Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 21 novembre 2009

Grand emprunt: confusion

Pour laisser un nom?

Méthode brouillonne qui aiguise les appétits des lobbies

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Malentendus sur les objectifs -

-"...On se demande, pourquoi l’Etat fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait dans le contexte actuel de la crise, c’est-à-dire insuffler des liquidités dans le circuit de la consommation pour relancer la machine économique ? Seule explication à laquelle il est pourtant difficile de souscrire : il s’agirait d’aider les banques et autres prêteurs à placer leur argent de façon sûre, sachant que le pouvoir d’achat de la population, toujours en berne, ne le permettrait pas sans risquer de renouveler la crise des subprimes. Le justifier ainsi serait une façon d’avouer qu’on préfère aider les banques que la population, ce qui est impensable…Ou encore emprunter actuellement à moyen terme, en profitant des bas taux en vigeur, - tablant sur le fait que ce taux augmenterait forcément -, pour rendre cette opération moins onéreuse qu’elle le deviendrait.Quant à l’ancienne méthode qui consistait à diminuer le poids de la dette en faisant marcher la planche à billets, c’est devenu impossible à cause de la BCE qui bloque toute velléité dans ce sens, en décrétant des taux directeurs dissuasifs..."(L.Peretz)

-Le grand emprunt ne sera « que » de 35 milliards maximum, et non de 50 à 100 milliards comme l'espérait Henri Guaino. Mais l'emprunt devient anachronique : l'Assemblée débat depuis des semaines du projet de budget de l'Etat pour 2010 (adopté mardi), qui prévoit déjà quelques 212 milliards de besoin de financement supplémentaire pour l'an prochain !
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"Grand emprunt" Sarkozy : les trois erreurs du gouvernement -Rue 89
"Le grand emprunt tourne à la complète confusion..., il est intéressant de revenir sur les trois causes principales de cet enlisement : une méthode imprécise, l'oubli de quelques principes, une insuffisante prise en compte des caractéristiques de l'innovation._________Une méthode brouillonne qui aiguise les appétits des lobbys:La méthode pour commencer : en remettant à plus tard les décisions portant sur le public visé par l'emprunt, son montant, son architecture, le gouvernement ouvrait la porte à toutes les revendications sectorielles et instrumentalisations politiques.On n'a pas été déçu ! Face au slogan noir et blanc d'« ardente obligation nationale » brandi par Bertrand et Besson, un PS transformé en inflexible gardien des finances publiques dénonce un endettement accru, rejoignant Jean-François Copé, pour qui il faut d'abord réduire les déficits et ne choisir l'emprunt qu'en dernier ressort !Parallèlement, tous les lobbys industriels sont montés au créneau avec leur projet d'investissement clé en main : infrastructure très haut débit et réseau logistique pour le Medef, avion « vert » pour l'aéronautique, télésanté, réseau électrique, très haut débit et route intelligente pour les industries électriques et électroniques…La liste est trop longue pour être détaillée. Chacun craint de ne pas être invité à partager le gâteau final, comme les biotechnologies végétales affirmant hier leur désir de ne pas être oubliées…___________Des malentendus sur les objectifs d'un tel emprunt_On le sait, l'Etat emprunte en permanence sur les marchés pour équilibrer son budget mais ce dernier reste néanmoins principalement financé par l'impôt (les recettes fiscales couvrent 76% des dépenses hors dette en 2009).Ce prélèvement collectivement consenti permet de fournir au pays des biens publics (défense, justice, éducation, infrastructures) qui n'existeraient pas sinon car non rentables pour les acteurs économiques traditionnels.Emprunter hors budget sur les marchés financiers est ainsi une opération de nature différente, dans laquelle il redevient un investisseur standard qui devra rembourser le crédit obtenu et les intérêts par les recettes générées.Si un effort massif est indispensable en faveur des universités, la suggestion de mobiliser à cette fin le grand emprunt est ambigüe. Il ne faudrait pas qu'afin d'assurer ce service, pour lequel nous contribuons tous par l'impôt, l'Etat s'exonère de ses responsabilités en renvoyant le dossier à l'extérieur, et en s'abstenant de définir ses propres priorités et choix budgétaires.Pour les investissements plus classiques, rentrant dans un cadre marchand, d'autres questions se posent : quelle est la valeur ajoutée apportée par l'Etat emprunteur par rapport aux entreprises ? Sur les sujets évoqués, cela peut-il se mener en dehors d'un cadre européen ? Comment, et avec quelle expertise, l'Etat choisira et sélectionnera les meilleurs projets, technologies, activités à soutenir ?____________Une idée mal adaptée aux innovations d'aujourd'hui :Certes des grands programmes classiques restent dans certains cas utiles et efficaces.Mais pour beaucoup d'opportunités avancées de croissance et d'emplois futurs (environnement, santé, numérique…), il est très difficile de fixer aujourd'hui quels seront les produits, les technologies, ou les applications qui s'imposeront demain.Ces innovations sont de nature transversale, avec plusieurs secteurs très variés en jeu ; de nombreuses solutions techniques alternatives sont en concurrence ; l'expérimentation par les usagers jouera un rôle important dans la sélection des vainqueurs.La concentration de moyens sur une technologie avec un champion industriel et la garantie de futures commandes publiques ne peut garantir dans ce contexte le succès économique et commercial.Des clarifications semblent donc indispensables. Il est tout à fait légitime de soutenir ou de s'opposer à l'initiative d'un grand emprunt conduisant effectivement à un endettement accru. Cependant…Si l'on soutient le grand emprunt, il faudrait bien justifier les motivations (il y en a), la valeur ajoutée, le champ, l'organisation de l'implication de l'Etat dans un emprunt dédié à vocation économique. Cela impose sans doute un fil conducteur unique, évitant l'éparpillement et l'inventaire hétérogène de projets._Si on s'oppose au grand emprunt,l'orthodoxie des finances publiques ne peut seule tenir lieu de réponse. Le refus d'un emprunt supplémentaire en son nom exige logiquement d'expliquer quelles recettes alternatives on compte trouver (hausse des impôts, lesquels ? ) ou bien quelles dépenses publiques on entend réduire."

-L'emprunt Sarkozy : "Emprunter plus, pour dépenser plus ?
-L'emprunt Sarkozy - AgoraVox
-"Quels sont les objectifs d’un emprunt ? __Premier cas : l’Etat se trouve face à une inflation à deux chiffres comme c’était le cas depuis l’après-guerre, jusqu’aux années 80, considérée alors comme trop forte, difficile à assumer pour les entreprises qui veulent importer des matières premières, dont le pétrole. En effet, leurs cours était libellés en dollars dont la valeur restait stable par rapport au franc. Pour la France c’était le cas à la suite du plan Marshall qui a insufflé de grandes quantités de liquidités nécessaires à sa reconstruction. Or cette inflation était justement due à l’importance de ces liquidités. Inflation également défavorable aux prêteurs qui sont remboursés en « monnaie de singe », lesquels ont fini par avoir l’oreille des gouvernements, de droite comme de gauche. Il a fallu donc, pour y remédier, « pomper » les liquidités par un et même plusieurs emprunts. Les sommes d’argent sorties de la poche des prêteurs, banques et particuliers à qui l’on promettait de bons rendements, ont permis de limiter l’inflation, et surtout de la stabiliser. Nous ne sommes plus dans ce cas, d’autant qu’avec un Euro fort, l’importation de matières premières et du pétrole est facilitée. En revanche, l’entreprise peut délocaliser dans de bonnes conditions…__Deuxième cas : renflouer les caisses de l’Etat. En effet, si elles sont vides, comment payer toutes les charges de fonctionnement, les remboursements d’anciens emprunts, les services de la dette actuelle (les agios), comment continuer à investir et entretenir les infrastructures, bref tout ce qui figurait comme engagements dans les budgets précédents ? En somme, comme c’est le cas avec n’importe quelle entreprise, il faut combler ce qu’on appelle le déficit, dû à l’insuffisance des prélèvements par rapport aux dépenses. Ce qui revient à dire que le montant des impôts et taxes est insuffisant pour le financer. D’où la nécessité d’emprunter. Ce que l’Etat fait depuis pas mal d’années.__Le problème est que le service de la dette augmente systématiquement le déficit, ce qui nécessite d’emprunter à nouveau, et ainsi de suite. Jusqu’à quand ? Normalement il suffirait d’augmenter les impôts, pour rétablir la situation. Pas de chances, ils ont diminué : impôts sur le revenu, bouclier fiscal, et récemment baisse de la TVA sur la restauration, et enfin la suppression de la taxe professionnelle.__On se demande, pourquoi l’Etat fait exactement le contraire de ce qu’il faudrait dans le contexte actuel de la crise, c’est-à-dire insuffler des liquidités dans le circuit de la consommation pour relancer la machine économique ? Seule explication à laquelle il est pourtant difficile de souscrire : il s’agirait d’aider les banques et autres prêteurs à placer leur argent de façon sûre, sachant que le pouvoir d’achat de la population, toujours en berne, ne le permettrait pas sans risquer de renouveler la crise des subprimes. Le justifier ainsi serait une façon d’avouer qu’on préfère aider les banques que la population, ce qui est impensable…Ou encore emprunter actuellement à moyen terme, en profitant des bas taux en vigeur, - tablant sur le fait que ce taux augmenterait forcément -, pour rendre cette opération moins onéreuse qu’elle le deviendrait.Quant à l’ancienne méthode qui consistait à diminuer le poids de la dette en faisant marcher la planche à billets, c’est devenu impossible à cause de la BCE qui bloque toute velléité dans ce sens, en décrétant des taux directeurs dissuasifs.__Quant aux projets d’investissements dans tel ou tel secteur, ils valent ce que valent les promesses précédentes de qui vous savez, sachant que les recettes fiscales, sont réputées neutralisées dans le pot commun budgétaire, quelles qu’en soient les origines. La règle est qu’aucune destination future n’est programmable. De toute façon investir ne produit des effets qu’à moyen et long terme, alors que nous sommes dans l’urgence. Enfumage ?Pour rompre le cercle infernal d’emprunter de plus en plus, d’augmenter à nouveau les impôts, l’Etat devra recommencer à augmenter les impôts, en se déchargeant de plus en plus de cette tâche nationale depuis le début de la décentralisation, sur les localités, mais fatalement plus d’impôts plus tard. Malgré ce qui a été promis par qui vous savez. __Toujours l’enfumage ?La colère des Français n’aura plus qu’à se retourner contre elles. Les régions peu peuplées seront défavorisées et ne pourront plus investir. Les plus riches, comme la région parisienne et la côte d’azur, deviendront encore plus riches car elles seront les plus attrayantes. Les inégalités, vont là aussi se creuser. L’équation, moins d’impôts compensés par des économies, ne fonctionne pas malgré les suppressions de postes bâclées dans la fonction publique, l’Education nationale, les hôpitaux publics. Et si au lieu de ce « plus d’impôts » qui retombera fatalement sur la population, on taxait les entreprises ultra-bénéficiaires, banques et multinationales ? Sachant que depuis les années 80, tout a été fait en faveur des entreprises et des banques, on peut toujours rêver__.Louis Peretz (www.voixcitoyennes.fr)
-L'emprunt : impréparation et confusion

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