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vendredi 20 juillet 2012

Fukushima: déni et bricolage

 __________________Notes et témoignages sur un drame en cours.

__Difficile d'avoir des nouvelles suivies et toujours fiables si on s'en tient aux medias officiels ici comme là-bas.
Il faut se tourner vers certaines sources japonaises courageuses et vers quelques francs-tireurs locaux et étrangers, soucieux d'éplucher toutes les données qui filtrent à travers une censure parfois massive.
Pas simple de se faire une opinion au milieu de beaucoup de contre-vérités et de manipulations.
Le quasi silence est devenu la règle, sauf un rapport tout à fait officiel, qui parle d'un "désastre crée par l'homme" et un dernier rapport non circonstancié de l'état nippon.[Rapport de la commission indépendante sur la catastrophe nucléaire de Fukushima]
__Les dernières nouvelles étaient plutôt inquiétantes.
 Le REDÉMARRAGE DU NUCLEAIRE a engendré à Tokyo une mobilisation massive, auquel ce pays n'était pas habitué. S'il y a  démantèlement, c'est celle des CERTITUDES...
Au moins les deux-tiers des Japonais sont en faveur de la sortie du nucléaire. Des gens en colère,
qui se savent mal informés
  ___________Antonio Pagnotta a passé beaucoup de temps à photographier ce qu'il appelle la « douce apocalypse » . 
Il en ramène des images saisissantes, parfois presque incroyables, notamment sur  la décontamination
en cours, aussi limitée qu'archaïque. La décontamination, très problématique, est finalement payée par le contribuable nippon.
Il note que  « Le pouvoir japonais est dans une attitude de déni. On limite les dégâts économiques, et on sacrifie la sécurité et la santé des citoyens. On ne cherche pas à connaître l’état de santé réel des populations. On construit l’ignorance. Je crains que tout cela ne conduise à une immense catastrophe sanitaire...."
___Il a observé une faune domestique à l’abandon, cochons, chiens ou chats livrés à un état sauvage. Deux mille vaches errent « en liberté » dans la zone interdite. Le photographe a vu aussi d’énormes araignées.
Il a aussi croisé le « dernier habitant » de la zone interdite (voir ici). Naoto Matsumura, 54 ans, était agriculteur à Tomyoka, ville abandonnée de la préfecture de Fukushima, qui avait plus de 15 000 habitants avant la catastrophe. Matsumura a refusé d’évacuer la zone pour des raisons d’honneur et continue à défier le groupe Tepco, le géant de l'industrie nucléaire et opérateur de la centrale accidentée. Depuis, il entretient les tombes et s’occupe des animaux d’élevage qui n'ont pas été abattus.
Antonio Pagnotta a exploré un territoire d’où la vie s’était enfuie, un paysage de « douce apocalypse », selon ses termes. Ses photos évoquent d’ailleurs la science-fiction dite post-apocalyptique, qui décrit la planète après une catastrophe ayant détruit la civilisation humaine, telle qu’une guerre nucléaire, une épidémie mondiale ou un choc avec une météorite.
Sauf que ce n’est pas de la science-fiction. Les photos du supermarché de Tomyoka seraient tout à fait à leur place dans Je suis une légende ou dans un épisode inédit de Terminator. « Elles n’ont pas été vues au Japon, elles n’ont pas intéressé les médias, dit Pagnotta. Je crois que les gens préfèrent ne pas savoir. » (Mediapart)
- Le dernier homme de Fukushima
- Fukushima, les effets des radiations.
- Fukushima : une population cobaye 
- « À Fukushima, les leçons de Tchernobyl sont ignorées »  
-Une population sacrifiée
- Voir Fukushima
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Merci à A.Pagnotta et à Mediapart

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