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vendredi 30 octobre 2026

Quelle austérité?

 Des lendemains qui ne chanteront pas?                                                                                                                                    L'austérité annoncée comme inéluctable n'est-elle pas un piège?        Face à une dette d'ampleur, présentée comme galopante, se serrer collectivement la ceinture pendant des années n'aurait-il comme seule conséquence que de nous appauvrir collectivement davantage, faute de pouvoir investir pour l'avenir. Sachant que les dévaluations de papa ne peuvent plus être d'actualité au coeur du système monétaire actuel,  des marchés mondialisés encadrés par les agences de notation. Et nous ne sommes pas le Japon. Pris à la gorge, notre monnaie n'étant plus souveraine, ne sommes-nous dans un terrible  cercle vicieux , qui ne manquerait pas d'affecter nos partenaires européens, même si nous ne somme pas les seuls endettés....Que faire? Sommes- nous dans un cercle vicieux?  Dans une impasse paraissant insoluble pour l'instant, aux conséquences qui nous dépassent?     


   
    __    Ce point de vue  peut aider à comprendre une partie du problème; L'austérité massive ne peut être la solution. C'est même un piège: 
                                                                                                                                                                                      " Derrière le discours de panique sur la dette et les taux d’intérêt, il y a un programme politique : mettre en œuvre un ajustement budgétaire violent portant d’abord sur les dépenses sociales. Une recette qui aura pour conséquence de provoquer une catastrophe économique et sociale....Derrière le discours de panique sur la dette et les taux d’intérêt, il y a un programme politique : mettre en œuvre un ajustement budgétaire violent portant d’abord sur les dépenses sociales. Une recette qui aura pour conséquence de provoquer une catastrophe économique et sociale....                                                                                     Mais cette panique construite vise aussi à clore un débat essentiel. L’austérité massive serait la seule voie. On parle sur les marchés de la nécessité pour la France d’arriver à un excédent budgétaire primaire, hors service de la dette, de 2 % du PIB, ce qui supposerait un ajustement de pas moins de 5 points de PIB (produit intérieur brut). Une demande considérable qui n’est pas sans rappeler ce qui a été exigé de nombreux pays du Sud dans les années 2010. Or la focalisation terrifiée sur la question budgétaire passe entièrement sous silence les effets d’une telle politique sur l’économie française.                                                                                                    D’ailleurs, ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux est une forme de répétition de l’automne 2010, lorsque l’obsession de la dette et du déficit conduisait à ne tracer qu’une seule route : celle de la consolidation budgétaire à tout prix. Le prix de cette obsession est cependant élevé. L’idée dominante du moment, c’est finalement que l’austérité permettrait de « sauver » la France et de lui donner les conditions d’une économie saine. Une fois les dépenses sociales réduites et les retraites réformées, l’économie française, pleine de confiance, pourrait rebondir.Cette vision naïve semble soudainement ressortir des poubelles de l’histoire. Comme voici seize ans, les « experts » divers, économistes, éditorialistes, chefs d’entreprise, hommes et femmes politiques, appellent à détruire l’État social en minimisant les effets de cette méthode sur la croissance. À l’époque déjà, l’austérité était la seule solution possible ; elle annonçait aussi des lendemains qui chantent.                              Dans le quotidien italien La Repubblica le 16 juin 2010, le président de la Banque centrale européenne (BCE) d’alors, Jean-Claude Trichet, affirmait avec le plus grand sérieux : « Tout ce qui aide à augmenter la confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs quant à la soutenabilité des finances publiques est bon pour la consolidation de la croissance et les créations d’emplois. »                     Et de conclure : « Je suis fermement persuadé que […] des politiques qui soutiennent la confiance vont favoriser la reprise économique et non pas l’empêcher. » C’était la théorie de « l’austérité expansive » portée par l’économiste italien Alberto Alesina (1957-2020) : en réduisant le déficit par la baisse des dépenses sociales, on aidait à relancer la croissance. C’est cette vision qui revient, souvent sans le dire, à l’ordre du jour.                                     Puisque ces méthodes sont proposées pour la France, il faut revenir sur les dégâts qu’elles ont causés dans leur application à l’ensemble de la zone euro à partir de 2010. Le PIB réel de la zone euro s’est contracté pendant un an et demi, de septembre 2011 à mars 2013. Déjà affaiblie par la crise financière des subprimes, elle n’a ainsi retrouvé son niveau de PIB de début 2008 que sept ans plus tard. Soit quatre ans de plus que les États-Unis.        Cette période est d’ailleurs celle où l’écart de croissance avec les États-Unis commence à se creuser de façon vertigineuse. Entre le premier trimestre de 2010 et le dernier de 2019, le PIB états-unien a progressé de 26,6 %, contre 14,5 % pour la zone euro. C’est la moitié de l’écart actuel entre les deux régions.                                                   Pour les pays les plus frappés par l’austérité expansive, le bilan est encore plus désastreux. Selon la Banque mondiale, l’Espagne et le Portugal ont mis respectivement douze et neuf ans à rattraper leur niveau de PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat de 2008. En Italie, il aura fallu dix-sept ans. En Grèce, en 2025, le niveau du PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat était encore inférieur de 8,4 % par rapport à celui de 2007.                            Il est important de comprendre que de tels phénomènes sont fort rares en régime capitaliste et relèvent principalement de chocs aussi violents qu’une guerre ou un effondrement politique comme celui de l’URSS. Il semble difficile de nier la violence de l’ajustement budgétaire sur les populations et l’outil productif.  Ces désastres purement économiques se sont accompagnés de ravages sociaux, comme la baisse générale des salaires. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), entre 2010 et 2025, les salaires moyens réels ont reculé de 3,1 % en Espagne, et de 28,9 % en Grèce entre 2009 et 2025. La pauvreté reste aussi extrêmement élevée : en Espagne, la part de la population en risque de pauvreté est, selon Eurostat, de 25,7 %, et de 27,5 % en Grèce. Mais il faut aussi garder à l’esprit les conséquences humaines et environnementales de l’austérité. Une étude de la London School of Economics (LSE) publiée en juin 2024, qui se concentre sur le cas britannique, c’est-à-dire sur celui qui avait été salué comme un modèle par le dernier ouvrage d’Alberto Alesina, Austerity (Princeton University Press, 2019, non traduit), est sans appel.                  Entre 2010 et 2019, l’espérance de vie a reculé de 2,5 à 5 mois par an au Royaume-Uni, soit une baisse de 3 ans. Son poids dans le bilan de l’ensemble des morts de cette décennie est estimé à environ 3 % par les chercheurs, qui considèrent que la première cause relève des coupes dans les dépenses sociales.....                                                                                                      ....  Dans les théories classiques, l’austérité joue alors le rôle d’une « purge » : elle permet de réduire les déséquilibres en ramenant la demande à un niveau compatible avec l’offre. La balance des paiements en fort déficit est ramenée à l’équilibre....               Bien sûr, cet effet peut être caché derrière des phénomènes particuliers comme, par exemple, l’importance des flux de capitaux en Irlande ou la forte reprise du tourisme dans les pays du sud de l’Europe après la pandémie. À un certain moment, les destructions causées par l’austérité et la faiblesse des salaires peuvent aussi provoquer un rebond mécanique du PIB, parce qu’il faut bien finir par reconstruire et que le travail bon marché peut attirer des investissements.   Mais ces reprises sur lesquelles les uns et les autres ont beaucoup glosé concernant l’Europe du Sud ces dernières années (et dont le récit a permis le retour d’un discours positif sur l’austérité) ne doivent pas faire illusion. Dans ces mêmes pays, on constate que ces économies sont toujours aussi faiblement productives.   Ainsi, dans le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur le Portugal, présenté comme le modèle de la réussite des politiques d’austérité, on lit que « la croissance de la productivité devrait rester plus faible que [dans] la plupart des pays de la zone euro [où elle est déjà très faible – ndlr] en raison d’un investissement insuffisant et d’un environnement des affaires contraignant ».....                                                                                                        la France connaît déjà une logique austéritaire qui est dissimulée par le montant extravagant des aides aux entreprises. Depuis 2017, le gouvernement macroniste fait pression sur les dépenses sociales pour faire place à ses aides au capital. Le problème est que ces dernières ne produisent pas de croissance et que la réduction des autres dépenses pèse sur la demande. ....                  La France n’est donc pas peuplée de cigales insouciantes abreuvées à « l’argent magique ». C’est même l’inverse : les Français et les Françaises subissent déjà les effets de l’austérité et craignent pour leur avenir. En revanche, le capital national, lui, est, effectivement, biberonné à l’argent public et le discours sur la dette n’a d’autre fonction que capter une part toujours plus importante de la valeur créée. La bataille pour le contrôle du budget de l’État devient alors une lutte de classes.              L’austérité ne peut pas apporter de réponses aux problèmes structurels de la France, notamment la faiblesse de ses gains de productivité et de son outil productif. Mais les élites économiques françaises semblent prêtes à prendre le risque de détruire encore davantage l’économie et le niveau de vie du pays pour maintenir et renforcer la domination du capital et sa prédation sur la société. C’est de cet aveuglement que naissent les plus grands désastres..."   [Souligné par moi. Merci à  Romaric Godin]    ________________

jeudi 29 octobre 2026

France diversité

 Nos ancêtres...les Gaulois (?)

               Un peu d'histoire à revisiter

        Reconsidérer la démographie 
                                             Un débat souvent mal engagé. _____________

Varia

__  Contradiction

__ Refondation?

__ Arrogance

__ Lycanthropie

__ Première fois?                        

__ Zônes tampons

__ Instrumentalisation

__ Quelle surveillance?

__ Automne social

__ IA et Bolsonaro

__ Lycées en déshérence

__ Commission d'enquête

__ Stress et incertitudes

__ Espaces de parole

__ Revers pour Trump

              ______ Lula: victoire en demi-teinte   __________________

mercredi 28 octobre 2026

Gaza: sous les décombres

     Le silence     

                 Atroce réalité, déjà en voie d'oubli...     

                                                                        _____________________

La dette et l'allumette

 Une divine surprise?                                                                                                                                        Les hypothèses vont bon train. Parierait-on sur l'avenir, nos ressources, nos capacités de rebond ? Certains s'en réjouissent, quand d'autres soulignent un scandale.                                                                                                                                       D'autres se demandent plus fondamentalement:   "A quoi servent les agences de notation ? Ce sont elles qui établissent le « Nutri-Score » de la dette. Le Nutri-Score informe sur la qualité nutritionnelle d’un produit, quand S&P, Moody’s ou Fitch donnent la probabilité de défaut d’un émetteur. Tel un consommateur qui pousse son chariot dans les rayons du crédit, l’investisseur qui hésite entre 1 kilo d’obligations LVMH ou un baril d’emprunts souverains allemands arbitre dès lors en fonction du prix et des lettres plus ou moins prometteuses imprimées sur le paquet – sauf quand les A, B ou C ne donnent plus le bon compte....  les économistes Olivier Blanchard, Daniel Leigh et Prachi Mishra comparent les notations souveraines établies par les trois grandes agences américaines aux fondamentaux des économies concernées. Ils pointent des « différences frappantes » d’appréciation vis-à-vis de pays présentant pourtant des profils de risque similaires. Une sorte de note à la tête du client qui montre à quel point la politique se mêle à l’analyse technique.                                                                                                                                                A la surprise générale, l’agence Moody’s a maintenu la notation de la France à Aa3, vendredi 23 octobre, quand beaucoup pariaient sur un abaissement, compte tenu de l’incapacité du pays à redresser sa trajectoire budgétaire. L’agence veut croire que le budget va faire un pas dans la bonne direction. Elle a toutefois maintenu une perspective négative, ce qui signifie qu’une dégradation est seulement partie remise.                                                                                                                                  En attendant, les obligations d’Etat françaises se retrouvent avec une notation bien plus favorable que la perception qu’en ont les investisseurs. Comme si votre paquet de céréales affichait un A flatteur quand vous êtes convaincu qu’il vaut en réalité un B, voire un C. L’emprunt à dix ans émis par la France affiche en effet un rendement qui correspond à un Baa pour Moody’s (BBB selon la terminologie de S&P), soit quatre crans en dessous du Aa3 officiel Si le premier ministre, Sébastien Lecornu, a salué dans la décision de Moody’s un « signal qui déjoue les pronostics déclinistes » de « ceux qui spéculent sur la dette française », il est bien le seul à voir cela. Le seul signal donné par Moody’s, c’est que le moment est trop inflammable pour craquer une allumette. A se demander, finalement, si ces notes souveraines ont encore un sens...." 


          Mais à quoi servent les agences de notation? Sont-elles des arbitres neutres et sur quels intérêts s'appuient-elles. On se souvient du cas de la dette grecque et du rôle qu'elles y  ont joué. Ces agences sont tout sauf désintéressées: [La "Moody's" (qui veut dégrader la France) est détenue partiellement par le milliardaire Warren Buffett, un des pontes de Wall Street qui s'enrichit en touchant des commissions sur les emprunts des Etats. Il a fait récemment, une trés bonne opération avec l'Etat espagnol qu'il a obligé à emprunter à un taux élevé ! ] _Comme dit un ban­quier parisien : « Finalement, il aurait mieux valu que la France continue à emprunter au paysan corrézien ou ’à la veuve de Carpentras plutôt qu’à un spéculateur de Wall Street ou à un banquier de Hong­kong. » Ce n’est pas le ministre ja­ponais des Finances qui pourrait le contredire                                                                                                                                               Le fonctionnement est trés empirique et moutonnier, dépendant de la haute spéculation.                                    Elles sont bien trop médiatisées, dans l'espace mondial ultra financier.                                                                                    Les agences de notation refont parler d'elles après la crise de 2008 et ses conséquences délétères sur les finances publiques. Il s'agissait de "sauver le triple A", la fameuse valeur fétiche de référence à Wall Street, qui sévit même aux USA, sans qu'on s'interroge sur le sens de la dette publique,  montrée du doigt.                     ___ Beaucoup se demandent s'il ne conviendrait pas d'abord de  noter les noteurs. De quel droit distribuent- ils les bons ou les mauvais points?  Qui contrôle les agences notatrices... et leurs décisions arbitraires, qui ont accentué la crise financière ?      Les Big Three ne sont pas des entités hors-sol. Elles font des affaires, de bonnes affaires, et leur objectivité est en question:  "...Trois entreprises de notation, toutes américaines, se partagent l’essentiel du marché au niveau mondial : Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch. En 2022, les « Big Three », comme elles sont surnommées, détenaient 93 % des parts du marché de l’Union européenne. Et, malgré la recommandation de l’Autorité européenne des marchés financiers de favoriser l’une des dix-sept autres agences accréditées minoritaires, ces trois mastodontes continuent de régner sur les notations. Les entités publiques françaises ayant commandé des notations financières depuis 2017 n’ont d’ailleurs pas suivi cette recommandation et ont toutes recouru à l’un des trois géants. L’un des « Big Three », Fitch, a eu jusqu’en 2018 des capitaux français..."                                        Et pourtant la dette française reste très demandée.  Ouf! Oui, mais à quel taux!

mardi 27 octobre 2026

Une impuissance explicable

     Ça patine....

             Il n'y a pas de mystère...

                   Fallait pas dissoudre...                __________

Populisme

 Une notion contestée

       S'il est un terme suremployé aujourd'hui, au point parfois de perdre toute signification claire, c'est bien le terme de "populisme". Un terme polyvalent, fluctuant selon les contextes, généralement associé aujourd'hui à l'idée d'un "peuple systématiquement opposé à une élite jugée corrompue ou coupée des aspirations véritables du peuple. Ce dernier est vu comme la source exclusive du pouvoir politique et sa souveraineté doit s’exprimer sans entraves ni restrictions d’aucune sorte...." Ce qui comporte une part d'illusion, si , comme depuis Rousseau, on s'oblige à penser le peuple comme normalement représenté en démocratie, par ses représentants légitimement élus.   Mais la démocratie peut être "malade", défaillante, des institutions peuvent  devenir des obstacles et demandant des rénovations et des adaptations. Repenser la démocratie s'impose en permanence. Au sens achevé, elle n'existera jamais, comme reconnaissait Rousseau. Une tâche au long cours...


                                                                                                                                     
 Le périodes électorales sont propices à ce qu'il est commun d'appeler l'expression de populismes.

     Qualifiant une attitude et un discours consistant à recueillir des voix en faisant des promesses supposées assurées d'une certain succès populaire, sans grand souci de cohérence et de vérité, aux limites de la démagogie. 
    Vieille problématique: Déjà Platon, dans le Gorgias, met en scène un certain Calliclès, dont le souci politique est d'abord de gagner une popularité en flattant le public dans le sens du poil, sans souci éthique ni politique, de l'intérêt général. Machiavel, dans Le Prince, donne des conseils à certains gouvernants de son temps, insistant sur la fermeté et la souplesse nécessaires, pour savoir se faire aimer, pour s'attirer les faveurs, donc être assuré de durer...
      S'il est un terme piégé, c'est bien celui de populisme, utilisé à tort et à travers, mais le plus souvent négativement.
  Un mot fourre-tout, un objet mal identifié et souvent objet de polémiques..
        Pourtant, en soi, le souci du peuple et de son destin semble bien être au fondement de l'action politique digne de ce nom, contrairement au souci de l'intérêt personnel, comme le jugeait un certain Mendès-France. Au risque de l'impopularité.
     Mais les usages du terme sont souvent viciés.
  Evoquer le peuple comme une réalité homogène, quasi-infaillible et sacrée est oublier qu'il est traversé par des contradictions et des idéologies qui en font une unité éclatée aux intérêts souvent divergents.
        Il est bon de demander qui l'utilise, comment et pourquoi, avec quelles intentions, au nom de quelles valeurs...
   Le "populisme" de  Trump n'a pas le même sens que celui de Sanders, dont le discours est libre de toute pression lobbyiste et de tout élitisme.
       Il y a bien des manières de s'intéresser politiquement au peuple, à ses semblables.
               Promettre ce qui n'a jamais été tenu et ne le sera pas, en faisant l'impasse sur les erreurs passées peut être qualifié de populiste, dans le sens le plus négatif. 
    La critique du système n'est parfois qu'un simple artifice tactique, un moyen de surfer sur la vague passionnelle, comme celui qui déclare avec aplomb:  "« Je suis candidat pour parler du quotidien des Français, pas pour être le représentant d’une élite pour qui tout va bien. Cette élite si puissante dans la sphère administrative et médiatique, et si minoritaire dans le pays » ( Zénith de Paris, le 9 octobre)
   Tout y passe: .  il a ironisé sur « les juristes, les spécialistes, l’Etat de droit, le Conseil d’Etat », sur le bobo qui « ne prend pas le métro et voit les trains de banlieue en photo » avant de citer le général de Gaulle : « Les fiefs politiques, professionnels, journalistiques, fussent-ils additionnés, n’expriment pas la volonté du peuple. » 
      La critique revendiquée de l'élite, dont il fait partie, est aisée, comme celle, récurrente, des prof's associée à un certain mépris de l'intellectualisme, pour "faire peuple"
     La critique d'un élitisme toxique ne peut avoir un sens que si elle est suivie  d'effets et de volonté de changer le réel au profit de tous, en réduisant les distorsions inégalitaires, comme Roosevelt le fit au coeur d'une crise sans précédent/ en mars 1933. Du populisme positif? Si on veut...
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lundi 26 octobre 2026

Comment retrouver la forme?

       Débrancher 

                                   Sortir un peu des injonctions contemporaines

                                                                       _____________________

Sondages en question

Une fabrique opaque                                                                                                                                      Les biais et les incertittudes                                                                                                                                          Se fier aux instituts?  Ce terme équivoque renvoie à des organisations non désintéressées, dont les motivations et les méthodes interrogent.       ".. De très nombreuses entreprises proposent des prestations de sondage : le secteur des études de marché et sondages regroupe ainsi quelques 2 300 entreprises pour un chiffre d’affaires avoisinant les 2 milliards d’euros..."      


                                                                                                    Une fiabilité incertaine                                                                                                                                                           
  La sempiternelle question revient en cette période où se préparent de fiévreuses élections locales: faut-il se fier aux sondages qui commencent sur les ondes ou le papier? Certes, le doute sur la fiabilité de certaines données chiffrées est souvent présent, mais il manque le plus souvent l'analyse sur les conditions de la fabrication de ces données et leur fiabilité, même relative.  IL y a de qui s'interroger sur la valeur de ce pratiques sondagières qui n'ont le plus souvent que l'apparence de la fiabilité, dont nombre de responsables demandent la suppression, pour laisser à l'opinion la capacité de se constituer hors de toute influence.                                            La sondagite gagne du terrain d'année en année. Leur crédibilité est en cause. Ce n'est pas nouveau, mais on ne fait rien pour modifier un système devenu fou, pour légiférer, réguler, même un minimum. Pour stimuler l'électeur à se fier à son propre jugement plutôt qu' à des données fluctuantes et contestables.  La méfiance a priori devrait être de mise à l'égard d'un phénomène douteux, qui n'a aucune valeur mathématique ni vraiment sérieusement prospective. 

                     La méfiance  s'impose: "...En période électorale, les sondages sont partout. Les journaux, les radios, les chaînes d’informations nous abreuvent à longueur de journée de chiffres. « Les élections présidentielles de 2002, 2007 et 2012 avaient donné lieu respectivement à 193, 293 et 409 sondages » indiquait un rapport de la commission des sondages il y a cinq ans. En 2017, on avait une nouvelle fois pulvérisé le record avec 560 études en rapport avec le scrutin. Et tout porte à croire, qu’une fois encore, 2026 pourrait repousser ce seuil.  Pourtant, la pertinence de ces enquêtes, en tant qu’outil démocratique, pose de plus en plus questions. D’autant que leur fiabilité est régulièrement discutée. Depuis toujours, les erreurs commises par les instituts ont été nombreuses, aussi bien en France qu’à l’étranger. On se souvient, par exemple, des présidentielles américaines en 2016. L’immense majorité des établissements états-uniens donnaient alors comme acquis le succès d’Hillary Clinton sur Donald Trump, parfois même avec plus de dix points d’avance. Pourtant, c’est bien l’ancien présentateur de télé-réalité qui a pris la tête du gouvernement. Un autre exemple célèbre est celui du Brexit au Royaume-Uni. La veille du scrutin, les instituts prédisaient encore la victoire du « non » à la sortie des Britanniques de l’Union Européenne. Mais le lendemain matin, c’est bien le Brexit qui a triomphé.              ___Ce genre de déconvenues n’a pas non plus épargné la France. En 2002, par exemple, pour les présidentielles, tout le monde annonçait le couronnement de Lionel Jospin. Pourtant, au bout du compte, le candidat du PS n’avait même pas franchi le premier tour, surpris par Jean-Marie Le Pen. Scénario semblable aux présidentielles de 2017 lorsqu’Alain Juppé devait facilement emporter les élections nationales. Mais celui-ci n’avait finalement pas réussi à surmonter l’étape des primaires de la droite. En 2020, les sondeurs ont d’ailleurs encore fait fausse route lors des élections régionales en surestimant largement les scores du Rassemblement National qui n’a, en définitive, décroché aucune région. Enfin, tout récemment, Valérie Pécresse a remporté les primaires des Républicains alors que tous les instituts désignaient Xavier Bertrand comme favori. Au terme du processus, ce dernier a pourtant terminé à la quatrième place.                                                                                                                   Ces échecs, de plus en plus réguliers, interrogent sur la méthode des sondeurs. Ils posent la question fondamentale de la fiabilité des instituts. Les systèmes utilisés par les professionnels de l’opinion ont parfois de quoi laisser songeur.   L’élaboration des fameux « panels » revient régulièrement comme le premier sujet de controverse. Les sondages reposent, en effet, le plus souvent, sur un échantillon d’environ 1000 personnes dites représentatives de la population globale. Seulement, comme l’explique une enquête du Monde, la composition de ces ensembles de potentiels électeurs suscite les débats à plusieurs égards. La plupart des sondages se réalisent aujourd’hui sur internet. Bien que ce procédé s’avère plus commode et plus économique, il a le défaut de rendre invisible la partie de l’électorat qui ne dispose pas du web. Et il ne s’agit pas d’un détail, puisque 13 millions de Français utilisent peu ou pas l’outil numérique.       Si cette pratique s’est malgré tout généralisée, c’est avant tout pour sa forte rentabilité. Aujourd’hui, presque tout est automatisé, quand il fallait hier mobiliser des employés pour téléphoner aux Français ou même aller les rencontrer à leur domicile. Ces anciennes méthodes avaient pourtant l’avantage de contrôler l’identité et les informations concernant les interrogés. Luc Bronner, journaliste du Monde, auteur de l’enquête citée précédemment, a pu ainsi participer à des sondages sous plus de 200 identités différentes. Rien n’empêche donc, par exemple, un jeune cadre de se faire passer pour un ouvrier de classe populaire. Si un seul journaliste a pu prendre 200 identités différentes à lui tout seul, il est aisé d’imaginer ce que pourraient accomplir quelques centaines de militants motivés et bien organisés.   Il faut également noter qu’avec ce système, ce sont les internautes eux-mêmes qui décident de s’inscrire pour répondre aux sondages. Par l’intermédiaire de jeux-concours, ils sont même fidélisés. Ainsi, il paraît clair que des panels constitués de volontaires représentent un biais évident pour une étude par rapport à des groupes composés de personnes démarchées au hasard. Il n’existe en effet aucun moyen pour les instituts de se prémunir contre les faussaires, pas plus que contre les « sondés professionnels » qu’ils soient mal intentionnés ou non.                                                   Une autre facette méthodologique des instituts de sondages a déjà plusieurs fois déclenché la polémique : il s’agit des « redressements ». Les conclusions des enquêtes ne sont en effet jamais publiées telles quelles. Les employés corrigent d’abord les résultats en fonction de plusieurs critères. Ils peuvent, par exemple, être amenés à réajuster les chiffres si jamais l’échantillon n’est pas assez représentatif de la population française. Ainsi, si le groupe ne contient pas assez de jeunes, alors les réponses des moins âgés seront légèrement amplifiées. On parle ici d’un redressement dit «  sociodémographique ».      Mais il existe également d’autres types de redressements beaucoup plus subjectifs. Les sondeurs tiennent notamment compte des scrutins précédents pour ajuster les chiffres. C’est ainsi qu’en 2017, certains sondages surévaluaient largement le score de Benoît Hamon en se basant sur les résultats des présidentielles de 2012 de… François Hollande. Les observateurs de l’époque n’avaient d’ailleurs pas manqué de critiquer l’absence de caractère scientifique de cette méthode, d’autant que chaque institut reste libre d’appliquer les coefficients de son choix. Dans ce cas précis, cette prise en compte semblait incohérente tant la crédibilité du PS s’était dégradée dans l’opinion publique entre 2012 et 2017.                                                                  L’autre incertitude qui pèse de plus en plus lourd dans les résultats des sondages tient à la difficulté des instituts à jauger l’abstention. En juillet 2021, la France Insoumise accusait notamment les sondeurs de surévaluer l’abstention pour les présidentielles de 2022. Le député européen, Manuel Bompard, relevait dans des enquêtes récentes que des instituts comme IPSOS demandaient à tous leurs sondés d’évaluer leur certitude de voter sur une échelle de 1 à 10. Tous ceux qui ne répondaient pas 10 étaient alors automatiquement retirés du panel et comptabilisés comme abstentionnistes.              Avec cette méthode, ces instituts fournissent des estimations avec un taux d’abstention proche de 50%. Un chiffre jamais vu pour des présidentielles et qui semble hautement improbable. Rappelons par exemple qu’en France sous la cinquième république, l’abstention pour des présidentielles n’a jamais franchi la barre des 29% au premier tour. La base sur laquelle travaillent de nombreux sondeurs en ce moment paraît donc assez peu réaliste. Ce biais aurait, par ailleurs, pour conséquence de « gommer le vote populaire » selon le député insoumis. Et pour cause, la certitude de vote s’avère bien souvent plus forte dans l’électorat aisé et d’âge mûr que chez les jeunes et les classes populaires.     _____   Les sondages ont en effet la particularité de figer les situations entre les plus forts et les plus faibles, qu’il s’agisse des électorats ou des candidats. En 2017, certaines émissions de télévision n’avaient pas hésité à organiser des débats seulement en présence des candidats les plus hauts dans les sondages. Les temps de parole entre les différents participants étaient également en partie calculés en fonction des enquêtes d’opinion. Le cercle est vicieux puisque les bons sondages permettent d’avoir la parole plus souvent et donc de se faire mieux connaître et d’exposer plus facilement ses propositions. Au contraire, les candidats avec une faible notoriété ont rarement l’occasion de s’exprimer dans les médias et donc de lancer leurs campagnes. Des idées peu populaires et peu répandues dans la société ont ainsi très peu de chances de se mettre en lumière. Dans ces conditions, le système sondagier apparaît comme un verrou qui conforte le modèle en place et les idées dominantes.      Pour certains, le caractère arbitraire de la méthodologie des sondeurs donne à réfléchir sur leurs intentions. En effet,  il ne faut pas oublier que les instituts restent avant tout au service de clients qu’ils doivent satisfaire. Lorsque l’on parle de sondages politiques, leurs commanditaires sont pour la plupart du temps de grands médias. Or, ces grands médias sont souvent accolés à l’idéologie politique dominante et défendent régulièrement les intérêts de leurs principaux actionnaires tandis que les instituts de sondages majeurs gravitent également dans ces mêmes sphères d’influence. " (Simon Verdière)- Souligné par moi.-___________________

dimanche 25 octobre 2026

Brésil sous influence

      L'ère du faux

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