Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 25 juillet 2010

Délocalisation et gestion des hommes

Chantage à la déloc,


(-Dessin de GA-)

"La mode est au chantage chez les grands groupes industriels. Soit les salariés français acceptent sans broncher une baisse de leurs salaires comme chez General Motors, soit les usines seront délocalisées dans des pays où la main-d'oeuvre est moins chère. Hexaconso passe en revue ces nouvelles pratiques....
Certains grands groupes ont en effet trouvé là un moyen assez pratique pour faire baisser les coûts de production des usines françaises, soi-disant trop élevés pour être compétitifs : le chantage ! Le deal est simple : les salariés acceptent de revenir sur certains avantages, de geler leurs salaires, etc., sinon, c’est la fermeture de l’usine. Et les marchés sont alors confiés à des usines plus « compétitives », généralement situées dans des pays dits « low cost ».

Et General Motors n’est pas le premier a utiliser cette arme ! Une arme qui, si elle permet généralement de sauvegarder des emplois sur le moment, n’est pas toujours une garantie sur le moyen ou long terme :

  • Continental négocie actuellement des concessions salariales pour ses usines de Toulouse, Foix et Boussens. Ces sites sont mis en concurrence avec des sites allemands, à qui on a proposé le même « marché ».
  • Goodyear a mis en place une nouvelle organisation de la production sur son site d’Amiens Sud. Le site d’Amiens Nord, qui avait refusé cette même réorganisation, a été sanctionné en perdant la fabrication de certains pneus.
  • Chez Bosh, les salariés du site de Vénissieux avaient proposé en 2004 de revenir sur les 35 heures pour assurer la pérennité de leur usine. Or aujourd’hui, ces concessions (perte de jours de RTT, gel des salaires, moindre majoration des heures de nuit, etc.) ne semblent plus suffire pour attirer de nouveaux investissements au sein du groupe.
  • Le volailler Doux avait proposé le même type de marché que Bosh à ses salariés. A ceci près que le groupe va aujourd’hui mieux, même s’il est passé par de sérieuses restructurations à la suite notamment de la grippe aviaire.
  • Chez Hewlett-Packard, pour limiter les effets dévastateurs d’un sévère plan social, les salariés ont renégocié leur accord sur la réduction du temps de travail. Il renoncent à 12 jours de RTT, et sauvent alors 250 emplois. Le plan de retructuration a été mis en place dans le courant de l’année 2006. Et trois ans plus tard, les sites français sont frappés par deux nouveaux plans, soit un total de 1 120 emplois.
  • Sous la menace d’une délocalisation à Taiwan, les salariés du dernier fabricant français de scooters, Peugeot Motocycles, ont consenti en 2008 à renégocier l’accord sur le temps de travail signé en 1999. En acceptant de passer de 22 jours de RTT à 11, les syndicats obtiennent de la direction la promesse de confier aux sites français la production d’un nouveau modèle. Ce projet a permis de maintenir les 1 050 emplois menacés.
  • En Italie, cette fois, c’est le constructeur Fiat qui a conditionné la relocalisation de la fabrication de sa célèbre Panda à une augmentation de la productivité et de la flexibilité de son usine napolitaine. Le plan proposé a été approuvé à « seulement » 62 % par les salariés, alors que le constructeur avait fixé le seuil à 70 %. Fiat a néanmoins validé, début juillet, la relocalisation de la Panda....
Les exemples se multiplient donc. Il faut dire que les entreprises ont la partie facile. Pétrifiés à l’idée de perdre leur emploi, les salariés sont prêts à faire des concessions et des sacrifices. Et l’industrie française est dans un tel état, que l’idée de perdre une usine de plus tétanise tout le monde. Seuls quelques syndicats osent élever la voix, et dénoncer le chantage à l’emploi qui est pratiqué. Mais souvent en vain. Et souvent contre l’avis des salariés. Ainsi, dans l’usine strasbourgeoise de GM, un tract affiché et signé par des « salariés en colère » s’en prenait non pas à la direction mais à la CGT (hostile au plan de reprise) à laquelle elle adressait « un carton rouge »...."

-A quand des salaires mexicains ou chinois en France ?
-General Motors en France : Travailler plus pour gagner moins ... sans contrepartie !
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-Repenser les délocalisations
-Vers la déglobalisation ?
-Protectionnisme raisonnable ?
-Libre- échange en question

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