Ça va jazzer

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samedi 30 septembre 2023

Au train où ça va...

Il y a encore des progrès à faire...

         Réformer devient compliqué, quand on a tué le malade


        Une dérive évitable. Le redressement va être long...        _________________

Nucléaire: le grand tournant?

Renaissance inattendue...

         Vers uns Europe nucléarisée?

        Il était voué aux gémonies. De par son coût et surtout ses dangers potentiels. Surtout depuis Fukushima, qui a constitué une date charnière pour réorienter la production énergétique. La France se laissa aller à un jeu de yoyo technico-financier qui a mis à mal ses orientations passées. Nécessité fait loi. l'électricité décarbonée est devenue un impératif. Il s'agit de choisir le moins pire. Le pragmatisme s'impose. Pas seulement en France. Des investissements gigantesques, une mobilisation massive et l'appel aux capitaux privés sont envisagés. L'intendance suivra-telle? Car le temps presse et les chantiers s'étaleront dans la longue durée. L'Allemagne reste sur ses positions, dans la ligne de Merkel. Les Ecolos eux-mêmes sont partagés et les discussions, enflammées.


                              "...De quoi plonger les cadres d’EELV dans l’embarras, alors qu’un changement de rapport de force en faveur du nucléaire est observable depuis quelques années dans l’opinion publique. Le zèle pro-atome du gouvernement, qui organise jeudi 28 septembre une conférence internationale à Paris au titre éloquent – « Accélérer le recours à l’énergie nucléaire pour parvenir à la neutralité carbone » n’est pas pour rien dans la formation de ce nouveau paradigme....À deux semaines de la convention de Pantin, des voix s’élèvent toujours pour que le parti ne se ferme pas à cette frange pronucléaire de ses sympathisant·es. « Il y a une approche pronucléaire progressiste, de gauche et écolo. J’appelle EELV non pas à être pour le nucléaire, mais à ce qu’on puisse marcher main dans la main pour l’écologie politique », plaide ainsi Camille d’« Après l’Effondrement ».                                                               Il a d’ailleurs signé un « appel de militants écologistes à EELV » (à l’initiative de sympathisant·es d’EELV, membres d’associations comme le Shift Project, La Fresque du climat ou Pour un réveil écologique), qui circule ces derniers jours sur X et devrait être publié avant le 14 octobre, demandant au parti de « remettre en question [le] refus par principe de certaines technologies comme le nucléaire civil ou les OGM »« Ces questions doivent pouvoir être débattues au sein du mouvement, ou tranchées par le peuple français », défend l’appel.  Nicolas Barla, élu EELV à la Métropole de Lyon (Rhône) – connu en interne pour ses positions pronucléaire –, l’a signé, de même que Léa Falco, membre du collectif Pour un réveil écologique, dont le manifeste a été signé par 33 000 étudiant·es. Interrogée par Mediapart, cette dernière estime qu’un aggiornamento du parti est nécessaire sur le sujet, tout en plaidant pour la sortie des énergies fossiles « de manière claire, y compris du gaz ». « L’opposition au nucléaire d’EELV est aujourd’hui une contradiction insurmontable pour une opinion publique dont la sensibilité aux sujets écologiques augmente, dit-elle. C’est un repoussoir symbolique d’autant plus grand qu’il paraît incompréhensible au vu de la gravité de la situation et de l’urgence de la sortie des énergies fossiles, que le rapport de RTE [le gestionnaire du réseau français de haute tension – ndlr] de la semaine dernière a encore rappelé – et au vu des paris technologiques qu’engendrerait un mix 100 % énergies renouvelables. »                                                                                                                                                  L’un des rédacteurs de l’appel, un shifter, affirme qu’il a atteint les 500 signatures. Il explique : « Chez les sympathisants d’EELV, ce constat est largement partagé. C’est moins vrai pour les militants, et encore moins parmi les cadres. On veut rendre visibles les gens qui ne sont pas satisfaits du statu quo actuel. On peut trancher des désaccords par des moyens démocratiques – un référendum ou une convention citoyenne –, mais au lieu de ça, on s’enferre dans une guerre de tranchées sur le nucléaire. Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, on ne peut pas jouer au “stop and go” indéfiniment. »      Non seulement l’industrie de l’atome a donc réussi à se replacer au centre de la politique du gouvernement (lire l’article de Jade Lindgaard), mais petit à petit, elle étend son aire d’influence jusque dans des sphères écologistes, qui y ont longtemps été hermétiques. « On n’a pas perdu la bataille de l’opinion, mais le travail de Jean-Marc Jancovici a beaucoup participé à une banalisation du nucléaire, admet François Thiollet. Il y a donc un écart entre l’électorat écologiste, bienveillant à l’égard du nucléaire perçu comme une solution immédiate à la décarbonation, et les militants écologistes chez qui ça ne bouge pas beaucoup... » ________________


vendredi 29 septembre 2023

Les toutous d'abord

Pourquoi (encore) des enfants?

          Nos canins sont plus sages.

                 Pour ne pas avoir une vie de chien

                       Comme les Présidents...qui ont besoin d'affection.

           

            Harry Truman: «Si vous avez besoin d’un ami à Washington, il vaut mieux avoir un chien»

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Varia

__ Come back

__ (Très) inquiétant

__ Encore radioactive

__ Lobbysme pétrolier              

__ Tics linguistiques

__ Priorités obligent

__ De crise en crise

__ Harcèlement: question

__ Défaillance étatique

__ Stratégie haussière

__ Tensions à EDF

__ On met le paquet

__ Homophobie d'Etat

__ Contre-pouvoirs menacés

__ Vers une presse muselée?

__ Pécresse fait du Macron                       _____________________________

jeudi 28 septembre 2023

Terrien, t'es rien

                 Pas la peine de faire les malins...


       Pascal n'aurait pas démenti       ________________           ____________________

Glyphosate: on continue....

 Vous en reprendrez bien un peu....

                      Cela avait été annoncé avec solennité: :dans un an, on arrête tout. Puis on s'est ravisé: dans dix ans, annonce Bruxelles. Non sans rencontrer des résistances, parfois étatiques. A la grande satisfaction des lobbyes de l'agro-industrie, bien encadrée par le monde de Monsanto et farouchement exportatrice. On repousse donc l'échéance, pour se donner le "temps de la réflexion", comme si on pouvait avoir encore des doutes sur la nocivité environnementale et sanitaire des produits "miracles" de Bayer et du géant américain. Il y aurait, nous dit-on, encore des doutes sur ses effets contestés à court et à long terme. Une stratégie que l'on connaît bien, qui a fonctionné longtemps dans la défense des cigarettiers, des producteurs d'amiante, etc.....On nous ressort un certain nombre d'études partielles, biaisées, avec une prétendue prudence méthodologique faite de ruse et de calcul, sachant bien qu'il faudra du temps pour re-convertir une grande partie de l'agro-industrie à des pratiques vertueuses, notamment de régénération des sols. Le problème est en amont: cesser les pratiques d'exportations massives et à tout prix au niveau mondial, au sein d'une concurrence, selon la logique de l'OMC, qui pousse à la haute productivité. Même s'il y avait seulement suspicion, il serait plus que temps de passer à autre chose et d'orienter autrement la recherche et de la diversifier, pour des solutions sûres et pérennes.  Mais le doute, patiemment instillé, est devenu une arme commerciale. Comme la rétention de certaines expertises fiables.  On se souvient des Monsanto Papers.    On joue sur des incertitudes, que l'on peut toujours trouver.                                                                                     __ Pourquoi se priver? " Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé dans le monde. En France environ 8 000 t/an de matière active ont été utilisées en 2016. Son succès repose sur un coût faible, une bonne efficacité et une très grande souplesse d'utilisation. Il est largement utilisé pour du désherbage agricole mais aussi pour l'entretien des espaces urbains et industriels."  (wiki Le glyphosate ou les produits de la même famille est maintenant réputé pour être cancérogène. Ce n'est plus une hypothèse, une probabilité, c'est devenu, années après années, une quasi-certitude. Bien des études restent à mener pour approfondir les corrélations, mais l'exemple du Sri-Lanka, qui a exclu totalement le produit de son agriculture, suffit déjà à établir des indices suffisants. Seulement, la désinformation suit son cours, selon une technique bien connue.    Semer le doute dans les esprits est la technique actuelle des lobbyistes de tous pays.


    L'étude des Monsanto Papersrévélant les contradictions  et les manoeuvres de désinformation, bat en brèche toute vélléité de défense, même indirecte .Ces documents, analysés par des organismes les plus sérieux, mettent à nu les techniques de vente et de conditionnement des esprits, ainsi que les contradictions de la firme.
    La fabrique du doute continue, comme dans d'autres cas. C'est une arme qui produit ses effets déstabilisateurs.
        Le nouveau baptême ne change rien. Il est plutôt une dernière technique de masquage, dans cette histoire déjà (trop)longue.

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mercredi 27 septembre 2023

Re-colonisation?

 Un peu d'histoire ne nuit pas

            Eh oui! l'Afrique a une histoire, nonobstant Mr Sarkozy et ses épigones.

                           Réguler les flux est une autre histoire...


Jusqu'à la dernière goutte?

         C'est reparti!

                              Après la période florissante du siècle dernier et le relatif déclin qui suivit, l'Oncle Sam se remet à forer comme jamais, jusqu'à devenir à nouveau le premier. Drill, Baby! comme disait Sarah Palin, qui voyait le salut du pays dans l'extraction à tout prix et à tout va. Celui-ci a changé de nature, mais donne à la puissance américaine de nouveaux atouts, avec des techniques que l'on s'est refusé chez nous: trop de dangers environnementaux et humains. De l'autre côté de l'Atlantique, on a moins de scrupules et puis le gaz de schistes, comme on disait, s'est révélé une manne de première grandeur. Le lobbying a été efficace. L'optimisme est toujours de mise. La guerre en Ukraine est un bon dopant. L'environnement et la santé des riverains attendront...Pour combien de temps?   La guerre de l'or noir continue, sous d'autres formes, malgré les promesses et les engagement officiels.                                                                                                                                                           Les USA ont retrouvé la première place dans la production du pétrole, grâce à à l'énergie non conventionnelle, ce qui n'est pas conséquences en matière géopolitique. Dans cet ancien Nouveau Monde, "... Ce cycle minier spéculatif porté par le culte du dollar va pourtant totalement à l’encontre d’un développement plus durable, tant ses conséquences environnementales sont considérables (rejets de C02, pollutions, microséismes liés à la fracturation hydraulique...). Surtout, les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial devant la Russie et l’Arabie saoudite et sont dorénavant totalement indépendants, en particulier vis-à-vis du Moyen-Orient et de l’OPEP. Les équilibres géopolitiques et géostratégiques mondiaux en sont bouleversés. C’est dans ce contexte qu’intervient au printemps 2022 l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui débouche sur des sanctions visant en particulier le secteur des hydrocarbures. À moyen terme, le retrait – au moins partiel – de la Russie du marché énergétique mondial d’un côté, le désancrage énergétique de l’Union européenne d’avec la Russie de l’autre ouvrent aux États-Unis de nouvelles perspectives d’affirmation énergétique mondiale, en rénovant en particulier sur des bases nouvelles le vieux lien géostratégique, géopolitique et géoéconomique transatlantique..."   


                                   Les
conséquences sur le milieu et la santé sont considérables. Total Energies est impliqué dans cette nouvelle aventure. La France est devenue le premier importateur.                     "...Entre janvier et septembre 2022, Entre janvier et septembre 2022, la France a accueilli 132 méthaniers des États-Unis et importé 11,9 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz américain9 . Cela représente 38 % de la consommation française de gaz10. Selon les données de l’administration américaine, environ 87 % du gaz produit aux États-Unis est du gaz de schiste ou étanche et est donc extrait par fracturation hydraulique, une technique pourtant interdite en France.."   
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mardi 26 septembre 2023

Marseille vaut bien une messe

Humeur ou humour   ....


         Une visite peu appréciée des gars de la Marine

                    De pape en pape, les affaires continuent

                                    Une assez longue histoire, incertaine et tourmentée.___________               

 

Ecrans toxiques

 Y revenir. Quitte se répéter

                                     Car le problème n'est pas anodin. Il n'est pas seulement psychologique, il est aussi culturel. Et il est mondial. Le portable n'est pas qu'un outil souvent utile au quotidien, même si la plupart de ses usages relèvent de l'inutile ou du ludique, il est aussi une entrée (trop) facile sur des domaines discutables ou pervers. Des sites non régulés, laissés à des marchands sans scrupules, qui marchent au nombre de clics, mus par le seul business. Ne parlons pas du pire.  Les efforts difficiles de quelques parents militants pour la maîtrise de l'objet tant convoité restent très marginaux.                                                                                C'est plus que le conformisme qui est stimulé dès le plus jeune âge, c'est l'accès sans frein à des données compromettant les capacités d'attention, l'accès graduel à la maturité affective, l'élévation à la lecture en général, à l'exercice de la pensée maîtrisée, diversifiée et nuancée, contre des prêts-à-penser offerts sans réserve. Il n'y a que des inconvénients à exposer aux écrans les plus jeunes, qui sont surexposés, de manière souvent jugée ludique. L'excès en ce domaine se paiera cash. Les jeunes enfants sont les premières victimes.Cela finit par se savoir et par faire consensus: trop d'écrans nuisent à leur santé, pas seulement psychique, non seulement à cause de leur aspect chronophage et de la captation d'attention qu'ils engendrent, mais aussi par leurs contenus, souvent d'une violence banalisée. Le danger n'est pas toujours mesuré de l'usage non maitrisé des écrans de toutes sortes de certains outils numériques.


         Trop d' écrans font écran.    On ne le répétera jamais assez. Leur usage immodéré fait trop souvent obstacle à la réalité, à la perception correcte du monde, forme un filtre par rapport au monde que nous vivons, un frein à la réflexion sur celui-ci, sur nous-mêmes et nos potentialités.  Le virtuel tend à prendre le pas sur le réel.  Utilisés à haute dose, les écrans nuisent à notre capacité d'attention, à notre rapport à la vie réelle et à notre santé aussi, quand ils deviennent chronophages, quand ils se font toxiques. A conseiller avec modération. Pour les enfants surtout.       Les leaders de la Silicon Valley  le savent bien, qui éloignent les leurs le plus possible de ce qui ne remplace pas la présence humaine, la pédagogie vivante, les relations concrètes. Il y a lieu dans bien des cas de s'inquiéter de l'omniprésence des écrans de toutes sortes, de leur envahissement non contrôlé, de la fascination qu'ils procurent très tôt, de la dépendance qu'ils entrainent, de la passivité qu'ils créent, surtout quand la pratique n'est pas encadrée. Et l'on s'étonne que la concentration des enfants pose problème, que son enfermement passif devienne problématique quand la boulimie s'installe...Si rien n'est fait, on prépare (déjà) une génération de zombies, de caractériels et de diabétiques par manque de mouvement.                                                 "....Télé allumée en permanence, dessins animés pour mieux faire avaler les repas, jeux sur appli pour calmer les cris, parents rivés sur leurs téléphones, il en faut peu pour rendre son enfant accro aux écrans. Les Centres médicaux psychologiques sont assaillis de très jeunes enfants, surexposés aux écrans dès le berceau, qui présentent des symptômes en tout point semblables à ceux des enfants autistes, ou avec des troubles massifs de l'attention. Retards important de langage, grande agitation, absence de coopération, manque de concentration, comportements violents et addictifs, isolement, à travers la présentation de nombreux cas de patients, Sabine Duflo, psychologue clinicienne, pousse un cri d'alerte : les écrans sont des retardateurs puissants du développement des compétences cognitives et relationnelles Mais en supprimant ou en régulant fortement leur usage, il est possible de modifier très rapidement et profondément les symptômes de troubles d'allure autistique ou de TDAH. Elle propose ainsi des solutions simples, applicables et déjà testées avec les familles, notamment la méthode des 4 temps sans écrans (smartphone/tablette/TV/Jeux vidéos/ordinateur) : Pas d'écran le matin, Pas pendant les repas, Pas avant de se coucher, Pas dans la chambre de l'enfant..."                                            _____La surabondance des écrans dans la vie quotidienne, dans tous leurs usages et leurs diversités, l'invasion du numérique dans les aspects les plus divers de la vie sociale et intime posent problème à plus d'un titre. L'utilité de la plupart de ces nouvelles technologies n'est pas à discuter dans nombre des secteurs, même si les modalités de leur introduction dans la vie quotidienne peuvent avoir des conséquences d'une grande violence, notamment sur les conditions du travail.  La présence des écrans au coeur de la vie de famille et de la vie personnelle, dans son aspect utilitaire mais surtout ludique, pose plus d'un problème. Du smartphone aux jeux vidéo, il y a un mésusage de plus en plus signalé, qui met en péril les relations familiales et sociales et, par ses aspects chronophages, compromet la disponibilité à d'autres tâches, affecte les dispositions affectives et sociales, les capacités d'ouverture aux autres et d'attention.  Les effets toxiques de la surconsommation du numérique commencent à être mieux connus, même s'il y a toujours débat entre spécialistes. Une addiction qui peut prendre des dimensions inquiétantes, psychologiquement et même physiquementJusqu'à la nomophobie.                                       Plus d'un spécialiste de l'enfance et du développement du cerveau se rejoignent: la consultation immodérée des écrans dès la prime enfance et à proscrire, étant donnés les effets néfastes constatés au niveau psychologique et même physiologique: le développement du cerveau, très malléable dans les premières années, est compromis à plus d'un titre.         Les enfants ne devraient pas être abandonnés très tôt  au monde numérique pour des usages ludiques ou même pédagogiques, surtout hors de toute surveillance humaine.       Ce qu'on compris les concepteurs et les vendeurs de ces objets digitaux de la SiliconValley, qui proscrivent les tablettes pour l'éducation de leurs propres enfants.  Les facultés cognitives seraient compromises par un usage abusif des outils numériques. Les recherches se poursuivent sur ce sujet. Mais on sait déjà que le développement affectif et social est atteint à des degrés divers. L'addiction caractérisée aux portables se remarque aussi chez l'adulte, mais l'emprise est bien plus marquée dans les premières années, compromettant les possibilité d' apprentissages multiples et divers et sclérosant l'attention et la vie affective.
Dans son étude fouillée au titre provocateur, La fabrique du crétin digital, Michel Desmurget remarque que dès deux ans, les enfants des pays occidentaux cumulent chaque jour presque trois heures d'écran.. Ce docteur en neurosciences parle de "décérébration" au sujet de cette consommation croissante avec l'âge, dans toutes sortes d'activités, même parascolaires.    Contrairement à certaines idées reçues, cette profusion d’écrans est loin d’améliorer les aptitudes de nos enfants. Bien au contraire, elle a de lourdes conséquences : sur la santé (obésité, développement cardio-vasculaire, espérance de vie réduite…), sur le comportement (agressivité, dépression, conduites à risques…) et sur les capacités intellectuelles (langage, concentration, mémorisation…). Autant d’atteintes qui affectent fortement la réussite scolaire et humaine des jeunes. Une étude encore en débat, mais qui ouvre des voies prometteuses....

          « Ce que nous faisons subir à nos enfants est inexcusable. Jamais sans doute, dans l’histoire de l’humanité, une telle expérience de décérébration n’avait été conduite à aussi grande échelle », estime Michel Desmurget. Ce livre, première synthèse des études scientifiques internationales sur les effets réels des écrans, est celui d'un homme en colère. La conclusion est sans appel : attention écrans, poisons lents.."
      Un constat sévère, mais sans doute nécessaire  dans l'emploi anarchique de ce qui ne peut que proliférer. Des études incomplètes et encore discutées sur certains points, mais qui semblent bien corroborées par le simple constat empirique. Comme l'usage abusif des tablettes dans le domaine scolaire.
                    __Un décrochage inquiétant.__________

lundi 25 septembre 2023

Un grand pas pour l'humanité

     Et si on relocalisait?

                       Un peu de bon sens...

                                                                           ____________________________

EDF: un déclin bien français?

Un débat qui ne cesse de rebondir.

                                                       Sur fond de zizanies politiques et de crise énergétique.

                                         Où va notre fleuron national depuis quelques années, la solide création des années d'après-guerre, l'oeuvre de Marcel Boiteux, celle qu'on nous enviait, entrée dans une période de remous sans précédent, accentuée par une gestion libérale de plus en plus contestée et une période de crise énergétique en partie imprévisible? Les soucis s'accumulent autour de certaines structures vieillissantes, de décisions retardées, parfois peu cohérentes, de tensions concernant certains  modes de gestion et des querelles d'hommes au sommet. Des éléments délétères qui retardent des décisions urgentes engageant l'avenir. L'ambiance est électrique au plus haut sommet. Et pourtant, il est plus que temps de mettre un peu plus de cohérence dans le système et d'instaurer une ligne claire. De revoir la ligne européenne sur la question, critiquée aujourd'hui de bien des côtés. La décision est éminemment politique. La fameuse loi NOME, qui instaure d'en haut une libéralisation du marché, est sérieusement contestée. La décision bruxelloise de l'alignement du prix de l'électricité sur le prix du gaz a fait bondir jusqu'au premier ministre, qui a finalement plié. Il ne suffit pas de critiqué le système, comme l'a fait la Cour des Comptes, il faut le réformer en profondeur si l'on veut retrouver les moyen de notre gestion énergétique.   


                                                                                            Ce n'est pas la première fois que la politique d'EDF est sous le feu de critiques plus ou moins sévères, de droite comme de gauche, notamment depuis les années 80-90 et le tournant de la financiarisation, de la privatisation, ou, comme disait L.Jospin, de l'"ouverture du capital". Un ancien patron d'EDF, remercié, Marcel Boiteux, s'inquiétait de ce processus, car l'énergie n'est pas une marchandise comme une autre, disait: -"Il ne s’agit plus d’ouvrir la concurrence pour faire baisser les prix, mais d’élever les prix pour permettre la concurrence.(Marcel Boiteux, ex pdg d'EDF :Revue Futuribles de juin 2007)                                                                                                                                                               ___ Le nucléaire surtout est comme un bateau ivre depuis des années, comme il a été maintes fois souligné, même dans les colonnes du Figaro. Il sera dur de redresser la barre, car, après le démantèlement, les échecs d'Areva, les aventures ruineuses de Flamanville, la perte du métier, cruellement constaté aujourd'hui.  Le conjoncture exige un prolongement du nucléaire, qu'on le veuille ou non, et de nouveaux investissements en ce domaine. Mais avec quels moyens humains? La route sera longue et une nouvelle cohérence s'avère nécessaire, au delà des mots et des promesses.                                                                                                                                                  _____Si l'on se fie aux dires de H.Proglio, l'ancien patron de la maison, qui ne dit pas que des bêtises, pour utiliser un euphémisme, il y a de quoi s'interroger, voire de s'inquiéter. Même si tout n'est pas sans doute aussi simple qu'il l'affirme. Même si l'homme s'est souvent montré ambigü. Mais les propos ont le mérite de la clarté. Il faut renverser la vapeur. La logique libérale de Bruxelles a joué à fond, qui a approfondi la crise que nous vivons, ruinant certaines entreprise. L'usine à gaz n'a pas fini de produire ses effets.
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dimanche 24 septembre 2023

Bizarrerie française

 Humour et humeur

             Un peu de lèse-majesté (suite) 


                      Comme disait une joyeuse luronne:   "...Cette semaine, un miracle a eu lieu: l'abondance que notre président avait déclarée trépassée il y a un tout petit peu plus d'un an s'est relevée et mieux, a marché. Comme Lazare. Mais sur les Champs-Élysées. Je ne sais pas si c'est parce que le pape passe le week-end en Airbnb près du Vélodrome, ou si c'est juste les premières heures de l'automne qui charrient leur lot de surprises entre deux tonnes de feuilles mortes, mais en tout cas c'est assez incroyable comme miracle. Car souvenez-vous, au début du mois les Restos du cœur faisaient la quête pour pouvoir nourrir tout le monde cet hiver et pif paf pouf, cette semaine 150 personnes ont mis leur plus belle tenue pour manger dix-huit plats chauds entre Hugh Grant et Gérard LarcherJe vous l'accorde, c'est un miracle assez chelou.                                                                                                       Mais comme derrière tout tour de magie, il y a un type qui coince un lapin dans la doublure d'un chapeau, ce miracle a une explication. Car mercredi de cette semaine c'était pas ravioli, non, c'était le début de la visite royale.                                                                                                              La visite royale, c'est une sorte de parenthèse enchantée, magique même, où il devient plus simple de boire du vin à 2.000 euros le litre que de faire un plein d'essence à 100 balles. Un moment à part où les avions Rafale cracheurs de fumées tricolores circulent avec plus d'aisance et de régularité que les RER. Une parenthèse magique, mais plutôt pour les riches donc....                          Une visite royale, c'est une bizarrerie où un pays qui a coupé son dernier roi en deux il y a 230 ans bloque la moitié de sa capitale pendant deux jours pour accueillir celui d'un autre pays. Une bizarrerie où soudain, toutes les chaînes d'infos sont en boucle sur l'entrée à base de homard bleu, même si elles savent qu'elles sont regardées par des gens qui, à ce moment du mois, n'ont déjà plus de quoi se payer des cordons de la même couleur.    Une visite royale, c'est un délire collectif qui fait qu'on pense tout à coup que la vie est un épisode de The Crown, alors que la vie, en vrai, c'est plutôt un film de Ken Loach.   Alors vous allez me dire que je suis aigrie et que du temps où la reine Elizabeth II venait manger du foie gras en douce et inaugurer des marchés aux fleurs à son nom, je n'aurais pas râlé pareil. Et vous aurez raison. Peut-être que cette visite royale, en dehors de tout l'argent inutilement dépensé qu'elle éructe comme un président du Sénat en fin de repas, m'irrite aussi parce qu'elle me rappelle qu'il n'y a de la place dans mon cœur que pour une reine nonagénaire et que cette reine n'est plus.  Ou peut-être que tout simplement je me fous des rois.    Sauf de Babar, bien sûr...."

                       On regrette quand même l'autre et ses chapeaux...      ___________

En passant...

__ Procrastination 

__ Migrations: confusions

__ Formation problématique

__ Tournant historique

__ Chute d'Atos

__ Malbouffe en tête

__  Etrange conversion                        

__ Formation et statut

__ Un pape communiste...

__ Ruissellement en échec

__ L'école est finie                          ____________________

samedi 23 septembre 2023

Changement de paradigme

Notes de lecture

        Le grand défi. En matière écologique, le bricolage, même sophistiqué, est voué à l'insuccès.

                  Ce texte a attiré mon attention par sa logique et sa radicalité, loin des demi-mesures souvent prônées, de la bonne conscience encore constatée, du catastrophisme parfois annoncé.  L'auteur n'y va pas par trente-six chemins: « Notre civilisation est une méga-machine qui convertit la nature en déchets », dit-il d'emblée. Il ne peut y avoir qu'une solution, radicale et globale, dans le cadre d'une démocratie réinventée. Vaste défi! A quelles conditions? On peut se poser bien des questions sur les voies proposées par l'auteur. Mais il nous parle forcément, à l'heure des dénis ou des solutions parfois dérisoires proposées, de l'échec des COP....  (A confronter avec ceci ou cela))  


                                                                                                         "...  
Le changement climatique est un danger mortel ; le fait qu’on en parle beaucoup est normal et nécessaire. Je dénonce en revanche le fait qu’il soit souvent présenté comme LE grand problème de notre époque. Tout d’abord parce qu’il n’est qu’un problème parmi d’autres au moins aussi cruciaux, comme l’effondrement de la biodiversité, mais surtout parce qu’il n’est même pas un « problème », seulement une conséquence. Les sociétés humaines ont certes un souci de climat… mais en amont de cela, c’est le climat qui a un souci de sociétés humaines ! Nous croyons que les sociétés doivent s’attaquer à un défi climatique alors qu’en réalité, ce sont à elles qu’il faut s’attaquer, car elles ont pour corollaires naturels des dépassements de limites qui engendrent des bouleversements, incluant celui du climat.                                                                                     En se focalisant sur le défi climatique, on axe la réflexion sur le solutionnisme, approche qui nous fait miroiter la possibilité de nous en tirer à bon compte sans avoir à nous limiter : quelques ajustements suffiraient pour gérer les externalités négatives de nos modes de vie sans avoir à réformer ces derniers. On en vient à croire qu’une électrification du monde serait une « solution » qui permettrait de rendre soutenables les activités humaines, sans tirer un trait sur ce consumérisme auquel on s’accroche tels des junkies.                                                                                                                                                               Cette idée ne tient pas la route. Une des raisons, c’est que le secteur primaire mondial bute déjà sur des limites qui vont brider sa capacité à fournir aux secteurs secondaire et tertiaire les flux d’énergie et de matières premières requis pour produire tout ce sur quoi repose le monde moderne : un monde tributaire d’infrastructures vieillissantes et de chaînes logistiques transcontinentales, dont chaque territoire s’est ultra-spécialisé et importe presque tout ce que ses habitants consomment, tandis que ce qui y est produit est presque intégralement exporté.               Entre autres écueils, nous allons manquer de minerais pour mener la grande transition énergétique telle que nous la concevons. Vous savez : cette stratégie présentée comme LA solution au problème mortel du chaos climatique, qui consiste à produire et stocker l’énergie autrement, à utiliser des machines électriques en lieu et place des machines thermiques, à électrifier tout ce qui peut l’être et à améliorer perpétuellement l’efficacité énergétique des secteurs productifs. Eh bien, les spécialistes des matières premières nous alertent d’une pénurie imminente de matériaux pour cette transition. Nous ne pourrons pas décarboner les sociétés sans revoir à la baisse les consommations intermédiaires et finales d’énergie et de matières premières, ce qui est incompatible avec la continuation du système économique mondial actuel basé sur la croissance éternelle du Produit Intérieur Brut.                                                           Autre raison : même si ces limites matérielles n’existaient pas, l’approche choisie pour la transition engendre une intensification des flux extractifs en amont de nos activités et des flux de déchets en aval, ainsi qu’une accélération du saccage des écosystèmes, de la déplétion et de la contamination des aquifères, etc. C’est pourquoi, cette transition ne représente en aucun cas une « solution » : tout au plus constitue-t-elle un mauvais compromis, qui mène à l’aggravation d’un grand nombre de problèmes dans l’optique d’en atténuer un seul bien spécifique. Ça ne bouclera pas.

« Une des erreurs fondamentales consiste à vouloir relever isolément les différents défis qui s’érigent devant nous. »

                 Je pointe les limites et les angles morts de la méthode qui consiste à diagnostiquer des « problèmes » et à chercher à les régler un à un. Ce réductionnisme fonctionne avec des problèmes techniques complexes, qui peuvent être subdivisés en problèmes techniques plus simples qu’il suffit de résoudre individuellement avant de combiner les solutions spécifiques en une solution globale. Mais face à une problématique systémique, il faut faire intervenir l’analyse systémique : l’étude des interactions entre éléments et entre dynamiques au sein du métasystème composé du « système Terre » et de l’anthroposphère (l'ensemble des activités et productions humaines), la description des boucles de rétroaction (effets de régulation ou d’emballement), la prise en compte de décalages temporels entre causes et effets, d’effets de seuil, d’effets rebond… C’est cet ensemble complexe qu’il convient d’appréhender afin de construire une vision pertinente des enjeux et défis du XXIe siècle.                                  Ça peut paraître compliqué… mais il n’est pas nécessaire de tout savoir pour appréhender les grandes tendances. Un corpus scientifique imposant existe aujourd’hui sur les bouleversements en cours et leurs corrélations, que la systémique permet d’enchâsser au sein du métasystème mentionné ci-dessus. Si, à première vue, ça peut sembler stratosphérique, il faut pourtant en passer par là pour ensuite redescendre de façon cohérente jusqu’aux enjeux territoriaux et prendre les bonnes décisions en évitant l’écueil du déplacement du problème (pour améliorer la situation ici on l’aggrave là). Pour prendre des décisions pertinentes et efficientes dans un contexte d’urgence et de complexité, l’approche conventionnelle multidimensionnelle, pluridisciplinaire, poly-silos s'avère inadaptée.                                                                                                                                   Nous ne sommes pas dans le cas de figure où le système serait confronté à des péripéties exogènes : le changement climatique, l’effondrement du vivant, la dégradation des sols, l’épuisement des ressources, la pollution des milieux naturels, tout ça et bien d’autres détraquements encore sont des incidences logiques, inévitables, du système tel qu’il fonctionne. Ce ne sont pas des dysfonctionnements, le système fait ce qu’il est conçu pour faire. Or, si le problème est inhérent à la nature du système elle-même, il n’existe aucune combinaison de rustines qui suffise à faire disparaître les effets de bord déplaisants, tout en conservant le paradigme existant (principes organisateurs, règles, finalités, indicateurs, valeurs). Une des erreurs fondamentales consiste à vouloir relever isolément les différents défis qui s’érigent devant nous.

« Tant qu’on s’obstinera à chercher des « solutions » aux « problèmes », on cultivera l’idée dangereuse selon laquelle il serait possible de les résoudre tous sans remettre en question le système. »

                Imaginons un individu sujet à des maux de tête récurrents ainsi qu’à des tracas dermatologiques et digestifs. S’il consulte trois spécialistes, ceux-ci prescriront des traitements spécifiques : antalgique pour le crâne, pommade pour la peau, tisane pour le ventre, par exemple. Ces traitements amélioreront le quotidien du patient. Mais imaginons à présent que ces contrariétés ne soient que trois symptômes du fait que l’individu a un cancer généralisé, c’est-à-dire un dérèglement systémique de l’organisme : l’antalgique, la pommade et la tisane peuvent-ils encore être qualifiés de « solutions » ?                                                                  Résoudre un problème systémique exige une approche qui n’a pas le moindre rapport avec une addition des traitements spécifiques aux symptômes. Pour revenir à nos moutons, nous avons aujourd’hui des experts des questions climatique, écologique, énergétique, minières, etc., et chacun émet des préconisations sur ce qu’il faudrait faire pour atténuer tel problème et s’y adapter. Si l’on se contente d’adopter ces bons conseils, on passe toujours à côté de l’enjeu central qui réside dans la manière dont les sociétés fonctionnent. Tant qu’on s’obstinera dans le credo conventionnel qui consiste à chercher des « solutions » aux « problèmes », on cultivera l’idée dangereuse selon laquelle il serait possible de les résoudre tous sans remettre en question le système.                                                      Le problème fondamental est que nous vivons dans des sociétés productivistes organisées au service d’un système économique conçu pour croître indéfiniment sous peine de s’effondrer. Les individus, entreprises et États les plus puissants, sont ceux qui ont pu le mieux tirer parti de ce système et sont les plus engagés dans sa perpétuation. Or, cette croissance économique est fortement corrélée, à l’échelle sociétale, à un crescendo des flux d’énergie et de ressources qui nécessite un extractivisme accentué et induit des destructions et contaminations écologiques aggravées. À tel point que cette avidité de toujours plus, matérialisée par le capitalisme et le consumérisme, entraîne le dépassement des limites planétaires et met en péril les mécanismes de régulation vitaux du système Terre.         Les pressions exercées par les activités humaines sont de trois ordres : d’abord on exploite des ressources, non renouvelables (stocks limités) ou renouvelables (flux limités) ; ensuite on les transforme avec de l’énergie et on les utilise pour faire tourner les sociétés, qui détériorent le monde naturel ; enfin on rejette des déchets et des pollutions. Le souci est donc triple : primo les stocks non renouvelables s’épuisent et les ressources renouvelables sont exploitées à des cadences souvent supérieures au rythme de renouvèlement, secundo la nature est mutilée plus vite qu’elle ne peut se réparer, tertio les pollutions s’accumulent dans l’environnement plus vite qu’elles ne sont dégradées et réintégrées dans des cycles naturels.                                   Notre civilisation est une méga-machine qui convertit la nature en déchets. Et il n’existera pas de « solutions » tant que les pressions humaines ne repasseront pas en deçà des limites du système Terre, ce qui nécessite une réduction drastique des flux d’énergie, de matières premières, de déchets et de pollutions, ainsi qu’un vaste programme de régénération planétaire. À l’heure actuelle, cette nécessité n’est pas comprise par les décideurs.                                                                                 En dépit de quelques rebouclages, le processus est linéaire et en sortie de tuyau, les déchets et pollutions sont de trois natures : des solides, des liquides et des gaz parmi lesquels certains amplifient l’effet de serre : le changement climatique n’est qu’un des symptômes du mal auquel nous sommes confrontés, et jusqu’ici les stratégies que nous élaborons et mettons en œuvre ne font que déplacer la pression sans l’estomper. Dans l’espoir de soulager le symptôme climatique, on aggrave le reste.

« Le dogmatisme hors sol des penseurs mainstream s’apprête à exploser en vol, et les grands capitalistes vont subir une blessure narcissique à laquelle leurs orgueils débridés ne sont pas préparés

                   Pour perdurer, le système économique a besoin de toujours plus d’énergie et de matières premières. Or, nous entrons inexorablement dans une ère inédite de contraction des flux. Cette fois, nous avons atteint les limites de la planète et nul deus ex machina n’est en vue pour permettre de prolonger la fiesta. Si puissant soit-il, le capitalisme – au sens où on l’entend généralement – me semble voué à péricliter.                        Le dogmatisme hors sol des penseurs mainstream, qui soutiennent qu’une croissance infinie est possible dans un monde fini grâce à l’exploitation accrue de ressources et à la substituabilité illimitée des facteurs de production (si les pollinisateurs s’éteignent, on les remplacera par des drones !), s’apprête à exploser en vol, et les grands capitalistes vont subir une blessure narcissique à laquelle je ne pense pas que leurs orgueils débridés soient préparés. Sans doute la mentalité capitaliste se maintiendra-t-elle sous des formes dégradées : elle se cramponnera autant que possible et peut encore faire beaucoup de dégâts avant d’être emportée dans le tumulte de l’Histoire.                                                                                 Ils demandent idéalement une réinvention de nos valeurs et de nos modes de vie, des principes sur lesquels sont basés l’économie et la finance, la politique et la diplomatie, le civisme et la culture. Nous pourrions sans problème vivre bien dans des sociétés non pressurées par l’impératif de croissance du PIB : ce qui nous est aujourd’hui présenté comme l’unique option (les alternatives élaborées étant qualifiées d’inepties) n’existe que depuis Bretton Woods en 1944 ! Des civilisations entières ont vécu avant que ne se répande le concept de croissance, et l’existence n’a pas toujours été mauvaise.                                                                              Hélas, il faut tenir compte des verrouillages du monde réel, qui rendent invraisemblable toute métamorphose d’une telle profondeur dans un avenir compatible avec les urgences ; c’est pourquoi nous n’avons d’autre choix que d’anticiper le fiasco de nos stratégies de durabilité et de nous préparer à des chocs.      La plupart des propositions qui circulent sont des mesures d’atténuation des problèmes ou d’adaptation des sociétés. Je ne critique aucunement les personnes qui proposent de telles idées, j’en ai fait partie moi-même. Toutes les bonnes idées sont les bienvenues si elles peuvent permettre de limiter la casse ou de préserver des choses importantes. Ceci étant dit, j’ai le sentiment que le diptyque « atténuation-adaptation » pèche par excès d’optimisme : on émet des recommandations qui correspondent à ce qu’on pense qu’il faudrait faire pour relever le défi… mais peu consentent à se projeter dans le scénario où l’on échouerait à le relever. Ils y voient un défaitisme, j’y vois de la prévoyance, car c’est le cas de figure qui m’apparaît comme le plus probable.                                                      Que ferons-nous quand nous réaliserons que nous n’avons réussi ni à atténuer suffisamment les problèmes ni à adapter suffisamment les sociétés ? Confrontés aux ruptures de continuité majeures qui s’ensuivront, la plupart des gens seront tentés de se laisser aller à une forme de repli affinitaire –sur soi ou sa communauté, sur son groupe, sa caste, son idéologie, son identité, etc. Et ils le feront… sauf si un plan B à la fois concret, convaincant et inspirant leur est accessible à ce moment-là. C’est l’objet de mon travail, j’y vois notre chance d’éviter le chaos et de nous mettre en capacité de relever les défis complexes qui se profilent.

« Les résistances au changement se durcissant, nous allons manquer de temps et de ressources pour opérer une mutation et vivrons par conséquent des basculements agités. »

              Un essai est en cours d’écriture dans lequel je le détaille. Disons qu’au-delà des efforts orientés atténuation et adaptation – que j’encourage, donc, et que j’intègre dans une approche globale – je sonne l’alarme concernant l’absence d’un vrai plan de secours en cas d’échec des tentatives de « transition », et intègre aussi cette dimension dans ma méthode de transformation. Les résistances au changement se durcissant, nous allons manquer de temps et de ressources pour opérer une mutation et vivrons par conséquent des basculements agités. Face à cette perspective, j’adopte une posture de gestionnaire de risques – rien à voir avec du défaitisme. Et je vais plus loin : je développe une stratégie de préparation collective qu’on pourrait baptiser « opportunisme planifié », qui nous permettra j’espère de saisir efficacement, en chaque crise, l’aubaine qui l’accompagne.                       Chaque crise recèle en effet l’occasion d’impulser un nouveau projet de société. Un projet soutenable et inspirant, une vision politique post-croissance, post-productivisme, post néocapitalisme financiarisé mondialisé, ne requérant ni abondance d’hydrocarbures bon marché, ni approvisionnements depuis les antipodes ; un monde en équilibre avec la nature, garantissant à chacun l’accès à un socle vital, la sécurité et la possibilité de se réaliser tout en fixant des principes d’autolimitation, ainsi qu’une culture de la responsabilité, de la justice et de la fraternité.             J’ai déjà élaboré ou co-élaboré quelques centaines de propositions, réunies en 2017 dans le projet de société dont j’ai supervisé l’élaboration en tant que Directeur programme de Charlotte Marchandise-Franquet, candidate citoyenne à la présidentielle. Mais à présent, j’œuvre avant tout à la structuration d’un référentiel de principes organisateurs qui laisse une vraie liberté d’expérimentation et de personnalisation, afin d’ouvrir plutôt que de fermer.                      Le système actuel ne peut pas évoluer en un système fondamentalement différent, et étant voué à prendre fin en raison de son insoutenabilité, une bascule vers un modèle de société différent semble s’imposer pour esquiver des dystopies – disettes, chaos, État policier, dictature de grands groupes de la Tech, satrapies locales ou un joyeux mélange de tout ça. Seulement voilà : est-ce possible ? On peut imaginer un système B, mais peut-on passer du système A au système B ? Sachant que les populations ne sont guère disposées à tirer un trait sur leurs habitudes tant que l’option du business as usual est disponible, la grande métamorphose me semble chimérique.                 Je mise donc plutôt sur la préparation d’une force collective capable de faire pencher l’Histoire du bon côté quand de grands basculements se produiront : au moment où la branche sur laquelle nous sommes assis cèdera et où les gens réaliseront que rien d’adapté n’a été prévu et qu’ils sont livrés à eux-mêmes, il faudra leur proposer un projet de secours prêt-à-déployer. Cette préparation requiert de mobiliser et coaliser les personnes déjà mûres et prêtes à s’investir pour expérimenter et valider, s’entraîner et s’entraider, structurer… tout en préparant les esprits du reste de la population afin qu’aux moments clés, la trajectoire des sociétés s’infléchisse du côté de la durabilité, de la résilience et de la dignité.   Tout n’est pas foutu, contrairement à ce que certains peuvent ressentir devant l’enchevêtrement des sombres présages. Il reste encore cet interstice qui consiste à prévoir la culbute pour pouvoir la défléchir quand elle adviendra, éviter alors d’épouvantables effondrements et assurer au plus grand nombre des lendemains vivables.

« Nous devons devenir des moteurs du changement dans notre périmètre d’influence, en apprenant des réussites et échecs passés et en se constituant en réseau. »

     N’opposons pas les échelles d’action ou les niveaux d’engagement, entre le citoyen, le collectif et le politique : des leviers sont à actionner partout. Si des décideurs veulent s’impliquer au service de l’intérêt général en intégrant l’hypothèse désormais probable de bascules sociétales, leur aide sera la bienvenue ; s’ils souhaitent faciliter la germination d’initiatives de résilience et de reliance, et pourquoi pas de Résistance, qu’ils n’hésitent surtout pas. Toutefois, les décideurs de ce genre étant rares, il semble urgent, en plus des mobilisations pour obtenir des dirigeants des décisions politiques fortes, d’agir aussi sur son territoire. On ne peut plus attendre mollement que la réponse vienne d’en haut. Nous devons devenir des moteurs du changement dans notre périmètre d’influence, en apprenant des réussites et échecs passés et en se constituant en réseau… et si ce qu’on entreprend fonctionne et est habilement mis en récit, ça fera boule de neige – avec ou sans le soutien actif des dirigeants.                                        Co-construire à l’échelle territoriale est donc cardinal. L’idée, c’est de démontrer que d’autres façons de faire, de vivre, d’être sont possibles, qu’on peut répondre aux besoins des populations sans éroder la capacité des populations futures à répondre aux leurs. Il existe déjà mille-et-une initiatives de citoyens ou de collectivités qui peuvent être adoptées et adaptées ailleurs. Par exemple plusieurs municipalités mettent en place une forme de sécurité sociale alimentaire grâce à laquelle chacun bénéficie d’une dotation alimentaire de base ; certaines ont instauré une tarification progressive de l’eau dans laquelle les premiers mètres cubes sont gratuits pour tous.                  Mais il y a bien d’autres choses à tester, dans l’optique de construire morceau par morceau un paradigme adapté aux enjeux : des éléments d’un autre système économique, social, politique, institutionnel, etc. D’autres façons de produire et de consommer, d’organiser des économies locales avec des monnaies locales et des systèmes d’échange, de décider et de gérer les Communs collégialement, de garantir l’accès à l’essentiel pour tous, d’organiser un civisme actif permettant à chacun de participer et d’y trouver gratification, de structurer la solidarité et une redistribution des ressources permettant à n’importe qui de s’y retrouver et à tous de se serrer les coudes face aux crises qui affleurent…                                                   Ces idées doivent être déclinées et expérimentées dans les territoires pour que les meilleures options ressortent. L’idéal serait que les territoires se synchronisent et s’entraident dans cet effort collaboratif de « sélection darwinienne » des différentes pièces constitutives d’un modèle de société alternatif, qui doit être apte à répondre de façon pérenne aux nécessités fondamentales de tous. Ce sont là des choses qui n’ont pas été éprouvées à l’échelle d’un pays et qui doivent donc passer par une validation à des échelles moindres.   ____    Cela suffirait-il à faire basculer la société ?  Hélas non. Faire basculer une société, ça ne se planifie pas. L’idée de masse critique c’est bien joli, mais ça reste très abstrait. Le système en place possède une capacité d’auto-maintien très forte, et tant qu’il pourra perdurer et saboter les émergences hétérodoxes, il s’y emploiera sans doute.                                                         Mais quoi qu’il arrive, les sociétés vont basculer. Ce ne seront pas des bascules consenties et coordonnées, je le crains, mais des bascules subies précisément parce qu’on aura échoué à changer. En attendant ces moments clés, l’essentiel est de tenter des choses, de documenter les projets en collectant des indicateurs, des témoignages et des images afin de mettre ensuite en histoires et de communiquer : les projets les meilleurs et les plus inspirants se diffuseront alors, et l’on se donne ainsi une chance qu’ils fassent des émules et contribuent à éviter bien des drames.

« L’action citoyenne territoriale est un moyen concret de redécouvrir la démocratie et sera notre meilleur rempart contre l’obscurantisme et la tyrannie. »

         Au niveau national, entretenir une « démocratie représentative » véritablement fidèle aux principes démocratiques est manifestement compliqué. Les « représentants du peuple » n’étant pas follement représentatifs du peuple, qui croit encore qu’ils le servent ? En outre, les lobbys et les puissants ayant sur les politiques et les médias une influence disproportionnée par rapport aux citoyens, il est fatal que s’installe une atmosphère de défiance. Or, il se trouve que c’est au niveau territorial que peut le mieux se vivre une démocratie réellement au service du peuple – qu’elle soit délibérative, participative voire directe, éventuellement représentative, mais assortie alors de règles fixant pour les représentants des limites et obligations garantissant l’implication continue d’un maximum de citoyens et la prise en compte de leur volonté.          Se mobiliser à l’échelon territorial c’est exercer un pouvoir politique au sens premier et noble du terme, et cesser de subir. S’affirmer en tant que citoyen actif de sa collectivité, c’est se donner la force de résister face aux replis et autoritarismes qui se rigidifieront quand une part substantielle de la population ne pourra plus satisfaire ses besoins – ce qui, je le crains, risque de se produire dès la première moitié de ce siècle. L’action citoyenne territoriale est un moyen concret de redécouvrir la démocratie et sera notre meilleur rempart contre l’obscurantisme et la tyrannie.                                                   Attention toutefois : je suis pour la démocratie, mais pas n’importe laquelle. Nous avons un défi majeur à relever, dont l’enjeu est la préservation d’une planète habitable. Un accent particulier doit être mis selon moi sur l’éducation tout au long de la vie, notamment via l’éducation populaire : un maximum de personnes doivent être instruites des données et débats clés de notre temps, incluant l’enjeu capital dont je vous parle dans sa dimension systémique, afin d’être en mesure d’exercer un pouvoir en connaissance de cause.              Regrettablement, les médias grand public diffusent rarement les informations les plus déterminantes pour l’avenir, et l’explosion des contenus et stimuli cognitifs est source de confusion – donc d’atonie et d’acrasie. Je ne suis surtout pas pour une expertocratie, pour autant l’opinion des citoyens doit être informée, nourrie de connaissances et d’analyses avant toute décision. Les expérimentations territoriales peuvent être l’occasion de faire vivre des « tiers lieux culturels » où chacun est encouragé à venir se renseigner, s’inspirer, débattre et tisser des liens.

« Ceux qui réclament un monde sans interdits ne défendent pas la liberté, mais promeuvent la perpétuation d’un système où quelques-uns peuvent satisfaire tous leurs caprices, tandis que la plupart des autres peinent à finir le mois. »

           Nous devons trouver un nouvel équilibre entre droits et devoirs. Pas de société libre sans limites collectivement admises : la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, c’est un principe élémentaire. Un monde libre ce n’est pas un monde où chacun peut faire n’importe quoi sans limites, y compris détruire ou polluer. Ceux qui réclament un monde sans interdits ne défendent pas la liberté, mais leur capacité personnelle à faire ce qu’ils veulent sans contraintes… parce qu’ils font partie de la minorité qui peut se permettre beaucoup, ou parce qu’ils ambitionnent d’en être. C’est la réussite qui les motive, et quand ils prétendent plaider pour la liberté, en réalité ils promeuvent la perpétuation d’un système où quelques-uns peuvent satisfaire tous leurs caprices et laisser libre cours à leurs pulsions sans s’embarrasser de responsabilité civique, tandis que la plupart des autres peinent à finir le mois.                                                                          Un monde où chacun serait « libre » de faire ce qu’il veut, ça n’existe pas : on ne fait guère ce qu’on veut que dans la limite de ce qu’on peut, or une poignée peut infiniment plus que les autres et certains ne peuvent rien. Par conséquent, ne pas fixer de limites absolues c’est laisser les limites se fixer d’elles-mêmes suivant la répartition des richesses. C’est une idéologie foncièrement inégalitaire de la part de ceux qui, au nom de la « liberté », protègent en fait leurs privilèges.                          Contrairement à ce que nombre d’économistes et idéologues fanatisés serinent, une somme d’individualismes ne peut aboutir qu’à une forme de dystopie. Le monde réel est régi par des lois physiques et a des limites objectivables. Vivre sans les prendre en compte est parfaitement irrationnel, c’est la promesse d’une déconfiture. La liberté comme le reste doit se repenser dans la compréhension et l’acceptation des contraintes qui s’imposent à nous, et comme toujours c’est de la contrainte que jaillira l’inventivité. Nous comprenons intuitivement que l’égalité est une affaire collective : on n’est pas égal tout seul ! Idem pour la fraternité : on n’est pas fraternel dans son coin. Il est temps de saisir qu’il en va de même pour la liberté....".... (Souligné par moi. __Merci à Elucid)  _________