Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 20 avril 2010

La finance, les dieux et Obama


Porte étroite

Après avoir fait mine de réformer, Obama semble vouloir instaurer une certaine régulation financière, malgré les anciens appuis de Goldman Sachs et des hautes sphères de Wall Street.
Saura-t-il démanteler cette citadelle ,
«le poulpe géant suceur de sang» ( un journaliste de Rolling Stone )?
Le lobby est déjà sur la défensive
Pourra-t-il juguler les dieux , ou plutôt les démons de la finance ?
Après un relatif succès sur le problème de la santé, un pouvoir d'action singulièrement limité
,mais qui peut bénéficier du discrédit récent de G.S. et de la colère de larges franges de l'opinion américaine
- Obama faiblit, Wall Street exulte-

-Mon curé disait : "vous m’auriez parlé du Démon, j’aurais pu faire quelque chose, mais contre les puissances de l’argent..."R.DEVOS
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-Obama veut profiter des malheurs de Goldman Sachs :
"«Réforme du secteur financier ou réforme de Wall Street?» C'est la question que se sont posée les conseillers de Barack Obama quand, il y a quelques semaines, ils ont décidé de pousser le Congrès à voter une loi, promise depuis belle lurette, visant à imposer davantage de régulation en matière bancaire et de transactions financières. La différence entre les deux termes n'était pas une question de substance, mais purement d'éléments de langage à déployer dans les médias. Il a finalement été décidé que la Maison Blanche utiliserait le plus souvent possible la désignation Wall Street, dont l'image est particulièrement négative dans la population américaine.
__Au même moment, les banquiers new-yorkais, qui avaient repris du poil de la bête depuis le naufrage de 2007-2008 et s'étaient accordé des confortables bonus de fin d'année (100.000 euros en moyenne par tête de pipe), se sentaient en position de force pour négocier la future loi. Ils avaient même commencé à mobiliser leurs réseaux traditionnels – lobbyistes et élus républicains – pour contrer les velléités réformatrices de l'aile gauche du parti démocrate.

C'était compter sans Goldman Sachs, la firme la plus puissante de Wall Street, dont les anciens employés parsèment les rangs de l'actuelle administration. Surnommée «le poulpe géant suceur de sang» par un journaliste de Rolling Stone, la banque d'investissement, qui a donné près d'un million de dollars à la campagne d'Obama en 2008, aurait dû permettre de calmer les ardeurs réformatrices de la Maison Blanche. Le contraire s'est produit. En étant accusée de fraude la semaine dernière par la Securities and Exchange Commision (SEC, l'équivalent américain de l'Agence des marchés financiers), Goldman Sachs va probablement faciliter la tâche des élus démocrates désireux de s'attaquer aux pratiques bancaires les plus néfastes.

2010 est une année électorale aux États-Unis. Et une année toujours marquée du sceau de la crise économique, avec huit millions d'emplois perdus en deux ans, des maisons perdues par centaines de milliers, et une proportion importante d'Américains remontés à la fois contre Washington et... Wall Street. Les démocrates, qui sont au pouvoir et donc les plus exposés, abordent ces échéances législatives de novembre en position de faiblesse. Les républicains, de leur côté, ont choisi de s'opposer systématiquement à toutes les mesures émanant de la Maison Blanche, pensant que c'est la meilleure façon de se démarquer de leurs adversaires. Ils ont donc combattu le plan de stimulus de l'économie en 2009, la réforme de l'assurance-santé en 2010, et s'apprêtent à faire de même avec les projets de re-régulation des banques....

Le président lui-même a annoncé qu'il allait se lancer dans une tournée de discours aux quatre coins du pays pour «vendre» sa réforme du secteur financier, comme il l'avait fait pour défendre sa réforme de l'assurance-santé. Il démarrera son offensive jeudi, en se rendant à New York, «dans l'antre de la bête», selon la presse américaine, pour exposer les grandes lignes de son plan, à quelques pâtés de maison de Wall Street. Pour Barack Obama, le dépôt de plainte de la SEC contre Goldman Sachs est du pain bénit – certains soupçonnent d'ailleurs la SEC, une institution théoriquement indépendante, qui n'avait pas vraiment montré les dents jusqu'ici, d'avoir été un peu poussée par la Maison Blanche.
S'il réussit à faire voter une réforme des institutions financières vraiment contraignante (augmentation du ratio de réserve des fonds propres des banques, régulation voire interdiction des «produits dérivés synthétiques», cessation des pratiques usurières sur les découverts de cartes de crédit...), il pourra alors mettre en avant une seconde avancée majeure sur le plan intérieur à la veille des élections. Ce qui n'est pas si mal pour un président accusé d'immobilisme il y a encore peu. Avec l'ironie d'être aidé par la banque dont on disait que c'était elle qui contrôlait le gouvernement..
." (T.Cantaloube)
-Les dieux de la Finance
-Goldman Sachs, banque en ligne de mire
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"...Alors que revient cette semaine en discussion au Sénat la future loi sur la régulation financière, le président américain en a profité pour remettre la pression sur les sénateurs. «Les titans de Wall Street continuent de spéculer imprudemment avec de l’argent qui ne leur appartient pas, il est impératif de les en empêcher très vite.» Obama a déjà prévenu qu’il mettrait son veto à cette loi si elle n’allait pas assez loin dans le sens d’une réelle régulation. Première d’une probable longue série à venir, l’action judiciaire de la SEC contre GS donne à réfléchir en Europe. Berlin assure qu’il envisage des «recours juridiques possibles» contre la «pieuvre» de Wall Street. A Londres, Gordon Brown demande une «enquête» sur les pratiques de GS en Angleterre..."
-Goldman Sachs poursuivie pour fraude
-Goldman Sachs ou les excès de Wall Street
-Goldman Sachs : le scandale expliqué aux nuls

-Goldman Sachs, l'autre volcan qu'on n'a pas vu venir
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Goldman Sachs: le scandale grossit et menace d'autres banques :
"...Dans une longue enquête publiée lundi après midi, le New York Times assure que «les dirigeants de la banque, y compris Lloyd C. Blankfein, le PDG de Goldman Sachs, ont joué un rôle actif dans la supervision de ce département, au moment où le marché immobilier commençait à s'effondrer». Ils auraient, selon l'enquête, pesé sur les choix d'investissements à l'époque. Si l'implication directe des dirigeants de Goldman Sachs venait à être prouvée, les conséquences seraient immenses pour cet établissement, qui est devenu le symbole de la démesure et du cynisme de Wall Street. Malgré sa puissance, Goldman Sachs pourrait ne pas y résister. Outre la menace d'une amende record – les marchés évoquent plusieurs centaines de millions de dollars –, la banque court le risque de voir sa réputation totalement ternie. Sans parler de la possibilité qu'elle ne se retrouve cassée en plusieurs morceaux, comme le souhaitent de nombreux partisans de la réforme financière prônée par Barack Obama..."
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-La Grèce et Goldman Sachs
-Goldman Sachs :santé douteuse
-Finance prédatrice

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