mardi 15 septembre 2020

Jupiter et le sultan

 Alerte en Méditerranée...

                    Ou simple occasion de montrer ses muscles?          Rien ne semble arrêter le maître d'Istamboul, dans sa marche vers la puissance perdue de l'empire ottoman et l'hégémonie disparue dans le domaine religieux .   L'ombre du grand sultan plane encore sur l'aventure actuelle.   Mais aussi de nouvelles ambitions sur le plan économique: les ressources potentielles en hydrocarbure et la consolidation d'un pouvoir qui est en perte de vitesse sur ses propres terres.     Une bonne dose de nationalisme et quelques accents guerriers visent à resouder le peuple turc.   Coups de menton et défis deviennent la règle...jusqu'au jour où il faudra bien négocier, faute de pouvoir accomplir ses ambitions, malgré les avancées en Syrie et en Lybie.   

                         Les avions promis à la Grèce ne sont là que pour intimider.        C'est le gaz qui est le véritable acteur de ces tensions, qui pourraient un jour mal tourner.    A cette occasion, la question des frontières revient opportunément au premier plan ainsi que le souvenir ravivé du démantèlement de l'empire ottoman après le premier conflit mondial. Les vielles blessures se rouvrent et les nostalgies d'antan refont surface pour l'occasion.    L'instrumentalisation des vielles plaies sert bien le régime.   La restriction de l'espace maritime d'Ankara est un thème utilement exploité dans la rivalité resurgit avec Athènes, pourtant aussi membre de l'OTAN.   Sur ce point, il faudra renégocier le problème de l'espace maritime et revoir des traités obsolètes. Celui de Sèvres notamment et ceux qui ont suivi:  "...le traité de Kars, conclu en  avec la Russie soviétique, lui permet de récupérer le territoire de Kars perdu en 1878 par les sultans et de bénéficier de l'armement soviétique dans sa lutte contre les Arméniens, les Grecs et la Triple-Entente. Les traités de Kars et de Lausanne sont en revanche désastreux pour l'Arménie, ainsi partagée à nouveau entre Turquie et Russie, et pour la Grèce. Cette dernière qui, après s'être émancipée de la protection obligatoire que les grandes puissances lui avaient imposée à la suite de la guerre d'indépendance grecque et après avoir été à deux doigts de réaliser sa Grande Idée, perd tous ses acquis et doit, en plus, accueillir un million et demi de réfugiés grecs d'Asie mineure (tandis que plus de 300 000 autres, notamment dans la région du Pont et en Cilicie, doivent se convertir à l'islam et passer à la langue turque pour survivre)5 : c'est ce que les Grecs appellent la « Grande Catastrophe ...».

        Quelle autre solution qu'une vaste négociation permettra de sortir du bourbier dans lequel on s'enfonce en Méditerranée, qui n'est plus mare nostrum par les temps qui courent? Il faudra bien y arriver. Le plus tôt sera le mieux, avant d'éventuels dangereux dérapages                           ___ Malgré ses faiblesses, Erdogan avance ses pions, profitantdes faiblesses et des divisons européennes. Aujourd'hui en Méditerranée, il déploie ses forces, faisant de mare nostrum son domaine réservé, jusqu'en Libye. . Au risque de tensions sérieuses avec la Grèce et sous le regard plus ou moins réprobateur de l'Europe, divisée sur l'attitude à prendre vis à vis de celui qui sait utiliser la corde du chantage.

 Dans ces tensions, l'Europe, sans unité, essaie de ménager la chèvre et le choux après avoir souvent cédé au chantage de l'homme fort d'Ankara se sachant en péril.
  Les discours martiaux contre la Grèce se multiplient. La provocation est constante. Mare nostrum est devenue celle de possibles affrontements.      Les interventions d'Erdogan dans la Libye exsangue n'a rien d'humanitaire, pas plus que ses pressions sur les Kurdes. Ses visées portent loin. Une affaire de famille
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