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lundi 17 août 2015

Oligopole bancaire

Menace           (point de vue) 

                   On peut parler d'hydre mondiale

                                D' hydre dévastatrice pour l'économie mondiale, selon l'économiste François Morin.
    Un vaste espace de capitalisation et d'échanges interdépendants ont constitué un énorme réseau à la puissance phénoménale et aux pratiques souvent obscures, voire scabreuses (spéculations sur les produits dérivés) ou même douteuses.-(*)
      Le pouvoir étatique s'en trouve affaibli, comme asservi, ligoté considérablement dans ses moyens pour avoir dû les renflouer massivement étant donné leur gigantisme. Le pouvoir public, malgré ses velléités de contrôle, toujours très marginal ou sans cesse reporté, est vassalisé par une puissance jouant sur la dépendance à la dette. Il se trouve déssaisi du contrôle sur la monnaie, instrument de souveraineté.
   L'auteur signale que: ...Après la libéralisation de la sphère financière amorcée dans les années 70 (taux de change et d’intérêt dont les prix sont fixés par le marché et non plus par les Etats, et libéralisation des mouvements de capitaux), les marchés monétaires et financiers deviennent globaux vers le milieu des années 90. Les plus grandes banques ont dû alors adapter impérativement leur taille à ce nouvel espace d’échanges, en fusionnant et en se restructurant. Les conditions d’émergence d’un oligopole à l’échelle mondiale ont été ainsi réunies. Celui-ci va très vite se coordonner à l’échelle internationale et sa taille va devenir gigantesque : le total de bilan des 28 banques de l’oligopole (50 341 milliards de dollars) est supérieur, en 2012, à la dette publique mondiale (48 957 milliards de dollars) ! Depuis 2012, on a découvert aussi que ces très grandes banques se sont entendues frauduleusement entre elles à partir du milieu des années 2000....
     C'est une petite trentaine de banques qui constituent l'essentiel de cet oligopole, dont Wall Street représente le noyau dur et G. Sachs, qui a déjà montré son pouvoir de nuisance, la clé de voûte. Les mêmes pratiques qu'avant la crise, on reprend les mêmes dérives spéculatives ( trading haute fréquence notamment), on recrée les conditions de bulles à venir, de faillites gravissimes auxquelles les finances publiques ne pourront plus répondre. La déconnexion entre le monde de la haute finance et l'économie réelle est totale. On a pu parler de finances hors-sol.
     Que faire, au lieu de faire le gros dos ou de croiser les doigts? 
 Pour mettre les citoyens à l’abri de désastres financiers à venir, l’auteur estime qu’il faut abattre ces banques qu’il compare à une hydre et rapatrier la monnaie dans le giron du public....
  nos démocraties se vident progressivement de leur substance en raison de la réduction (ou de l’absence) de marges de manœuvre qui sont devenues patentes pour l’action publique. Par ailleurs, l’oligopole bancaire souhaite pouvoir instrumentaliser les pouvoirs des Etats afin de peser sur d’éventuelles régulations financières, ou encore de pouvoir limiter le poids des amendes auxquelles il doit faire face quand il est pris le doigt dans la confiture, en évitant surtout des procès publics..
 ..Il ne faut pas demander à des banques privées de gérer un intérêt général ! Les banques voient d’abord leurs profits, qu’elles peuvent notamment réaliser à travers leurs activités financières, voire leurs activités spéculatives. Elles regardent les Etats comme n’importe quel autre acteur économique émetteur de dettes. Il faut mesurer les risques et la rentabilité d’un investissement financier. L’Etat est d’abord vu comme un actif financier comme les autres, qu’on achète ou qu’on vend, et sur lequel il est également loisible de spéculer...".
   Tout avait déjà été dit sur les conséquences de l'extrême financiarisation de l'économie depuis une trentaine d'années, surtout depuis 2008, et sur les incidences financières négatives des grands groupes bancaires, même de la part d'économistes reconnus comme Stiglitz, ancien directeur de la Banque Mondiale. Même le très libéral The Economist a parlé de banksters. Les "mésaventures" de JP Morgan ne sont qu'un détail. Goldman Sachs est une pointure au dessus. Bernie Sanders a vendu la mèche...
  Des chefs d'Etat avaient proclamé: plus jamais ça  au vu des  impacts négatifs concernant  les investissements productifs, par le bais des hauts rendements exigés par les actionnaires divers, le poids croissant des retraites par capitalisation, les effets de la rente en général, la montée vertigineuse du chômage et des inégalités...
   Ce système financier s'est en quelque sorte criminalisé, comme l'a reconnu un banquier, J. Naulot, et le magistrat J. de Maillard évoque avec force le coût d'une arnaque.
     Selon Morin, c'est une bombe à retardement qui menace une nouvelle fois l'économie mondiale, si rien n'est fait très vite pour anticiper et mettre de l'ordre dans ce phénomène oligopolistique qui ne cessera de croître, dans cette 'économie casino..
   Espérons qu'il pèche par pessimisme.... 
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