Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 9 mai 2009

Obama et l'Afghanistan

Entêtement dans l'erreur?

Poursuite d'une logique impériale
...
ruineuse pour l'économie et vouée à l'échec

-Derrière les discours de façade, qui n'ont guère changé depuis Bush, y a-t-il encore un sens à mourir pour du pétrole?
-Les Américains se sont-ils jamais intéressés à un pays en dehors de leurs propres intérêts?
["Quel politicien aura le courage d’expliquer ... les enjeux militaires et pétroliers du conflit Afghan? Qui va demander (aux canadiens) s’ils sont prêts à dépenser des milliards et sacrifier la vie de leurs jeunes hommes et femmes pour aider le Gouvernement Américain à consolider sa présence militaire autour de l’Iran et pour permettre aux multinationales du pétrole de sortir le pétrole et le gaz naturel de l’Asie Centrale?" ]
[-La vérité sur l’Afghanistan-]
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"L’administration Obama commet une erreur historique en traitant le Pakistan avec une arrogance impériale et en ignorant les préoccupations et les désirs de son peuple. Il semble que nous n’ayons rien appris de la révolution iranienne." (E.Margolis)
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"« Comme ceux qui connaissent le mieux la région le reconnaissent en majorité, cette guerre entre les Etats-Unis et les talibans a provoqué, depuis l’invasion américaine de l’Afghanistan, une insurrection de type religieux et nationaliste parmi les Pachtouns, le plus important groupe tribal en Asie centrale. On estime leur nombre à 40 millions de personnes fortement soudées par des liens tribaux.La dernière question que je voudrais poser est de savoir si c’est sur cette voie que Barack Obama et son administration veulent réellement engager le peuple américain dans les quatre prochaines années. Ces inquiétudes sont aussi exprimées par le journaliste britannique Patrick Seale, « Obama and the AFPAK Trap » » (Obama et le piège de l’Afghanistan-Pakistan, 21 février)..." (A.Gresh)
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-Obama et l'Afghanistan-Pakistan:
"...Le 27 mars, le président Barack Obama a présenté sa nouvelle politique concernant l’Afghanistan-Pakistan, « A New Strategy for Afghanistan and Pakistan ». L’intervention du président était fondée sur un étude coordonnée par Bruce Reidel, un ancien de la CIA, White Paper of the Interagency Policy Group’s Report on U.S. Policy toward Afghanistan and Pakistan (PDF).« Je veux que le peuple américain comprenne que nous avons un but clair et précis : déranger, démanteler et défaire Al-Qaida au Pakistan et en Afghanistan et les empêcher durablement de revenir dans les deux pays. C’est le but que nous devons atteindre. Il n’y a pas de cause qui pourrait être plus juste. »Le président a annoncé l’envoi, en plus de 17 000 soldats supplémentaires, de 4 000 « instructeurs » qui seront chargés de former l’armée et la police afghanes dont les effectifs devront être portés respectivement à 134 000 et 82 000 hommes d’ici 2011.« Cet effort, a poursuivi le président, doit être accompagné par un effort dramatique dans le domaine civil. L’Afghanistan a un gouvernement élu, mais il est miné par la corruption et a du mal à assurer les services de base à son peuple. L’économie est menacée par un commerce de la drogue florissant qui encourage la criminalité et procure des fonds aux insurgés. » (...)« Aussi pour avancer dans ces objectifs de sécurité, d’opportunités et de justice – pas seulement à Kaboul mais aussi dans les provinces – nous avons besoin de spécialistes de l’agriculture, mais aussi des éducateurs, des ingénieurs et des juristes. C’est ainsi que nous pouvons aider le gouvernement afghan à servir son peuple et à développer une économie qui n’est pas dominée par les drogues illégales. Et c’est pour cela que j’ai ordonné une augmentation substantielle du nombre de civils sur le terrain. C’est aussi pourquoi nous devons chercher auprès de nos partenaires et de nos alliés, des Nations unies et des organisations d’aide internationales un effort dans le domaine civil – cet effort, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton cherchera à l’obtenir la semaine prochaine à La Haye ».« Dans cette période de crise économique, a poursuivi Obama, il est tentant de croire que nous pouvons diminuer cet effort civil. Mais ne vous trompez pas : nos efforts en Afghanistan et au Pakistan échoueront si nous n’investissons pas dans le futur. »

La presse américaine souligne la continuité entre cette politique et celle de son prédécesseur Bush...."

-Le piège "Afpak":
"...Au départ, l'analyse de M. Obama est la bonne. Elle repose sur trois postulats. D'abord, le terreau qui féconde le djihadisme international n'est pas l'Irak - dangereuse illusion de George Bush - mais ce sont l'Afghanistan et le Pakistan. Ensuite, la montée en puissance militaire de l'Amérique et de ses alliés en Afghanistan doit être complétée par un volet civil ambitieux. Enfin, l'Afghanistan ne pourra être stabilisé sans une remise en ordre d'un Pakistan en voie de "talibanisation". Cette approche intégrée du conflit, où le facteur civil et le paramètre régional ont toute leur place, est le signe d'une lucidité stratégique louable.Mais cette doctrine "Afpak" (pour Afghanistan-Pakistan) se heurte à des réalités qui fragilisent, c'est le moins qu'on puisse dire, le pari d'Obama. Washington a affaire à des partenaires difficiles et familiers du double jeu. Le premier obstacle tient dans le contentieux territorial opposant l'Afghanistan et le Pakistan, un legs de l'histoire coloniale britannique qui hypothèque tout partenariat sincère. Les deux Etats, qui ne s'entendent toujours pas sur le tracé de leur frontière, n'ont cessé de se soupçonner d'ingérences réciproques.A cela s'ajoute la complexité propre à chaque pays. En Afghanistan, le président Hamid Karzaï est éminemment controversé. On lui reproche la corruption de son Etat, son incapacité à régner au-delà de Kaboul, autant de handicaps qui font le lit des talibans. Et, au Pakistan, le président Asif Ali Zardari étale chaque jour davantage sa faiblesse, sa vision politique étriquée, sa dépendance croissante à l'égard d'une armée plus préoccupée par le péril indien que par le danger islamiste. Les responsabilités américaines dans le chaos actuel, illustrées par la tragédie des récentes victimes civiles afghanes, sont flagrantes. Facteur aggravant, elles se mêlent à des "trous noirs" politiques en Afghanistan comme au Pakistan, qui pourraient bien ouvrir un dangereux piège sous les pas de M. Obama..."

-Afghanistan, une nouvelle théorie des dominos:
"Sans préjuger des chances de succès de la stratégie afghane définie par Obama, Juan Cole s’inquiète de percevoir dans les justifications avancées par le président une réminiscence de la « théorie des dominos », en vogue dans les cercles politiques américains durant les années 1960, qui justifiait l’intervention au Vietnam par le risque de voir tomber les uns après les autres au mains des communistes les Etats de la péninsule asiatique. Dans cette nouvelle version, Al Qaida et ses alliés talibans représenteraient une force capable de conquérir Kaboul, puis de renverser le régime pakistanais à partir de ses bases des zones tribales. Tout cela est fort excessif, juge Cole, qui rappelle que le secrétaire à la défense Gates ne croit pas non plus à ce scénario. Certes, les tribus pachtounes en révolte ont une longue histoire de querelles et de lutte contre le pouvoir central, mais la disproportion des forces est telle qu’ils n’ont aucune chance de parvenir à s’en emparer, estime Cole, qui rappelle que, tant en Afghanistan qu’au Pakistan, si une majorité de la population se déclare opposée aux talibans, ils ne sont qu’une minorité à penser qu’ils représentent une menace réelle. Quel risque y aurait-il à surestimer l’adversaire ? En commettant une erreur d’analyse de ce conflit, Obama risque de s’engager obstinément dans une entreprise inutile et condamnée, juge Juan Cole...."

-Afghanistan et Pakistan : vanité des logiques impériales:
"L’accent mis sur la lutte contre les talibans, identifiés comme l’ennemi à abattre, méconnait une réalité fondamentale de cette région structurellement instable où les solidarités tribales prévalent sur les appartenances nationales héritées de puissances coloniales qui voulaient à dessein diviser pour régner. Dans ces équilibres fragiles, chaque acteur - Pakistan, Inde, Russie, etc.. pousse ses pions et tente de préserver ses intérêts stratégiques. Faute de comprendre cette réalité, et en particulier d’accepter de prendre en compte les intérêts du Pakistan, les USA s’enferrent dans une stratégie sans issue. Car les talibans, ce sont d’abord et avant tout des pachtounes, ethnie qui compte pour 15% de la population pakistanaise. Exiger du Pakistan qu’il mène une guerre totale contre les talibans c’est non seulement l’humilier en le traitant avec arrogance, mais surtout lui demander d’entrer en guerre contre une partie de son peuple, ce qu’il ne fera évidemment pas. De plus, Islamabad sait fort bien que cette nouvelle aventure néocoloniale, qui tente d’imposer par la force une volonté occidentale sur des peuples qui n’ont rien oublié prendra fin elle aussi un jour prochain. Il lui faudra alors tenter de retrouver un peu de stabilité après le chaos créé par l’occident (cf : l’Irak). Et les militants pachtounes, quel que soit le nom qui leur sera attribué à ce moment là, seront partie prenante..."

-Obama et l’Afghanistan: la tradition américaine?
- Un engrenage potentiellement dangereux en Afghanistan
-Obama aggrave la situation au Pakistan et en Afghanistan

-De bavure en bavure en Afghanistan :
" Que ce soit clair : nous travaillerons dur avec nos alliés afghans et ceux de la coalition pour éviter qu’il y ait des victimes civiles, lorsque nous aidons les Afghans à combattre notre ennemi commun », a promis le président américain Barack Obama. Il recevait mercredi à la Maison Blanche ses homologues afghan Hamid Karzaï et pakistanais Asif Ali Zardari, le jour même où le chef de la police de la province de Farah, dans le sud de l’Afghanistan, affirmait qu’une frappe de chasseurs de l’US Air Force sur le village de Bala Buluk, pour dégager des éléments des forces afghanes pris à partie par des maquisards, avait fait lundi plus d’une centaine de victimes, en majorité des civils. Comme à l’accoutumée, des enquêtes ont été ouvertes, par les autorités américaine et afghane, ainsi que par la représentation de l’ONU.Ce genre de « bavure » – que les militaires préfèrent habiller sous le vocable plus technique de « dommage collatéral » – est fréquent en Afghanistan, notamment de la part de l’US Air Force, connue pour ses règles d’engagement « robustes ». D’après les Nations unies, 2118 civils ont été tués dans des violences en Afghanistan en 2008, année la plus meurtrière pour la population afghane depuis le renversement des talibans en 2001 – soit une hausse de presque 40 % sur 2007. La mission d’assistance des Nations unies à Kaboul (Unama) en dresse régulièrement un bilan précis..".

-
Afghanistan-Pakistan, « mission impénétrable »
- Débâcle afghane:
"Fisk, de retour d’Afghanistan, décrit la réalité d’un pays bien loin de l’image qu’en donnent les gouvernements occidentaux, qui continuent d’affirmer contre toute vraisemblance - et contre toute raison - que la « victoire » est proche. Les talibans sont à 20 Km de Kaboul et règnent en maître à Kandahar, nous dit l’envoyé spécial de The Independent. « La communauté internationale doit cesser de se mentir et se livrer à une réflexion fondamentale qui aurait dû être menée voilà quatre ou cinq ans, » avertit l’un des témoins qu’il a rencontré. Quand donc les politiques se mettront-ils à faire leur métier, c’est à dire se préoccuper du destin de la nation ? Faudra-t-il que les talibans viennent porter la guerre sur le sol français pour que cette désastreuse entreprise néocoloniale sans issue soit enfin remise en cause ?..."
-Les nouveaux talibans afghans mènent une vraie guerre de guérilla-
-L'Afghanistan, pour quelques dollars de plus... - AgoraVox
- Se désengager d’Asie Centrale
-Le piège afghan, la bombe à retardement pakistanaise:
"...Mme Fournot, qui connaît bien l’Afghanistan pour y avoir résidé durant l’adolescence, replace le conflit actuel dans une histoire de longue durée qui fait terriblement défaut ici. Elle rappelle que le soutien américain aux jihadistes durant la dernière guerre, largement instrumentalisé par le Pakistan, n’a jamais eu pour objectif d’aider l’Afghanistan et les afghans, mais uniquement d’affaiblir une union soviétique moribonde. A l’époque, les groupes modérés et laïques étaient ignorés par les USA, tandis que l’Arabie Saoudite exportait ses prêcheurs fondamentalistes, dans l’indifférence de leur allié. Si nous sommes oublieux de ce passé récent, les Afghans eux s’en souviennent fort bien. Quelques remarques. Les forces occidentales ont épuisé leur crédit moral en Afghanistan. Le renforcement du corps expéditionnaire qui affrontera l’offensive de printemps des talibans, la multiplication des attaques aériennes sur le sol pakistanais, feront à coup sûr de nouvelles et nombreuses victimes civiles, qui renforceront la détermination des Pachtounes à ne pas accepter de transiger, ni en Afghanistan, ni au Pakistan. La guerre menée en Afghanistan est une cause perdue. Mais l’enjeu désormais, c’est la stabilité du Pakistan. En poursuivant et en étendant les opérations militaires, le risque de voir se déclencher la « bombe à retardement » pakistanaise est accru d’autant. Faute de prendre conscience collectivement de cette situation - aussi désagréable soit-elle - ce constat nous échappe : avec sa crise économique qui répand la misère dans le monde, ses spéculations sur les matières premières et les grains, ses sanglantes aventures militaires, l’occident est objectivement l’un des facteurs majeurs de déstabilisation de la sécurité mondiale, largement perçu comme tel. Mais nous sommes les seuls à ne pas le voir...."
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- Afghanistan: l'impasse

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