamais aux portes de Berlin, encore moins  de Paris.  L'ombre d'une  défaite se précise pour lui; il cherche maintenant, pour autant qu'on le sache, les moyens de sortir par le haut du bourbier  ukrainien où il s'est mis, pour retrouver la puissance de Catherine II.                                                                                                     Il n'en reste pas moins que nous sommes entrés dans un keynésianisme de guerre, variable selon les pays. Pour relancer l'économie, résoudre la crise industrielle, en Allemagne notamment. La France mobilise des moyens financiers. L'épargne va être mise à contribution. Nous sommes en guerre, dit le généralissime. La Caisse des dépôts emboîte le pas.



"  Voir un missile sortir de nos usines pour être livré aux forces, ça rend mon métier extrêmement concret, j’y ai ma part de responsabilité. » « Thibault », technicien dont le témoignage est cité dans une vidéo promotionnelle du fabricant MBDA, ne croit pas si bien dire. Les produits de son employeur ont récemment foudroyé écoles, mosquées et camps de réfugiés gazaouis, causant la mort de plus de cinq cents personnes, dont une centaine d’enfants (1). Cette entreprise européenne d’armement — au carnet de commandes bien garni, à hauteur de 44 milliards d’euros (Challenges, 23 février 2026) — met pourtant tout en œuvre pour enjoliver ses marchandises : un code éthique qui « veille au respect des libertés fondamentales et des droits humains » ; des opérations de sensibilisation du personnel sur l’identité de genre, la neurodiversité ou la ménopause ; le lancement de projets de reforestation et de préservation des nappes phréatiques ; ou encore l’adoption de « pratiques d’écoconception » du matériel de guerre, afin de « réduire l’impact environnemental à la source » (2) — un pas vers les bombes bio ?          ___  Mais cette stratégie de gestion du risque réputationnel a-t-elle encore un sens quand les médias, les principaux partis de gouvernement et la présidence de la République communient dans la célébration du grand réarmement et de l’activité militaire (3) ? Les lecteurs de L’Express, du Point ou du Parisien ont récemment pu feuilleter des catalogues promotionnels d’engins français, les auditeurs de France Culture apprendre « comment préparer les hommes à la guerre » (30 octobre 2025), cependant que les abonnés du quotidien Le Monde découvraient en mars 2025 un dossier en six volets dont l’article initial s’intitule « Les dépenses militaires, un levier pour la croissance ».      ___ Ce dernier fait écho aux directives de la « Revue nationale stratégique 2025 », qui appelle de ses vœux « une économie qui se prépare à la guerre ». Pour faire tomber sur le secteur une pluie d’« investissements massifs, qu’ils soient publics ou privés », le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) recommande que l’État s’assure que « les politiques internes des banques et des assurances n’aillent pas au-delà des exclusions réglementaires » : en clair, il s’agit de veiller à ce que les « règles ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) ne dissuadent pas les investisseurs de financer les entreprises de la base industrielle et technologique de défense (BITD) »          ___    Le 20 mars 2025, devant un parterre d’investisseurs et de patrons réunis à Bercy, M. Sébastien Lecornu, alors ministre des armées, soucieux de « lever les derniers verrous culturels et réglementaires », rappelait avec « fermeté » que le secteur militaire ne représentait pas un investissement « sale ». La Commission européenne a, elle, décidé que « la finance durable de l’Union européenne [était] compatible avec l’investissement dans le secteur de la défense » (5). Ainsi, certaines armes nucléaires, incendiaires, munitions à uranium appauvri deviennent éligibles aux investissements « éthiques », au même titre que les chars, les canons, les avions de chasse, les obus et les logiciels de surveillance. Seules les armes interdites restent pour le moment taboues. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le nombre de fonds ESG exposés à l’industrie de l’armement nucléaire aurait augmenté de plus de 50 % (Bloomberg, 24 août 2025). Ces placements gérés selon des critères « environnementaux, sociaux et de gouvernance » sont réputés liés au développement durable…                                    __    Un consortium de journalistes a récemment révélé que 120 milliards d’euros issus des fonds « verts » de banques telles que le Crédit agricole, le Crédit mutuel, la Banque populaire et la Caisse d’épargne (groupe BPCE) ont été investis entre 2021 et 2025 dans l’industrie des armes — dont certaines impliquées dans le génocide à Gaza. La Commission européenne les a justifiés par leur contribution à la « durabilité sociale ». Sans le savoir, de petits épargnants européens ont potentiellement contribué à valoriser les actions d’Elbit Systems, le plus grand fabricant d’armes israélien, impliqué dans la destruction de terres agricoles à Gaza, par le biais de fonds ESG consacrés à la « transition climatique » (6).   ___ Ce fléchage des investissements privés en faveur du complexe militaro-industriel s’inscrit dans une stratégie de soutien institutionnel plus large. La sollicitation du contribuable européen — 800 milliards d’euros avec le plan « ReArm Europe » — et français — plus de 700 milliards cumulés sur les deux dernières lois de programmation militaire — s’accompagne d’une mobilisation du premier investisseur européen, la Bpifrance. Détenue par l’État, la « banque des entrepreneurs » a lancé en octobre 2025 une quête de financement auprès des particuliers, en partenariat avec le groupe BPCE. Avec leurs plans d’épargne-retraite (PER) ou leurs assurances-vie, les Français peuvent à présent directement miser sur des entreprises d’armement. Ces investissements, particulièrement risqués et sans garantie de rendement, s’ajoutent au milliard d’euros injecté chaque année depuis 2021 par Bpifrance dans les « jeunes pousses » du secteur (7). Trois dispositifs couronnent l’ensemble : un « fonds innovation défense » alimenté par la direction générale de l’armement (DGA), l’assureur allemand Allianz et MBDA à hauteur de 400 millions d’euros pour prendre des participations dans les entreprises prometteuses ; un « accélérateur défense » pour les accompagner dans leurs choix stratégiques ; un « prêt DEF’FI » avantageux pour combler leurs besoins de trésorerie. La banque d’investissement public vante même une « opération de porte à porte » auprès de centaines d’entreprises pour les avertir de cette manne financière à leur disposition.     _____ Une fois créées et consolidées, les petites et moyennes entreprises seront mûres pour tomber dans les filets tendus par quelques grands groupes militaires Illustration de cette mécanique économique bien huilée : en janvier dernier, Dassault Aviation annonçait un investissement de 200 millions d’euros dans le vendeur de drones autonomes Harmattan AI, dont le jeune fondateur assimile ses marchandises à des « armées robotiques napoléoniennes » (Le Grand Continent, 15 février 2026). La valorisation de cette entreprise créée en 2024 dépasse à présent le milliard d’euros.  Si les investisseurs institutionnels ont depuis longtemps intégré les valeurs de l’armement dans leurs portefeuilles d’actifs, « la nouveauté réside dans l’appétit des fonds de capital-investissement [private equity funds], qualifiés de finance alternative, pour le secteur de l’armement », allant « à l’inverse des discours selon lesquels les marchés n’aiment pas la guerre », analyse Claude Serfati, économiste et spécialiste de l’industrie de l’armement. Dans un contexte d’intensification des guerres et des tensions géopolitiques, miser sur des entreprises grassement subventionnées et soutenues par des commandes pluriannuelles de l’État représente un bon pari, car « peu de secteurs industriels bénéficient d’un taux de croissance de leur chiffre d’affaires équivalent à celui de l’armement », complète le chercheur. En 2025, les entreprises technologiques de défense ont vu les investissements en provenance du capital-risque — largement dominé par les acteurs nord-américains — bondir de 132 % en Europe, soit la plus importante progression tous secteurs confondus (8).       D’autres filières industrielles réclament elles aussi leur part du gâteau. D’après une étude publiée en octobre 2025 par Bpifrance et titrée « Aux armes, dirigeants ? », une entreprise non liée au secteur militaire sur deux aimerait « s’y développer, soit par opportunité de développement, (…) soit par contrainte ». Les exemples récents de Renault, constructeur automobile en difficulté qui lance un projet de production de drones militaires, et Mistral IA, start-up d’intelligence artificielle en vogue ayant conclu un partenariat avec le ministère des armées, illustrent cette tendance.  Comme le rappelle Serfati, les dépenses publiques d’éducation, de transports ou de communications représentent des investissements beaucoup plus fructueux, en termes économiques et sociaux, que celles destinées aux armements : « Les entreprises n’utilisent pas de Rafale pour produire autre chose, pas plus que les ménages ne consomment de missiles. » Financer la santé ou le logement génère en outre davantage d’emplois indirects que les secteurs à dominante militaire, grâce notamment aux liens qu’ils établissent avec les autres filières de l’économie. L’activité à finalité sociale crée par exemple trois fois plus de postes que les secteurs de production militaire (9).            ___  Mais considérer l’économie de guerre comme une industrie banale est-il seulement envisageable ? Aux millions de morts engendrés par les conflits armés depuis la seconde guerre mondiale s’ajoutent les désastres écologiques qu’ils entraînent. En excluant l’impact des combats, on estime que le complexe militaro-industriel représenterait à lui seul 5,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (10) ; atteindre le seuil des 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) consacrés aux dépenses militaires fixé par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) reviendrait à émettre 2,33 milliards de tonnes d’équivalent CO2 d’ici à 2030 — soit une consommation annuelle proche de celle du Brésil et du Japon réunis (11). Chargé d’études à l’Observatoire des armements, Tony Fortin compare la dérégulation du marché militaire à un « un libéralisme autoritaire opaque, où les industriels font ce qu’ils veulent ». Le secret-défense empêche en effet la Cour des comptes d’accéder à certaines données pour vérifier l’usage des ressources publiques, tandis que l’État invite les entreprises militaires « à recourir à la loi du 26 juillet 1968, dite de blocage, pour contrer des demandes d’informations, voire des audits intrusifs » (12).     ___  Pour reprendre le contrôle, Fortin préconise un plus fort niveau de transparence de l’État sur les exportations. « Les Pays-Bas doivent rendre publiques sous deux semaines les licences d’exportation accordées aux entreprises militaires », tout comme l’Allemagne, où le Parlement contrôle tous les appels d’offres supérieurs à 25 millions d’euros. En France, la commission parlementaire créée en 2023 pour contrôler les exportations n’est pour lui qu’« une coquille vide qui ne commencera à exercer pleinement son rôle que si le débat prend de l’ampleur dans la société civile ». L’Observatoire a créé un réseau de surveillance des entreprises d’armement et formé des citoyens à enquêter sur leurs activités. La coalition d’organisations militantes Guerre à la guerre, créée en 2025, tente également de mobiliser la société civile au travers d’actions et de rassemblements — quatre mille personnes se sont réunies au salon aéronautique du Bourget pour s’opposer aux « marchands de mort ». Les récentes mobilisations des dockers de Gênes — soutenus par un cortège de cinquante mille personnes dans la ville —, Marseille et Tanger, mais aussi de leurs collègues de Suède et de Belgique (13), pour bloquer des cargaisons de matériel militaire à destination d’Israël, traduisent la volonté d’une partie de la société de peser sur les conflits. La perspective d’une production militaire par Renault provoque elle aussi des remous chez les travailleurs. Car le « grand réarmement » que l’Union européenne  d’argent public dont la paix menace les bénéfices."  [Merci à Médiapart et à Thomas Jusquiame. _ Souligné par moi]                   _______________________