Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 16 septembre 2015

Il était une ville

 Cité en déshérence
                       Des villes qui ont régressé ou ont été laissées à l'abandon, il y en a eu dans l'histoire...
        Détroit ne disparaître pas, elle, mais elle est devenue l'ombre d'elle-même...La crise et l'incurie des gouvernants est passée par là...
.           L'écrivain Thomas B. Reverdy donne à imaginer et à penser Détroit  dans son dernier roman
  ... Dans Detroit en putréfaction, la mort frappe souvent, indistinctement. Les bodybags encombrent la morgue, clos sur les corps d'adultes et d'enfants qui ne seront jamais identifiés. Mais, dans Il était une ville, Thomas B. Reverdy, ne fait pas que le sombre constat d'une enfance meurtrie par une société que ce fou de Taylor n'a pas su totalement rationaliser et qui produit l'abondance de la violence et du malheur. La glissade à toute blinde, ce vertige qui fascine les mômes, ne conduit pas toujours au pire et le bas d'une pente peut aussi révéler l'autre côté du possible, la résurgence de la vie.....
Ghost City
       Vestige du rêve américain, Détroit fascine et effraie.
    Oui, une ville peut mourir (et pas une petite!) ou presque..
La ville symbole est une des plus touchée par la crise, même si elle tente de se relever péniblement, par une renégociation d'une dette abyssale, aux conséquences sociales traumatisantes.
  En 2008, c'est la crise immobilière et les banqueroutes de General Motors et Chrysler, pendant que Ford met ses actifs en gage. Donnés pour morts, les constructeurs automobiles ont été sauvés par le gouvernement et sont désormais bénéficiaires. Mais cela s'est fait au prix de concessions qui remettent en cause le concept même de classe moyenne ouvrière. (Mediapart)
      Soixante ans de déclin ont amené cette cité dans l'état où on peut la voir aujourd'hui:
             Cela fait soixante ans que Detroit agonise lentement, sur fond de déclin industriel. « La ville n'est plus en mesure de générer suffisamment de revenus, explique Yan Cimon, professeur de stratégie à l'université de Laval à Québec. Elle voit sa population constamment diminuer et ses coûts d'entretien, notamment d'infrastructures, exploser. Donc c'est une ville qui a lentement décru, avec l'industrie automobile américaine. A mesure que les trois grands ont perdu des parts de marché, ils ont déménagé beaucoup d'usines notamment vers le sud des Etats-Unis donc ça a laissé Detroit sans base industrielle pour lui permettre de se renouveler ».
      Les trois grands, ce sont les constructeurs Ford, Chrysler et General Motors. A mesure qu'ils ont délocalisé, la ville s'est dépeuplée passant de 2 millions d'habitants dans les années 60 à seulement 700 000 aujourd'hui. Elle a troqué son surnom d'autrefois, Motor city, pour Ghost city, la ville fantôme. « Aujourd'hui, l'équivalent de Manhattan est inhabité à Detroit. Pour une ville de cette taille, c'est énorme », conclut Yan Cimon.
                    Les géants de la construction automobile  s’étaient mis, de 1941 à 1945, à produire chars, avions et munitions, ce qui avait valu à la ville le surnom d’"arsenal de la démocratie". Aujourd’hui synonyme de déclin, de ruine, de criminalité, la ville a vu fondre sa population progressivement, passant de 1,8 million d’habitants en 1950 à 700 000 aujourd’hui. Désormais, un tiers des habitants vit dans la pauvreté et 20% environ sont au chômage.
         Une "résurrection" commence à avoir lieu, longue, coûteuse et douloureuse. La reconstruction reste problématique. L'Etat a été plus généreux avec les banques.
      Même si aujourd'hui, la ville n'est plus officiellement en faillite, les blessures sont profondes et multiples.
La Motor City est toujours sous tutelle. Jusqu'à quand et à quel prix?
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