Ça va jazzer

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mercredi 30 novembre 2022

Afrique dépréciée

 Elle n'aurait pas d'histoire

                               Elle serait restée en marge. Comme une continent immobile et invariable. Une planère à part, en quelque sorte, une belle endormie que l'Occident conquérant aurait réveillé d'un sommeil profond, de traditions immuables. On reconnaît là l'essence des croyances qui ont fondé et entretenu la longue période coloniale, entretenus pas les a priori de ceux qui, ayant l'âme blanche, ne pouvait considérer les Africains que comme ayant l'âme noire, comme le disait  ironiquement Montesquieu, qui fit une critique sans concession de l'esclavage.   Même dans la période post-coloniale, et récemment encore, comme dans un célèbre discours de N.Sarkozy, on demande à l'Afrique d'entrer dans l'histoire, de rejoindre le club des pays blancs industrialisés.             Or dans l'immense continent africain, les événements ont suivi un autre cours qu' en Europe, depuis des origines qui furent communes et des voies originales, où la notion de civilisation avait un sens, comme le souligne tous les anthropologues. Il faut le répéter, car les préjugés sont encore tenaces: même méconnues pendant longtemps (et on comprend pourquoi) l'Afrique a fait du chemin et de manière parfois dynamique.                     Autrement dit, un vaste pan de la culture occidentale a longtemps véhiculé l’idée que l’Afrique était restée à l’écart de l’histoire et du progrès. Cela va de nos grands penseurs aux livres et aux films qui ont nourri des générations d’enfants. Dans des dessins animés de Disney, on voit des cannibales africains à peine vêtus faire mijoter gaiement leurs victimes dans d’énormes marmites suspendues au-dessus d’un feu. Parmi les philosophes, il y a pléthore d’exemples consternants. Voltaire ­disait des Africains : « Un temps viendra, sans doute, où ces animaux sauront bien cultiver la terre, l’embellir par des maisons et par des jardins, et connaître la route des astres : il faut du temps pour tout. » Hegel était encore plus radical : « Ce que nous comprenons en somme sous le nom d’Afrique, c’est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l’esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l’histoire universelle. » On entend encore aujourd’hui des échos de tels propos chez les dirigeants politiques occidentaux.... qui aimaient l'Afrique...pour les richesses et la main d'oeuvre qu'elle leur procuraient à bas prix.                      L' histoire du continent africain reste encore largement à faire. Il était supposé être immuable, dès qu'il fut découvert. Et le préjugé dura, renforcé par l' aveuglement colonial, qui avait besoin de maintenir le mythe de peuples-enfants, qu'il fallait mener au niveau de notre histoire, considérée comme LA référence et le modèle.        Depuis quelques décennies surtout, les études africaines, avec leurs limites, ont modifié enfin notre regard. L'histoire de ce continent dit mineur  a une histoire que l'on ne soupçonnait pas à une époque, histoire que l'on continue à mettre à jour peu à peu malgré les difficultés liées au manque d'archives.     Hors du fait que, c'est bien établi, l'Afrique de l'Ouest est le berceau de l'humanité. Notre histoire commence là.

       Certains peuples étaient déjà des navigateurs et des marchands, à partir d'une certaine époque: "...la palme d'or de la navigation revient très certainement aux Somaliens. Si, aujourd'hui, la Somalie rime avec pauvreté et piraterie, il y a quelques siècles, elle était plutôt synonyme de cités portuaires florissantes et abritait des commerçants qui faisaient partie des meilleurs de l'océan Indien. Ils entretenaient des contacts commerciaux avec l'Arabie, l'Inde, la Perse, l'Égypte, la Chine, Venise et, plus tard, le Portugal...."

          Oui, l'Afrique a une histoire. Et quelle histoire! Partiellement connue. Largement méconnue.  Contrairement aux nombreux préjugés toujours tenaces, entretenus par l'ignorance, les clichés longtemps répandus, certains propos publics, même en haut lieu:

 Le discours de Dakar où Sarkozy déclara sans sourciller, sans doute victime de son "nègre" , disent les plus indulgents: " le « drame de l'Afrique » vient du fait que « l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès ."   Les Africains seraient donc restés de grands enfants, qu'il (nous) resterait à éduquer. Un ethnocentrisme qui régna au coeur de l'entreprise coloniale et dont il reste des traces.    Un européocentrisme étriqué, un essentialisme tenace et une ignorance sidérante.  On le sait mieux maintenant, l'Afrique a une histoire. On peut le savoir...après tant de silences   Certes, l'Afrique bouge sous nos yeux actuellement, du moins certains pays plus que d'autres, chapeautés par l'aide chinoise ou non, certains ne s'étant pas encore relevés de la potion amère du FMI et des fonds vautour.
  Mais elle l'a toujours fait, si l'on met entre parenthèse la période coloniale où l'Europe se partageait le gâteau.
       Ce continent oublié, ce passé occulté nous revient aujourd'hui après tant             Pour les colonisateurs, l'Afrique était une page vierge où l'Europe allait inscrire ses valeurs, au nom d'une civilisation de référence et d'intérêts bien compris. Pour s'installer en Afrique et l'exploiter en toute bonne conscience, il fallait bien "infantiliser" ce continent de grands enfants, comme l'avait bien vu déjà ironiquement Montesquieu:
   "Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :Les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres._Le sucre serait trop cher, si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves._Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre._On ne peut se mettre dans l’esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir..."
 

    Après la période coloniale, la Françe-Afrique a pris le relai, faisant mine de gérer l'indépendance, comme au Gabon, où Sarkozy, et d'autres, ont réécrit l'histoire
   Paris a forcé la main aux Africains: "... l'indépendance imposée aux Africains, bien que décidée par Paris avec la bénédiction de Washington au gré des préjugés les plus réactionnaires et de vils calculs, fut présentée comme le triomphe des idées progressistes, de la liberté, de la modernité politique et, ironie suprême, de la volonté des Africains."
    L'Afrique de "Papa" n'est pas tout à fait finie... L'imposition du franc CFA reste une des traces de cette subordination.
  L'Afrique, si diverse, n'est "en retard" que par rapport à nos modèles de développement, mais elle pourrait bien nous étonner par les chemins originaux qu'elle pourrait prendre à l'avenir. "L'Afrique est mal partie", disait R. Dumont après les décolonisations officielles, mais elle pourrait bien un jour nous surprendre.. 
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mardi 29 novembre 2022

Aveux

 Secrets des cabinets

                  Faute avouée....peut-elle être pardonnée? Notre Bruno a lâché le morceau: oui, il y a bien eu abus. L'Etat s'est déchargé de certaines de ses fonctions importantes en faisant confiance à des cabinets de conseil privés, qui  ne travaillent pas pour rien et qui n'aiment guère être contrôlés, même dans des matières sensibles comme l'éducation ou la santé, voire plus...C'est une enquête du Sénat qui a officialisé les soupçons. Mais s'agit-il seulement d'"abus"? C'est le principe même de l'interférence du public et du privé qui est en question. Que deviennent les fonctions régaliennes quand des cabinets, dont le profit est le moteur, sont sollicités ainsi. C'est plus que de la négligence ou de la facilité, c'est une illustration (de plus) que l'intérêt général n'est plus une référence absolue, que l'Etat faillit, une forfaiture.                                                                                 


   ____ Le phénomène a duré, même après les critiques sénatoriales La consultocratie  s'est prolongée. Depuis le temps que la pratique s'était installée! Il ne s'agissait pas seulement de conseils techniques occasionnels... Les Infiltrés, traite de la question plusieurs fois débattues  de la place et du pouvoir des firmes de consulting (le plus souvent anglo-saxonnes) qui se sont immiscées au coeur de l'Etat et de beaucoup de ses administrations, surtout depuis les années 1990, dans les sillage des dogmes néolibéraux de R.Reagan et M.Thatcher, selon lesquels "l'Etat est le problème".         Ce que les fonctionnaires de l'Etat français faisaient et savaient faire a été peu à peu délégué à des officines privées, même dans le domaine de la santé, pour repenser les normes et réorganiser la logique de la "gouvernance", plus proche de celle du domaine privé. Avec le souci prioritaire de l'efficacité à courte vue et de l'économie prétendue..alors que ces organismes privés sont grassement payés, pesant lourdement sur les finances publiques.                                                                           "Depuis vingt ans les consultants se sont installés au cœur de l'État. Gestion de la pandémie, stratégie militaire, numérisation de nos services publics...: les cabinets de conseil, pour la plupart anglo-saxons, sont à la manœuvre dans tous les ministères. L'État a payé pour se dissoudre. Ce livre relate ce suicide assisté.    C'est l'histoire d'un putsch progressif, presque rampant, sans effusion de sang mais qui, de l'intérieur, a changé la France. Depuis vingt ans, les consultants se sont installés au cœur de l'État. Gestion de la pandémie, stratégie militaire, numérisation de nos services publics... : les cabinets de conseil, pour la plupart anglo-saxons, sont à la manœuvre dans tous les ministères. On les retrouve même au cœur de nos services de renseignement.      L'histoire de cette infiltration n'a jamais été racontée. Et cette prise de pouvoir encore moins démocratiquement approuvée. Les choses se sont faites par acceptations ou résignations successives. Il ne s'agit en rien d'une conspiration. L'État a été parfaitement consentant. Il a payé pour se dissoudre. Et dépense chaque année toujours plus pour s'effacer. Ce livre relate ce suicide assisté."                       ____Les principaux cabinets comme Mc Kinsey, contribuent fortement à mettre l'Etat en mode start-up, avec la bénédiction de hauts fonctionnaires acquis à la cause, notamment avec l'impulsion sarkozienne et de E. Woerth. 
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lundi 28 novembre 2022

Le LOUVRE chez les Ch'tis

 10 ans déjà!

              Un pari réussi

                             Exposition sur Champollion.  200 ans...

                                                              ________________


Vers une nouvelle Allemagne?

Un tournant

           Du "doux commerce" à la puissance?

                                             Le départ d'Angela, qui avait cédé naïvement aux charmes du Tsar, laissant son prédécesseur gérer le géant Gazprom, surtout pour les intérêts des puissants groupes industriels allemands, et les revers auxquels nous assistons donnent à penser que la coalition aujourd'hui à Bonn est sur le point de faire sortir le pays de décennies de "pacifisme" assumé, à l'ombre de l'Otan et du parapluie de Washington. Certes, ce n'est pas le réarmement revanchard et sournois des années 30, mais c'est une volonté de devenir relativement autonome au sein de l'Union et d'investir massivement dans les armements défensifs, vu les menaces qui planent.. La rupture russe est passée par là, comme le conflit à haut risque qui se déroule non loin de ses frontières.                                                                                                         Comme le signale Wolfgang Streeck, ce virage n'est pas surprenant, mais ne manque pas d'ambigüités et de risques, surtout devant la menace d'une possible intervention nucléaire: "...Après le tournant historique de la politique étrangère allemande (Zeitenwende) décidé par Scholz, l’Allemagne se déclare de plus en plus prête à devenir la nation phare de l’Europe. Dès lors, sa politique intérieure devient plus que jamais une question d’intérêt européen. La plupart des Allemands se représentent la guerre nucléaire comme une bataille intercontinentale entre la Russie (anciennement l’Union soviétique) et les États-Unis, avec des missiles balistiques porteurs d’ogives nucléaires traversant l’Atlantique ou le Pacifique. L’Europe pourrait être touchée ou non, mais comme le monde serait de toute façon plongé dans un abîme, il semble inutile d’envisager cette possibilité. Craignant peut-être d’être accusés de « Wehrkraftzersetzung » (subversion de la force militaire, passible de la peine de mort pendant la Seconde Guerre mondiale, ndlr), aucun des « experts en défense » allemands, soudainement très nombreux, ne semble disposé à prendre au sérieux les avertissements de Joe Biden, qui évoque un « Armageddon » en cas d’usage de l’arme nucléaire.   Si une escalade nucléaire venait à avoir lieu, une arme de choix est une bombe nucléaire américaine appelée B61, conçue pour être larguée depuis des avions de chasse sur des installations militaires au sol. Bien qu’ils aient tous juré de se consacrer « au bien-être du peuple allemand [et] de le protéger contre tout danger », aucun membre du gouvernement allemand ne souhaite parler des possibles retombées que pourrait produire l’utilisation d’une B61 en Ukraine. Au vu du risque d’élargissement du conflit récemment posé par l’explosion d’un missile en Pologne, la question mérite pourtant d’être posée : où donc les vents porteraient-t-ils les retombées radioactives ? Combien de temps la zone entourant un champ de bataille nucléaire serait-elle inhabitable ? Combien d’enfants handicapés naîtrait-il à cet endroit et aux alentours dans les années qui suivrait une telle attaque ? Tout cela pour que la péninsule de Crimée puisse rester ou redevenir propriété de l’Ukraine…"   


                                                                                                   _______L'impensable est devenu possible. Ce qui rajoute à l'incertitude de Berlin, dont la puissance économique a pu être qualifiée de fragile. La fracture est inédite, l'opinion est divisée et les risques de durcissement ne sont pas nuls. Les relations avec Paris sont laborieuses et peinent à rétablir un semblant d'harmonie: "...
La visite éclair de la Première ministre française à Berlin (une heure !), vendredi après-midi, était surtout faite pour rassurer. Les deux chefs de gouvernement se sont présentés à la presse avec des formules toutes faites pour célébrer le «couple» historique. «Plus les temps sont difficiles, plus les relations franco-allemandes sont importantes», s’est félicité le chancelier Olaf Scholz avec un petit sourire pincé«Nous avançons bien [depuis le report du conseil des ministres franco-allemand annulé le 19 octobre pour cause de graves désaccords, ndlr]», lui a répondu Elisabeth Borne...".  Malgré de difficiles compromis, les tensions restent grandes entre ce qu'il reste du fameux couple franco-allemand, condamné à se rabibocher au nom d'intérêts supérieurs, pour contrecarrer les arrières pensées du Tsar...
        ___Une dépendance problématique...      ______________

dimanche 27 novembre 2022

Méli mélo

__ Les pauvres!...

__ Langue unique?

__ Regrets tardifs?         

__ Scandale avéré

__ Baba-fanas

__ Aveuglement

__ Abandon coupable?

__ Quelle succession?

__ Hommes battus

__ Faire son métier

__ Grands corps malades

__ Moral dans les chaussettes

__ Pour un récit alternatif

                                   ______ Revue de PRESSE ____________________

samedi 26 novembre 2022

Consommez, disent-ils...

           Mimétisme marchand.

                                       Il est souvent de bon ton, surtout en certaines périodes, comme celle du Black Friday, de fustiger le consumérisme parfois débridé de nos sociétés. Or, il faut introduire ici des distinctions et des nuances. Quelle type de consommation? Consommation pour qui? A-t-elle son sens en elle-même ou n'est-elle pas d'abord l'effet d'un certain type de production? Un effet et non pas une cause. Comme le remarquait un intervenant sur la Cinq hier soir, c'est la production qui crée les besoins, qui sophistique à l'infini ceux qui sont naturels et nécessaires, qui en invente sans cesse de nouveaux par des incitations largement inconscientes, comme le préconisait déjà Bernays à son époque, à l'aube de l'American Way of live. Le marketing (même vert), sans cesse renouvelé) en est devenu  le moteur de fonctionnement. La jouissance et la frustration permanente sont les ficelles du système, dans une optique uniquement court-termiste. L'aboutissement: une sous-citoyenneté infantilisée, une solidarité en miettes, des générations du tout-à-l'ego.                                                                                                               ______C'est le temps de la fièvre acheteuse, habilement créée par le système et les médias à son service. Si certains peinent à terminer leurs mois et comptent leur derniers euros, d'autres se laissent happer par le fièvre acheteuse. Acheter pour exister, c'est ce à quoi nous pousse un système productif et ses relais marchands. Je consomme, donc je suis. Tout nous pousse à trouver le sens de notre vie dans l'acte marchand et dans la différenciation sociale qu'il confère: consommer, c'est se distinguer. Pas seulement pour les voitures et les objets aussi luxueux qu'inutiles. L'image de soi en dépend. Le narcissisme est fondateur. C'est le rush, annonciateur de futures ruées frénétiques.

    Les centres commerciaux préparent l'ambiance, chauffe le public (favorisé, surtout), en vue du grand Noël des superprofits.   Amazon a ouvert le bal. Les autres suivent par mimétisme marchand.                             Mon grand-père paysan, qui vivait presque en autarcie, consommait très peu, dans les rares magasins du village ou de la ville voisine. Un costume pouvait durer quasiment une vie, comme une paire de chaussures neuves, qu'on faisait réparer régulièrement. En dehors de cela, quelques biens de consommation courante qu'on ne produisait pas à la ferme.

      Avec le capitalisme marchand, devenu hypertrophié, à partir des années 70, nous sommes entrés dans un ère de consommation généralisée, voire d'hyper-consommation. L'acte d'achat est devenu central dans beaucoup de vies, sans relief ni idéal, voire désespérées, permettant d'oublier, dans des temps considérés comme forts, d'excitation fiévreuse. la banalisation de la vie.
    Acheter, toujours acheter est devenu un leitmotiv, qui finit par envahir les vies jusqu'à la saturation, du moins pour les plus favorisés. On prépare les futures orgies de Noël.
    L'acte d'achat est devenu souvent une fin en soi, les vrai besoins étant passés au second plan, comme les plaisirs authentiques et simples et la satisfaction étant toujours compromise dans une fuite en avant qui n'a plus de sens..

    Cette hyperconsommation a ses temps forts, comme le jour du Black Friday, où les promotions réelles ou factices attirent le chaland, donnant aux prix une valeur de plus en plus problématique.
    C'est la chasse individualiste à la promo, devenue facticement une urgence. Y aller avant les autres ou contre les autres s'il le faut. Les fauves sont lâchés.
   Les valeurs consuméristes ont pris le dessus, stimulées par une publicité de plus en plus habile et persuasive. Bernays avait ouvert la voie.
   Le mimétisme marchant, prenant parfois des formes extravagantes, finit par miner les existences en tuant le désir.

  Les "vedettes" ouvrent le bal par leurs folles dépenses, qui renforcent les frustrations.
    C'est le piège, la drogue dure, qui peut miner une vie.
 C'est une fuite en avant illusoire, mettant en péril les conditions de survie de notre planète.
   La dictature des consommateurs qui répond à celles des producteurs et des marchands, qui ont toujours un temps d'avance, n'est pas sans conséquences sur notre futur proche.
   Mais qui s'en soucie?
Certains font de la résistance et réfléchissent à une vie juste raisonnable, frugale même, mettant en accord leur vie et leurs principes. dans une consommation responsable Ils sont trop   minoritaires encore.
  Le mythe du client-roi a la vie dure.
       Et le citoyen dans tout cela, dans l'ère de l'individualisme engendré par les marchands d'illusions?

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vendredi 25 novembre 2022

Varia

 1.  Il serait temps!...

2.  Avenir des maths

3.  Corsitude                       

4.  Recyclage

5.  EDF: risques   

6.  Roman noir

7.  La crise et le sens

8.  Iran et contagion

9.  EN: ça devient sérieux!...

10.  Il n'y a pas que sur les chantiers            __________________

jeudi 24 novembre 2022

Cheminements

    Ici et là...

                     _______La marche, c'est l'homme...._____________

Assurances chômage: nouveau code

Les réformes se succèdent et convergent étrangement

      La nouvelle "météo sociale" ne convainc pas...

                       Dans leurs objectifs essentiels, biaisés le plus souvent. Qui reverra la copie? Les analyses sont un peu courtes, les allégations approximatives, les préjugés ont ma vie dure:   "...Chômeur = profiteur. Cette rengaine, tenace, est souvent mobilisée à l’occasion de réformes touchant aux prestations sociales. Dans les faits, pourtant, les chiffres communiqués par l’Unédic, l’organisme ne charge de la gestion de l’assurance chômage dressent un tout autre tableau. Sept chômeurs indemnisés sur dix reçoivent une allocation durant moins d’un an. Près de la moitié des bénéficiaires de l’allocation chômage travaillent en parallèle, même quelques heures par mois, ce qui peut faire baisser leur indemnisation.   Quant à la prétendue générosité des allocations, qui n’inciterait pas les demandeurs d’emploi à reprendre un travail, les chiffres disent aussi tout autre chose. En moyenne, les personnes indemnisées au titre de l’assurance chômage perçoivent une allocation de 960 euros nets par mois, soit un montant inférieur au seuil de pauvreté (fixé à 60 % du niveau de vie médian), de 1128 euros par mois.  L’Insee souligne que la pauvreté « touche en premier lieu les chômeurs », dont 38% vivent sous le seuil de pauvreté. Les femmes sont encore plus impactées par cette précarité, en raison de postes en temps partiel subis et d’une moindre rémunération, ce qui fait automatiquement baisser leurs indemnités chômage. Les femmes indemnisées perçoivent en moyenne 900 euros par mois, contre 1160 euros pour les hommes dans la même situation, selon les chiffres de l’Insee..."     


                                                                         __    Les voyants sont au vert, disent-ils. Quelle est la nature de ces voyants? Pour quels types de population et de formation? Et ceux qui sont exclus dès 55 ans? "...
Pour donner une apparente bonne figure à sa réforme, Olivier Dussopt a vanté, devant la presse, « deux mécanismes de protection ». Le premier consiste à « rendre » aux chômeuses et aux chômeurs arrivés en fin de droits la durée amputée par la réforme, si la situation économique s’est dégradée depuis leur inscription à Pôle emploi. 
Le second est de ne pas modifier la durée minimum d’indemnisation. « Aucun demandeur d’emploi ne pourra être indemnisé pour une durée inférieure à six mois », garantit le ministre. Encore un faux-semblant. La première réforme de l’assurance-chômage, entrée en vigueur 
il y a à peine un an, avait durci cette durée minimum, faisant passer de quatre à six mois de travail la durée nécessaire pour percevoir des allocations-chômage. Le mécanisme de protection, vanté par le ministre, n’est ni plus ni moins qu’un maintien de mesures déjà passées sous le rouleau compresseur..."                                                                     La logique jupitérienne se poursuit.  Une vague de fond qui affecte les anciennes solidarités, sous la pression du modèle néo-libéral  _____________

mercredi 23 novembre 2022

Redécouvrir F Hals

 L'art du portrait 

       Une riche galerie

                    L'expressivité comme passion


                                                                                                      

Sur la COP 27

Deux mots seulement...

                      Car il n'y a pas grand chose de hautement significatif à en dire...Elle est à peu près comme les autres, quelques engagements en plus. Depuis Paris, les promesses ont été nombreuses. Pour les effets, on verra, mais cela urge. La lenteur reste encore bien d'actualité.   


                                                                                                                                                                              "...Sous l’impulsion des États-Unis, les pays développés ont promis en 2009 de transférer au moins 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 vers les pays en développement au titre de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique. En 2015, la promesse a été inscrite dans l’Accord de Paris. En 2020, le compte n’y était pas (83 milliards selon l’OCDE). Et il ne devrait pas l’être avant 2023, d’après le Climate Finance Delivery Plan.  Une seconde pomme de discorde concerne l’interprétation de l’article 8 de l’Accord de Paris sur l’approche concertée face aux « pertes et dommages » induits par le réchauffement climatique. Les pays moins avancés ou insulaires, lourdement impactés, revendiquent des transferts au titre de ce qu’ils appellent la « dette climatique » des pays riches en se heurtant jusqu’à présent à un front du refus.  Les pays moins avancés n’ont pas accès à des financements parfois conséquents que peuvent obtenir certains pays émergents au titre de la reconversion de leurs infrastructures énergétiques. L’Afrique du Sud et l’Indonésie ont par exemple respectivement obtenu 8,5 et 20 milliards de dollars
 pour accélérer la sortie du charbon dans le cadre de partenariats avec des pays développés.    Le contentieux est enfin attisé par l’aggravation récente de la précarité énergétique et de l’insécurité alimentaire dans le monde...."   

                                                                Ces grandes manifestations mondiales sont surtout des caisses de résonnance des opinions publiques, plus ou moins concernées, plus ou moins informées sur les urgentes questions climatiques. Les pays d'Afrique, notamment, restent sur leur faim, très incertains que les pays industrialisés soient à la hauteur de leurs moyens et de leurs ambitions proclamés. _________

mardi 22 novembre 2022

Un certain 22 novembre

Point d'histoire:

        Les canuts de Lyon 

          "...  Casimir Perier déclare à la Chambre des députés : « Il faut que les ouvriers sachent qu'il n'y a de remède pour eux que la patience et la résignation ». Il n'aura guère le temps de savourer son succès. Épuisé par le travail, il contracte le choléra lors d'une visite auprès des malades à l'Hôtel-Dieu de Paris et meurt le 16 mai 1832.  Dans le Journal des débats, le 8 décembre 1831, Saint Marc Girardin, conseiller d'État, exprime la frayeur des classes possédantes face à la révolte des canuts, si nouvelle dans son principe : « La sédition de Lyon de 1831 a révélé un grave secret, celui de la lutte intestine qui a lieu dans la société entre la classe qui possède et celle qui ne possède pas.. Notre société commerciale et industrielle a sa plaie comme toutes les autres sociétés ; cette plaie, ce sont les ouvriers. Point de fabrique sans ouvriers, et avec une population d'ouvriers toujours croissante et toujours nécessiteuse, point de repos pour la société [...].Les barbares qui menacent la Société ne sont point au Caucase ; ils sont dans les faubourgs de nos villes manufacturières ».

                                                               __________________________

Hanouna: le trou noir

 Pluralisme dévoyé

                               On ne peut pas dire que les chaînes privées nous offrent le meilleur en termes de prestations culturelles ou d'informations dignes de ce nom. Ce qui ne veut pas dire que les chaînes publiques, ou ce qu'il en reste, brillent toujours. C'est un hyper-euphémisme. L'une se fait singulièrement remarquer ces derniers temps. Ce ne serait rien si elle n'attirait autant de voyeurs spectateurs à une heure de grande écoute, sous couvert de "liberté d'expression" .             Sur C8, on a affaire à un vrai "Baba système" au service de Bolloré, l'heureux propriétaire de CNews, dont on connaît la ligne éditoriale.  Derrière l'aspect prétendument bon enfant des débats, on a à faire à modèle populiste pur avec une banalisation de l'extrême-droite au passage. Une mécanique de la récupération, au service de la voix de son maître.   


                                                                                           Comme l'analyse Christian Salmon       : " 
On n'a pas fini de «déconner» avec l'affaire Hanouna. Comment faire autrement? On ne peut en effet que «déconner» à vouloir analyser le «déconneur» en chef de «Touche pas à mon poste». Ces «conneries» revendiquées et auto-entretenues ne sont pas de simples dérapages, des séquences plus ou moins calibrées pour choquer et stimuler l'audience.    «Déconner», ce n'est pas pour Cyril Hanouna commettre une faute ou braver un interdit. C'est un mode opératoire qui est devenu dominant et qui préside aux échanges dans les médias ou les réseaux sociaux. «Déconner», c'est repousser la frontière de ce qui est dicible dans le débat public. L'indignation en fait partie. Elle souligne cette frontière, elle signale qu'elle a été franchie. En tant qu'acteurs plus ou moins consentants de la vie numérique, nous ne sommes pas seulement «pris au mot» mais «pris au clash» par le système Hanouna, emportés dans la spirale du discrédit qui fait valser les raisons et les légitimités et qui ruine l'espace même dans lequel notre indignation pourrait prendre pied, assoir sa légitimité.   Le clash entre l'animateur de TPMP et le député Louis Boyard dépasse désormais ses seuls protagonistes. Le feu qui s'est déclaré sur le plateau de C8 le 10 novembre dernier s'est propagé très vite au-delà des studios de Boulogne-Billancourt jusqu'aux bancs de l'Assemblée nationale, aux réseaux sociaux et aux médias. L'Arcom, l'autorité de régulation de la communication audiovisuelle, s'est trouvée assaillie de signalements. Elle vient de mettre en demeure TPMP dans le traitement de la mort de Lola.    L'affaire Hanouna s'auto-entretient depuis une semaine. Habilement utilisée par l'animateur, qui a élargi le cercle de ses attaques à ses nombreux contradicteurs, l'affaire nourrit l'affaire, le scandale attise le scandale. L'émission trouve désormais sa matière, ses sujets, ses cibles, ses polémiques, en elle-même ou plutôt en lui-même....Le plateau d'Hanouna n'est pas un forum. C'est un trou noir. Son véritable but, ce n'est pas d'échanger des opinions ou des arguments, mais d'empêcher tout échange, de réduire tout dialogue à une tempête d'insultes et de provocations. Il ne s'agit pas de convaincre ni même de séduire, mais de surfer sur le discrédit de la parole politique. Logique de dévoration qui a pris la place de la délibération démocratique...."     __________________

lundi 21 novembre 2022

Ce que penser veut dire

Novlangue: toujours d'actualité

                 Les mots sont importants. Langue appauvrie: pensée pauvre

                                Un instrument de domination. Le contrôle de la pensée.

                           ICI:                                                                                    

https://youtu.be/bxuWO71hrkE

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Dérives à Jérusalem

 Bibi reprend la route....

                       Il n'est pas inutile de rappeler pour commencer que la critique de certains aspects de la vie politique israëlienne ne peut être taxée d'antisémitisme, comme certains, qui ont intérêt à cet amalgame grossier, le proclame régulièrement, à Tel Aviv comme ailleurs. Sinon, combien de Juifs, croyants ou laïcs, israëliens ou pas, pourraient l'être aussi!..                            ___Bibi reprend donc du service dans un contexte complexe, après des élections troublées, qui ont vu la  droite extrême prendre un peu plus d'ascendant. Le sionisme radical rebondit. Ce sont même les partis religieux les plus radicaux qui vont avoir la capacité de tenir le haut du pavé, comme le regrette le journal d'opposition Haaretz: "...« Un gouvernement ultra-religieux, quasi fasciste, que ce pays ne méritait pas », résume le quotidien Haaretz. Un tournant historique en direction d’un régime « illibéral ».Tout indique pourtant qu’il sera accueilli dans une relative indifférence de l’opinion publique. Indifférence d’autant plus surprenante que depuis la création de l’État, il y a près de 75 ans, les épisodes majeurs de l’histoire politique israélienne ont provoqué des manifestations populaires spectaculaires..." Comme le signale aussi Courrier International, dans l'indifférence la plus totale. La lassitude des instances internationales est manifeste, tout comme l'absence de réaction des pays naguère soucieux de la défense des droits palestiniens, qui ne croient plus à de possibles négociations. Depuis l'assassinat de Rabin, le pays a basculé dans le rapport de forces et la division. Il n'y aura pas de miracle à Jérusalem...  (*)      Ça craint...                                          ___Le retour de Bibi souligne aussi le renoncement d'une certaine gauche, attachée à certaines valeurs naguère défendues, comme le signale un journaliste israëlien: "...Pendant des années, les Israéliens ont parlé du «peuple élu», de l’Holocauste après lequel tout est permis, des Arabes qui veulent nous jeter à la mer, de notre droit à la terre en raison des récits bibliques, de l’Armée de défense d’Israël (Tsahal) comme l’armée la plus morale du monde, de David contre Goliath, des Arabes israéliens comme une cinquième colonne, du monde entier qui est contre nous et du fait que quiconque nous critique est un antisémite. Que pensions-nous qu’il ressortirait de tout cela? Ben-Gvir, en fait, a pris son temps. Il aurait pu faire son grand tabac il y a longtemps. C’est ce qui arrive quand vous avez un Bolsonaro et pas de Lula en face de lui. C’est ce qui arrive lorsque les cris de «Mort aux Arabes», qui seront désormais répétés dans les écoles lors de la réunion matinale, n’ont pas été accueillis par un seul cri de «Liberté pour les Arabes». C’est là que ça a commencé, c’est là que ça se termine. (Article publié sur le site du quotidien Haaretz, le 3 novembre 2022)                 Il existe maintenant un populisme israëlien qui n'a rien à envier à d'autres, qui fleurissent à Washington ou ailleurs. Dans les territoires palestiniens, la politique de "grignotage" des terres continuent. Personne n'ose plus élever la voix, de peur d'être taxé d'antisémitisme. Le piège a bien fonctionné.  L'Europe paie mais ne dit rien. Le cynisme est à son comble. Rabin et Barak avaient vu juste sur ces dérives possibles, malheureusement. Certains y voient le risque d'une nouvelle explosion, plus radicale que les précédentes.


                    (*) "...A l'issue des élections législatives  israéliennes, Benyamin Netanyahou s'impose, une fois de plus, comme le leader du parti le plus puissant d'Israël et l'axe autour duquel s'organise la vie politique du pays. Les résultats définitifs devraient être publiés d'ici jeudi, ou vendredi au plus tard, mais les premiers éléments indiquent que le bloc qu'il a réussi à créer avec le Likoud, deux partis ultraorthodoxes et le Parti sioniste religieux, va probablement dominer la 25e Knesset. Les quatre mouvements pro-« Bibi » bénéficient tous d'une dynamique positive et ont tous gagné suffisamment de voix pour lui assurer, en principe, une majorité de plus de 61 sièges, sur les 120 que compte l'assemblée législative israélienne. Signe de l'importance que les Israéliens apportaient à ces élections, les cinquièmes en moins de quatre ans, la participation a atteint un taux record de 71,3 %.    Pourtant, c'est une victoire en demi-teinte pour « Bibi », car l'équilibre des forces au sein de son camp l'assujettit à ses alliés. Les partis ultraorthodoxes, qui comptaient 16 députés jusqu'à présent, devraient en aligner une vingtaine. Mais c'est surtout la percée du Parti sioniste religieux qui change la donne : avec 14 sièges, ce mouvement d'extrême droite devient la troisième force politique du pays. Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, les deux leaders de ce mouvement, unis par la volonté de Netanyahou, ne cachent désormais plus leurs ambitions. Ils entendent peser lourdement dans le futur gouvernement : le premier se verrait bien au ministère de la Défense et le second à celui de la Sécurité intérieure.  Mardi soir, deux heures après les premiers résultats, Itamar Ben Gvir a fait une entrée triomphale dans les salons du Vert Hotel de Jérusalem, aux cris de « Ben Gvir, premier ministre ! » Désormais, a-t-il annoncé, les soldats et la police seraient « soutenus » dans un contexte tendu en Cisjordanie. « Il est temps pour nos enfants de marcher dans la rue sans crainte ; il est temps de réaffirmer notre domination sur ce pays », a-t-il proclamé, promettant à ses militants le retour d'un pouvoir « qui protégerait la terre d'Israël et coloniserait la Judée et la Samarie », ainsi qu'il désigne la Cisjordanie occupée..."_______________________