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mardi 8 juillet 2008

Consensus de Washington : fin ?

"Le constat est dramatiquement clair : le développement économique et social des pays en développement ne pourra se faire sans la constitution d'un fonds de développement conséquent et sans des réformes profondes dans l'architecture, financière et institutionnelle internationale.""(A.Zacharie)
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« Un demi-siècle après sa fondation, il est clair que le FMI a échoué dans sa mission. Il n’a pas fait ce qu’il était censé faire - fournir des fonds aux pays confrontés à une récession pour leur permettre de revenir à une situation de quasi-plein emploi. En dépit des immenses progrès accomplis depuis cinquante ans dans la compréhension des processus économiques, et malgré les efforts du FMI, les crises, dans le monde entier, se sont faites plus fréquentes depuis un quart de siècle, et aussi plus graves (si l’on excepte la Grande Dépression). Selon certains calculs, près d’une centaine de pays en ont subi. Pis : de nombreuses mesures promues par le FMI, en particulier la libéralisation prématurée des marchés des capitaux, ont contribué à l’instabilité mondiale. Et, lorsqu’un pays s’est trouvé en crise, non seulement les fonds et les prescriptions du FMI n’ont pas réussi à stabiliser sa situation mais, dans bien des cas, ils l’ont dégradée, en particulier pour les pauvres. Le FMI a échoué dans sa mission initiale, promouvoir la stabilité mondiale ; et il n’a pas été plus brillant dans les nouvelles tâches qu’il s’est fixées, par exemple guider la transition des pays ex-communistes vers l’économie de marché. »(Joseph Stiglitz: La Grande Désillusion)

-La fin du Consensus de Washington:

Le « Consensus de Washington » est la table de la loi énonçant les dix commandements du libéralisme qui déterminent depuis 20 ans les politiques économiques mondiales. Aujourd’hui, la Banque Mondiale, jusqu’alors fervente adepte du dogme, nous annonce que, désolée, elle s’est trompée, que ces régles sont néfastes, et qu’il faut restaurer le rôle de la puissance publique.

A la fin des années 1990, le modèle économique ultra libéral adopté par Thatcher et Reagan est devenu le nouveau dogme économique, et ses tables de la loi ont été rédigées par John Williamson, économiste en chef pour la région Asie à la Banque Mondiale. Devenues célèbres sous le nom de « Consensus de Washington », elles énumèrent les dix commandements auxquels devaient désormais se plier les états, et qui imposaient un revirement complet des politiques menées depuis l’après guerre.

Dérégulation, privatisation, monétarisme, réduction des dépenses publiques devenaient désormais d’ardentes obligations en dehors desquelles ils n’existait point de salut.

Le rôle de l’état, qui jusqu’alors avait été central, à la fois par les politiques économiques et budgétaires qu’il impulsait, et par son rôle redistributeur des richesses produites par les nations, devait à tout prix être réduit à la portion congrue. Ronald Reagan avait résumé cette nouvelle vision prônant le « moins d’état » lors de son discours d’investiture par sa formule fameuse : « l’état n’est pas la solution, c’est le problème ».

-Echec du Consensus de Washington
-Le « Consensus de Washington » (Amérique latine)
-Enterrer le consensus de Washington:
"...Le « Consensus » a ordonné une discipline budgétaire (la passion pour l’élimination du déficit), une réforme fiscale (profitant à ceux qui possèdent le plus), une libéralisation commerciale (démantèlement des droits de douane des pays moins développés sans contrepartie de la part des pays riches), l’ouverture aux investissements étrangers (sans normes ni contrôles), des privatisations (le patrimoine public à la portée des puissants), des déréglementations (diminution ou suppression des garanties de travail, contrôles sociaux et environnementaux), la garantie absolue du droit de propriété et le maintien ou l’installation de gouvernements de moindre poids (excepté dans leur facette policière).Ce « Consensus de Washington » a été promu et élaboré par un petit nombre, dont les intérêts ne trompaient personne. Quand on s’arrête sur les principaux défenseurs de ce monstre de politique économique, on voit très bien où se situent leurs intérêts. Le secrétaire du Trésor américain, Robert Rubin, est issu de Wall Street, de même que ses prédécesseurs, Roger C. Altman et Nicholas Brady. Tous travaillent pour des sociétés de placement. Ernest Stern, ancien président de la Banque Mondiale, est directeur de la banque J.P. Morgan, et l’actuel président, James Wolfensohn, était également directeur d’une banque de placement. Et la liste est longue.Le « Consensus » a été rédigé par un groupe d’économistes américains, des fonctionnaires du Gouvernement des Etats-Unis, de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International. Un consensus très limité. Qui n’a jamais fait l’objet d’aucun débat général et n’a été soumis à aucun vote, ni même été ratifié formellement par les pays auxquels il a été imposé...."
-Consensus de washington - Google(recherche)
-The death of the globalization consensus
-Un «consensus de Washington» à l'européenne

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