samedi 29 mai 2021

vendredi 28 mai 2021

Haro sur les terres rares!

 Après le pétrole.

                  C'est le rush sur les voitures électriques et les VAE. Opportunité commerciale à l'avenir assuré et durable ou épisode limitée, surtout dans les espaces urbains ou semi-urbains? L'avenir le dira. Dans cette période d'effervescence où l'innovation va bon train dans la recherche d'énergies nouvelles et de nouvelles sources de production. Les panneaux solaires garnissent sur les toits et les éoliennes fleurissent dans les campagnes et bientôt offshore. Avec les recherches en cours pour maîtriser la source illimitée que constitue l'hydrogène. Toute cette effervescence inciterait à l'optimisme, s'il n'y avait un problème, un gros problème. Dévoreuse de "terres rares", les nouvelles technologies vont-elles connaître leurs limites?

                 Le développement des énergies nouvelles dans des secteurs de plus en plus larges de l' économie dite verte, les transports, etc... posent des problèmes auxquels on réfléchit peu à long terme. Pour le moment.         Les terres dites rares portent bien leur nom. Leur extraction et leur concentration posent des problèmes auxquels nous allons être vite confrontés.   Dans les conditions actuelles, ne sommes-nous pas à l'aube d'impasses à venir?    Le problème des terres dites rares, sans lesquelles les nouvelles technologies numériques et leurs multiples applications actuelles et à venir ne pourraient voir le jour et se développer, commence à émerger dans l'espace informatif de manière de plus en plus large, même s'il reste encore largement ignoré.


     Avec la COP21, un tournant prétendait être pris pour sortir au plus vite des énergies fossiles pour gagner peu à peu en énergies vertes, comme certains pays en pointe dans ce domaine en donnaient l'exemple, pour une transition énergétique douce.
     Mais s'était-on posé le problème de l'accès à ces matériaux, que l'on trouve en quantité infinitésimale dans le sol, la roche, des traitements lourds et polluants qu'il faut pratiquer pour les extraire, de la commercialisation concentrée dans quelques pays, surtout la Chine, qui détient un quasi-monopole de fait, de la pollution massive que nécessitent leurs traitements et leur éventuel recyclage.
     La demande est exponentiellement explosive que ce soit en matière civile (téléphones portables, notamment)  ou en matière militaire (missiles balistiques, etc...). Des livres et différentes émissions nous confrontent à un   énorme défi pour l'avenir:
   Nous entrons, sans y avoir réfléchi dans de nouvelles dépendances, après avoir laissé la Chine accaparer l'exploitation et le traitement de technologies décisives pour l'avenir.
    Ce que l'on considérait comme "propre" se révèle en fait "sale" et dévoreur d'énergie en amont, comme en aval (retraitement).
   Nous avons fait un pari qui ne pourra être tenu et élargi (voitures électriques, par exemple.)
     Il est temps de prendre la mesure du risque des voies que nous sommes en train de prendre, pour repenser le problème et sortir de nos naïvetés.
   "Rares", ces matériaux le seront de plus en plus et on voit déjà qu'en Chine ou en Mongolie les terres rares tuent des villages.
      Un récent papier nous invitait à prendre la mesure de cette question des terres raresici et là, que je découvrais seulement, considérant naïvement que le tout-numérique serait notre avenir, ne voyant pas que même une éolienne demande une quantité importante de nouveaux métaux, peu à peu découverts à partir du tableau de Mendeleïev.
      Serait-ce une bombe à retardement, comme titrait le Point?  En tous cas, les aspects cachés du problème émergent peu à peu dans l'esprit des spécialistes et de certains responsables politiques.
  Vers quelles impasses allons-nous arriver à vouloir foncer tête baissés ver ce nouvel eldorado qu'on nous a fait miroiter?
     Difficile à dire. En tous cas, une réflexion s'impose, au niveau mondial, pour dépasser les intérêts commerciaux à court terme, les rapports de force que l'on a laissé s'installer. Une question de souveraineté nationale.
     Plusieurs livres de bon niveau traitent la question assez complètement. J'ai apprécié particulièrement celui de Guillaume Pitron, accessible à tous: La guerre des métaux rares. préfacé par H.Védrine, dont on peut lire gratuitement sur Amazon les importantes premières pages.
____
- La face (très) sombre des énergies renouvelables

                                                     _____________________________________________

jeudi 27 mai 2021

Migrants

 Migrants d'hier, migrants d'aujourd'hui.

                                 Non ancêtres, les migrants.   La question des migrations, qui hante aujourd'hui tant de sociétés, n'a pas toujours eu le  caractère politique et parfois anxiogène, souvent fantasmatique qu'il peut avoir aujourd'hui, à l'heure où la question des frontières est un sujet sensible, depuis la montée des Etats-nations et la question de l'emploi, une préoccupation constante, surtout depuis les années 70. Certains pays contingentent rigoureusement l'arrivée de certaines populations choisies, dans certaines circonstances, d'autres refusent absolument toute intrusion de main d'oeuvre nouvelle, présentée comme une menace démographique ou ethnique, avec tous les préjugés qui vont avec, côtoyant parfois des formes de racisme inavoué.                                                                                                                     Mais ce ce fut pas toujours le cas. Par nécessité ou par opportunisme, la France a accueilli un nombre important de migrants, dès le Moyen-Age, notamment pour compenser le manque de bras après la saignée de la guerre de 14 ou pour faire face au défaut de main d'oeuvre industrielle dans les années 60-70. Les Etats Unis ont besoin, en Californie notamment, d'ouvriers agricoles d'origine hispanique (clandestins ou non) pour maintenir les coûts de production à un niveau relativement bas dans l'agriculture.  Des migrations à multiples visages et fondées sur des raisons historiquement déterminées. L'Allemagne fait appel depuis longtemps à une main d'oeuvre d'abord turque pour assurer son développement industriel.     Les migrations, volontaires ou parfois forcées, souvent pour des raisons démographiques, font partie de l'histoire, l'humanité ayant été soumises à ses origines à une longue errance, ayant abouti plus tard à de multiples brassages. Un phénomène qui ouvre dans certaines circonstances la voie à de nombreux fantasmes.

                          Le propre de l'homme, surtout avant de se sédentariser, avec l'apparition de l'agriculture , est d' être un migrant, un voyageur sans but assigné. Bien plus tôt qu'on ne le croyait. Des migrations lentes, d'abord, dont les raisons ne nous sont connues que par hypothèses. On trouve des traces de ces premières migrations de l'histoire de l'humanité, à partir de son berceau  africain, l'origine commune, de mieux en mieux établie, mais encore pleine d'incertitudes. Faire une histoire de ces mouvements lents ou plus rapides à travers l'histoire relève du défi. On peut juste en donner quelques éléments.  Déjà homo erectus, sans doute pour des raisons surtout alimentaires, se déplaça d'Afrique vers d'autres contrées, à une époque où la configuration de la terre était assez différente.

   Parler de sortie d'Afrique pour les premiers hominidés place d'emblée les origines de la lignée humaine sur le continent africain. C'est logique mais cela va mieux en le disant ! En effet, tous les plus anciens fossiles d'hominidés ont été retrouvés en Afrique. On peut bien sûr citer Toumaï (-7 millions d'années), Orrorin (-6 millions d'années), Lucy (-3,2 millions d'années), ou encore, plus récent Australopithecus sediba (-1,95 millions d'années). Jusqu'à preuve du contraire, c'est-à-dire une nouvelle découverte de fossile hors du continent africain, nos plus lointains ancêtres se trouvaient en Afrique. 
  Pascal Picq donne une idée des recherches actuelles.
   L'histoire humaine est donc consubstantielle aux migrations.
     Que l'on songe seulement, plus tard, à l'origine des Celtes
       Pour ce qui est des migrations plus récentes, beaucoup d'entre nous sont des descendants de peuples dits barbares, puis plus tard, quand les nations se constituèrent, de Belges, d'Italiens, de Polonais....Comment se sont élaborés les pays jeunes comme les USA?
   Aujourd'hui, le phénomène est d'une autre nature, mais est loin d'être massif, bien que spécifique.
__________________________

mercredi 26 mai 2021

Aux armes, les Ricains!

 Le flingue: l'ennemi intime

                                      Aux USA, la barbarie est en progrès.  Les mouvement anti-armes militent pourtant comme ils peuvent contre cette folie qui ne tarit pas, mais a même tendance à s'aggraver ces dernières années, en quantité et en qualité; les engins automatiques envahissent maintenant les marchés et les armureries. Obama a tenté une réforme pour modifier ce droit, dont l'application  dépasse la simple raison. En vain. Il a dû céder devant la force des lobbies. Même résolution du côté de Joe Biden, qui a déjà réduit ses objectifs et est en train de baisser les armes. Les ventes repartent à la hausse . La bible et le fusil, c'est comme la prunelle de leurs yeux. Le contrôle est en perte de vitesse, malgré la montée des tueries de masse dans les écoles e dans l'espace public. Jamais sans mon fligue: telle est la devise dans la plupart de Etats. Les lobbies sont si puissants politiquement. La NRA se distingue particulièrement et sait inlluencer les élections, généreuses avec ceux qui soutiennent son influence.                                                   ___________"...En ces temps de réouverture de l’économie après un an de pandémie, beaucoup d’Américains réfléchissent à la tenue qu’ils vont porter pour sortir après avoir passé l’année chez eux en pyjama et en jogging. Certains ont un accessoire singulier en tête : une arme de poing. Plusieurs États du pays ont en effet décidé d’essayer de rendre plus facile pour leurs habitants de porter une arme dans l’espace public sans qu’ils aient à demander un permis, se soumettre à une vérification de leurs antécédents ou suivre une formation au tir.  La mode du port d’armes sans permis est en plein boum. Depuis février, cinq États ont adopté de nouvelles lois ou assoupli les anciennes. Certains, comme l’Utah, où le port d’armes sans permis est entré en vigueur le 5 mai, exigent qu’elles soient dissimulées (par exemple dans un étui sous une veste). D’autres, comme le Tennessee, permettront aux gens de porter leur revolver bien en vue. Cinq autres États, dont la Louisiane et la Caroline du Sud, envisagent d’approuver également le port d’armes sans permis, ainsi que le Texas, où le Parti républicain s’est donné pour priorité de faire passer une loi en ce sens.     Il y a vingt ans, seul le Vermont autorisait le port d’une arme de poing sans permis. D’ici la fin de l’année, au moins 20 États le feront. Les nouvelles lois font sauter tous les garde-fous. Aujourd’hui, pour porter une arme de poing de façon dissimulée au Texas, il faut demander un permis qui inclut une vérification des antécédents, la prise d’empreintes digitales, une formation, un examen écrit et une épreuve de tir. Si elles sont approuvées, les nouvelles lois feront disparaître toutes ces conditions....

           De fait, de plus en plus d’États vont vers davantage de laxisme dans une période où les fusillades de masse et les crimes violents sont en hausse et alors que les ventes d’armes à feu atteignent des niveaux record. En 2020, les vérifications des antécédents des acquéreurs d’arme ont atteint le nombre de 39,7 millions, du jamais-vu. Lors du dernier trimestre de l’exercice 2019-2020, le fabricant Smith & Wesson a enregistré deux fois plus de ventes (et trois fois plus de bénéfices) que l’année précédente...."                                                                                            ________Les causes sont anciennes et profondes:   "...Si le droit aux armes est bien un droit individuel, l’arme elle-même est au moins autant un lien social qu’un instrument d’individualisation. Les armes, tout comme l’art de les manier, se transmettent de génération en génération. Comme le note fort justement Robert Spitzer, l’acquisition d’une certaine habileté au tir est une marque de maturité et peut à bien des égards être considérée comme un « rite de passage » du monde des enfants à celui des adultes (8-9). C’est ainsi que « ceux qui sont les plus susceptibles d’embrasser et de perpétuer la tradition des armes sont socialisés tôt dans leur vie par d’autres membres de la famille à travers la possession et la pratique des armes » . De plus, pour l’« Américain honnête », le fait de posséder et de porter une arme peut être ressenti comme un engagement vis-à-vis de la communauté, comme une manière d’exercer sa responsabilité de citoyen...." _______________________________________

  

mardi 25 mai 2021

Le charcutier de Tourcoing

 Vos populi

              Il a du bon sens, le charcutier de Tourcoing, aux dires de l'ancien maire de la ville, qui a fait son chemin.. Comme madame Michu, la concierge. Vox populi, vox Dei. Ce qui est dit dans la rue, sur les marchés ou dans l'échoppe du boulanger aurait valeur d'Evangile, selon le locataire de la Place Beauvau. Pas la peine de réfléchir trop, la vérité sort de la bouche des passants, mais pas des puissants. Il faut laisser parler son coeur en matière politique. Comme disait aussi Nicolas, qui, à ses heures, se faisait proche du peuple, y trouvait la vérité, voulait être "comme tout le monde": suivre le Tour de France, etc... En bon homme du peuple, quoi.                                   ___Ah! le bon sens partagé, celui du "yakafaukon"; quand il devient l'alibi de ceux qui sont loin de la rue, dans leur bulle ministérielle ou élyséenne!.. Descartes aussi parlait de "bon sens", mais dans un autre sens, celui d'une raison qui demande toujours à sortir des préjugés et de l'ignorance. Et quand il s'agit de problèmes qui demandent tout de même une certaine hauteur, de l'analyse, là où le sentiment ou la passion ne suffit pas et peut même égarer, comme: "En France, il y a trop d'assistés, le justice est trop indulgente, etc..." comme dit Valeurs Actuelles et d'autres torchons du même tabac..                                                                                                     Notre ministre sonne le tocsin, pour "faire peuple", comme Nicolas fustigeant la racaille, mais enlevant d'importants moyens à la police. Un ministre devrait tourner dix fois sa langue dans sa bouche et ne pas être obnubilé par les élections qui viennent...La justice serait trop laxiste? Il faudrait y regarder à deux fois et ce n'est pas elle qui fait les lois, elle les applique, avec les moyens trop limités qu'on lui donne, parmi les plus faible budgets des pays européens! Qui a laissé les "quartiers " à leur sort depuis quarante ans, en rétrécissant les services publics? ....Voilà des questions de bons sens..; mais informé! Un peu d'histoire ne nuit pas.  La police souffre, mais pour quelles raisons? Je sais, le ministre veut couper l''herbe sous les pieds des gars de la Marine, mais il contribue à alimenter le mouvement qui monte et que son patron redoute. Sacré Gérald!

            __ Olivia Dufour et Michèle Bauer, « Justice : “On ne peut plus tolérer les délais de traitement engendrés par le manque de moyens” », Actu Juridique, 31 mars 2021. .____. « L’envers du décor. Enquête sur la charge de travail dans la magistrature », Syndicat de la magistrature, Paris, mai 2019.  ____ « Rapport “Systèmes judiciaires européens” — Rapport d’évaluation de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (Cepej) — Cycle d’évaluation 2020 (données 2018) », Conseil de l’Europe, Strasbourg, 2020.______Loïc Cadiet, « La justice face aux défis du nombre et de la complexité », Les Cahiers de la justice, 2010/1, Dalloz, Paris, janvier 2010.____ Yoann Demoli et Laurent Willemez (sous la dir. de), « L’âme du corps. La magistrature dans les années 2010 : morphologie, mobilité et conditions de travail », mission de recherche droit et justice, Paris, octobre 2019.____ Cf. Manuela Cadelli, Radicaliser la justice. Projet pour la démocratie, Samsa Éditions, Bruxelles, 2018.____ Cf. Sophie Prosper, « Réformes de la justice et désengagement de l’État : la mise à distance du juge », Délibérée, n° 9, Paris, janvier 2020.____ Laurence Neuer, « Saisir le tribunal est devenu très compliqué pour beaucoup », Le Point, Paris, 23 juillet 2020.____ Bartolomeo Cappellina et Cécile Vigour, « Les changements des pratiques et instruments gestionnaires des magistrats. Retours européens et comparés », dans « Magistrats : un corps saisi par les sciences sociales », actes du colloque organisé par la mission de recherche droit et justice et l’École nationale de la magistrature, Paris, janvier 2020.____ Véronique Kretz, « Juger ou manager, il faut choisir », Délibérée, n° 11, novembre 2020.____ Antoine Garapon, La Raison du moindre État. Le néolibéralisme et la justice, Odile Jacob, Paris, 2010.____ « Approche méthodologique des coûts de la justice. Enquête sur la mesure de l’activité et l’allocation des moyens des juridictions judiciaires », Cour des comptes, Paris, décembre 2018.____ Cf. Éric Dupond-Moretti (avec Laurence Monsénégo), Le Dictionnaire de ma vie, Kero, Paris, 2018. Le propos cité est du magistrat Serge Fuster, alias Casamayor.

  ___________________________

lundi 24 mai 2021

Et après?

 La même chose en pire, sûrement....

                            Sauf si on sort de la logique diabolique instaurée surtout depuis l'assassinat de Begin, la  montée des extrêmes avec Sharon, qui a précipité un peu plus le peuple de Gaza dans les bras du Hamas et droitisé à l'extrême la politique israëlienne, en instrumentalisant la peur, comme l'a bien noté C.Enderlin.  Sauf si on ne change pas de  paradigme au plus vite. Il ne s'agit pas d'une question de "retenue", qui ne s'interroge pas sur les causes de l'évolution de la situation, notamment la colonisation accélérée, depuis longtemps programmée, la judaïsation imposée...      La jeunesse qui monte prépare de nouvelles explosions qui seront des impasses absolues. Un cessez le feu -un de plus- ne fera pas la paix, au grand désespoir de ceux qui des deux côtés ont gardé un peu de raison et parfois militent conjointement. Tant que les soutiens resteront unilatéraux, le feu continuera à couver. A Lod ou ailleurs. Tant que le soutien américain sera toujours aussi conséquent, les voeux de Biden de deux Etats indépendants resteront illusoires. D'ailleurs personne n'y croit plus. Un point de non retour a été atteint. Mais on ne range pas un si vieux et si profond conflit au placard. L'impasse risque de durer, avec des risques nouveaux, d'une autre ampleur. 

                                      Selon l'AFP:  " Saint-Jean-d’Acre, Ramleh, Lod, Haïfa : beaucoup de Palestiniens d’Israël habitant dans les villes mixtes – où cohabitent Juifs et Arabes – manifestent depuis le début des bombardements de la bande de Gaza, ce qui a donné lieu à de violents heurts avec des extrémistes juifs. La ville de Lod a ainsi connu une flambée de violence sans précédent, mettant en péril la coexistence entre les deux communautés. Ces événements révèlent une accumulation des rancœurs envers l'État israélien, accusé d'œuvrer pour évincer progressivement les Arabes de la ville, au profit des "colons juifs".    À Lod, ville située près de Tel Aviv et qui compte 80 000 habitants dont un tiers sont des Palestiniens d'Israël, des manifestants arabes ont été attaqués par des Juifs nationalistes, des synagogues ont été incendiées, des magasins saccagés. Le 11 mai, un manifestant palestinien a été tué par balle. Le 12 mai, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré l'état d'urgence.....                                                                                                                      Khaled Zabareqa est un avocat palestinien, natif de Lod: Nous n’avons aucun problème avec les Juifs qui ne sont pas ultranationalistes. Nous vivons ensemble en bonne entente depuis des dizaines d’années.   Toutefois, les tensions existent depuis plusieurs années déjà dans la ville, en raison de l’arrivée de nouveaux "colons" issus d’un groupe religieux ultranationaliste appelé "Garin Torani". Ceux-ci sont arrivés en 2005 après la décision de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon de les évacuer de la bande de Gaza et des colonies juives de Cisjordanie où ils étaient implantés [NDLR : en 2005, ils étaient estimés à 1 200 familles à Lod].   Avec l’appui de l’État israélien et des autorités locales, ils ont construit des centaines de nouveaux logements dans les quartiers arabes, des écoles, et même une académie prémilitaire.    Au sein de la communauté arabe, nous considérons ces gens comme des colons qui sont venus pour judaïser la ville, c’est-à-dire changer la démographie et faire en sorte qu’il y ait de plus en plus de Juifs et de moins en moins d’Arabes.    La responsabilité de cette situation incombe en grande partie au maire de Lod, Yair Revivo, qui est un militant du Likoud [droite, NDLR] et ancien chef de campagne de Benjamin Netanyahu. Il a ouvertement soutenu l’arrivée des Juifs religieux et affiché du mépris pour les Arabes.                  ____Yair Revivo a déclaré à plusieurs reprises que la culture arabe était intrinsèquement violente. En 2015, il avait assuré au journal Makor Rishon que l’arrivée de Juifs religieux avait "sauvé" Lod, car elle était menacée de devenir une ville arabe.  Depuis le début des récentes tensions, et les affrontements entre des extrémistes juifs et des Palestiniens, le ressentiment s’est encore accentué envers les membres de Garin Toradin. Khaled Zabareqa poursuit :   "Depuis une dizaine de jours, au plus fort des tensions, ces groupes se baladent dans les quartiers arabes de Lod, parfois armés. Ce qu’on voit comme de la provocation. Dimanche dernier [16 mai], ils sont venus à la grande mosquée de Lod. Cela m’a rendu furieux, je leur ai demandé de partir sur-le-champ. Filmée, la scène a été beaucoup partagée sur les réseaux sociaux. ....Khaled Zabareqa explique :La communauté palestinienne a participé massivement à la grève générale, car ici, nous subissons la même politique d’occupation et d’expropriation que les habitants palestiniens du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. La seule différence, c’est que l’État israélien a tenté d'expulser ces habitants de leurs maisons de façon brutale, alors que nous, ils essayent de nous pousser hors de la ville de manière plus douce, c’est une expropriation silencieuse....                                                                                                                         .____D'un autre côté, un journaliste du journal d'opposition Haaretz, Gideon Levy, ne fait pas dans la dentelle à l'égard de la politique actuelle se son pays:    "... Cela a été prouvé une fois de plus: Israël est trop fort. Son armée est trop forte. Les Etats-Unis l’ont engraissée pendant des années avec de grandes quantités d’armes sophistiquées – au-delà de ses besoins – et avec un soutien international généralisé, automatique et aveugle. Israël a suralimenté son armée avec des budgets énormes et illimités, au détriment de besoins bien plus importants bien sûr. Et le résultat est maintenant devant vous: comme une oie malheureuse qui a été constamment gavée, Israël n’est plus capable de se restreindre. Le foie farci est devenu malade.    On dit qu’il n’y a pas de pays trop fort, mais Israël prouve que c’est le cas. Une grande partie de ses activités violentes, dans la guerre et dans le maintien de l’occupation, il les mène simplement parce qu’il le peut. Parce qu’il a le pouvoir de les mener à bien, même si elles ne sont pas nécessaires ou utiles.            Lorsqu’une femme âgée et mentalement instable s’est approchée des soldats en Cisjordanie en tenant un petit couteau de cuisine dans sa main faible, et qu’elle était à peine capable de se tenir debout – les soldats ont tiré des rafales sur elle. Un adolescent non armé aurait pu arrêter cette femme, mais les soldats ont vidé leurs chargeurs sur elle. Pourquoi? Pourquoi pas? Ils en étaient capables, alors ils l’ont fait.             Israël traite Gaza exactement comme la vieille femme au poste de contrôle. Israël déploie tout l’arsenal de sa force aérienne sophistiquée, sans vergogne, presque sans inhibitions, sur ce quartier emprisonné, gémissant, appauvri, et y vide toutes ses munitions, la gloire de son industrie de l’armement et celle des États-Unis.            Ce qui a été conçu pour bombarder un réacteur nucléaire en Iran est également bon pour bombarder une planche de surf sur la mer côtière de Gaza. Ce n’est pas nécessaire, – seuls des dommages terribles sont causés aux deux parties – et pourtant il y a 150 avions dans les airs au-dessus de Gaza. Pourquoi? Parce qu’Israël le peut – alors pourquoi pas?                     Israël sème la destruction à une échelle terrifiante. Parfois, il avertit les habitants et leur donne une heure pour sauver tout leur monde, parfois il ne le fait pas. Parce qu’il le peut. Israël fait s’écouler des tours d’habitation et de bureaux comme des châteaux de cartes dans des spectacles effrayants destinés aux yeux et aux oreilles des habitants de Gaza en proie à la panique, mais aussi aux yeux des habitants d’Israël en liesse. Nous avons le pouvoir. Nous l’avons. Regardez comme nous sommes forts. Une démonstration de l’armée de l’air et ce n’est même pas le jour de l’indépendance. Regardez comme Gaza tremble. Regarde comment les tours s’effondrent sur elles-mêmes.          Le fan-club des pilotes dans les médias et dans le public regarde avec stupéfaction, les images de la destruction sont diffusées en boucle sur la télévision israélienne – qui ne montre rien de Gaza à part ses tours qui tombent. Tout cela alors qu’Israël aurait pu se contenter d’un bombardement précis des maisons utilisées ou non par le Hamas, sans détruire 15 étages et 150 destins. Mais pourquoi se donner la peine? Israël peut, les «Forces de défense israéliennes» peuvent, l’Armée de l’air israélienne peut certainement, face au ciel nu et sans défense de Gaza – alors pourquoi pas?       Si Israël avait été un peu moins fort et moins bien armé, il aurait été plus prudent dans ses actions. Ce surplus de puissance donne lieu à un comportement arrogant, belliqueux et barbare, et la force n’est pas seulement la puissance militaire, mais aussi la puissance politique: le monde permet à Israël de faire ce que très peu de pays sont autorisés à faire. C’est aussi un pouvoir destructeur. Cela fait pourrir Israël. Personne ne l’arrêtera, personne ne le punira pour ses actions. Alors pourquoi pas? Il peut faire ce qu’il veut.         Celui qui permet tout cela est un ami d’Israël, exactement de la même manière que le gaveur d’oies est un ami des oies. Lorsque le président américain Joe Biden déclare sans réserve qu’Israël «a le droit de se défendre» – la carte blanche pour détruire est de retour. Bombardez autant que vous le pouvez, chers amis, après tout vous ne faites que vous défendre, et pour cela tout vous est permis. Puis le président prétendument hostile signe un autre chèque pour la fourniture d’armes supplémentaires, qu’Israël utilisera au prochain tour. Merci, amis d’Israël, de le renforcer autant. Il est déjà tellement gonflé. (Article publié dans le quotidien Haaretz le 20 mai 2021; traduction rédaction A l’Encontre) ..."                                                                ____La gauche va-t-elle pouvoir se renouveler et tout reconstruire.   Selon Filiucomme le souligne Alain Frachon dans « Le Monde », « le temps est venu d’internationaliser la question palestinienne ».  __________________________

dimanche 23 mai 2021

En papillonnant

__ (Re)lire Michéa

__ Greenwashing

__ Vol de jour

__ Qui fait la loi?

__ Juste une erreur

__ Pédaler jusqu'au bout    

__ Bibi sur la sellette

__ Mémoires juives à revoir

__ Sécurité: comme un malaise

                                         _____________________________

samedi 22 mai 2021

L'homme debout

 ...Jusqu'au bout. Au nom de la vie.

                             C'est sa dernière randonnée. La marcheur va s'arrêter et poser son sac dans peu de temps. Il le sait. Il n'était pas prévu qu'il le fasse si tôt, mais voilà...Le sort en a décidé autrement. Le médecin doit s'incliner, avouant son impuissance et doit se résoudre devant les ultimes avertissements d'une nature qui peut apparaître cruelle pour beaucoup. On a beau être praticien, avoir côtoyé la mort toute sa vie, vu les ravages du cancer aux premières loges, quand on n'est plus spectateur, mais acteur, partenaire, quand on est "rattrapé par la patrouille", quand on bascule de manière brutale vers l'inattendu ultime, on renoue brutalement avec ses fragilités humaines.                                                                                                                                         Axel va mourir, il le sait et il le dit, profitant de sa notoriété pour nous donner une leçon de sagesse: oui, ça peut arriver à n'importe qui, à tout moment.. C'est rare d'assister à un telle annonce: celle d'un homme, un médecin faisant part calmement de sa proche disparition du monde de ses semblables. 

                    Scientifique de renom, humaniste soucieux d'éthique, fin lettré, philosophe à ses heures, curieux de tout et engagé à ses risques et périls, grand marcheur, il représente une figue rare dans le monde contemporain, une sorte d' "honnête homme", comme on disait à une époque, même s'il savait n'être pas un saint....Engagé dans des combats qui dépassaient sa spécialité, à ses risque et périls parfois. Un citoyen aux yeux ouverts.                                                                _________Devant la mort proche, regardée dans les yeux, il prend une position résolument et courageusement rationaliste, sans effroi. Il n'y a pour lui que la raison qui sauve et préserve de la panique, permettant de rester digne. Malgré tout. Rappelant que la mort est un phénomène naturel, puisque nous sommes inclus dans le domaine du vivant sous toutes ses formes et dans tous ses cycles. Même pas peur, du moins en apparence. Mais le désarroi inévitable doit être invisible aux autres.                 C'est une leçon de vie qu'il nous donne, rappelant combien elle lui a donné   Il a lu Sénèque notamment la Lettre à Lucilius, Epictète, Epicure et les autres...Mais aussi A. de Vigny. Son stoïcisme tranquille est son dernier bâton de pélerin de la vie, lui qui abandonna très jeune toute croyance religieuse, au profit d'un humanisme engagé. Il nous rappelle implicitement que la mort est le principe du vivant, en se préparant à s'insérer dans ce cycle qui nous dépasse.  Il n'y aura pas de miracle, il le sait. Il compte les jours. Axel se prépare à s'effacer. Au nom de la vie.               ________________________

vendredi 21 mai 2021

Labos en poupe

 Heureux actionnaires!

                                 Dans certains laboratoires pharmaceutiques, dont on rappelle qu'ils sont censés oeuvrer à la recherche et à la mise au point de nouveaux produits pour la santé du plus grand nombre, il se passe parfois de drôles de choses...Il arrive parfois que la recherche ne soit plus l'objectif premier, car trop onéreux, et que le souci des affaires soit dominant dans les plus hautes sphères de la direction. Il est vrai que l'industrie pharmaceutique n'a pas la réputation d'être en mauvaise santé financière, c'est même une des plus rentable de toutes. Les actionnaires, surtout les plus gros, en savent quelque chose.                               ____ Récemment, une députée démocrate, Katie Porter a publiquement mis en cause le patron d'un grand labo pharmaceutique en le mettant sérieusement dans l'embarras en pointant ses objectifs essentiellement axés sur le business. Surtout aux USA, où le prix des médicaments atteignent parfois des sommets, alors que ceux-ci sont parfois prescrits inutilement, comme des statines pour des enfants à titre préventif (!) ou que l'on joue dans certains cas sur la peur.                                                                                                                                           C'est bien la fête pour les actionnaires, trop bien servis, surtout en France, qui n'est pas un modèle de modération, même en cette période de crise, où certains labos savent se montrer très généreux, boostés par des aides des Etats. Or les Etats n'exercent pas leur droit de contrôle dans un domaine si fondamental, ou ne le  font qu'a posteriori et laisse l' innovation, fondée ou pas, se développer au gré des investissements financiers, au nom de la rentabilité, au risque de dérapages parfois gravissimes.

          Une manne des plus intéressantes qui soit.  L'actionnaire  y est particulièrement gâté. Une haute rentibilité y est assurée, car les produits se développent toujours plus, pas forcément la recherche qu'on attendrait. Pour la bonne santé des malades, mais aussi celle de actionnaires, toujours mieux servis. Les préoccupations de service pour le public n'y sont pas toujours la priorité, comme on s'en rend compte en cette période de pénuries de médicaments, où s'exerce une concurrence discutable entre les labos, alors que la coopération s'imposerait, surtout dans l'urgence mondiale.    Or si les pouvoirs politiques ont un rôle de contrôle en dernière instance, ils n'en ont pas en ce qui concerne en amont la recherche et ses orientations, ses choix, surtout en ce qui concerne les produits les plus vitaux. L'OMS n'a pas plus de pouvoir, malgré sa fonction coordinatrice.  Le gonflement des prix de vente de médicaments de base est une pratique courante dans les pays où le contrôle étatique est laxiste ou inexistant, comme aux USA, pénalisant les plus démunis.

                  Or certaines de ces firmes devenues multinationales décident à nouveau, au pire moment de pratiquer (une nouvelle fois) des licenciements et au coeur du système: la recherche.               ____Sanofi continue à faire des "économies", pour purger les secteurs jugés moins rentables, en pleine crise sanitaire majeure, que ce soit à Strasbourg ou ailleurs, où les plans sociaux se succèdent maintenant toue les ans. Les labos sont au front dans la course aux vaccins.     Une poule aux oeufs d'or pour les actionnaires. De plus une entreprise comme Sanofi, aux pratiques parfois contestables, se laisse aller à une sorte de chantage en cette période critique où les conflits d'intérêts s'exacerbent entre les grandes puissances. Le covid-19 est déjà une bonne affaire pour Sanofi.      Il est clair qu' une révolution est nécessaire dans cette course à la marchandisation. Pas seulement pour le contrôle des prix et la limitation des profits. Cela apparaît surtout aujourd'hui comme une  évidence.      Alors que l'entreprise a touché plus d'un milliard d'euros de crédit d'impôt recherche en 10 ans:

👉 Elle est soutenue par le plan relocalisation
👉 Elle a versé 4 milliards € de dividendes à ses actionnaires privés (dont 200 millions € à Blackrock) alors que 80% de ses revenus en France dépendent des remboursements de la Sécurité sociale.
👉En 2020, en pleine pandémie, le résultat net de ses activités a progressé de 9,4% au troisième trimestre (+ 5,7% à 9,48 milliards € pour le chiffre d'affaires) . Elle a pris du retard dans la production d'un vaccin contre le coronavirus. _____________________________________