Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mercredi 13 août 2008

Géorgie : revers occidental ?


Basculement géopolitique prévisible ...
Episode anecdotique ou tournant significatif ?

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"Derrière cette guerre géorgo-ossète se cache sans doute le premier conflit entre les Etats-Unis et la Russie depuis la fin de l’URSS."______________

Géorgie : une claque pour George Bush | Mediapart:

"George Bush est au balcon. Puni et condamné à observer Vladimir Poutine tailler en pièces un de ses meilleurs alliés -le président géorgien Mikhaïl Saakachvili- et réduire à néant le grand projet américain pour le Caucase.La guerre de Géorgie est une défaite stratégique pour les Etats-Unis , l'une de celles qui remodèlera durablement les relations entre les deux pays. Bush ne s'y est pas trompé qui a usé pour l'occasion de grandes phrases. «La Russie a envahi un Etat souverain et menace un gouvernement démocratiquement élu par son peuple. Une telle action est inacceptable au XXIe siècle», déclarait-il le 11 août. Inacceptable mais que pouvait faire Bush? A peu près rien.Cette impossibilité d'agir concrètement est le premier échec tangible de la diplomatie américaine...

Depuis 2004 et son accession au pouvoir à l'issue de la "révolution des roses", le jeune président géorgien, formé aux Etats-Unis et en France, marié à une Scandinave, n'a pas fait que baptiser la route de l'aéroport international de Tbilissi, rue George W. Bush. Il a poussé à l'extrême, avec un aveuglement entretenu par l'administration américaine et le vice-président Dick Cheney, une politique en fait engagée par l'équipe Clinton au milieu des années 1990.

De quoi s'agissait-il alors pour Washington? De tenter de sauver les failed states, ces Etats faillis ou "échoués", et la Géorgie en était incontestablement un. De construire des espaces démocratiques aux marges de la Russie, et l'administration Clinton misa longtemps sur le vieil Edouard Chevarnadze, l'ancien ministre des affaires des affaires étrangères de Mikhaïl Gorbatchev, de fait à la tête du pays depuis 1992 et officiellement élu président en 1995. Et enfin, et surtout, de redistribuer les cartes du pétrole et du gaz dans le région .
C'est l'administration Clinton qui a mis sur pied un projet qui est aujourd'hui devenu le moteur de la nouvelle guerre du Caucase. Son nom? BTC: Bakou-Tbilissi-Ceyhan, un oléoduc de 1760 kilomètres qui part de l'Azerbadjïan et des champs de pétrole de la Caspienne, traverse la Géorgie et débouche sur la ville-terminal pétrolier turque de Ceyhan. Cette autoroute de l'or noir fut baptisée "l'oléoduc des indépendances" car elle brisait le monopole russe du transport et de la distribution et proposait un chemin alternatif aux pays producteurs de la Caspienne et de l'Asie centrale. (lire notre article : Les enjeux cachés du gaz et du pétrole)Durant dix ans, Moscou a bataillé contre ce projet sans pouvoir l'empêcher...

A ce grand jeu énergétique, l'administration Bush aura ajouté ce qui est vécu par Moscou comme un encerclement militaire. Les officiels russes ne manquent jamais de rappeler cet engagement de Bill Clinton à Boris Eltsine: les Etats-Unis ne soutiendront pas un élargissement de l'Otan jusqu'aux frontières mêmes de la Russie. La stratégie de George Bush a été de faire exactement l'inverse en militant pour une adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie à l'Alliance atlantique..."

-Géorgie-Russie, les enjeux de la crise
-Retour sur les enjeux géopolitiques du conflit qui oppose la Russie à la Géorgie
-Mise en perspective régionale des enjeux énergétiques et territoriaux en Géorgie

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"...En s’engageant dans un conflit armé avec la Géorgie, un pays indépendant depuis 1991, le Kremlin mène en réalité une guerre diplomatique pour remettre au pas certains de ses voisins européens. Le message a bien été compris. Pour preuve la décision par les présidents ukrainien mais aussi polonais, lituanien et estonien, ainsi que le premier ministre letton, membres de l’Union européenne (UE) de rejoindre Tbilissi, en signe de solidarité avec une nation géorgienne agressée.

Pays membres de l'OTAN en bleu, et ex-rideau de fer en pointillé © Pierre Verluise, 2004

La décision en février dernier par les Etats-Unis de reconnaître l’indépendance du Kosovo, puis l’annonce faite en avril d’ouvrir les portes de l’Organisation du traité de l’Atlantique-Nord (Otan) à la Géorgie et à l’Ukraine ont exaspéré Vladimir Poutine, le président russe devenu entretemps premier ministre..."
[Géorgie: les raisons de la colère russe | Mediapart]
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-Dedefensa.org: l'"Ouest en déroute"
-Dedefensa.org:La souris du mois d'Aout
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- Enjeux caucasiens
-Ossétie du Sud, l’air de la guerre
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Radar 9 août 2008 : Ossétie, un pont trop loin ?
Mise à jour : 2008-08-09 02:04:01

"Depuis de longues années, Moscou a averti que la stratégie occidentale de dépeçage de l’ancien empire Russo-Soviétique, un temps subie par une nation rendue exsangue d’une part par la difficile transition d’une économie administrée et d’autre part part les médecines de cheval du FMI, n’était plus de mise.
Depuis la dissolution du bloc soviétique, revenant sur les engagements pris à l’époque, l’OTAN n’a eu de cesse de s’étendre vers l’est, organisant peu à peu un encerclement de l’ancienne superpuisance, marchant de pair avec les « révolutions colorées » largement soutenues et financées par les USA et dirigées contre leur ancien rival amoindri.
Le sursaut nationaliste et autoritaire initié par Poutine en réaction aux humiliations sans nombe de la période Eltsine a changé la donne.
La Russie, puissance géopolitique et énergétique majeure du continent eurasien dans la redistribution des cartes qui a lieu aujourd’hui entre pays exportateurs et importateurs, n’entend plus être la spectatrice impuissante de l’effritement de sa zone d’influence et d’intérêts."




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