Mais au pays où les Evangélistes et les diverses sectes ont pignon sur rue et sur les institutions, où les références religieuses, que l'histoire explique, tiennent une place fondamentale, expliquer ce qu'est la laïcité, comme nous la concevons et la pratiquons, relève du défi.
Surtout du côté de la Bible Belt
Aussi difficile que de faire comprendre à un Inuit les douceurs des Tropiques, ou à Bill Gates les difficultés d'un chômeur...
Malgré une laïcité formelle, les références religieuses sont constantes, jusqu'à la Maison Blanche, jusque sur le billet vert.
L'absence de rapport à une laïcité fondée sur la tradition d'une Révolution démocratique et des Droits de l'Homme, l'histoire récente de ce pays et le communautarisme institutionnalisé peuvent expliquer que la confusion soit grande sur la notion de tolérance, notion déjà équivoque par elle-même.
Comme pour une "philosophe" (?), Martha Nussbaum, qui considère que la laïcité républicaine est un abus de pouvoir et qui demande de tolérer... toute manifestation culturelle ou religieuse. Pourquoi pas les pratiques sectaires?
Elle est en tous cas favorable au port de la burka.

En somme, d'après Nussbaum, l'Etat devrait garantir la liberté d'agir à des groupes religieux qui interdiraient à leurs membres la liberté d'agir... Le meilleur des mondes... "
La tolérance ne fait pas vraiment partie du rêve américain.

".... Une tolérance absolue ne peut être exigée : la tolérance réelle est toujours finie. La tolérance est une notion seulement négative : tolérer, c’est ne pas exclure. La laïcité, si on ne la confond pas avec elle, est en elle-même une notion positive : elle ouvre un dialogue. La tolérance prépare seulement cette ouverture, et il serait bien regrettable que des communautés qui sont en situation de se tolérer ne mettent pas à profit cette situation pour aller plus loin. Comme il est même probable que dans cette situation elles ne pourront réussir une tolérance pure et exacte, il est inévitable qu’elles soient contraintes d’inventer la laïcité. Celle-ci n’est pas un simple luxe qu’on pourrait s’accorder ou dont au contraire on pourrait choisir de se passer, une fois la tolérance établie, mais la fin dont la tolérance est le premier moyen. Dès que des communautés sont en situation de se tolérer, c’est-à-dire lorsque cette situation appelle à une possibilité d’intégration, la question de la laïcité se pose puisque ces communautés ne peuvent en rester à une simple indifférence réciproque qui n’appellerait même pas la tolérance : on ne réussit à éviter de descendre au-dessous du degré zéro de la sociabilité qu’en se rendant capable de s’élever au-dessus. C’est pourquoi le « communautarisme » n’est pas une solution, mais la négation du problème et un expédient hypocrite, simple instrument de domination..."
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