Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

jeudi 27 octobre 2011

Europe: entre Shadoks et Ubu

Faut-il sauver un système qui nous ruine? (suite)

___Deux ans ont été perdus. Au lieu de s'attaquer aux vraies causes et de s'atteler à une réforme de l'euro, du système monétaire et du fonctionnement des banques (il y a des Dexia partout en Europe..), les Européens font comme les Shadoks, ils creusent, ils creusent...
La crise grecque est résolue (?) pas celle de l'euro

_On creuse un trou pour en boucher un autre « La politique qui consiste à creuser un trou pour en boucher un autre a un nom. C’est celle du Sapeur Camember, compagnon du Sergent Bitur et héros de bande dessinée », commente la Tribune.
"...La solution du défaut partiel, logique pour soulager les comptes publics d’un pays en récession depuis trois ans, ressemble à l’histoire des Shadoks qui creusaient des trous pour en reboucher d’autres, puis s’apercevaient de l’existence des trous qu’ils venaient de creuser, et donc se remettaient à creuser pour les reboucher. …les banques ont compris une chose: plus elles accepteront une décote importante sur les obligations grecques, plus elles devront chercher de la l'argent pour se recapitaliser. Là aussi, on creuse un trou d'un côté, qu'on rebouche de l'autre. On recreuse, on re-rebouche..."
Merci aux généreux Chinois et à leur plan Marshall qui pourront ainsi continuer à nous vendre à bas prix!
Le pire n'est pas pour aujourd'hui...
__Pour Nicolas et Angela il s'agissait de trouver des solutions à tous prix, pour se présenter en sauveurs devant leur opinion publique, avant des élections prochaines difficiles.
_Assiste-t-on à un bricolage savant ou à une nouvelle usine à gaz, une déconcertante alchimie financière?
"...Refusant, après le veto allemand, de toucher au rôle de la BCE, qui aurait pu être une arme efficace pour contrer la spéculation, les responsables européens, au terme d'un compromis laborieux, se sont rabattus sur le fonds européen de stabilité financière. C'est le seul outil qu'ils ont à leur disposition. Créé en mai 2010, celui-ci a été doté de 440 milliards d'euros. Après les plans de sauvetage de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, il ne lui reste plus que 250 milliards d'euros environ. Tous s'accordent à reconnaître que ces moyens sont largement insuffisants pour endiguer la crise, au moment où l'Italie est menacée par la contagion...
Mais les pays européens sont dans l'incapacité d'augmenter substantiellement ce fonds de stabilité. L'Italie et l'Espagne, qui sont théoriquement le troisième et le quatrième contributeurs du fonds, sont désormais dans l'incapacité d'y pourvoir. La France, qui apporte 20% des moyens au fonds de stabilité, ne peut augmenter indéfiniment son aide, au moment où elle est placée sous la menace d'une dégradation de sa notation. Quant à l'Allemagne, même si elle acceptait de payer, elle ne pourrait pas le faire pour tout le monde.
Pourtant, cela n'empêchera pas les pays européens d'annoncer à l'issue du sommet européen de ce mercredi qu'ils ont sensiblement renforcé le fonds de stabilité financière. Selon la communication prévue, celui-ci devrait être doté d'une force de frappe de l'ordre de 1.000 milliards d'euros. Un chiffre magique, déjà utilisé lors du premier plan de sauvetage de la Grèce, et qui est censé dissuader la spéculation.
Comment le fonds de stabilité peut-il passer de 250 à 1.000 milliards d'euros ? Par cet effet de levier, si cher au monde financier. Rien d'étonnant. C'est ce monde financier, comme le rappelle l'économiste Shahin Vallée, qui « pilote le processus ». Sollicité par les pays européens, on a donc repris les méthodes d'alchimie financière, censées transformer le plomb en or, mais qui peuvent aussi tout réduire en cendres...cela évoque étrangement les CDO, et autres millefeuilles de produits financiers, imaginés au beau temps de la finance, où les dettes et les produits étaient mélangés par tranche plus ou moins risquée, assortis d'un rendement plus ou moins élevé selon les risques. Doit-on rappeler ce qu'il advint de ces produits ? Les mauvais risques ont contaminé les bons, comme la mauvaise monnaie chasse la bonne. Aujourd'hui encore, la plupart, parqués dans diverses structures d'attente, n'ont aucune valeur. Rien ne dit que l'histoire se répétera. Mais les Européens, dans leur précipitation, ne se sont donné, en tout cas, aucun outil pour appréhender et limiter les risques potentiels. L'Europe rentre dans l'inconnu, s'en remettant un peu plus au bon vouloir des marchés. "

_Après ce petit coup de guronsan, la Bourse se tonifie. Jusqu'à quand?..
En attendant, une émission sur mesure ce soir à la télé..
Qui posera les bonnes questions?
"
«Si la France perd son triple A, je suis mort.» La réaction de Nicolas Sarkozy, rapportée par Le Canard enchaîné, dit combien le coup porté par Moody's, lundi 17 octobre, était inattendu, et combien il a fait mal. L'Elysée était persuadé d'être à l'abri d'une telle menace. D'ailleurs, depuis quelques mois, le gouvernement justifiait toute sa politique par la sauvegarde de cette fameuse notation. «Notre trésor national», selon Alain Minc.

L'agence de notation a jugé que les paroles n'effaçaient pas les actes. Elle a annoncé la mise en examen de la notation de la France.Au vu de ses déficits, de son absence de croissance, des problèmes de ses banques, de sa politique budgétaire, elle se demande si la France mérite encore sa notation «triple A», celle donnée aux Etats les plus sûrs. Elle se donne trois mois pour trancher. Standard & Poor's lui a emboîté le pas trois jours après, en annonçant qu'elle aussi s'interrogeait sur la notation française. Cette décision est une claque pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy. Il voit écrit noir sur blanc le bilan de sa politique: la France est menacée d'être dégradée. ____Derrière l'apparence de sérieux et de rigueur, la fuite en avant budgétaire, les cadeaux fiscaux ont conduit à un endettement public astronomique. Depuis 2007, celui-ci a augmenté de plus de 700 milliards pour atteindre 1.650 milliards. En un quinquennat, Nicolas Sarkozy a accumulé presque autant de dettes que ses quatre prédécesseurs. La crise n'est responsable que du tiers de cette augmentation, selon la Cour des comptes. Tout le reste relève des choix politiques faits par la droite..."
Le plus dur es
t à venir...sans aucun doute

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