Une commémoration sans projet, une mémoire sans regret.
100 ans et 70 ans après, !a question resurgit toujours: pourquoi?

__ Verdun, l'acharnement dans la démesure meurtrière, reste encore en partie inexpliqué.
Il y a la succession absurde des événements et la mémoire familiale..
Des plaies toujours visibles, une mémoire meurtrie, mais lacunaire, faite de dénis et d'idéalisations à partir d'un mythe construit après coup, sur fond de propagande..
Il y a les récits bouleversants redécouverts, les traces écrites témoignant de l’enfer.
__ Hiroshima: l'enterrement d'une ambition présidentielle.
Une intervention qui aurait pu être évitée
Comme le reconnaissaient très tôt J Byrnes, l'amiral Leahy et le général Eisenhower
Comme le confirment des analyses plus tardives.

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Parmi les rares esprits lucides figure le jeune romancier et philosophe Albert Camus, qui écrit dans Combat, le même jour, un article non signé : « Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer une découverte qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles.
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