dimanche 26 septembre 2021

Philosophie de côté

 Le consommateur: un imbécile?

  Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on regarde les notices des appareils ménagers, des objets techniques et des gadgets postmodernes, on tombe souvent sur des perles. Du genre :

    (Sur un sèche-cheveux de marque )
 Ne pas utiliser pendant que vous dormez.
    
(C'est vrai que c'est sûrement le meilleur moment).

    (sur un pudding à la pâte à pain)
Ce produit sera chaud une fois réchauffé
    (Vous en être bien sûr?)

    (sur des guirlandes de Noël électriques)
Pour extérieur ou intérieur seulement
   (Cela veut dire quoi? Il ne faut pas s'en servir dans l'espace? Sous terre?)

   (Sur une brosse à dents donnée par un dentiste)
Utiliser le côté avec les poils.
   
(merci du conseil, on y pensera)

   (sur un flacon de somnifère)
Mise en garde : peut causer de la somnolence.
   (Non, c'est vrai?)    


                           Commentaire:       Il y a un point commun entre tous ces dérapages : prendre le consommateur pour un imbécile, un crétin, un abruti ou un demeuré. Cela n'a l'air de rien, mais en réalité, ce n'est pas du tout anodin, cela traduit l'esprit même dans lequel est pensé le concept de consommateur. Si vous n'avez pas bien compris pourquoi, prenez une heure et lisez Beigedder, 99 F. Il est dans la nature même de la publicité de s'adresser au "consommateur", à un individu plutôt "moyen", très "moyen" et de lui parler gentiment de sorte qu'il reste bien dans sa moyenne, tout en restant capable de capter juste ce qui est nécessaire pour qu'il achète ce qu'on a à lui vendre. Pour cela, il ne faut qu'il réfléchisse trop, juste qu'il s'amuse et qu'il réplique le stimulus réponse, une fois qu'il a bien gobé le stimulus premier. C'est tout. Le conditionnement publicitaire est fait pour s'adresser au degré minimal de l'intelligence, le degré proche de l'automatisme. Il suffit de laisser entendre implicitement dans quelques clin d'oeil qu'il y a connivence là-dedans (on est bien tous pareil, on aime bien les frittes, le camembert coulant, le look d'enfer, gigoter au son d'une musique rigolote, pouffer devant de situations bien stupides). Peut-il vraiment y avoir un  "consommateur intelligent" ? Si vous êtes intelligent, vous cessez définitivement de vous identifiez à la figure d'un "consommateur".  Mais à partir du moment où je n'ai pas d'autre identité que celle de "consommateur", à partir du moment où je n'ai pas conscience de ce que je suis, de ce qu'est ma vie, où je n'ai pas la moindre étincelle de lucidité, où est-ce que cette identité de "consommateur" me mène? Je vous laisse tirer la conclusion logique (qui n'est pas très drôle).       Du coup, en suivant ce fil conducteur, il est intéressant d'observer effectivement de près le niveau mental des publicité, et surtout des publicités à la télévision. Cela donne une vision assez cohérente. De quoi réfléchir sur l'illusion.   _________

Survol

 __ Mercenaires US

__ Dommage collatéral

__ On n'arrête pas le progrès

__ Un mariage qui rapporte

__ Il va bon train

__ Stupéfiant!                                       

__ Mineurs non désirés

__ Soutane ou Satan?

__ Des liaisons sous-marines

           * __ Revue de presse  __________________

samedi 25 septembre 2021

Points d'histoire

 On n'a pas fini d'en débattre...

                         Il y a les faits et l'interprétation des faits. 

   _____Par exemple, au sujet de l'histoire encore chaude de la naissance  d'Israël. De nouveaux historiens commencent à être écoutés dans leur réinterprétation de l'histoire dite "officielle", notamment sur la question de la Terre dite "promise".

    _____ Par exemple, sur la défaite de 1940.  Une défaite qui ne doit rien au hasard. Rien n'était inéluctable. L'illusion du déterminisme est tenace. Il est toujours temps de revoir nos propres mythes et même certains fantasmes.

                    Il y a en général l'art de tordre les faits:

                       L'art de l'historien est de prendre la maximum de recul par rapport au présent pour interpréter, de manière toujours renouvelée, les données du passé proche ou lointain. Ce qui n'est jamais une tâche achevée, car le présent, par ses limites et ses points de vue, conditionne toujours en partie la lecture du passé. L'objectivité est un idéal vers lequel il tend en sachant que sa tâche ne sera jamais achevée , à la lumière de nouveaux documents, grâce à des méthodes renouvelées. C'est ainsi qu'on n'aura jamais fini d'écrire l'histoire de la Révolution Française.                                           ___Le danger est que le politique s'empare du passé, du moins ce qu'il veut en retenir, pour valoriser la lecture qu'il veut en donner, pour favoriser ses vues et ses projets.   Les hommes au pouvoir et qui tiennent à le conserver, comme les autocrates, souvent par tous les moyens,  n'aiment pas les historiens. L'histoire donne trop d'exemples en leur défaveur et témoigne toujours d'une chose: tout régime arbitraire connaît un jour une fin. La considération du passé souvent les gêne comme un obstacle à leur domination. Ils essaient souvent de l'instrumentaliser en leur faveur, soit en inventant des généalogies, comme autrefois, soit en idéalisant ce qu'ils considèrent comme allant dans leur sens, soit en taisant des aspects qui les désavantageraient. L'histoire peut parfois être revisitée ou peut être malmenée, jusqu'à des pressions sur les historiens eux-mêmes.

     Ainsi, "La Fédération internationale pour les droits humains publie un document, « Crimes contre l’histoire », qui recense les atteintes systématiques menées ces dernières années par Moscou contre les historiens pour imposer un récit officiel et autolégitimer le pouvoir."                __Les historiens sont parfois vus comme des gêneurs, des empêcheurs de gouverner en tond. On comprend pourquoi. Ils ravivent une mémoire qui peut en perturber plus d'un, en faisant l'histoire de l'esclavagisme, par exemple. L'équilibre entre le relativisme et l'engagement dans le présent est toujours un problème. Les dérives sont encore nombreuses.

        D'où l'importance de faire l'histoire de l'histoire et de son implication dans l'histoire réelle. Le récit (toujours provisoire ) du passé demande le plus souvent une approche critique.   Cela fait partie du travail de l'historien, mais pas seulement, qui sait qu' une relecture des représentations du passé fait partie intégrante de l'étude des faits, qui sont toujours établis à une époque donnée, qu'ils en portent la marque, les limites et l'idéologie.

 Une relecture des représentations populaires, plus ou moins forgées par l'école, mais aussi de leurs prédécesseurs manquant de données, de recul ou de moyens techniques (par exemple, en archéologie, en génétique, en linguistique, etc...)     Il est donc dans la nature même de l'historien de produire des vérités toujours partielles, provisoires, parfois biaisées et de se donner les moyens de se corriger en permanence et de remettre en question des croyances et des mythes qui sont loin d'être toujours innocents.
   Hier comme aujourd'hui.
       L'histoire s'est longtemps construite sur l'idée d'un roman national, flatteur et parfois mobilisateur, mais douteux du point de vue théorique..
    Instrumentaliser les faits ou les sortir de leurs contextes pour mieux agir sur les esprits est une dérive permanente. 
   Des récits non critiqués ont toujours la vie dure dans l'imagination.

      Des Gaulois à De Gaulle, il y a fort à faire parfois pour établir le vrai.
                             Charlemagne a-t-il inventé l'école ? Y-a-t-il un secret des Templiers ? Jeanne d'Arc a-t-elle sauvé la France ? Marignan fut-elle une victoire si importante ? Marie-Antoinette fut-elle une ravissante idiote ? Y-a-t-il eu un génocide vendéen ? Jean Moulin a-t-il été trahi ? La France est-elle malade de la guerre d'Algérie ? Des Gaulois, nos prétendus ancêtres, à la vie politique la plus récente, notre histoire est truffée de lieux communs, de légendes, d'idées reçues, d'erreurs gravées dans le marbre par l'écriture d'un roman national au 19ème qui a coïncidé avec l'apparition des manuels scolaires de la IIIe République. Laurent Avezou revisite 2000 ans d'histoire et cent mythes qui ont fait la France, en en décortiquant les raisons et les origines. A l'aune des derniers travaux d'historiens, il apporte des réponses claires, simples et précises. Il fait ainsi toute la lumière sur un récit souvent sujet à caution et à polémiques. L'histoire de France est une oeuvre en perpétuelle évolution...
          Une histoire "plurielle" dans une France qui a changé reste à réinventer, en gardant un regard critique sur ses propres productions et celles de son époque.
    Déconstruire les mythologies nationales est une nécessité permanente, malgré les résistances.
       Nous ne sommes pas encore tout à fait sortis de l'histoire à la Jules Michelet.
         Des barbares aux Gaulois, en passant par Charlemagne, Charles Martel et les autres...il est essentiel de dépoussiérer, de rectifier, de relativiser. A la lumière de nouveaux faits, de nouvelles méthodes, de nouvelles recherches.
               La Vérité historique est toujours un horizon...les vérités peuvent toujours s'affiner.    _________

vendredi 24 septembre 2021

USA: Le grand frère?

 Amitiés sincères...

                          La récente affaire  des sous-marins australiens , les remous qu'elle engendre, même au sein des partenaires européens, vient nous rappeler que l'"amitié" entre Etats n'est qu'une façon de parler (même si on peut évoquer éventuellement de "bonnes relatons", toujours provisoires). Il ne faut pas se fier au vocabulaire diplomatique ni au langage convenu. Se rappeler que les Etats, dans le contexte international, ont d'abord des intérêts, politiques, économiques, géostratégiques, comme nous le rappelait déjà Machiavel en son temps             .         ___Que les USA ait fait un choix qui n'est pas le nôtre, que l'Australie ait changé son fusil d'épaule, voilà qui ne devrait pas nous étonner, même si nous ne connaissons pas les dessous du dossier, malgré le courroux de Paris, qui aura peut-être un petit lot de consolation...Biden, qu'on plaçait au pinacle, pour le coup a fait du Trump. La Realpolitik s'est imposée.    On devrait se souvenir que ce n'est pas la première fois que les USA nous font de "mauvais coups" au cours de relations souvent assez mouvementées. Malgré Lafayette et le partage anciens d'idéaux communs. 


           Il est utile de revenir sur le passé, comme le fait, de manière fouillée et intéressante, le livre de Branca:  L'ami américain.    Il met le doigt sur des rapports difficiles que nous ne connaissons guère ou que nous avons oubliées. Dans notre guerre au Vietnam à celle de l'Algérie, et même pendant la seconde guerre mondiale, l'oncle Sam nous a joué des coups pendables, évoqué dans les mémoires de De Gaulle ou dans certaines déclarations ultimes de Mitterand (« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort. ») Sans parler de l'affaire irakienne ou syrienne...                                   "...Pourquoi de Gaulle refusa-t-il, en 1964, de présider les commémorations du vingtième anniversaire du débarquement allié en Normandie ? Parce qu'il se souvenait que, sans sa volonté farouche de faire échec aux plans de Roosevelt, la France ruinée de 1944 n'aurait pas été traitée autrement que l'Allemagne vaincue, privée d'une fraction de son territoire et placée sous administration militaire américaine. Pis, c'est sur une partie des élites de Vichy que, durant tout le confit, la Maison-Blanche avait misé pour barrer la route à l'homme du 18-Juin.   Grâce aux archives déclassifiées, mais aussi à des témoignages inexploités, il est désormais possible de raconter pour la première fois cette " guerre de trente ans " qui, de 1940 à 1969, opposa le Connétable de la France libre à la volonté de puissance des Etats-Unis. Alors que, aux instants les plus cruciaux de la guerre froide, le soutien du Général resta toujours acquis à Washington, le Département d'Etat et la CIA ont beaucoup tenté pour l'éliminer de la scène internationale. Du financement du FLN algérien au concours prêté à l'OAS, de l'espionnage nucléaire à la corruption d'une partie de la classe politique française, en passant par l'enrôlement d'Hollywood dans la croisade antigaulliste, Eric Branca raconte avec verve l'histoire secrète et inédite d'un conflit rendu d'une brûlante actualité par l'élection de Donald Trump...."                                                                                                                               Bref, les relations franco-américaines n'ont jamais été un long fleuve tranquille, même au sein de l'Otan, qu'il a fallu quitter un temps et dont on devrait abandonner le projet définitivement du fait de son caractère désuet et des aventures où cette organisation d'une autre époque peut encore nous entraîner contre notre gré et nos intérêts...Florence Parly manque de recul historique.______

jeudi 23 septembre 2021

Voitures électriques à tout va?

 Tout le monde s'y met

            La publicité devient envahissante: tout pour la voiture électrique, la voiture de demain!... La percée semble irrésistible. le climat va y gagner, la "voiture propre" est en route, en attendant les autres moyens de locomotion... Mais est-ce vraiment LA solution? L'euphorie est-elle justifiée? A t-on bien mesuré les tenants et les aboutissants de la nouvelle voie présentée comme salvatrice, voire miraculeuse? Rien n'est moins sûr quand on se penche sur le problème et que l'on y regarde d'un peu plus près...La généralisation des moyens de locomotion "tout électrique" ne peut être qu'un rêve, même paré de toutes les vertus.  Il va falloir d'urgence renoncer à un engouement naïf et repenser tout le problème.

                       Comme le remarquent plusieurs spécialistes, il y a le problème, en amont, des "terres rares", de leurs conditions d'exploitation, qui rend le problème de la " propreté" pour l'instant plus qu'aléatoire....En plus des problèmes de dépendance qui ne manqueront pas de se poser. Il y a une part d'illusion à s'engager tête baissée sur une voie qui semble convenir à tous ceux qui alertent sur les périls climatiques.                                                                         _________"...Le tout-électrique ne diminuera le total des émissions de GES [gaz à effet de serre] que de moins de 1 % par an, avec un impact nul ou presque sur la santé. En France, les transports sont responsables du tiers des émissions de GES. Au sein des transports (route, aérien, maritime, rail), la route est responsable de 75 % des émissions. Il y a actuellement un million de ventes de voitures neuves 100 % électriques dans l'Union européenne (UE), ce qui représente 7,5 % du total des ventes. Il s’agirait donc de passer à 15 millions de véhicules électriques vendus annuellement en 2035. Remarquons d’emblée que l’interdiction des voitures neuves à moteur thermique ne changera pas grand-chose en termes d’émissions car les 300 millions déjà en circulation dans l’UE ne seraient pas concernés. En outre, le secteur sensible du fret, qui représente le quart des émissions de GES de la route, a été « sagement » évité par la Commission.    « Les politiques qui prennent ou cautionnent de telles décisions négligent totalement l’impact environnemental désastreux de la production des batteries et de leur fin de vie. »   Ceci d’autant plus que le « zéro émission » des véhicules électriques avancé par la Commission et repris par les pseudo-écologistes est un mythe qui néglige, volontairement ou non, qu’il faut fabriquer les véhicules électriques, recharger leurs batteries avec de l’électricité, puis les recycler. Or, chacune de ces étapes consomme de l’énergie et produit des émissions ! Un site indépendant, développé par le Luxembourg Institute of Science and Technology, indique modèle par modèle le niveau des émissions, tant pour les véhicules thermiques que pour les électriques : on constate qu’à puissance équivalente, sur l’ensemble de leur cycle de vie, les émissions de GES des véhicules électriques, si elles sont évidemment inférieures, représentent tout de même entre 25 % et 50 % de celles d’un véhicule thermique. Et pour les hybrides, les émissions sont logiquement plus importantes. Dès lors, reprendre le mythe du « zéro émissions » des constructeurs, du « c’est bon pour la planète » des écologistes à courte vue, est une tartufferie. Ce faisant, l’État et la Commission tendent une perche aux constructeurs automobiles qui trouvent une occasion inespérée de se repeindre en « vert », notamment Volkswagen, compromis dans le Dieselgate, un scandale de présentation frauduleuse des émissions polluantes, dont il est piquant de constater la communication durant l’Euro de football sur le thème « Way to zero », « la route vers le zéro émissions » (sic).                                                                        De plus, l'impact est nul sur la qualité de l’air : du fait de ces émissions non nulles, et compte tenu du stock de 300 millions de voitures thermiques et de l’exclusion des transports routiers, même si les 15 millions de véhicules neufs vendus à compter de 2035 sont électriques comme l’escompte la Commission, les émissions du secteur routier ne diminueront que de 2 % par an. Et l’impact sur le total des émissions de GES sera lui inférieur à 1 % !..."                                                    Les politiques qui prennent ou cautionnent de telles décisions négligent totalement l’impact environnemental désastreux de la production des batteries et de leur fin de vie. En effet, une seule voiture électrique exige de 250 à 600 kg de batteries de type « Lithium-ion », et en moyenne 400 kg ! Par simple multiplication, rien que pour les 15 millions de voitures neuves escomptées en 2035, il faudra produire… 6 millions de tonnes de batteries par an ! Et si les 300 millions de voitures sont remplacées par de l’électrique, il faudra donc produire 120 millions de tonnes de batteries !                                                          Sans oublier non plus l’électronique embarquée pour gérer l’énergie, bien plus présente que dans un véhicule thermique. J’ai déjà relevé l’impact écologique exponentiel des batteries et composants électroniques des téléphones portables et du tout-numérique lié à l’extraction des terres rares et métaux lourds qu’ils contiennent : jusqu’à une tonne de terre concassée pour un seul gramme de matériau utile. C’est le cas des principaux composants des batteries - cobalt, lithium, manganèse, nickel, graphite…- dont les procédés d’extraction sont très gourmands en eau, stérilisent les sols et polluent durablement les eaux, provoquant de graves affections. Et les éventuelles innovations technologiques espérées avec les condensateurs seront tout aussi polluantes.                          Dit autrement, pour améliorer de quelques pourcents la qualité de l’air des Européens, on s’apprête à provoquer une pollution majeure ailleurs. Ainsi de la Chine, qui accapare les deux tiers de la production mondiale de batteries, avec le respect de l’environnement que l’on sait, ou de la République démocratique du Congo dont les terres sont définitivement retournées et concassées pour extraire le cobalt. Mais pour nos « modernes » tartuffes, qu’ils soient à la Commission, au gouvernement, à la mairie de Paris ou « écologistes » autoproclamés, l’essentiel est que cette pollution ne se produise pas sur les quais de Seine...."   _______________

mercredi 22 septembre 2021

Pays Bas si tranquilles

 Dans une Europe bancale

                      On entend peu parler de nos voisins du Nord, si tranquilles et si discrets dans leur décor de carte postale convenu. Vu de Paris, on dirait qu'il ne s'y passe tien, ou presque.       Vu de Bruxelles, les Bataves apparaissent comme de bons élèves, voire de très bons partenaires, qui pèsent dans les décisions. Le passé marchand et prospère du pays a laissé des traces dans la gestion des affaires, au pays de l'abondance retrouvée. Tout va bien donc.      "... Quatrième puissance économique de l’Union européenne, dix-septième au niveau mondial, devant la Turquie ou l’Arabie saoudite, troisième de la zone euro en PIB par habitant4, derrière le Luxembourg et l’Irlande, mais devant l’Allemagne et la France, avec 40 160 € PIB/habitant, le royaume batave jouit, en dépit de la crise économique et sanitaire provoquée par l’épidémie de Covid-19, d’une économie et d’une croissance robustes, avec une récession presque deux fois moindre que dans la zone euro en 2020 (-3,7%) et d’une reprise prévue à 3,3% du PIB pour 2021 et 20225. Quant aux Néerlandais, ils seraient le sixième peuple le plus heureux du monde en 2020, d’après le World Happiness Report 2021, mené sous l’égide de l’ONU...."  Un bon élève, quoi!

            Sauf que cette prospérité tranquille doit beaucoup à une pratique peu vertueuse chez ce peuple qu'on a parfois qualifié de "radin": c'est un important paradis fiscal en Europe, comme le Luxembourg, aussi très prospère et pays d'accueil choisi notamment par Jeff Bezos, pour y prospérer tranquillou. Fiscalement, comme en Irlande ou à Chypre, c'est très intéressant d'y investir, aux dépends des pays voisins, partenaires et amis de Bruxelles, qui lève de temps en temps la voix sur les distorsions de ses principes peu appliqués. Certains autres voisins le font aussi, mais à un degré moindre.. A La Haye, on se déclare les meilleurs Européens, les plus fidèles, les plus stricts aussi: on se souvient du rôle important que jouèrent les Pays Bas dans les négociations avec Athènes au sujet de la dette. Un inflexibilité intraitable, à l'instar de Mr Schaüble. L'orthodoxie financière devait être préservée à tous prix, et quel prix! Il fallait sauver les banques et les fondements d'un libéralisme pur et dur.     Orthodoxie oblige. Malgré quelques entorses ..."  alors que le gouvernement dit « frugal » de Mark Rutte contestait le plan de relance européen à la suite de la crise sanitaire, l’ONG a dénoncé un double discours par la voix de son directeur Alex Cobham : « Les données historiques de l’OCDE récemment publiées confirment que, loin d’être un chef de file de la responsabilité fiscale, les Pays-Bas sont l’un des plus grands catalyseurs de l’abus de l’impôt sur les sociétés....Le manque à gagner fiscal pour ses cousins français, allemands ou italiens dépasse largement les frontières de l’Union. « Pour les centaines de milliards de dollars de profits réalisés par les multinationales américaines hors du territoire américain, les Pays-Bas sont le paradis fiscal numéro un », confirme le chercheur français de l’université de Berkeley Gabriel Zucman dans son livre La Richesse cachée des nations (Seuil, 2017). Pour une multinationale qui a installé une holding à Amsterdam, le schéma de base consiste à facturer des redevances de marque à ses filiales partout à l’étranger. Ces revenus remontent jusqu’à elle et ce sont autant de bénéfices qui ne sont pas taxés par l’Administration néerlandaise s’ils ne font que transiter. Tandis que tous les pays d’implantation des filiales voient leur échapper les recettes de l’impôt pour les activités qu’elles y réalisent. » Subtil.                              ______Le Parlement européen proteste bien un peu, mais sans conséquences...Les autorités du pays disent vouloir changer un peu le système, mais pas trop et...sans trop de hâte. Il y a des trous dans la raquette. Un pays qu'on dit "frugal": tout à fait quand il s'agit de solidarité à l'égard de partenaires moins favorisés ou lésés par ses pratiques, qui ne jouent pas dans la même cours, "Les premiers receveurs de profits artificiels" ont encore du temps devant eux avant qu'on ne change vraiment les règles. ________

mardi 21 septembre 2021

Mais jusqu'où ira Vincent?

 Où s'arrêtera-t-il?

                    Un empire, ça se construit       Avec la main basse sur le groupe Lagardère, le domaine d'influence  du mastodonte s'étend encore..."... l’arrivée de Vincent Bolloré est peu rassurante. L’homme est au contraire réputé pour son interventionnisme, comme il l’a encore montré récemment à Europe 1. Si personne, chez Hachette, ne s’avoue surpris du rachat du groupe Lagardère par le milliardaire breton, beaucoup craignent la perte de cette culture maison. Et se rappellent avec quel acharnement Vincent Bolloré a poursuivi en justice deux ouvrages publiés par des éditeurs du groupe, Informer n’est pas un délit (Calmann-Lévy) et Vincent tout-puissant (JC Lattès). Et bientôt, ce sera lui le patron..."   


     Il fait le ménage avec une méthode bien singulière: froide et calculatrice. Vise-t-il le monopole où le quasi monopole? Il y avait des lois pour éviter cela à une certain époque. La réduction de la diversité est la base de l'uniformité de l'information et de la concurrence faussée. Ce n'est pas qu'une affaire d'argent, mais aussi d'influences et de distorsion de l'information, surtout quand on a des préférences bien marquées: le patron protège Zemmour, C.News est sa tribune, où ne règnent plus que les gens de confiance. Connivence et intérêts. Après l'"épuration" à Canal et à Europe 1. Et il y a la face cachée.


______La main basse sur l'information par des intérêts privés continue, la concentration se poursuit. L'Etat ne pipe mot et continue à subventionner à l'aveugle. Le CSA réagit timidement. Le verrou médiatique se referme peu à peu. Une situation française atypique et inquiétante. Où est passé l'esprit de la charte de la presse, adoptée en octobre 1945 par la commission exécutive de la Fédération de la presse, qui précise que « la loi devra prendre les mesures nécessaires pour que les journaux appartiennent soit à des partis politiques ou groupements idéologiques, soit à des équipes essentiellement composées de personnes travaillant effectivement dans l’entreprise, de telle sorte que ces partis, groupements et équipes ne puissent être dépossédés ou dominés par des groupements capitalistes »?     Dix milliardaires possèdent l'essentiel de la presse française; il y a de quoi s'interroger.                                 L'empire empire....       _________

lundi 20 septembre 2021

Souffrance au travail

Il y a le travail et les conditions dans lesquelles il s'exerce.

                              On en parle peu. Mais elle existe bien, dans certaines activités professionnelles plus que dans d'autres, sporadiquement ou de manière prolongée     Certaines formes de management favorisent la souffrance au travail par les pressions qu'elles exercent, souvent insidieusement, sans caractères visibles en apparence. Les diverses formes de précarité montante y participent. Elles se masquent souvent derrière un détournement de langage assez insidieux, " une certaine "duperie lexicale, qui consiste à subtiliser et détourner des mots à connotation positive, comme « résilience », « care » ou « bienveillance » (des patrons avaient même osé une tribune appelant les entreprises au « capitalisme bienveillant », à lire - ou pas - dans Les Échos), est « devenue l’un des meilleurs chevaux de Troie de la logique néolibérale », selon Marwen Belkaid.   Évoquant cette récupération de la bienveillance par les dominants et l'inégalable puissance de corrosion des mots – et des idées qu’ils embrassent – qu’est le capitalisme, l’auteur décrit avec précision combien cette injonction de douceur faite aux salariés vêtit l’exploitation et l’aliénation d’atours respectables illusoires. Le mantra de la bienveillance agit comme une force de neutralisation des rapports de force et de la conflictualité au sein des entreprises. « Ne pas trop réclamer pour ne pas mettre en danger l’entreprise et donc des emplois ? Bienveillance. Accepter de subir sans broncher le management toxique présent dans certaines entreprises ? Bienveillance évidemment. » En oblitérant les rapports de domination, alors même que la « violence » issue des travailleurs est toujours dénoncée, ce travail d’aseptisation « est avant tout une manière d’anesthésier les luttes, voire de les tuer dans l’œuf. »                     ___ Un lourd dossier tournant autour de la souffrance au travail, qui déboucha sur de nombreux drames.

    C'était l'époque où France Télécom voulait à marche forcée se transformer en Orange, avec reconversions brutale
et exigences de résultats immédiats, dans le plus pur esprit du  new public management en vogue à l'époque, où on ne jurait que par la privatisation, dans l'esprit du plus pur libéralisme actionnarial.
   La fin d'un procès qui a trop duré et scandaleusement indulgent ne représente pas la fin du problème, celui de la souffrance au travail, qui ne se manifeste pas toujours de cette manière et qui affecte bien des secteurs d'activité et ce depuis longtemps, avec accélération dans les années 1990.
               "...Aujourd’hui, le nombre et la part des troubles psychosociaux dans les accidents du travail est en constante augmentation. Il paraît dès lors délicat de parler d’une époque révolue en ce qui concerne France Télécom et son management. Plus que des hommes, le procès France Télécom condamne un management borgne, focalisé sur l’intérêt unique de l’actionnaire. Il condamne également une réification par le management de l’humain, devenu simple objet qu’il faut gérer dans le processus de création de valeur. Pourtant, malgré l’ambition de ce premier jugement, il n’est pas garanti que les pratiques changent..."
          Au coeur du débat sur les retraites revient en surface la question de la pénibilité du travail. Une question difficile à analyser et à mesurer avec précision.
   La peine accompagne toujours plus ou moins toute activité laborieuse non choisie, la pénibilité fait partie intrinsèquement de certains métiers manuels, mais aussi intellectuels. Mais le stress intense et durable est un aspect bien connu, pouvant conduire l'individu au pire. A l'atelier comme à l'hôpital.
   Mais la souffrance au travail  n'est pas inéluctable. Elle dépend de conditions diverses qui peuvent être évitées ou changées, de facteurs organisationnels dépendant d'un type de production, pas seulement de simples rapports humains.      Il n'y a pas là de fatalité. L'absurde n'est pas une donnée intrinsèque du travail.
      La question de l' évaluation, telle qu'elle est pensée et menée renforce les pressions de toutes sortes, en devenant souvent contre-productive.
  Le problème n'est pas nouveau. Il devient même croissant, en tendant à se généraliser. Malgré la législation récente ici ou là, quand elle peut s'exercer.
           Mais il prend des formes nouvelles suivant les types de tâche et d'organisation du travail.
                 Gagner sa vie, ce peut être aussi la perdre physiquement, brutalement ou à petit feu, comme le montrait le document diffusé mardi soir sur France 5.

   L'activité de traitement ou de transformation de certains produits, de certaines matières, surtout sans précaution,  engendre des effets dévastateurs sur l'organisme, comme pour l'amiante, de triste mémoire. Mais il y en d'autres...

  Les formes de travail changent selon les activités et les relations dans la production.
   Le travail dit de force, les tâches traditionnelles de type  fordien régressent, mais les tâches répétitives sont à l'origine de nombreux troubles musculo-squelettiques.
    La souffrance psychologique et morale tient une place moins spectaculaire, mais elle n'en n'est pas moins réelle, avec le développement des nouvelles méthodes de gestion où l'obsession de compétitivité devient la règle, où la vitesse devient la norme, dans un nouveau cadre technique où la machine numérisée et ses algorithmes donnent le ton et le rythme, où la qualité des relations humaines souffrent d'une mise en concurrence systématique et génère parfois isolement et culpabilité, qu'on a pu appeler souffrance éthique.
    Depuis les travaux de Dejours, il a été montré que ces maux n'avaient rien de médical.
On parle toujours de burn-out  , mais aussi de bore-out.
      Il n'y a pas que le management brutal qui reste d'actualité.
La perte de sens dans le travail a des incidence sur la manière dont l'individu se juge, s'apprécie.
    La gestion par le stress, voulue ou non directement intentionnelle, reste une pratique connue, elle a fait des dégâts à France-Télecom. Mais pas seulement, et pas seulement hier.
         
 


    Depuis les travaux de Dejours, il a été montré que ces maux n'avaient rien de médical.
On parle toujours de burn-out  , mais aussi de bore-out.
      Il n'y a pas que le management brutal qui reste d'actualité.
La perte de sens dans le travail a des incidence sur la manière dont l'individu se juge, s'apprécie.
    La gestion par le stress, voulue ou non directement intentionnelle, reste une pratique connue, elle a fait des dégâts à France-Télecom. Mais pas seulement, et pas seulement hier.
          Le nouvel esprit du capitalisme , la mise en place d'une précarité de plus en plus grande, engendrant une crainte latente de déclassement ou de perte d'emploi,  le développement des tâches éclatées et souvent solitaires, la déstructuration de la vis sociale en général sont des éléments associés qui constituent la toile de fond de ces nouvelles formes de souffrances, qui peinent à s'avouer
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dimanche 19 septembre 2021

Petit billet dominical

__ En famille

__ L'après pétrole

__ Name and schame

__ Anti rumeurs

__ Modèle islandais

__ Mexique en tête

__ Zazie dans le métro

__ Géopolitique oblige..  

__ Liberté d'expression?!

__  Mosco, l'invariable

__ Aides agricoles en question               _______________________

samedi 18 septembre 2021

Air du temps

 ___S'envoyer en l'air. Tourisme spécial spatial

                Excitant sans doute, mais un peu cher.... Certains vont au Touquet, d'autres ont plus d'ambitions. Un super-tourisme qui n'est pas sans conséquences. Dix minutes de plaisir pour Jeff qui ne manque pas de moyens pour une publicité hors du commun. Les enfants gâtés du numérique marchand.     Mais on peut faire mieux. En associant narcissisme, gaspillage et philanthro-capitalisme...

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___Des toutous et des hommes 

                         On ne refuse plus rien à nos braves canidés, plus choyés que beaucoup de  nos concitoyens, surtout ceux qui survivent à grand peine. On ouvre des salons pour leur petit confort, ils ont leurs propres bars dans la capitale et on ne les enterrent pas... comme des chiens. Il sont leurs propres lieux de repos éternel. Cela donnerait des envies à certains, qui n'ont pas cette chance...

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