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mardi 16 juillet 2019

Finances: méfiance...

La haute finance ne fait pas dans la philanthropie
                                                                   Quand l'argent cesse de devenir un simple moyen pour devenir une fin en soi, une marchandise comme une autre, objet de spéculation à l'échelle planétaire, quand elle devient un but en soi, elle risque à tout moment de produire des effets délétères dans l'économie des hommes et leur vie quotidienne.
     Sachant que la monnaie est ambivalente, se situant toujours entre violence et confiance, il n'est pas anormal, quand, sans régulation, elle s'écarte des voies de sa normale destination.
    La récente crise de 2008 et celles qui menacent nous invitent plus que jamais à démystifier la finance, surtout depuis qu'elle est devenue entièrement libéralisée et hyper-concentrée, les échanges bancaires ne connaissant ni répit ni frontières, soumise de plus en plus au bon vouloir du trading haute-fréquence.
    Les banquiers n'ont pas vocation à être philanthropes.
     Il importe que chaque citoyen s'y intéresse, comme le préconise Michel Vincent, dans Le Banquier et le Citoyen. L’Europe face aux crises financières« La régulation est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux juristes et aux banquiers »,avertit-il. C’est particulièrement vrai au moment où Donald Trump est tenté par une nouvelle dérégulation et alors qu’a lieu le Brexit – qui va définir les relations futures entre le continent européen et son principal centre financier...."
    Etre banquier devrait redevenir "ennuyeux", comme le dit un banquier lui-même, qui connaît les dérives du métier.
   Charles Hugueux, banquier d'affaire, nous met en garde contre certaines politiques bancaires, où les responsabilités ne sont pas absentes.
Les citoyens ont leur part de responsabilité.
         Il arrive que, dans le cadre feutré des banques, certains responsables se mettent à penser à haute voix, prenant la mesure et les limites de leurs fonctions réelles et les risques du métier...qui a bien changé.
     Finie l'exubérance d'autrefois? Pas encore, mais   certains, qui ne veulent plus continuer à jouer au casino, commencent à revoir leur copie. Etre banquier devrait recommencer à être un métier ennuyeux...Mais on en est encore loin.
            L'un d'entre eux, qui n'est pas un chevalier blanc, avoue qu'il ne faut pas surestimer le pouvoir de la BCE. Le mal de la faible croissance est très profond.
        Il remet en question quelques certitudes d'hier, des dogmes souvent ressassés par nos politiques à courte vue:
 ... Attention, dit-il, à ce que les «réformes structurelles» ne pénalisent pas la «demande». Il ne faut pas glisser dans «une spirale de baisse des salaires et des prix». «Les réformes doivent être d’abord plutôt favorables à la demande qu’à l’offre.» Et d’ajouter: il est urgent que le discours passe de la «compétitivité» à la «productivité» et qu’on encourage les politiques d’innovation et de diffusion des technologies. 
    Dans le même sens, Benoît Coeuré critique les pays en excédent commercial, entendez l’Allemagne, même si son nom n’est pas écrit. Un petit pays peut avoir en solitaire une politique d’exportation en comptant sur la demande des autres, mais tous les pays ne peuvent pas jouer ce jeu ensemble. La Zone euro exportatrice nette, ce n’est pas une bonne nouvelle, c’est la traduction qu’elle est «incapable de dynamiser sa demande interne»...
                Il invite à l'humilité, prenant à rebours certaines pseudo-certitudes : «Les changements des marchés financiers internationaux compliquent sérieusement la vie des banques centrales.» Trois certitudes sont aujourd’hui ébranlées. D’abord, celle que la mondialisation allait produire un «grand basculement» positif: la croissance des pays émergents allait prendre le relais de celle du Nord, affaiblie pour des raisons démographiques. Sur une grande Terre ouverte, les capitaux allaient mieux optimiser les placements et la croissance mondiale s’en porterait mieux. Ce processus s’est peut-être déroulé un moment, mais il a aujourd’hui cessé. Les Brics ne sont plus des moteurs, les pays émergents constituent au contraire la première des inquiétudes. 

      Les bénéfices de la liberté des mouvements financiers doivent être au minimum nuancés: c’est la deuxième certitude ébranlée. Le contrôle des capitaux retrouve une légitimité lors de certains excès, comme ces dernières années (les trois quarts de la création monétaire mondiale auraient été faits au Sud, selon les économistes de la banque Citi). La répartition risques-bénéfices mérite réexamen. Enfin, l’innovation financière a eu surtout pour résultat de «rendre le monde plus dangereux», comme l’a écrit Raghuram Rajan, l’économiste gouverneur de la banque centrale de l’Inde. Coeuré nous livre une autre surprise au passage: «Selon certains indicateurs, une déglobalisation financière aurait commencé.»
   Il n'est pas le premier à mettre les pieds dans le plat.
        D'autres, à une époque, ont libéré un peu une parole emprisonnée.
            Il y a deux ans, JM Naulot n'a  pas mâché ses mots concernant le rapport perverti du pouvoir politique et du monde financier. Reprendre le contrôle démocratique, c'est la première urgence.
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