Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 15 octobre 2010

Sortir du trou...

Chapeau les mineurs !

“Chi, chi, chi, le, le, le, mineros de Chile
!



Derrière l'euphorie médiatique, l'indécente concentration des journalistes-voyeurs du monde entier, avides de sensationnel, la "simple histoire" d'un groupe d'ouvriers soudés dans l'épreuve, sortant de l'enfer.
Disproportionnée et irritante, cette masse de caméras braquées sur l'orifice, cette scène d'accouchement où la terre enfantait une sorte de "miracle", une renaissance, après tant de semaines de gestation douloureuse, du désespoir à l'espoir.
Choc affectif des premières rencontres, après tant de semaines d'attente, où la solidarité ouvrière avait joué pour la survie de tous et de chacun. Des lendemains de réadaptation certainement
difficiles . Le plus dur reste peut-être à venir pour certains, du point de vue psychologique et social.
-Débauche de sentimentalisme dans le traitement de l'événement . Récupération et instrumentalisation politique évidentes. Un président venant se refaire une popularité
Et pourtant rien ne serait arrivé sans doute, si certaines règles avaient été respectées.
,Il y a eu un relâchement du côté de la sécurité
Peu de critiques sur la situation difficile de ces ouvriers, leurs conditions de travail et de rémunération, dans un Chili où les inégalités restent fortes.
___ Il reste encore 4 586 967 travailleurs à sortir du trou___

Après le show médiatique, les comptes ?
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D'un sauvetage à l'autre...
___________________10 mars 1906 : la catastrophe de Courrières-1009 à 1200 victimes.
L'explosion d'une poche de grisou et la découverte de 14 survivants retrouvés à -300 mètres. Un sécurité négligée, une gestion discutée de la catastrophe.
______"Le point de départ de cette catastrophe est l'explosion d'une poche de grisou dans le chantier Lecoeuvre. La présence de ce gaz avait été suspectée quelques jours plus tôt par des mineurs de fond mais la compagnie n'avait pas tenu compte de leurs avertissements. Le coup de grisou a ensuite soulevé la poussière de charbon, cette dernière, beaucoup plus explosive que le grisou, s'est mise en auto-combustion et la flamme a parcouru 110 kilomètres de galeries en moins de deux minutes. Le coup de grisou a donc été immédiatement suivi par un coup de poussier beaucoup plus dévastateur et meurtrier.....
La gestion de la crise par la compagnie minière fut particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. La compagnie fut accusée d'avoir fait passer la sécurité des mineurs après la protection des infrastructures en particulier en prenant la décision de murer les galeries et d'inverser l'aérage pour extraire la fumée et étouffer l'incendie au lieu de faciliter le travail des sauveteurs en leur envoyant de l'air frais. De plus, les trois premiers jours, les corps extraits de la mine ne furent pas présentés aux familles pour identification. Quand celle-ci devint possible, elle ne fut ouverte qu’un seul jour : les familles durent ainsi passer en une journée devant les mille corps pour identifier leurs proches. Aucun responsable de la mine, ni aucun fonctionnaire ne donna non plus d’informations aux familles. Enfin, les veuves furent chassées des corons ....Un quatorzième survivant, Auguste Berton, mineur à la fosse n° 4 de Sallaumines, fut retrouvé le 4 avril, grâce aux secouristes allemands qui avaient apporté des appareils respiratoires qui faisaient cruellement défaut aux compagnies minières locales. Il avait erré durant 24 jours à plus de 300 mètres de profondeur, dans le noir complet et les fumées toxiques. Il fut remonté par le puits n° 4

L'émotion qui s'ensuivit, et la polémique sur la gestion des secours, sont à l'origine d'un vaste mouvement de grève. Le 13 mars, lors des obsèques des premières victimes, à la fosse commune de Billy-Montigny, sous une tempête de neige, en présence de 15 000 personnes, le directeur de la compagnie est accueilli par des huées et des « assassins ! » et doit rapidement partir ; la foule scande « Vive la révolution ! Vive la grève ! ». Le lendemain, les mineurs refusent de redescendre au fond. Les syndicats appellent à une grève qui s'étend aux puits environnants. Le mouvement s'étend à tous les bassins miniers français et se développe jusque dans le Borinage, en Belgique. Le 16 mars, 25 000 ouvriers sont en grève, chiffre qui monte même à 60 000. Les incidents se multiplient entre grévistes et non-grévistes, mais aussi entre les partisans du "Vieux Syndicat" mené par Émile Basly et le "Jeune Syndicat", affilié à la CGT et mené par Benoît Broutchoux. Face aux mineurs en colère, Georges Clemenceau, alors Ministre de l'Intérieur, mobilise 30 000 gendarmes et soldats et envoie treize trains de renforts militaires. De nombreuses arrestations ont eu lieu...(Wiki)
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Histoires de ch'tis: catastrophes minières
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Colère en Chine après une catastrophe minière
-Les mineurs mexicains, eux, n'ont pas eu la même chance...

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