Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 4 mars 2016

Ecouter-voir

Petite plage de silence...
                                     Pas facile d'en parler.
                L'exercer serait le meilleur moyen de le vivre.
       Mais il faut bien passer par les mots, car l'indicible n'est accessible à personne. Nous ne passons et pensons que par les mots. Même s'ils appauvrissent le message. Pauvres mots.
       Le silence est rare et précieux.
 Silence au début (nous naissons du silence) silence à la fin (nous y retournons).
   Silence des espaces infinis, comme disait Pascal.
   Le silence est primordial, final, cosmique. Il nous enveloppe.
        Il est des silences gênés, complices, coupables.
  Des silences contraints et de silences choisis.
   Des silences complices, amicaux, de douleur partagée, d'admiration, de stupeur, d'effroi.
   Il y a surtout des silences pleins de sens.
Des silences qui expriment l'acte d'exister pur.
    On pourrait écrire des livres sur les aspects de ce que parfois nous fuyons ou nous ne recherchons pas. .
      Dans notre société saturée de bruits en tous genres, le silence fait peur.
  Il nous faut des décibels, des fréquences, des bavardages incessants, sur les ondes ou ailleurs.
      L'absence de silence empêche l'expression et l'écoute.
        Sans silence, même en musique, il n'y a que du bruit, pas de sens.
   Dans le vrai silence, qui n'est pas le mutisme, tout parle.Mais il se gagne. Dans la plénitude, non dans la solitude. Même si la solitude choisie est souvent nécessaire. Pour lire, écouter, vibrer avec un auteur, la nature...La parole est souvent de trop.
    Quand le bruit est incessant, l'attention est nulle.
       Le silence est la couleur des événements: il peut être léger, épais, gris, joyeux, vieux, aérien, triste, désespéré, heureux... Il se teinte de toutes les infinies nuances de nos vies. Sans cesse, si on l'écoute, il nous parle et nous renseigne sur l'état des lieux et des êtres, sur la texture et la qualité des situations rencontrées. Lieu de la conscience profonde, il fonde notre regard et notre écoute.
Le silence intérieur: comment, dans le tumulte des pensées, fantasmes, images qui nous habite, peut-on arriver à retrouver le silence en soi ? Artistes, poètes, philosophes, mystiques savent depuis toujours que dans l'attention au silence de la pensée s'enracine toute créativité. Que de lui, ainsi que l'exprime un Koan zen, s'élève l'esprit immortel.
     Dans un monde de plus en plus bruyant, la valeur du silence est à redécouvrir.
Nous l'avons peut-être oublié, nous sommes des êtres porteurs de toute la sagesse immémoriale du silence.
(Marc de Smedt)

    Le silence, si on le veut, peut s'apprendre, avec les techniques les plus simples..
Sa qualité va de pair avec celle du lâcher-prise.
       Il est toujours plus peuplé qu'on ne le croit...
            Faudrait-il le payer pour en jouir?
                 Bon, je me tais..
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