Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 7 novembre 2009

Femmes libérées?


Un statut équivoque

Des droits à conquérir

Vraie ou fausse libération?


"Alors que la réussite des femmes ne pouvait que bénéficier aussi aux hommes.... Alors que nous sommes encore à définir le rôle de chacun dans les espaces intimes ou publiques, que le partage des fonctions n’est pas établi, que le combat émancipateur est en roue libre ou à la remorque d’une actualité biaisée, les femmes sont toujours discriminées" (E.R.)
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Féminisme, outil inconscient du libéralisme ? - AgoraVox:
"Il serait bienvenu de revenir sur l’histoire d’un mouvement qui, à force de coups d’éclat et de revendications sociales, devait restituer les droits légitimes des femmes. D’Olympe de Gouges à Simone Veil, que de luttes menèrent celles qui, aux contours d’un nouveau monde, disparurent dans les tourments des trois derniers siècles et la traîtrise d’un monde contemporain assoiffé de biens et de pouvoir.______________________Pourtant, si notre société actuelle parle beaucoup, trop peut-être, de la condition féminine, les avancées sociales et politiques peinent à venir. L’émancipation qui fut le combat de milliers de militantes, d’écrivaines, de philosophes n’est pas au rendez-vous. Le rapport annuel du Secours Catholique tire la sonnette d’alarme, de 51% des aides qu’étaient allouées aux femmes en 1999, nous sommes passés à 54,4% en 2008 et la crise faisant, rien ne permet de penser que cette augmentation s’infléchisse au cours des mois à venir. De plus nous apprenons que sur l’ensemble des femmes accueillies, 90% vivent sous le seuil de pauvreté.

Marie Olympe de Gouges préconisait dans sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" l’émancipation par l’égalité entre les sexes. Si l’émancipation semble s’être développée au long du XIX ème et du XXème siècle, elle prit un visage différent depuis les années soixante, d’égalité à conquérir dans toutes les strates de la société, le nouveau dogme promouvait la "libération de la femme" et déplaçait le mouvement sociétal solidaire vers une réflexion et des intentions plus individualistes. La lutte pour le droit à la contraception qui débutait cette mutation, puis l’avortement réduisirent à peau de chagrin les revendications autrement plus importantes que l’égalité nécessitait, d’autant plus que la globalité des aspirations aurait certainement généré ces mêmes conséquences.

D’autre part, la confusion qui fut faite par les féministes entre "liberté" et "autonomie" ne renforça pas la condition des femmes en les isolant par affinités intellectuelles, de classe ou même religieuses, tant est si bien que l’investissement social, politique ou syndical fut souvent dénoncé comme asservissement au pouvoir masculin. Il en résultat que les avancées que l’on pouvait présager après la fin de la deuxième guerre mondiale et le début des trente glorieuses se limitèrent à des combats spécifiques qui détournèrent nombre de militantes tant que de citoyennes du besoin élémentaire d’égalité. La trop grande spécialisation des batailles occulta, de fait, le but final.______Parallèlement, c’est au cours de ces décennies que le pouvoir industriel et financier croissait, trouvant un terreau propice dans ce féminisme favorable à l’individualisation féminine et à la réduction de la cellule familiale. Au même moment où la création de nouveaux besoins envahissait notre société, de plus en plus de femmes affirmaient leur "liberté" en rejoignant le marché du travail. Pour les industriels, le nouveau modèle n’était pas la famille vivotant d’un seul salaire, mais la femme libre s’épanouissant dans l’assouvissement de technologies modernes. L’aubaine de la multiplication par deux des besoins associée à la saturation du marché de l’emploi permettait l’accroissement des profits tout en réduisant les masses salariales. Pour les milieux d’affaire, économiquement, la famille ne satisfaisait pas, et ils trouvaient un allié objectif dans l’individualisation que les mouvements féministes défendaient. Dans le couple séparé le besoin doublait, en sus, la monoparentalité augmentait les biens dévoués aux enfants, et les salaires se trouvaient limités par la demande élargie.

Ainsi, depuis les années soixante dix, les campagnes publicitaires, les médias dédiés, les biens sexués se développent dans le cadre dénaturé de la dogmatique féministe. Liberté, émancipation, individualité sont les slogans qui envahissent la sphère publique noyant le juste combat pour l’égalité dans de vaines broutilles, os à ronger d’histoires de foulard ou de berceaux congélateurs. La liberté a pris le pas sur l’autonomie qui devait mener à l’égalité._________Pour la classe dirigeante, l’individualisation de la femme hors du couple est aussi un atout majeur dans l’espace revendicatif, moins de confrontation familiale appelle moins de débat d’idée, moins de prise de conscience et moins d’intention syndicale et ce, de la part des deux sexes. De surcroît, l’entretien par les politiques de droite du succédané qu’est l’immigration, dans la destruction de l’offre, est un moyen indéfectible pour masquer les injustices promotionnelles et salariales qui sont faites aux femmes dans le milieu du travail___________.Nous sommes passé en l’espace d’un siècle d’un objectif louable, juste et légitime, par la perversion des idées menée de concert par les pouvoirs et un militantisme extrême autant que naïf, à une déstructuration quasi accomplie d’une société prometteuse. Que ce soit par l’anéantissement des prétentions féminines aux desseins égalitaires de notre république, aujourd’hui, le seul motif d’inquiétude qui fédère est la lutte contre la paupérisation et ses corollaires que sont l’insécurité et l’immigration, alors que la réussite des femmes ne pouvait que bénéficier aussi aux hommes. Alors que nous sommes encore à définir le rôle de chacun dans les espaces intimes ou publiques, que le partage des fonctions n’est pas établi, que le combat émancipateur est en roue libre ou à la remorque d’une actualité biaisée, les femmes sont toujours discriminées, leurs salaires sont toujours inférieurs, elles sont encore victime du patriarcat entretenu par la classe dominante et de traditions obsolètes défendues par cela même qui les exploitent, l’importance de leur implication sociologique demeure secondaire aux yeux du paternalisme tout puissant. Où sont les "chiennes de garde" pour défendre la légitimité, où sont "ni putes ni soumises" pour défendre l’égalité, où sont "Choisir", le "MLF" pour définir les règles d’émancipation, où sont les "Pénélopes" pour informer ? L’espace médiatique est muet, la longue litanie des récriminations, des espoirs, des martyres de la cause féminine reste silencieuse.Les mères, les épouses, les filles et aussi toutes les femmes sont trahies par celles qui portaient leur espoir d’avenir...." (Emile Red)

« Depuis quelques années, tous les organismes internationaux s’accordent à reconnaître la féminisation de la pauvreté - aujourd’hui les femmes sont 70% des pauvres de notre planète et 60% des travailleurs pauvres (1/4 des travailleurs totaux) gagnant moins d’1 dollar par jour. Ce phénomène est accompagné de la féminisation des migrations (elles sont 51% des migrants vers les pays riches et 2/3 des réfugiés), de l’augmentation de la traite et du trafic des femmes, de l’esclavage et du travail forcé, et de la croissance des inégalités. »

Liens connexes:

:http://www.marievictoirelouis.net/textes_historiques.phphttp://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article1967 ______http://www.mix-cite.org/ _______http://www.collectifdroitsdesfemmes.org/

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-Histoire des femmes - Wikipédia

-«Les droits des femmes sont toujours mis en cause»

-Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne

-Droits des femmes dans le monde
-Travail: outil de libération des femmes?
-Simone de Beauvoir

3 commentaires:

ysengrimus a dit…

Il est de plus en plus observable qu’il existe un féminisme de droite

http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/15/sur-le-feminisme-de-droite/

Nier cette sorte de « consécration » sociale du féminisme, c’est quand même un peu se mentir…
Paul Laurendeau

emile a dit…

Et bien je tombe sur la page idéale, non pas pour son sujet mais pour son auteur ;-)

Voilà le dossier complet que j'ai récupéré de Forest Ent, il est resté sur son site très longtemps en libre accès au téléchargement.

Le lien :

http://rapidshare.com/files/309625047/LaForetDesMedias_10_2008.zip.html

Marcel Thiriet a dit…

Cher Emile
Je vois que tu as trouvé le passage...
Un auteur dont l'article méritait d'être salué au passage
Merci pour le dossier de Forest!
Cordialement