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mardi 17 juillet 2012

Europe: saut fédéraliste?

 Vers une «union économique complète» (Barroso)

___ Dans la cacophonie européenne, qui glisse vers un fédéralisme disciplinaire, soumis aux marchés financiers, les réactions des élites convergent de plus en plus pour envisager à la hâte un grand bond en avant vers l'inconnu constitutionnel censé résoudre la crise traversant la zône euro, dont l'issue est d'autant moins probable, dans les conditions actuelles, qu'elle est tous les jours annoncée comme certaine...
Les croyants en toujours plus d'Europe relancent leurs incantations, comme si la marche forcée vers l'union politique, la mise au pas des souverainetés, allaient, comme par enchantement, créer les conditions de l'assainissement financier et la sortie de la crise par l'investissement et la croissance.
 "Alors que l’intégration européenne gagne chaque jour en impopularité, ils sont de plus en plus nombreux à affirmer en substance : «Nous ne sauverons pas l’euro sans accomplir un "saut" vers une Europe ouvertement fédérale.» A peine les Grecs – à qui l’on avait obligeamment expliqué qu’un mauvais choix entraînerait leur pays dans l’abîme, et la monnaie unique avec – avaient-ils voté que la réalité est réapparue : l’euro n’est en rien «sauvé». Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, qui s’était vu remettre le prix Charlemagne le 17 mai, avait à cette occasion relancé sa proposition d’élire un «président de l’Europe» au suffrage universel, et de transformer la Commission en véritable gouvernement..."
________________Mais ce pari du fédéralisme, dans les conditions actuelles, est une impasse politique.
"...Ce plan, pour la partie d’inspiration allemande proposée lors du Conseil prévoit une duplication des réformes menées dans ce pays, qu’il s’agirait d’étendre à tous les pays de la zone euro. Il en résulterait une dégradation brutale du partage des revenus entre profits et salaires au bénéfice exclusif des premiers. C’est la garantie d’une accentuation de la dépression de la zone.
Sous couvert d’Union budgétaire, il n’est envisagé qu’un renforcement de l’appareil disciplinaire qui placera les budgets relevant de la souveraineté politique des Etats membres sous la tutelle de Bruxelles. L’harmonisation des règles fiscales -loin de faire l’unanimité, il est vrai- ou la mise en commun des dépenses ne figurent pas dans un agenda qui consacre une politique économique purement restrictive...."
 ___Il s'agit donc là d'une prophétie mystifiante, qui ne résoudra pas les inégalités de développement.
" 
C’est bien l’hétérogénéité des structures économiques de la zone ainsi que le taux de change surévalué depuis 2002 qui est à la racine de ces graves déséquilibres qui va dans le sens d’une aggravation de la crise de liquidité. La multiplication des plans dont l’efficacité n’est que fugace et insuffisante mobilise l’argent public qui génère à son tour des plans d’austérité implacables qui loin de résorber la dette entraîne la zone dans une grave récession.
La crise de liquidité se double d’une crise de compétitivité qui résulte de ce que les importations augmentent bien plus rapidement que les exportations, faisant apparaître dans nombre d’Etats de la zone euro une balance commerciale largement déficitaire. Ladite crise de solvabilité s’est répercutée dans les conditions auxquelles les pays affectés pouvaient se financer sur les marchés financiers comme l’illustre l’écartement (« spreads ») des taux d’intérêt sur la dette souveraine.
 A cet égard, l’application de la monnaie unique à des pays dissemblables tant dans les structures économiques que dans la dotation en facteurs de production a contribué à accroître les écarts faisant apparaître un phénomène de divergence extrêmement marqué. La zone euro a confisqué aux gouvernements les instruments permettant de corriger ces divergences notamment dans l’évolution des coûts salariaux réels, Aggravées par le libre-échange et la hausse du taux de change,- dus à la fois à la politique de la BCE et au poids économique de l’Allemagne- ces divergences de coûts salariaux ont entraîné un phénomène massif de désindustrialisation particulièrement sensible en France et en Italie..."
___C'est surtout l'Allemagne qui tient les clés du problème
___On peut douter que la démocratie y gagne beaucoup.
Laissons le temps aux peuples de s'organiser et se remettre d'une Europe détournée de son sens, devenue simple zône de libre-échange, où la concurrence interne et l'ouverture sans règles au marché mondial détruisent toute solidarité.
Le volontarisme suscité par la panique économique ne peut aboutir.  Pire, il peut engendrer un rejet brutal.
Le rêve de Pères fondateurs, s'il se réalise un jour, est encore loin de nous...
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- Qui gère bien son argent fait ce qu’il veut
-Fédération ou disparition? 
- Le moment fédéraliste est définitivement passé


 

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