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mardi 3 mai 2016

T.Jefferson: sur la démocratie

[Simples notes]   
            Dans l'Amérique improbable des débuts, qui se construisait pièce par pièce, au gré des achats,  des associations et des conquêtes, la figure du troisième Président-fondateur tient une place particulière. Surtout en tant que co-édificateur de l'Indépendance et rédacteur principal de la Constitution.des treize Etats d'alors, inaugurant les prémisses d'un puissance qui ne s'imaginait pas encore.
      Thomas Jefferson ne fut pas un Président-bâtisseur des USA ordinaire
  Cultivé, l'esprit encyclopédique, francophile, ouvert aux Lumières, démocrate dans l'âme, comme on pouvait l'être à l'époque, dans le sillage de Locke, Condorcet...de tous les philosophes majeurs qu'il avait côtoyés lors de son séjour français.
    Un des premiers inspirateurs de la démocratie américaine, élu deux fois président.
 Intransigeant sur l'idée d'égalité, malgré son ambiguïté sur la question de l'esclavage.
                              Rafraîchir la Constitution tous les vingt ans, ce fut une des idées que la postérité oublia...
      Il se distingua notamment par son souci d'instaurer un certain contrôle bancaire, dont il percevait la nécessité.
                   ______Il est toujours utile de relire quelques-une de ses déclarations, dont certaines restent d'une brûlantes actualité.
__A propos de la liberté. Lettre de Jefferson à Isaac Tiffany du 4 avril 1819:
         La vraie liberté est un acte libre qui s’accorde à notre volonté, dans les limites de la liberté et de l’égalité des autres. Intentionnellement, je ne dis pas «dans les limites de la loi» parce que la loi n’est souvent rien d’autre que la volonté du tyran, et donc viole souvent le droit d’un individu.
__Sur les banques comme étant la plus grande menace envers la liberté. Lettre de Jefferson à John Taylor du 28 mai 1816.
         Si jamais le peuple américain permet aux banques de contrôler l’émission de leur monnaie, d’abord par l’inflation, puis par la déflation, les banques et les sociétés qui grossiront alors, le privera de tous ses biens jusqu’à ce que leurs enfants se réveillent sans abri sur le continent dans lequel leurs pères habitaient. Le pouvoir d’émettre de l’argent devrait être enlevé aux banquiers et restauré au Congrès et au peuple auquel il appartient. Je crois sincèrement que les institutions bancaires ayant le pouvoir d’émettre de l’argent sont plus dangereuses pour la liberté qu’un pouvoir militaire.
__Sur la domination des banques. Lettre de Jefferson à James Monroe du 1er janvier 1815.
              La domination que les institutions bancaires ont sur l’esprit de nos citoyens […] doit être brisée, ou c’est elle qui va nous briser.
__Sur les banques centrales. Lettre de Jefferson à Albert Gallatin du 22 juin 1803.
          Cette institution (la banque des États-Unis) est l’une de des plus mortelles menaces existantes contre les principes et la forme de notre Constitution […] une institution comme celle-ci, en pénétrant par ses branches dans toutes les parties de l’Union, en agissant aussi autoritairement, peut, dans un moment critique, renverser le gouvernement.
__Encore sur les banques centrales. Lettre de Jefferson à Albert Gallatin du 19 juin 1802.
         Le monopole d’une seule banque est diabolique.
__Sur l’impression d’argent. Lettre de Jefferson à John Taylor du 28 mai 1816.
         Le fait de dépenser de l’argent remboursé par la postérité, sous l’excuse du financement, n’est rien d’autre qu’une arnaque à grande échelle sur le futur.
__Sur la menace que représentent les banques. Lettre de Jefferson à John Taylor du 28 mai 1816.
           Le système bancaire, que nous avons toujours inlassablement réprouvé, je le vois comme une tache sur la constitution (de nos États) qui, si elle n’est pas corrigée, se terminera par leur destruction.
__Sur les membres du Congrès possédant des actions. Lettre de Jefferson à Gallatin du 22 juin 1803.
    Mon souhait était de voir les deux Chambres du Congrès nettoyées de toutes les personnes impliquées dans une banque ou possédant des actions et, une fois assuré de la pureté des législateurs, je serai toujours prêt à accepter leurs délibérations, même si elles sont contraires à mes propres opinions; car je souscris au principe, que la volonté de la majorité, honnêtement exprimé, fait acte de loi.
__Sur la Banque mania et l’aristocratie vendue. Lettre de Jefferson à J.B. Stuart du 10 mai 1817.
              La banque mania est un danger. Elle crée dans notre pays une aristocratie vendue qui a déjà défié le gouvernement, et même si celle-ci a été obligée de lâcher du lest après cette première tentative de coup de force, elle recommencera encore et encore.
__Sur le danger des sociétés financières. Lettre de Jefferson à George Logan du 12 novembre 1817                  J'espère que nous tirerons la leçon et écraserons dans l’œuf l’aristocratie de nos sociétés financières, qui osent déjà défier notre gouvernement et défier les lois de notre pays.
__Sur l’argent papier et les métaux précieux. Lettre de Jefferson à John Eppes en 1813.
             L’utilisation du papier monnaie, comme médium bon marché ou pour son utilisation pratique, ne pèse rien face aux avantages des métaux précieux […] il est susceptible d’être abusé, l’a déjà été et le sera dans tous les pays où il est autorisé.
__Lettre de réponse de John Adams à Thomas Jefferson du 25 aout 1787.
              Toutes les perplexités, la confusion et la détresse en Amérique viennent non pas de défauts dans la Constitution ou la Confédération, ni d’un manque d’honneur ou de vertu, mais de l’ignorance totale sur la nature de l’argent, du crédit et de sa mise en circulation.
_Sur la nécessité d’une petite révolte de temps en temps. Jefferson à James Madison à Paris le 30 janvier 1787.
       Je crois qu’une petite révolte de temps en temps est une bonne chose, aussi nécessaire dans le monde politique que le sont les tempêtes dans le monde physique. Il est vrai que les rébellions échouées justifient une réduction du droit des peuples qui les ont fomentées. Une observation de cette vérité devrait rendre les gouverneurs républicains honnêtes, doux dans leur punition, pour ne pas trop les décourager. C’est un médicament nécessaire à la bonne santé du gouvernement.
__Et même si ce n’est pas son anniversaire, voici en bonus deux déclarations de James Madison du 28 juin 1787. 
          Une force militaire permanente, avec un exécutif trop puissant ne seront pas longtemps des compagnons de la liberté. Les moyens de défense contre un danger extérieur ont toujours été des instruments de la tyrannie domestique. Chez les Romains, c’était déjà un moyen de pousser à la guerre, chaque fois qu’une révolte a été matée. Partout en Europe, les armées mises en place sous le prétexte de les défendre ont asservi les gens.
__Et sur le pouvoir de gouvernement sans contre-pouvoir.
             Depuis qu’existe la civilisation, je crois qu’il y a eu plus de cas de suppression de la liberté des peuples par empiétements progressifs et silencieux par ceux qui tiennent le pouvoir, que par usurpations violentes et soudaines.
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