Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 2 juin 2010

Foot: sport politique


Du pain et des jeux.
__________________Du foot et le RMI?

["La célèbre formule "Du pain et des jeux" date de l'Antiquité romaine. C'est Juvénal qui en est l'auteur. Il l'a écrite pour évoquer les besoins fondamentaux du peuple de Rome qui vivait alors dans la misère. Pour éviter les émeutes et les révoltes, les consuls et les empereurs ont organisé des distributions de farine gratuite, avec l'aide des boulangers devenus fonctionnaires d'Etat au 2ème siècle avant J-C. Cette tradition s'est maintenue jusque sous Aurélien"]

-"Le 11 juin prochain, le foot prend le pouvoir sur la planète. Le monde vivra au rythme du ballon rond. Qu’est ce qui fait du foot le sport roi? Il ne s’agit pas que de sport. Le foot est un élément unificateur des nations. Cela en dit long sur ce qu’il représente."

Sport de masse ,ludique ou instrumentalisé, au coeur des passions identitaires
Drogue populaire , moyen d'oublier la crise?

__La Coupe du monde va-t-elle profiter aux pauvres ?
-L’empire du foot

-Histoire du foot-spectacle




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-Un succès sportif peut servir autant qu’une victoire militaire ”,
aimait dire Gerald Ford, président des Etats-Unis (1974-1977).
-Deux courants de pensée s’opposent sur cette question. L’un voit dans le football un outil d’émancipation voire de démocratisation pour une nation – c’est ce qu’estiment aujourd’hui les instances internationales du football, avec en tête leur représentant à la FIFA, Sepp Blatter.
L’autre estime que le football n’est qu’un “ opium ” du peuple, qui abrutirait les masses pour mieux les asservir – ainsi que le pense Patrick Vassort, sociologue du sport.

Dans les deux cas, le football est un instrument du pouvoir politique. Tout dépend ensuite de l’utilisation qui en est faite. De fait, le football s’est avéré, par le passé, un instrument efficace aux mains du politique pour museler les esprits."
(L'Obs de Tunisie)
-"La Coupe du monde, une aliénation planétaire"






_____-Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands événements“, a déclaré le Chef de l’Etat avant d’ajouter : “Et qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football ?

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-Coupe du monde : Le foot : sport politique par excellence:
"...Si le foot déchaîne les passions, il peut aussi faire surgir le sentiment d’appartenance à une nation. A partir du 11 juin prochain, à l’ouverture de la coupe du monde 2010, tous les peuples représentés par leurs équipes nationales en Afrique du Sud suivront avec ferveur et piété la performance de leurs sélections respectives. C’est cela aussi la magie du foot.

___Si le foot est si populaire, c’est qu’il y a un certain nombre de conditions objectives qui pousse en ce sens. Ce n’est pas un sport onéreux. Pratiquement tous les garçonnets du monde commencent leur vie sportive par le foot. On le pratique n’importe où. A Maurice comme dans d’autres pays, il se joue à même les rues.
___Dans sa dimension identitaire, le foot témoigne de la volonté d’un collectif qui s’identifie à certaines valeurs à vaincre un autre collectif qui véhicule d’autres valeurs. Etant tous nés quelque part, nous appartenons à une famille, à un groupe, à une culture, à un pays… Il devient tout à fait légitime, dans un tel contexte, de sentir de la fierté lorsqu’on triomphe de l’autre. Ce sentiment est naturel. Mais il est aussi vrai qu’une intervention politique va donner une autre forme à ce sentiment d’appartenance.
____Une étude réalisée par Claude Kana, docteur en Droit international économique de l’université de Genève, diplômé de l’Association suisse de foot et entraîneur de foot, démontre clairement qu’il y a eu une certaine politisation du sport. «A partir des années 1930 et sous l’impulsion des régimes totalitaires, la fonction du sport et des compétitions internationales a fondamentalement changé. Les activités physiques sont alors mises au service de la cause nationale.
____Le fascisme italien a inauguré cette pratique en exploitant politiquement, à outrance, le football»,
explique l’auteur de l’étude.
____Dans l’un de ses articles, Ignacio Ramonet, éditorialiste au Monde Diplomatique, confirme que les fascistes ont estimé que le football permettait de rassembler dans «un espace propice à la mise en scène, des foules considérables d’exercer sur celles-ci une forte pression et d’entretenir les pulsions nationalistes des masses
____Poursuivant cette analyse, Claude Kana note que dans les années 20 et 30, «les stades fleurissent dans toute l’Italie, comme celui de Turin qui fut nommé Benito Mussolini. Hitler avait compris l’intérêt que pouvait représenter le sport dans la mobilisation des masses, la culture du chauvinisme et l’orientation de l’action politique.
___Il écrivait dans Mein kampf: ‘des millions de corps entraînés au sport, imprégnés d’amour pour la patrie et remplis d’esprit offensif pourraient se transformer, en l’espace de deux ans, en une armée’. Les conservateurs attendent cette victoire inespérée pour montrer la puissance de leur idéologie.»
___La débâcle du nazisme et du fascisme ne signifie pas pour autant la fin de l’instrumentalisation du sport. Dans l’ex-Union Soviétique également, il y a cette conscience qu’une grande nation se construit à travers ses exploits sportifs. C’est ainsi que tous les moyens sont déployés pour encadrer les jeunes. Le «dressage» des adolescents, afin d’en faire des athlètes de renom, est quasiment militaire. L’objectif, c’est de porter au pinacle le drapeau national.
____Cette dimension identitaire habite le foot comme nulle autre discipline sportive. Etre membre de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) est aujourd’hui un impératif pour toute nouvelle nation.__C’est ce qui, dans une certaine mesure, confère à la nation sa reconnaissance et sa légitimité.
___«Il n’y a pas la moindre surface habitée de la planète qui ait su, pu ou voulu résister à la conquête du football. Ce sport si typiquement britannique est devenu le sport mondial. Quel beau succès pour les Anglais que d’avoir su exporter partout ce modèle. Il est vrai que cette conquête s’est faite de façon pacifique et non par les armes. Si Londres avait voulu imposer par la force le football, il serait resté un sport britannique, vaguement répandu dans quelques pays», explique ainsi Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales français.
___Qu’on le veuille ou non, le football s’est, en effet, installé dans quasiment tous les pays du monde. S’il est ici question de «peste émotionnelle» ou là de «passion exaltante», le fait demeure que le foot mobilise les foules.
____Aujourd’hui, il a aussi définitivement transcendé sa dimension sportive. Il est devenu, comme l’affirme l’essayiste français Norbert Elias, «un fait social total».
___Le football, c’est aussi le sport préféré des plus démunis. On peut jouer au foot sans chaussures.
___D’où aussi cette passion pour son club. On accepte la défaite.
___On accepte plus facilement de souffrir lorsqu’on est pauvre. Mais, on reste solidaire et fidèle à son club. Le club représente une identité et c’est cette identité que revendiquent ses fans.
___La sélection nationale représente, elle, toute la fierté du pays. «Le football est le sport politique par excellence.___Il se situe au carrefour de questions capitales comme l’appartenance, l’identité, la condition sociale et même, par son aspect sacrificiel et sa mystique, la religion.
___C’est pourquoi les stades se prêtent si bien aux cérémonies nationalistes, aux localismes et aux débordements identitaires ou tribaux qui débouchent parfois sur des violences entre supporteurs fanatiques», explique, à cet effet, Ignacio Ramonet dans l’un de ses éditoriaux.
__La fascination pour le foot prendra une plus grande envergure grâce à l’arrivée des chaînes satellitaires. Cela implique aussi des budgets publicitaires conséquents et, de manière générale, l’intérêt des grands magnats des différents secteurs grandit pour le foot. On achète les meilleurs joueurs à des prix exorbitants.
___En quelques années, le prix d’un grand joueur a plus que quintuplé.
___Les moyens financiers mis en oeuvre sont démentiels. «De telles masses d’argent rendent fou. Toute une faune affairiste rôde autour du ballon rond. Elle contrôle le marché des transferts de joueurs, ou celui des paris sportifs. Certaines équipes, pour s’assurer la victoire, n’hésitent pas à tricher. Les cas avérés sont légion », explique Ignacio Ramonet...."


-Le foot, c'est aussi de la politique:
"...L’intérêt de l’Euro 16 n’est évidemment pas que politique. Le plaidoyer de cinq minutes développé par le président français devant le comité de sélection de l’UEFA réuni à Genève a été explicite. “C’est une décision pour nous stratégique qui engage tout le pays face à la crise.” “Nous, nous pensons en France que le sport c’est une réponse à la crise. C’est justement parce qu’il y a une crise, qu’il y a des problèmes, qu’il faut mobiliser tout un pays vers l’organisation de grands événements“, a déclaré le Chef de l’Etat avant d’ajouter : “Et qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport et, à l’intérieur du sport, qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football ?”.
____Un peu “marseillais” pour l’occasion, le Président s’est un peu avancé dans la conclusion de son intervention par “Vous savez, en France, on a beaucoup de débats, mais s’il y a un sujet qui ne fait pas débat, c’est notre candidature à l’Euro 2016“.
____Pour paraphraser
la maxime de Clausewitz, le foot s’est substitué à la guerre pour devenir une continuation de la politique par d’autres moyens. En 1948, Eric Honecker, secrétaire général du Parti communiste de RDA déclarait que : Le sport n’est pas un but en soi ; il est un moyen d’atteindre d’autres buts“.
__Pascal Boniface dans Géopolitique du football constate que la définition de l’Etat ne se limite plus aux trois éléments traditionnels (un territoire, une population, un gouvernement) mais que désormais s’y ajoute un quatrième critère : une équipe nationale de football.

Le sport en général et le football en particulier est devenu un puissant vecteur de diffusion de l’idéologie libérale. Christian Bromberger dans son ouvrage “
Aimez-vous les stades ?” décrypte la mécanique lorsqu’il évoque des “foules conditionnées par l’esprit de compétition et le culte de la performance sans limite, persuadés de la légitimité du combat perpétuel, de la juste domination du vainqueur couvert d’or et de prestige, de la soumission du faible au fort, de l’exploit et de la réussite individuelle“.
Autant d’éléments qui invitent à porter un jugement inquiet et sévère sur
l’expérimentation présentée cette semaine par Luc Chatel. Dès la rentrée prochaine, une centaine de collèges et de lycées pilotes testera une nouvelle formule dans laquelle les matinées seront réservées aux heures d’enseignement et les après-midis exclusivement au sport, même pas aux activités artistiques et culturelles. A défaut d’éveiller les consciences, on préfère désormais fatiguer les sauvageons."


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olitique et football se mettent en ménage
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Boycott du mondial de football en Argentine en 1978
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Foot : la puissance d’une peste émotionnelle -

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