Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 8 septembre 2015

La "maladie" des superinégalités

La médecine du docteur Stiglitz...
                                                     Le creusement prodigieux et l'accélération inédite des inégalités depuis trente ans n'est pas seulement une question de morale ou de justice sociale.
    C'est aussi un problème économique, une question qui met en péril la santé d'un pays, son équilibre,  sa production, son avenir.
      La concentration des fortunes entre des mains toujours plus réduites  a une incidence directe sur la condition des gens précaires ou pauvres, ou au salaire insuffisant, une consommation réduite, voire à une sous-consommation....sans compter toutes les dépenses qu'occasionnent les aides sociales, les coûts en matière de santé, par manque de moyens pour une nutrition correcte et des soins appropriés.
    Du simple point de vue du calcul économique, cette évolution est néfaste.
  Un point critique semble atteint, que confirment même des instances de tendance libérale.
_______  C'est pour cela que l'économiste Stiglitz peut parler métaphoriquement de maladie, en évoquant le cas américain:
          ...Quand je porte un jugement sur la santé de l'économie américaine, je dis qu'elle est vraiment malade, que c'est un échec. La hausse du PIB, la croissance, ne nous dit rien du bien-être de l'immense majorité des citoyens. L'économie doit être au service de la société, elle ne doit pas tourner au profit de 1% des gens.
  On voit les conséquences de cette situation quand on se penche sur la réalité de la vie de l'immense majorité. L'insécurité est en forte hausse, les gens ont peur de perdre leur maison, leur job... La réforme de la santé voulue par Obama va dans le bons sens, mais cela n'empêche pas le sentiment d'une grande insécurité....

  ... La productivité a augmenté ces 30 dernières années, aux Etats-Unis, mais que les salaires n'ont pas du tout suivi cette hausse. C'est totalement inhabituel. D'ordinaire, les salaires suivent la productivité. Pour rompre avec ce blocage salarial, il faut redonner aux salariés du pouvoir de négociation, limiter la capacité d'action des PDG. Je rappelle que la rémunération des patrons américains est passée de 20 fois le salaire ouvrier à 300 fois ce salaire... Et ce n'est pas une productivité en hausse qui aurait justifié cela. Les patrons de banques, qui sont les mieux rémunérés, ont une productivité négative, sur les dernières années !..
         Il ajoute que cette situation est lourde de crises nouvelles, notamment par le recours plus intense au crédit généralisé, devenu un piège incontournable pour les plus démunis, dans les pires conditions.
......La finance sort gagnante de ce système où les gens vivent à crédit, grâce aux intérêts perçus, aux commissions. L'argent va de la poche des Américains dans celles de banquiers. Le secteur financier est passé de 2,5% du PIB à 8% du PIB aux Etats-Unis. Sans apporter aucune amélioration à l'économie. Payer pour un meilleur moteur, cela peut-être intéressant. Mais payer toujours plus pour un système financier qui est de moins en moins efficace, voilà qui pose question. Un exemple : pour une épicerie de quartier, les seules commissions sur cartes bancaires représentent la moitié du bénéfice de l'épicier ! On comprend pourquoi les esprits les plus brillants se tournent vers les banques....
      Les inégalités ont un prix.
           Elles ont un effet destructeur. Causes et effets des crises, elles sapent la confiance et le développement. Tandis qu'au Royaume-Uni, le nombre de contrats zéro heure" ne faiblit pas.
        La rente et la finance-casino ont pris la pas sur l'investissement productif, source de richesses. La justice distributive, autant qu'il est possible, qui devrait aller de soi, a perdu sur tous les fronts
    Rockefeller, qui ne vivait pas de peu, avait autrefois préconisé aux Etats-Unis que le salaire des dirigeants d'entreprise ne dépasse pas 40 fois celui de leurs ouvriers; or le salaire moyen du PDG américain est passé de 85 fois le salaire moyen d'un salarié en 1990 à 500 fois en 2000. L'évolution a été similaire en Europe, et particulièrement en France »
____________________________________

Aucun commentaire: