Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 31 juillet 2009

Fait(s)divers

Gestion par le stress

-France Télécom: un salarié se suicide et met en cause sa hiérarchie:
"Dans le courrier laissé à sa famille, le cadre marseillais de 51 ans évoque l'«urgence permanente», la «surcharge de travail», l'«absence de formation», la «désorganisation totale de l'entreprise» et le «management par la terreur...»
-France Télécom reconnaît le stress subi par ses salariés | Eco89









-[C dans l'air - France 5-Suicide en entreprise]
- Suicides en série chez Renault à Guyancourt
___________________________________________

-La peur n'est pas un mode de management:
"...« C’est quand on arrive le matin à son travail la peur au ventre que l’on donne le meilleur de soi-même » affirmait récemment un ancien dirigeant d’un grand groupe équipementier automobile. Eh bien non ! Autant sur le plan éthique que sur le plan économique, il n’est pas acceptable que la peur soit érigée en mode de management de l’entreprise."
-Le Management par la peur:
"...Combien de collègues de boulot, techniciens, secrétaires, ingénieurs, cadres dirigeants aussi, qui se sont vu débarqués du jour au lendemain ? Dans des circonstances humainement douloureuses et contestables. Leurs travails n’étaient ils pas à la hauteur des exigences de la Direction ou des actionnaires ? Parfois, ce n’était même pas le cas. Mais soit incompatibilité d’humeur, soit une phrase qui a déplu à la Directrice Générale… Je me souviens de ce jeu à la machine à café : on pariait sur qui sera le prochain sur la liste. Je me souviens des soirées chez mon amie à Marseille : te souviens tu quand je tournais dans ton appartement, tribule et whisky à la main, persuadé que mon CDD renouvelable tous les mois arrivait à son terme ? Que ce serait à mon tour de passer par la case “dehors” ?..."
-Le_management_par_la_terreur_en_10_leçons:
"...le discours officiel rempli de sérénité et d’apaisement est en contradiction totale avec la réalité immédiate des collaborateurs : en effet, la situation personnelle de chacun est précaire, la sérénité laisse le pas à la crainte, la nervosité, la peur : peur de l’avenir, peur d’autrui, peur de soi-même (de ne pas être à la hauteur mentalement, physiquement). En réalité c’est cette peur que l’on tente par notre modèle de créer, car cette dernière nous permet de contrôler les esprits et de les obliger à donner le meilleur d’eux-mêmes. De plus, la contradiction entre le discours officiel et la réalité des salariés empêche toute rébellion, car on donne l’impression que tout va de soi et qu’ainsi si il y a un problème, il ne peut venir que de l’individu isolé et non de la structure en ellemême..."
-« Notre organisation du travail est basée sur des techniques de management brutales »:
"...Depuis une quinzaine d’années nous constatons une hausse des pathologies psychiques. Cela correspond à la mise en place d’une organisation du travail basée sur des techniques de management brutales. Les rythmes se sont intensifiés. On emploie des moyens primitifs pour faire pression et accroître les rendements des salariés. Nous sommes dans le tout quantitatif, dans une logique de gestionnaire. Les salariés viennent dans nos consultations car ils sont affectés par le sale boulot qu’ils doivent accomplir. Ils doivent donner toute leur énergie pour réaliser une tâche le plus vite possible, avec peu de moyens et peu importe le résultat. L’objectif est que le travail soit fait et non qu’il soit bien fait.
A la lecture des guides de management, on constate que tout cela se fait avec le consentement de l’encadrement. ..."
-Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
"...La peur est devenue une pièce maîtresse dans le fonctionnement du système. Ce maniement managérial de la peur et de la menace au licenciement pousse les gens à travailler à plein régime et c’est un des rouages essentiels à l’efficacité du système. On exige de ceux qui travaillent des performances toujours supérieures en matière de productivité, de disponibilité, de discipline et de don de soi.Ceux qui travaillent vivent dans une peur permanente. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de perdre son statut, peur de perdre sa place. La peur s’inscrit dans les rapports de travail. Elle engendre des conduites d’obéissance, de soumission et d’individualisme.
Dans ce nouveau système de management basé sur la peur au licenciement, la tolérance à l’injustice, la souffrance personnelle et la souffrance infligée aux collègues sont devenues des situations ordinaires..."

>>le travail c’est (pas) la santé


-Christophe DEJOURS " SOUFFRANCE EN FRANCE LA BANALISATION DE L’INJUSTICE SOCIALE ":
"...La flexibilisation c’est un processus plus large que la flexibilité. Sa caractéristique principale : l’individualisation des personnes au travail. C’est la mise sur la même plan des employeurs et des employé-es. La force, la puissance est inégale, c’est l’illusion d’un contrat égal entre des puissances disproportionnées. Ce fait est dénoncé depuis longtemps les critiques du capitalisme (Bakounine, Marx et les autres).
En Angleterre la flexibilisation s’est appuyée sur un discours ouvertement néolibéral. En France elle s’est développée quelques années plus tard avec un discours de progrès social, discours véhiculé par la gauche. C’est au nom de l’individu-e, de son autonomie que la législation à temps partiel a été adoptée au début des années 80. Ce sont deux variantes du même processus.
Ceci passe par des modalités pratiques très différentes : temps partiels, contrat à durée déterminée, stage, intérim, augmentation de la période probatoire avant l’embauche définitive, etc. Il y a une augmentation du temps de mise à disponibilité des travailleurs-euses pour l’employeur : passage de 5 à 6, voire 7 jours de possibilité de travail dans la semaine, annualisation, augmentation de la plage horaire de disponibilité dans la journée, lutte contre l’absentéisme, etc. La durée du travail change, elle est morcelée pour les temps partiels (caissières par exemple), elle augmente pour les cadres. On ne doit pas non plus oublier la tendance à transformer les salariè-es en travailleur-euses indépendant-es à leur compte.
_On constate plusieurs processus conjoints dans cette flexibilisation : l’atomisation des individu-es entre eux ou elles, l’implication plus grande des personnes. Cette implication demande une intériorisation plus grande des normes du combat pour la compétitivité, une adhésion aux valeurs du marché, de l’entreprise. Ceci se traduit dans le travail par une intensification physique et psychique de travail. Les contraintes physiques augmentent : gestes répétitifs très rapides, par exemple, avec les maux qui s’en suivent. La chasse aux temps non travaillés (pauses, mouvements inutiles, temps morts, etc.) est permanente. L’augmentation de la charge psychique est nette. La pression mentale est de plus en plus forte sur les personnes au travail. La société de l’information ce n’est pas seulement un mythe moderniste, elle a des effets pratiques puissants. Ceci passe par une la mobilisation de la subjectivité de plus en plus grande. Les conséquences sont connues des médecins du travail : sentiment de tête vide, l’anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, difficulté de concentration, prises de médicaments pour se calmer ou se stimuler, etc. Le sentiment de ne pas être à la hauteur, la sensation de ne pas pouvoir vivre sa vie sont assez communs. L’augmentation du nombre de dépressions peut être mise en relation avec la flexibilisation. La culpabilisation est forte surtout sur les personnes qui refusent, renâclent ou qui parfois osent se battre contre ces injustices. La déstructuration de la vie sociale due aux horaires flexibles peut entraîner une sensation de désocialisation. Comment s’occuper correctement de ses enfants avec ces horaires imbéciles ? Comment avoir une vie de couple si on se croise ? Comment avoir des ami-es quand on a des horaires qui changent tout le temps, qui ne sont pas en phase avec une vie sociale « classique » ?..."
-Le stress au travail
-Le stress au travail : pathologie ou symptôme ?
-Le travail rend les Français insomniaques
-Quand le stress au travail tue
__________________________
-Toyota mon amour

1 commentaire:

Anonyme a dit…

La grande peur est qu'on n'a souvent pas alternative. Quand on a un travail on doit le garder. Quitte à un vivre un enfer pour certain.
Perdre un travail c'est mettre en danger toute une famille, la déstabilisée sauf si elle s'est bien préparé à un changement de vie.