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vendredi 26 juin 2015

Charleston

Tuerie en Caroline du Sud

                                   Certains Etats américains, comme l'Alabama, ne sont pas encore débarrassés de leur passé ségrégationniste. 

D'une façon plus générale, le pays n'est pas guéri du racisme

          .....Et de l'ennemi intime, l'addiction aux armes à feu
                    Charleston: Une ville très symbolique: Fondée en 1670 par les Anglais, Charles Towne, au début simple colonie de Charleston, est devenue au siècle suivant une ville commerciale importante et un grand centre de la traite des Noirs dans les années 1730. Sullivan's Island, aujourd'hui municipalité autonome et située à l'entrée du port de Charleston, était en effet une porte d'entrée comparable à Ellis Island à New York, puisque par elle transitaient 40% des esclaves amenés en Amérique du Nord.  (Wiki)
   A connotation raciste est aussi le drapeau confédéral, retiré finalement par l’Alabama.
           L’église de Charleston est un douloureux symbole de la lutte des Noirs.
    La réaction de Obama, qui a condamné l'acte et a vainement, une nouvelle fois, prêché contre la vente libre des armes a été immédiate.Le pouvoir de la NRA est si puissant...
   Le présentateur  Jon Stewart a pris un ton anormalement grave.
        On se rappelle des paroles de W.Faulkner, célèbre figure littéraire du Sud «Le passé ne meurt jamais. Il n'est même pas passé», ( Requiem pour une nonne.)
                                          S’exprimant au lendemain du massacre survenu dans une église noire de Charleston, Barack Obama a déclaré hier que l’Amérique n’était pas guérie du racisme. Le mot « nègre », utilisé par le président pour frapper les esprits, a beau être devenu tabou, les idées que son usage traduisait n’ont pas disparu. De manière emblématique, cette idéologie raciale imprégnait le premier long-métrage de l’histoire du pays. Œuvre phare que de nombreux Américains préfèrent occulter, Naissance d’une nation, de D. W. Griffith, a été projeté pour la première fois en février 1915. 
    Nul autre film n’a eu autant d’impact sur la société américaine, selon l’historien Melvyn Stokes, qui lui a consacré un livre. Cette fresque de trois heures raconte la guerre de Sécession et la reconstruction du Sud à la lumière d’une doctrine très répandue à l’époque : la suprématie blanche. Celle-là même dont s’est réclamé le tueur de Charleston. Les méchants sont les Noirs, les métisses et les politiciens du Nord ; les héros sont les membres du Ku Klux Klan, présentés en sauveurs du Sud blanc. « Les répercussions du film furent profondes et, à certains égards, paradoxales, écrit le réalisateur Godfrey Cheschire dans Books. D’une part, sa sortie coïncida avec la renaissance du Ku Klux Klan, qui avait été interdit en 1871. De l'autre, Naissance d’une nation donna son élan à l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP). Fondée tout juste cinq avant la sortie, celle-ci devint une force nationale en s’opposant à lui. »
    Mais Naissance d’une nation a surtout été l’un des plus grands succès de l’histoire du cinéma. Sa projection galvanisait le public dans l’ensemble des Etats-Unis. « Les sentiments exprimés dans le film de Griffith sont inscrits dans l’ADN du pays, conclut Godfrey Cheschire. Naissance d’une nation reste sans doute le plus grand documentaire jamais réalisé sur la tache laissée par le racisme sur l’âme de l’Amérique. » (Books) 
              C'est le film le plus raciste de l’histoire,  selon le New Yorker. Il reste encore considéré comme un chef d'oeuvre hollywoodien.
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