Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 20 mai 2009

Lait à gogo


Le lait: une marchandise comme une autre?

Une politique agricole schizophrène, effet de la stratégie financière des grands groupes agroalimentaires.
Il est plus qu'urgent de revoir le fonctionnement de la PAC
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-José Bové, tête de liste Europe-Ecologie dans le Sud-Ouest, avait... mis la crise du lait sur le dos des «politiques néolibérales qui placent toujours les intérêts des grands groupes de l’agroalimentaire» avant ceux des paysans et des salariés qui sont «les seuls à payer la déréglementation»...

-"... La centrale d’achat Leclerc impose à ses fournisseurs un contrat type garantissant à l’enseigne Leclerc une marge de 25 %, quel que soit son prix de revente consommateur aligné sur le concurrent le moins cher.Cette pratique condamnable sur la forme comme sur le fond ruine tout l’équilibre de l’économie de marché. Le prix des pâtes a par exemple augmenté de 10,8 % en un an, alors que le blé a chuté de moitié à l’été 2008 ! Les premières victimes sont immédiatement les consommateurs et l’approvisionnement. Si la saine et loyale concurrence sert les justes prix, la course au moins cher à tout prix coûte très cher à notre société, et en particulier aux producteurs et aux consommateurs..." (Jeunes Agriculteurs)
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Derrière la crise du lait, il y a l'Union européenne:
"Un marché du lait libre et non faussé. La fin des quotas. Une législation européenne de la concurrence qui s'impose à tous. C'est l'accord européen trouvé en décembre dernier par Michel Barnier. Un désastre pour celui qui candidate au prochaines élections européennes...« Nous sommes parvenus à un accord à la quasi-unanimité ». Michel Barnier avait été clair en novembre 2008. Il se réjouissait alors d’un accord trouvé au niveau européen pour déréguler progressivement le marché du lait jusqu’en 2015. Les quotas de production étaient relevés de 1% pendant 5 ans, puis disparaîtraient complètement. Le lait fluctuerait ensuite « librement » au gré du marché de l’offre et de la demande. Pleinement ancré dans l’idéologie libre-échangiste de l’Europe, cet accord à la « quasi-unanimité » - sauf la Lituanie - entérinait le sacro-saint principe de non intervention du pouvoir politique dans l’économie. Et déjà, les producteurs français, allemands et autrichiens s’inquiétaient des conséquences dramatiques d’un telle mesure sur… le prix du lait. ...L’obstination de Bruxelles, « le lait trop régulé » ?Dans un éditorial de Jean-Francis Pécresse, paru dans les Echos d’aujourd’hui, on peut lire que l’économie laitière « ne souffre pas de trop peu de régulations mais de trop de régulations. (…) L’Europe, avec l’aide de la France, a privilégié une politique des revenus si aboutie qu’elle a transformé les éleveurs en salariés de leurs clients… ». Et de préciser qu’« en 2007, lorsque les prix du lait grimpaient en flèche, c’est la régulation qu’on dénonçait et la concurrence qu’on célébrait. »
Certes, mais la joie fut de courte durée. Davantage que la hausse du prix du lait, c’est l’importante fluctuation du prix qui saute aux yeux, a fortiori depuis avril 2008, date à laquelle la DGCCRF - Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes – a décrété illégales les ententes permettant le maintien du prix du lait.
-Le ministre de l’Agriculture Michel Barnier, candidat aux élections en juin prochain, n’est donc pas exempt de responsabilités dans cette crise qui enflamme plusieurs villes de Province. Il est l’un des artisans de la volonté affichée des libéraux de Bruxelles à vouloir déréguler les marchés, même si cela doit saborder tout un pan de l’économie faisant vivre les régions. Les beaux discours ne peuvent se substituer aux actes. A 15 jours des élections au Parlement de Strasbourg, cette crise du lait incarne parfaitement le dilemme européen qui voit s'opposer un sentiment d’impuissance des citoyens au dogme de l'idéologie libérale qui se cache derrière la raison économique : déréguler toujours plus pour appauvrir encore. " (L.Coupet)

Aujourd'hui, c'est le lait. Et demain ?

>L'Europe prête à produire plus de lait pour répondre à la demande
>Quotas laitiers
>Si Barnier ne peut résoudre la crise du lait, à quoi sert-il ?
>Stratégies des multinationales agroalimentaires en Europe

-La situation est intenable pour les producteurs de lait:

"A cause de la crise économique, les exportations de lait ont chuté de 7 à 9 % en 2008. Pendant ce temps-là, la production laitière n’a cessé d’augmenter. C’est le résultat de la politique menée par la Commission européenne qui relève ses quotas laitiers de 1 % chaque année et qui prévoit leur suppression définitive à horizon 2015. On se retrouve en situation de surproduction sur le marché européen alors que nous n’avons pas les consommateurs. Du coup, les prix s’effondrent et mettent les producteurs européens en difficulté puisqu’ils sont amenés à vendre leur production en dessous du prix de revient.-Quel est l’intérêt, pour l’Union européenne, de supprimer ces quotas ?Sur la base des négociations avec l’Organisation mondiale du commerce, la Commission doit libéraliser ses marchés agricoles. Et les quotas sont considérés comme une entrave. De plus, l’Europe verse une aide compensatoire aux producteurs, de 34 euros par tonne depuis 2004 pour compenser la baisse du prix du lait, qu’elle souhaite donc supprimer.

-On importe du lait d'Australie et on jette celui des vaches françaises:
"C’est bien le mépris de la préférence communautaire qui est entrain de conduire l’Europe laitière dans l’impasse. Furieux de voir le cours du lait s’effondrer, les producteurs Français ont sorti les tracteurs et bloquent le centre ville de plusieurs préfectures. Une jacquerie en bonne forme provoquée par le comportement insupportable du lobby industriel laitier, Lactalis en tête, digne des fermiers généraux de l’Ancien régime...
Après une période de sous production, pour faire grimper les prix, obligeant la France à importer, le prix du lait avait flambé en 2007. Face à la demande, on s’était mis à faire pisser la vache afin de ramasser le « beurre » de cette paradoxale situation. Mais l’arrivée de la crise a fait fondre le « beurre » et le monde est aujourd’hui confronté à une surproduction. D’où un effondrement subit des prix à -30%.
L’Europe technocratique a tout géré en dépit du bon sens, relayée par des pouvoirs publics et des organisations syndicales aveuglés par la rentabilité à outrance de leur logique productiviste intensive. Nous ne dirons jamais assez combien Luc Guyau, ancien président de la FNSEA, mentor désastreux de la politique agricole chiraquienne des années 80-90, a conduit l’agriculture française dans le mur. Et les efforts courageux de son successeur, Jean-Michel Lemétayer, pour rétablir une situation presque sans espoir, semblent parfois peine perdue.
Que s’est-il passé pour que le pays du bon lait en soit arrivé là ? Tout simplement l’éternelle collusion entre l’agroalimentaire et la grande distribution, la première tenue de mettre à disposition de la seconde des produits bas de gamme aux coûts de production minimalistes afin de garantir un maximum de profit aux différents intermédiaires. Résultat, le consommateur ingurgite des produits laitiers indignes et les éleveurs sont sur la paille. Qui expliquera pourquoi, aujourd’hui, près de la moitié des laits de consommation courante proviennent de Nouvelle- Zélande, d’Australie et d’autres continents lointains, contraignant nos producteurs à déverser le lait européen devant les préfectures et à bloquer les dépôts de centrales d’achat de la grande distribution pour se faire entendre ?..."

-Conjoncture_laitière -Grande distribution et produits laitiers
-Le lait déborde sur la campagne européenne:
"...Reprochant à Barnier des propos sur l’insuffisance du prix du lait «frisant la schizophrénie», le député souverainiste voit dans la crise laitière le signe que «le gouvernement français a capitulé face à la logique ultralibérale de Bruxelles». Laquelle a décidé, selon Dupont-Aignan, «la suppression de toute régulation des prix du lait en Europe».«Monsieur Barnier, occupez-vous des campagnes plutôt que de faire campagne!», avait lancé mardi Stéphane Le Foll, numéro 2 sur la liste Ouest du PS au responsable de la campagne UMP. L’eurodéputé sortant a exhorté le ministre à «s’occuper un peu plus des agriculteurs plutôt que de multiplier les meetings en région parisienne».José Bové, tête de liste Europe-Ecologie dans le Sud-Ouest, avait, lui, mis la crise du lait sur le dos des «politiques néolibérales qui placent toujours les intérêts des grands groupes de l’agroalimentaire» avant ceux des paysans et des salariés qui sont «les seuls à payer la déréglementation»...
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Agrobusiness et subventions

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