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mardi 30 décembre 2008

USA : inégalités


USA:les inégalités augmentent:

"Aux Etats-Unis, les 20 % des ménages les plus pauvres ne disposent que de 3,4 % de l’ensemble des revenus, mais les 5 % les plus aisés en perçoivent 21,2 %. A eux seuls, les 20 % les plus riches perçoivent près de la moitié du revenu national.Le niveau de revenu du 9ème décile (à partir duquel on entre dans les 10 % les plus riches) est près de 11,2 fois supérieur à celui des 10 % les plus démunis, contre 8,8 en 1973. Le niveau de revenu des 20 % les plus riches est deux fois supérieur au revenu médian.La progression des inégalités ne date pas d’hier aux Etats-Unis. En 1967, les 5 % des ménages américains les plus aisés disposaient de 17,5 % du revenu national contre 21,2 % en 2007. Les inégalités ont commencé à s’accroître dès la fin des années 70 sous la présidence du démocrate Jimmy Carter, avant l’arrivée au pouvoir du conservateur Ronald Reagan en 1981. La suite est une lente montée, quasiment sans heurts. On notera que depuis 2003 le rapport semble relativement stable.Un ensemble de facteurs se sont conjugués pour expliquer la montée des inégalités aux Etats-Unis : précarité accrue sur le marché du travail, restructurations industrielles massives qui ont affaibli les syndicats, immigration peu qualifiée et rôle de plus en plus grand joué par le diplôme notamment..."

-Paul Krugman, Robert Reich et les inégalités aux Etats-Unis
"Publiés à quelques mois d'une élection capitale pour les Etats-Unis - et, d'une certaine façon, pour le reste du monde -, The Conscience of a Liberal, de Paul Krugman, et Supercapitalism, de Robert Reich (2), visent à élucider les causes qui ont fait de la société américaine la plus inégalitaire parmi celles des pays anciennement industrialisés. Si ces deux ouvrages convergent sur de nombreux points, ils ne s'en opposent pas moins sur certaines explications. Les pages qui suivent s'articulent autour de trois thèmes: le creusement des inégalités aux Etats-Unis depuis un quart de siècle, les causes de ce phénomène et, enfin, les solutions proposées pour y remédier.
Croissance économique et accroissement des inégalités
S'il est un constat que partagent Krugman et Reich, c'est bien celui d'un accroissement vertigineux des inégalités aux Etats-Unis à partir de la décennie 1980, évolution que l'un comme l'autre replacent dans une perspective historique afin d'en montrer le caractère inédit à l'échelle d'un siècle..."

-Une-Amerique-malade-des-inegalites
-Les inégalités aux USA
-Les Etats-Unis battent un record historique-
-Pauvrete-France-USA
-Le retour des barons pillards

-Selon Webb : « Lorsqu’on s’attarde à la santé économique du notre économie, c’est presque comme si nous vivions dans deux pays différents. Certaines personnes disent que ça n’est jamais allé mieux. La bourse atteint des niveaux records, ainsi que les profits de la grande entreprise. Mais ces avantages ne sont pas partagés également. Lorsque j’ai terminé l’université, le P.D.G. moyen gagnait 20 fois le salaire de l’ouvrier moyen ; aujourd’hui, c’est presque 400 fois. En d’autres mots, il faut au travailleur moyen plus d’une année pour gagner autant que son patron fait en une journée. Les salaires de nos travailleurs n’ont jamais atteint un niveau si bas en terme de la part de la richesse nationale, même si la productivité des travailleurs américains est la plus élevée au monde. »
Après avoir louangé le vote par la Chambre des représentants d’une augmentation du salaire minimum — une goutte d’eau dans l’océan des besoins sociaux actuels — Webb est revenu à la question de la guerre en Irak. Il est ensuite revenu sur le thème de l’inégalité sociale vers la fin de son discours :
« Quant au déséquilibre économique de notre pays, elle me rappelle la situation qu’a dû affronter le président Theodore Roosevelt au début du 20e siècle. Les Etats-Unis étaient à cette époque polarisés selon les classes. Les soi-disant robber barons ne se gênaient pas pour engranger une très grande partie du pourcentage de la richesse nationale. Les travailleurs dépossédés en bas menaçaient de se révolter. »
Dans sa description des divisions sociales grandissantes aux États-Unis, Webb présentait des faits qui sont bien connus des médias et de l’élite politique, mais qui ne sont jamais mentionnées publiquement ou sérieusement analysés à l’extérieur du World Socialist Web Site.
Il a utilisé un langage, dont l’expression « divisions de classe », qui a été pratiquement banni de la politique bourgeoise officielle depuis des décennies. Des experts et des politiciens de la droite dénoncent fréquemment l’emploi de la formulation « guerre de classe » pour décrire la polarisation socioéconomique de la société américaine, déclarant ainsi que les contradictions de classe aux États-Unis sont si aiguës que le seul fait des les reconnaître n’est pas permis.
Un homme de l’armée et de l’appareil d’État, Webb est lui-même un ardent anticommuniste. L’ancien officier de la marine et vétéran de la guerre du Viêt-Nam a occupé un poste important au sein de l’administration Reagan. Il est l’un des plus sérieux représentants de l’élite dirigeante américaine et, en tant qu’auteur de romans de guerre, est en mesure d’exprimer ses préoccupations.
Ce qu’il a dit est donc significatif, mais ce qu’il n’a pas dit l’est aussi. Webb a tiré toutes les conclusions politiques insipides découlant des faits sociaux qu’il a cités. Il a louangé l’exemple d’un président républicain, Theodore Roosevelt, qui s’était affiché publiquement contre les excès des riches afin de protéger le système de profit contre les attaques, décrites par Webb, de « la démagogie et de la loi de la populace » — c’est-à-dire du socialisme.
En exposant la division croissante de classe aux États-Unis, le sénateur démocrate s’adressait à deux publics. D’un côté, il tentait de ranimer le mythe en lambeaux du Parti démocrate comme parti du travailleur, tout en canalisant le mécontentement économique vers le nationalisme et le protectionnisme. Au même moment, il mettait en garde l’élite dirigeante contre les dangers qu’elle court par sa rapacité sans bornes.
Les remarques de Webb de mardi soir ressemblaient beaucoup au commentaire qu’il avait écrit plus de deux mois auparavant, juste après sa victoire électorale contre le sénateur républicain sortant George Allen. Encore une fois, le sujet portait sur la division de classe aux États-Unis et il a choisi la page des opinions du Wall Street Journal, où son commentaire serait lu par très peu de travailleurs, mais par beaucoup de membres de l’élite riche.
Dans ce commentaire, Webb a cité les mêmes statistiques à propos des salaires des directeurs généraux et des travailleurs comme dans sa réplique au discours sur l’état de l’Union, faisant remarquer que l’écart continuait de s’aggraver. « Les élites des États-Unis doivent comprendre cette réalité pour leurs propres intérêts », a-t-il prévenu.
« Ce qui va suivre est encore plus inquiétant : Si rien n’est fait, ce partage des privilèges et des avantages selon la classe a le potentiel de mener à une période d’agitation politique. Jusqu’à maintenant, la plupart des travailleurs américains ont été préoccupés par leur perspective d’emploi. Lorsqu’ils comprendront qu’il y a (et qu’il y avait) des alternatives claires aux politiques qui ont menées à la dislocation des carrières et de leur avenir, ils vont exiger des comptes des dirigeants qui n’ont pas été capables de défendre leurs intérêts. »
Il y a peu de place à l’imagination dans ce passage : Webb présentait à son auditoire bien à l’aise, ce qui, pour emprunter le langage utilisé par Bush lors de son discours sur l’état de l’Union, est le véritable « scénario de cauchemar » de l’élite dirigeante américaine : le développement d’un mouvement de masse de la base..."
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-Démocratie US : mirage ?
-D'une Amérique à l'autre

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