Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 31 mai 2009

Statistiques: le grand bricolage

Statistiques: nouvelle arme politique ?

"Bloquer les études qui dérangent, ne retenir que les données favorables, changer de thermomètre quand la fièvre monte : des professionnels des chiffres dénoncent les dérives, toujours plus graves, du pouvoir."-(L'expansion)


-"La publication des chiffres de la délinquance fournit ainsi régulièrement l'occasion de manipulations à des politiques pour qui le thème de la sécurité est un véritable fonds de commerce. Confondant les statistiques relatives à l'activité de la police et de la gendarmerie avec une mesure du niveau effectif de la délinquance [...], ils n'hésitent pas à prétendre que la délinquance explosait avant 2002 ou qu'elle baisse de façon miraculeuse depuis cette date, sans que cela ait réellement de rapport avec la réalité vécue par nos concitoyens." (L'expansion)

-"Les statistiques doivent être interprétées, qu'elles proviennent de données administratives ou d'enquêtes spécifiques."
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Triche : la statistique, c’est très pratique:
"Il travaille à l’avant-poste de la production statistique. Mais il a décidé de franchir le pas : pour expliquer comment les chiffres qu’il triture à longueur de journées sont récupérés par le politique. Ou plus exactement par le gouvernement. Alors, sous couvert d’anonymat, parce que tenu à l’obligation de réserve, il a accepté la proposition de plusieurs de ses confrères : «Participer à l’écriture d’un livre, pour expliquer qu’il y a une dérive de l’usage politique des statistiques publiques.» Son nom, ou plutôt son pseudonyme, c’est Lorraine Data. Un nom de code sous lequel s’abritent d’autres fonctionnaires, eux aussi issus de la statistique publique et de la recherche et qui ont écrit collectivement le Grand Truquage (1).-D’autres ont décidé de témoigner à visages découverts. Tous disent qu’ils ne sont pas naïfs. Qu’ils ont compris, dès le début de leur carrière que la maîtrise de l’information statistique a toujours constitué un enjeu pour les pouvoirs en place. Mais la coupe est pleine. «Nos sociétés hypermédiatiques ont fétichisé le chiffre, explique l’un des sept auteurs. Le chiffre, souvent péremptoire, tend de plus en plus à remplacer l’argumentation. Il est simple. Et il donne surtout le sentiment ou l’illusion que l’on maîtrise ce dont on parle.» Or cette simplicité est souvent trompeuse. Mais leur vécu ne s’arrête pas à cette simple constatation. «Nos gouvernements se livrent de plus en plus à un bricolage statistique, et particulièrement depuis 2002», dénonce le sociologue Laurent Mucchielli. Et tous d’expliquer, au travers de sept thématiques, comment l’on tente de cacher, par exemple, le grand flop du «travailler plus pour gagner plus». Ou encore comment s’invente un indicateur de la pauvreté à la française, histoire de s’assurer qu’il diminuera au fil du quinquennat. Ou comment escamoter de plus en plus le nombre des chômeurs en les transférant dans de nouvelles catégories au point où même les plus avertis ont du mal à s’y retrouver.-Multipliant les exemples, le collectif Lorraine Data met au jour les procédés utilisés par le gouvernement : sélection de chiffres censés flatter l’action gouvernementale, dénigrement de la qualité des données de ses propres services lorsqu’elles ne lui sont pas favorables…
L'art de faire coller les résultats aux objectifs
«Le cas des chiffres de la délinquance est sans doute celui qui a inauguré cette nouvelle façon de truquer les statistiques.«Pour comprendre la production des chiffres de la délinquance, comme d’ailleurs ceux de l’immigration, il faut se souvenir que les données sont directement produite par l’administration. En clair, des statistiques sont le résultat de l’enregistrement de l’activité de ces administrations. D’où le risque d’être juge et partie ou, dit autrement, de produire à l’arrivée le résultat des actions que l’on a imposées au départ. Ainsi, en juillet 2007, lorsque Nicolas Sarkozy envoie à Michèle Alliot-Marie sa lettre de mission, il y indique que "la délinquance doit baisser de 5% en deux ans" et que "le taux d’élucidation doit être porté à 40 %". Que se passe-t-il alors ? Il se passe que les policiers et les gendarmes doivent se débrouiller pour fournir à la ministre de l’Intérieur des statistiques conformes à ces objectifs.«Cette façon de déterminer à l’avance les résultats statistiques est clairement une nouveauté. Et il faut une sacrée dose de mauvaise foi pour s’imaginer que ce sont les délinquants qui se sont conformés à l’objectif initial. La réalité ? Ce sont évidement les administrations concernées qui se sont arrangées pour y parvenir. Ainsi, pour faire diminuer la délinquance, on peut réduire l’enregistrement des vols anonymes, à savoir les plaintes contre X qui n’aboutiront jamais. Et pour faire monter le taux d’élucidation, on peut interpeller davantage de clandestins et de fumeur de shit, car on est sûr de faire 100 %.»...
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Un collectif de statisticiens dénonce les manipulations du gouvernement
-Stat. judiciaires : vrai faux bilan?
-Serge.Portelli.Ruptures-Les faux bilans du sarkozysme
-Les chiffres qui dérangent le ministère de l'Education nationale

-Tripatouiller les statistiques, la sale manie du gouvernement
"...la tentation des gouvernants d'utiliser les chiffres pour servir leur politique ou embellir la réalité ne date pas d'aujourd'hui. Mais, elle n'a jamais été si grande. Laurent Bisault, attaché de l'Insee détaché au ministère de l'Agriculture et responsable d'une publication, Agreste Primeur, témoigne. "Il y a quinze ans, lorsque je publiais une étude, je l'envoyais à l'imprimeur en même temps qu'au cabinet du ministre. Par la suite, je l'ai d'abord adressée au cabinet, pour information... puis pour validation." Il faut donc attendre des semaines, voire des mois, pour qu'une étude, comme celle sur les pollutions agricoles, obtienne, sous la pression des journalistes, le fameux sésame autorisant sa publication au grand public. Il suffit que le sujet soit un peu sensible pour qu'elle soit, au mieux, réécrite (par exemple, celle sur les agrocarburants), au pire, enterrée."

-Les statistiques ethniques, une arme à double tranchant
-Valeur de la preuve statistique

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