Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 24 février 2012

De Sarko à Sarkozy

In verbo veritas?

"J'ai changé".
Il suffit de le proclamer.
On efface tout et on recommence, comme une ardoise magique.
Le changement, il suffirait donc de le décrèter.
La grâce a touché notre lider maximo sur son chemin de Damas.
La naïveté du nouveau converti a quelque chose de touchant.
Et pourtant en politique, les miracles n'existent guère. Les vieilles ficelles ont fait leur temps.
Surtout quand on a eu cinq longues années pour faire ses preuves.
Mais il le déclare: le Fouquet's, péché originel, c'était une erreur. Il ne recommencera plus...
Le voilà prêt à virer de bord. Il pense maintenant à ceux qui souffrent, il visite les usines, bénit les foules ouvrières, maudit les puissants...
__On retrouve les accents de Toulon et ses condamnations des dérives financières et des méchantes banques...
A cette époque, il fallait chasser les marchands du temple. Rien ne serait plus comme avant.
Il réitère à Toulon II .
__A mi-parcours cependant, on pouvait déjà s'interroger...
Le clan du Président n'a pas de souci à se faire. Si restrictions il doit y avoir, elles seront mineures.
Mais le storytelling , fait d'éléments contradictoires, est devenu inopérant.
La fabrique du consentement a montré ses failles.

____Depuis Giscard surtout, le changement est devenu un mot à la mode.
Mot magique, qui accompagne l'hyperlibéralisme aux fonts baptismaux.
Un thème idéologique qui produit ses effets: il s'agit, par un rideau de fumée, de modifier en profondeur les institutions républicaines et les acquis sociaux, selon les règles de la révolution libérale, qui produit sa novlangue.
Dans le discours politique et économique dominant, le changement n'est pas une notion neutre, même s'il se présente sous les apparences de la nécessité, le mouvement même de la vie...
Déjà Chaban Delmas évoquait le mirage de la nouvelle société.
Les thèmes inlassablement répétés en politique, surtout en campagne électorale, sont rarement innocents.
Alors que la situation d'une majorité de Français continue à se dégrader, le changement est devenu une incantation , comme la modernisation, un alibi.
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Merci à na!

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