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mardi 8 décembre 2009

Amiante: destruction massive


Le plus grand scandale sanitaire du siècle enfin sur le devant de la scène judiciaire

Une première:des dirigeants de multinationales en accusation

Soupçonnés depuis le début du 20°siècle, reconnus dans les années 50, la nocivité, les dangers de l'amiante n'ont pourtant été pris en compte que récemment. Quand on a perdu deux membres de la famille, dont un frère, décédés d'un cancer dû à l'amiante, on ne peut être insensible à ce dossier qui a été scandaleusement occulté ou minimisé

- Ainsi que le souligne l’avocat français Jean-Paul Teissonnière, qui va défendre des parties civiles : « Ce procès est très en avance sur le plan mondial. » Loin de n’être qu’une procédure italienne, il est en quelque sorte « le contre-exemple de Bhopal », vingt-cinq ans après l’explosion en Inde de l’usine chimique de l’Union Carbide. Pour la première fois, des poursuites pénales mettent en cause des dirigeants de multinationales habitués à l’impunité. Ce procès dira si les industriels peuvent continuer à abandonner des usines avec leurs cortèges de morts et de malades, et à laisser en l’état des villes et des régions entières empoisonnées. Il s’agit bien d’une première, et nombreux sont ceux qui vont le suivre avec attention, en particulier en Asie et en Amérique Latine, continents où l’amiante continue ses ravages. (Monde Diplo)
[-Amiante : l'OMC avale son chapeau libre-échangiste-]
[-_La plainte du Canada contre la France_]

-100.000 morts d'ici à 2025
Cinq usines d'Eternit, aujourd'hui filiale d'Etex, font l'objet d'une instruction judiciaire centralisée au pôle de santé publique de Paris : Vitry-en-Charolais (Saône-et-Loire), Valenciennes-Thiant (Nord), Caronte-Martigues (Bouches-du-Rhône), Albi (Tarn) et Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine).Pour l'association nationale de défense des victimes de l'amiante (Andeva), "pour la première fois c'est un industriel et pas simplement un employeur qui devra rendre des comptes à la justice".En France, l'amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du poumon et devrait être responsable de 100.000 morts d'ici 2025, selon l'Agence santé-environnement (Afsset). Son caractère cancérigène est connu depuis les années 1950 mais le premier décret réglementant son usage ne date que de 1977 et son interdiction de 1997. (Le Figaro)

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A Turin, le grand procès de l'amiante:
"Le 25 novembre, M. Joseph Cuvelier, directeur d’Eternit France entre 1972 et 1994, accusé d’avoir exposé ses salariés à l’amiante, a été mis en examen pour « blessures et homicides involontaires ». En Italie, c’est un procès capital qui va s’ouvrir, à Turin, le 10 décembre : deux hauts dirigeants d’Eternit, le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny, comparaissent pour « désastre sanitaire ». Des milliers de personnes se sont portées parties civiles. A Casale Monferrato, dans le Piémont, c’est toute la ville qui a été, et est encore, recouverte de poussière d’amiante....

La tenue du procès, les victimes de l’hécatombe la doivent avant tout à leur combat acharné, mais aussi à l’obstination du procureur de Turin. Guariniello a la constance de ceux qui se font une haute idée de leur métier. Dans les années 1970 déjà, comme le rapporte la journaliste suisse Maria Roselli (3), il n’hésite pas à s’intéresser de très près au mastodonte de l’industrie italienne, la Fiat. Gianni Agnelli, le patron de l’automobile, lui devra d’être entendu par la justice : un crime de lèse-majesté. Guariniello a mené des dizaines de procédures concernant la sécurité au travail. Mais quand, en 2001, il ouvre une enquête pour homicides par négligence, après la mort, une fois rentrés au pays, d’une douzaine d’ouvriers italiens qui ont travaillé dans les usines suisses d’Eternit, peut-être n’imagine t-il pas les difficultés qu’il va rencontrer. Ou peut-être si, après tout._________Passons sur les péripéties que rencontre sa demande d’entraide judiciaire effectuée auprès de l’Office fédéral suisse de la justice. Il n’obtiendra communication des dossiers médicaux et des adresses des anciens salariés italiens ayant travaillé en Suisse qu’après plusieurs années d’une bataille incessante, due aux tentatives d’obstruction d’Eternit et de l’Assurance suisse pour les maladies du travail, la Suva. Entre-temps, l’enquête s’est élargie : elle vise désormais les quatre usines italiennes d’Eternit, dont Casale Monferrato. Guariniello cherche méthodiquement, et il trouve, collectant près de trois mille dossiers de décès dans ces sites industriels, mais aussi dans les territoires proches.Le procureur de Turin n’entend cependant pas limiter son investigation à la seule Italie et ne viser que les directeurs d’établissement. Il veut remonter jusqu’à la tête, et cette tête, en l’occurrence, est double. En août 2007, il clôture son enquête et transmet ses conclusions aux juges compétents afin que soit instruite une plainte contre les anciens propriétaires des établissements Eternit en Italie : le baron belge Louis de Cartier de Marchienne et le milliardaire suisse Stephan Schmidheiny. Les avocats de ces derniers auront beau, lors des audiences préliminaires du printemps 2009, contester la compétence du tribunal et soulever toute une série d’exceptions en nullité de procédure, rien n’y fera. En juillet dernier, la juge Cristina Palmesino ordonne le renvoi des deux anciens magnats de l’amiante devant le Tribunal de Turin pour « désastre sanitaire ». Ils risquent douze ans de prison. Une fin de parcours que le dernier de la lignée des Schmidheiny n’avait sans doute jamais envisagée...."

-Info amiante-
-ANDEVA
-Rapport du Sénat
-Le drame de l’amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l’avenir, Rapport d’information no 37 du 20 octobre 2005 ; procès-verbaux des auditions -L’amiante dans l’environnement de l’homme : ses conséquences et son avenir
-Amiante : sites et documents francophones
-HESA - Dossiers
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Article repris ici: Amiante : destruction massive - AgoraVox


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