Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 28 octobre 2009

Identité nationale: diversion?

Un vacarme opportun...et un débat biaisé

Beaucoup de bruit pour masquer l'essentiel?

Comment instrumentaliser un thème légitime en soi mais récurrent et émotionellement porteur pour se relancer à mi-mandat, dans le contexte d'une crise imprévue et d'une faillite des projets?



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-"Nicolas Sarkozy et ses amis profitent de la «crise identitaire», du brouillage des repères pour recycler une ligne patriotique. La France de toujours, c'est une idée simple qui réconforte ceux qui peuvent être perturbés par ce monde ouvert, multiple, complexe, qui est le nôtre. Les «barbares sont à nos portes»? La France. Les lignes se brouillent? La France. La nation figée dans son éternité. Il y a bien sûr aujourd'hui de nouveaux enjeux de mémoires en fonction de ce que la mondialisation ou la construction européenne ont bousculé. Mais à quoi peut correspondre cette réponse souverainiste? Au devoir d'adhésion, il faut opposer un devoir d'intelligibilité."(Nicolas Offenstadt)

__________"Le moment choisi pour ce débat n'est évidemment pas innocent. Il y a d'abord la volonté, de la part du gouvernement, de reprendre en main l'agenda médiatique pour faire oublier une séquence problématique pour lui: l'affaire Frédéric Mitterrand, les banques, Jean Sarkozy... Empêcher la focalisation, allumer des contre-feux, c'est une grande force de Sarkozy depuis 2002 déjà. Ensuite, n’oublions pas qu'un tel débat peut être instrumentalisé politiquement. Il suffit de repenser à 2007: jamais l'électorat n'avait été aussi à gauche, et pourtant les gens ont voté pour Nicolas Sarkozy. Pas seulement pour sa dimension charismatique ou pour le «travailler plus pour gagner plus», mais aussi parce qu'il a su jouer sur l'immigration et la crainte du communautarisme..." (Vincent T.)

_________"Comment peut-on renforcer l'identité nationale ? Le rôle de l'école me paraît tout à fait central et, notamment, la place de la langue française, avec ses règles et avec ses contraintes. Il faut aussi renforcer l'enseignement de la littérature et de l'histoire. J'ai entendu Éric Besson rappeler le rôle central de l'histoire. Dans le même temps, je m'inquiète du fait que, dans le concours du professorat des écoles, on veuille supprimer l'histoire comme discipline obligatoire. Il y a là quelque chose de contradictoire dans la politique du gouvernement. De même, la diminution des postes au CAPES et à l'agrégation d'histoire, ou de littérature, me semble un mauvais signal. L'assimilation doit être aussi professionnelle. Or, il y a des discriminations à l'embauche, au logement, qui touchent certains jeunes issus de l'immigration africaine ou nord-africaine et qui sont contraires aux valeurs de la République, que celle-ci ne fait pas suffisamment respecter. On a là des éléments de troubles très forts. Enfin, il existe de véritables ghettos, à la fois sociaux et ethniques, que la République a laissés, à tort, s'ancrer dans son territoire." (D.Lefeuvre)

_____"Il n’existe aucune définition de l’identité nationale qui soit acceptée par l’ensemble des chercheurs. La raison en est simple : ce n’est pas un concept scientifique, c’est une expression qui appartient au langage politique. Il ajoute plus crûment encore : la question de l’identité nationale telle qu’elle est apparue pour la première fois le 14 janvier 2007 dans le discours de Nicolas Sarkozy « est un “faux problème”, une simple magouille électorale destinée à flatter les préjugés de la fraction la plus xénophobe de la population » (G.Noiriel)
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-Eric Besson agite le drapeau de l'identité nationale | Mediapart:
"Le président Sarkozy disparu durant deux semaines en vacances (du jamais vu à cette période de l'année), Eric Besson, ministre de l'immigration et secrétaire général adjoint de l'UMP, a aussitôt occupé le terrain. Objectif: reprendre la main sur le débat public au moment où la majorité parlementaire proteste et où l'Elysée s'est égaré dans les scandales Sarkozy (Jean) et Mitterrand. Eric Besson a donc annoncé dès dimanche le lancement d'«un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale, sur ce qu'est être français aujourd'hui». Pour cela, le ministre s'est même dit déterminé à mobiliser l'appareil d'Etat. Préfets et sous-préfets seront requis pour organiser «des réunions avec les forces vives de la nation». Dans un communiqué de presse publié lundi 26 octobre, il avance ses premières pistes: remettre au goût du jour les «symboles» et les «emblèmes nationaux», faire chanter la Marseillaise à «l'ensemble des jeunes français» et faire donner par les préfectures des cours d'instruction civique. Il déclare vouloir «valoriser l'apport de l'immigration», mais il se contente en réalité de proposer des mesures visant à «faire partager les valeurs de l'identité nationale» par les étrangers. Et pour cela, il en appelle au contrat (à sens unique). Après le contrat d'accueil et d'intégration, il imagine un «contrat d'intégration républicaine» pour les nouveaux venus et un «contrat avec la Nation» pour les candidats à la naturalisation.«Il faut réaffirmer les valeurs de l'identité nationale et la fierté d'être français», résume l'ancien socialiste, reprenant là ce qui fut un slogan du Front national. Le ministre ne s'en cache d'ailleurs pas: il est exclu de laisser ces thèmes au parti d'extrême droite. Jean-Marie Le Pen ne s'y est pas trompé qui, lundi, a ironisé sur cette «résurgence purement électoraliste afin de prendre des voix au FN. Plus c'est gros, plus ça passe.»La gauche a également dénoncé la manœuvre, y voyant essentiellement une arme de campagne pour l'UMP. Car le calendrier est à peu près calqué sur celui de la campagne électorale des élections régionales de mars 2010. Fort opportunément, le débat voulu par Eric Besson durera deux mois et demi. Un grand «colloque de synthèse» conclura le tout début février... un mois avant le vote...La présence annoncée de Nicolas Sarkozy au colloque du 4 décembre n'est évidemment pas neutre. En pleine bérézina dans les sondages et après une «séquence» étrangère très fournie, le chef de l'Etat veut réinvestir le champ national dans la perspective des élections régionales de mars 2010. Le côté «Regardez comme je m'intéresse à vous» saute aux yeux. Mais ce serait faire injure au chef de l'Etat que d'imaginer que seules des préoccupations bassement électorales président à son intérêt pour la chose identitaire.Nicolas Sarkozy a souvent exprimé son sentiment d'appartenance. Et toujours il a privilégié le portrait du «petit Français de sang mêlé qui a acquis la fierté d'être français» (congrès de l'UMP du 14 janvier 2007) dans une tradition davantage anglo-saxonne qu'essentialiste ou mystique. Nicolas Sarkozy s'est toujours rêvé en immigré idéal, celui qui s'est intégré dans l'amour d'un pays et de ses valeurs républicaines. Il le dit au cours de sa campagne électorale: «La France, ce n'est pas une race ou une ethnie, la France c'est une République.» Ou encore lors d'une visite à Vesoul (Haute-Saône) le 15 janvier 2007: «Les usines, cela fait partie de l'identité nationale française..."

-«Sarkozy nous refait le coup du roman national»:
Une histoire "bling-bling":une formule qui renvoie à notre Président «bling-bling», du bruit, des images, des symboles, détachés de tout contexte, qui disent une France glorieuse, la France éternelle, une France mythifiée, faite de grands hommes et de grandes guerres, une France d'un seul bloc dans une permanence qui transcende les opinions, les conflits...C'est ça l'histoire « bling-bling », du brillant, du clinquant. De Guy Môquet, le jeune communiste fusillé par les nazis, ou Lazare Ponticelli, le dernier poilu de la guerre de 14-18, que Nicolas Sarkozy a réduits à de simples icônes, à la création d'un musée de l'Histoire de France, il ne s'agit que d'exalter «l'âme» de la France, son identité. C'est-à-dire un volontarisme idéologique avant d'être un projet de connaissance..."

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