Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 9 avril 2008

Victimisation ambigüe...


La victime, star du nouvel ordre moral
"...L'idée de donner une sorte de transcendance aux «grands hommes» m'est assez étrangère même si je comprends qu'une société ait besoin d'exemples. Mais je suis encore moins porté à magnifier les victimes. S'il n'est pas question de minimiser les souffrances subies, s'il est bon que soient enfin reconnus les droits des victimes, que prennent fin des réactions archaïques présentant celles-ci comme consentantes, par exemple dans les affaires de viol, il est, en revanche, nuisible de résumer une société aux seules souffrances qu'elle impose....La façon qu'a notre société de transformer en héros tout ce qui souffre et hurle révèle la maladie de l'époque, cette époque incapable de regarder une pathologie en face. Pourquoi cette habitude nouvelle de prendre le malade pour extraordinaire? La victimisation est cette tendance à conférer aux victimes un statut social ou une attention souvent proche d'une sacralisation. La transformation des victimes en héros aboutit à les enfermer dans leur statut de victime. Rien de moins révolutionnaire qu'une victime décorée !
Si la pression des associations de victimes a permis de mieux traiter juridiquement les préjudices subis, elle a, dans le même temps, de plus en plus poussé à ériger ce «statut de victime», conservateur, voire, à la limite, attractif. Elle peut alors entraîner des dérapages malsains comme l'ont prouvé les mensonges de la principale accusée dans l'affaire d'Outreau. On ne juge alors plus des coupables en fonction de leurs personnalités et des actes commis, mais en fonction de la souffrance perçue par les victimes...La victimisation pousse ainsi des groupes à se solidifier autour d'un préjudice, réel ou supposé ; elle contribue donc au développement du communautarisme. Ainsi, les «Indigènes de la République» se constituent-ils, dans les banlieues, autour de leur solidarité supposée du fait des sévices subis par leurs ancêtres colonisés. Le statut de victime deviendrait ainsi héréditaire, presque génétique, au risque d'ailleurs de vampiriser l'identité des personnes et de transformer le citoyen en créancier des institutions...La victimisation, en enfermant l'individu dans son statut -et dans une catégorie- de victime, le conforte dans une situation de dépendance, l'éloigne de la lutte collective contre l'oppression. Elle met l'accent sur des crimes «notoires», de l'ordre du fait divers comme de l'ordre du phénomène historique. Mais elle ignore d'autres souffrances, d'autres «victimes», notamment celles de la violence économique et sociale..."
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-Victimisation - Wikipédia
-Arrière-pensées des discours sur la « victimisation »
-À quoi sert la « victimisation » ?
-Les effets pervers de la victimisation
- Trouble borderline Paranoia et rejet de responsabilite

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