Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 6 avril 2008

Craindre la Chine ?

La Chine fait tourner la tête...elle nous fascine par sa puissance en marche , mais nous inquiète par les effets mondiaux de son mode de développement et ses contradictions internes.

La Chine sera-t-elle notre cauchemar ?
"Il y a trois mythologies, notamment dans la presse. Première illusion : croire que l'ouverture à l'économie de marché de la Chine améliore le pouvoir d'achat des Chinois. L'ouverture a surtout renforcé les inégalités.
Deuxième illusion : croire que la Chine est devenue le plus grand marché du monde. Les nombreuses entreprises américaines et européennes qui prennent des vestes en Chine en font l'amère découverte même si on ne le dit pas trop fort (le cours de l'action doit rester haut) seuls les industriels de l'équipement (avions, routes, machines-outils) s'en sortent bien.
Troisième illusion : l'idée que l'économie de marché amène forcément la démocratie. Voilà 25 ans que la Chine s'est ouverte et il n'y a pas la moindre ouverture démocratique..."
"...Illusion de croire que l'importation de produits chinois permet d'améliorer le pouvoir d'achat des consommateurs occidentaux. Or ceux qui maîtrisent le processus des importations ne restituent pas forcément les économies de coûts qu'ils réalisent. Par exemple, lors de la récente levée des quotas d'importations des textiles chinois, les prix européens n'ont baissé que de 0,6% alors que les produits chinois représentaient une baisse de 40%. Ce sont les grands distributeurs européens qui captent les marges exceptionnelles autorisées par les bas salaires chinois.
" On voudrait nous faire croire que l'économie de marché entraîne forcement l'avènement de la démocratie. La Chine démontre exactement le contraire: une économie de marché fonctionne parfaitement avec un régime dictatorial. Ce constat avait déjà été fait au Chili puisque c'est la dictature de Pinochet qui a expérimenté la première le modèle néo-libéral, sur les conseils avisés des économistes de la fameuse Ecole de Chicago. Et nous voyons bien aujourd'hui que l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) n'a pas amélioré les droits de l'homme et la démocratie. Mais, persuadés que le marché chinois représente une planche de salut pour la croissance mondiale, les dirigeants occidentaux ferment les yeux sur les mauvais traitements infligés au peuple chinois et l'absence de droit social."

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"Les grands leaders des économies occidentales s'imaginaient que ce qu'ils auront donné d'une main, à travers les délocalisations, ils le reprendront de l'autre, en offrant à la Chine les équipements dont elle a dramatiquement besoin. Les auteurs fustigent cette grande illusion de l'Occident. En réalité, les partenaires des sociétés occidentales traînent les pieds. L'État chinois multiplie les obstacles. Les banques n'offrent aucune visibilité. Une étude portant sur 229 investisseurs occidentaux en Chine montre que 38 % seulement d'entre eux ont réussi à équilibrer leurs comptes. Pas facile de sortir la tête haute du Marais de l'Empire du Milieu. Pour tous ceux qui en ont fait l'expérience, il n'a vraiment rien d'un Eldorado ! C'est l'économiste Patrick Artus en définitive, qui a osé la véritable question : « La Chine va-t-elle nous détruire tous ? »

-INFO - La Chine:
".... La chine ne joue qu’en apparence le jeu du libre échange Le PCC est ainsi la véritable « main invisible » du marché chinois. L’intervention du parti est déterminante à tous les niveaux : -il maintien un esclavage moderne (législation du travail, migrations, permis de résidence…), -il pèse sur la compétitivité et la croissance chinoise en contrôlant et manipulant le cours du yuan (sous évaluation de 30 à 40%), -il intervient sur les ingrédients des prix agricoles et industriels (fixation du prix des matières premières et des céréales), donc le niveau de vie des paysans et des mindong… -il ne lutte pas contre l’irrespect de la propriété et du droit des marques, -il intervient dans la gestion des grandes entreprises (jamais totalement privée), ce qui est assez différent de la concurrence « franche et loyale » de l’UE, -il organise l’inéquité des conditions de production entre industriels locaux et étrangers. Le soutien étatique (via des subventions) fournit aux entreprises chinoises des surcapacités d’investissement (rendues possibles par le non respect des règles prudentielles du système bancaire chinois), -l’Etat chinois a à sa disposition plus de 850 milliards de dollars de réserves de devises, car il contrôle une partie des capitaux des banques...
...c’est bien la dynamique économique occidentale qui est responsable de cette évolution: la logique du moindre coût à tout prix est devenu le critère unique du marché (notons le fabuleux progrès que représente un système économique qui fait parcourir 20000 km à 1 kg de tomates pour économiser 0,50 euros)... Notre erreur (collective) est de croire que les chinois (ou les indiens) accepteront une répartition mondiale du travail basée sur la spécialisation entre conception (pour nous) et production (pour eux), entre activités à haute valeur ajoutée et activités industrielles polluantes… Encore une (grave) illusion ! La Chine travaille à développer ses champions dans tous les secteurs, son indépendance énergétique, bien loin des préoccupations de l’UE, résolument opposée à une politique industrielle. La Chine veut et va maintenir une croissance élevée, fondée sur ses avantages évoqués, les outils dont disposent le PCC et l’affaiblissement de ses adversaires par le refus de la spécialisation (du fait de larges réserves de capital et de travail), la copie massive de technologies étrangères (avec notre aide bienveillante) et par une hausse croissante de la demande en matières premières et en énergie entraînant à terme une baisse de croissance dans les pays développés... "

-La Chine, une puissance fragile ?
"...La Chine est-elle donc si puissante ? Plusieurs indicateurs, et en particulier son niveau d’endettement, tendent à signifier le contraire. La pauvreté, l’abandon des services publics dans certaines régions, la corruption à grande échelle, les faiblesses du système d’enseignement et de santé fragilisent considérablement le pays. Par ailleurs, la dette publique de la Chine atteint, selon Cai Chongguo, « un niveau –officiel- de 150 milliards d’euros, soit 15% du PIB. » Enfin, le pays est largement dépendant de ses partenaires étrangers : le commerce extérieur représente les ¾ du PIB, et 70 millions de chinois sont employés par des entreprises étrangères.
Pour ce dissident comme pour les observateurs syndicaux internationaux, la Chine serait en réalité au bord de l’implosion sociale. « Le moindre incident peut dégénérer en émeute », écrit Cai Chongguo ; la CISL évoque de son côté les « troubles sociaux » engendrés par l’exploitation de la main d’œuvre et le chômage, du aux licenciements massifs des entreprises d’Etat. « Les dirigeants chinois sont coincés dans un cercle vicieux; ils tentent de maintenir le contrôle social en privant les travailleurs de s'organiser en syndicats indépendants, alimentant encore les troubles sociaux et le désordre», expliquent les syndicats..."

-Chine.pdf (Objet application/pdf)
-Économie de la Chine
-Pas de "société harmonieuse" sans réformes politiques
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- Chine et Etats-Unis : condamnés à vivre en paix ?
- Chine d'hier, Chine d'aujourd'hui...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

D'où viendra la rupture?
D'un fléchissement de la consommation étrangère induisant une baisse d'activité de "l'atelier" chinois? D'une accumulation interne de mécontentements en bas et d'avidités en haut ouvrant à des horizons sécessionnistes ? Le simple chantier des JO a fait plus de morts que 20 ans de conflits au Tibet.
On ne saurait dire...Qui sait......., le salaire des policiers sera peut-être la faille ultime ?

Le furtif

Marcel Thiriet a dit…

Les deux peut-être..
La contraction de la demande venant des USA risquant de se replier bientôt sur un certain protectionnisme pour résoudre leur crise peut engendrer une montée des frustrations internes..
Mais je ne suis pas Mme Irma et j'espère que les transitions se feront sans heurts violents
Amicalement