Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

lundi 22 septembre 2008

L'opium , instrument de pouvoir

Drogue: arme de destruction massive...

L'opium, connue déjà des Sumériens , est devenu au XIX° siècle, pour certaines grandes puissances coloniales, un moyen pour asservir la Chine et y écouler leurs produits.
De nos jours, en Afghanistan surtout, la culture et le trafic de l'opium et ses dérivés sont devenus des moyens ,voire des objectifs de luttes internes et de guerre externe...____________________

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.L'arraisonnement et la mise à sac de la Chine, l'asservissement du peuple vont s'accompagner d'un étrange phénomène, c'est-à-dire l'intoxication quasi suicidaire des Chinois, intoxication massive induite et mise en scène par les Etats et les entreprises occidentales."_____________________

-Selon le Département d’État américain, "l’opium constitue une source de revenu de plusieurs milliards de dollars pour les groupes extrémistes et criminels. L’élimination de la production d’opium est centrale à l’établissement d’une démocratie sécuritaire et stable, et à la victoire de la guerre contre le terrorisme". Ce qui est "oublier" un peu vite que "les Talibans – en collaboration avec les Nations unies – avaient imposé avec succès l’interdiction de la culture du pavot en 2000. La production d’opium avait ensuite décliné de 90 % en 2001. En fait, l’augmentation de la culture d’opium a coïncidé avec le déclenchement des opérations militaires sous commandement américain et la chute du régime taliban. Entre les mois d’octobre et décembre 2001, les fermiers ont recommencé à planter du pavot à grande échelle" (source ici). ______________________________

-Les guerres de l’opium revisitées:

"Entre 1839 et 1860, l’Angleterre, d’abord seule (première guerre de l’opium, 183-1842), puis associée à la France (seconde guerre de l’opium, 1858-1860), impose par la force des armes à la Chine des Qing (Mandchous) (1) l’ouverture au commerce international. En 1839, l’empire du Milieu y était fermé, à l’exception de comptoirs exigus à Canton, où les négociants étrangers, principalement britanniques, n’avaient de relations d’affaires qu’avec la corporation des marchands chinois.Bouleversée par la révolution industrielle, l’Angleterre frappait en vain à la porte. Elle achetait d’importantes quantités de thé (12 700 tonnes en 1720, 360 000 tonnes en 1830), que seule la Chine produisait alors. Mais, au début des années 1820, la balance commerciale avec l’Occident s’était inversée au détriment de la Chine, en raison de l’importation massive d’opium, introduit en fraude par des commerçants anglais et américains (2). L’Angleterre libérale de Lord Henry Palmerston était bien décidée à saisir le moindre prétexte pour ouvrir sans restriction le pays non seulement à la drogue, en provenance d’Inde notamment, mais aussi aux cotonnades du Lancashire et à la quincaillerie de Birmingham. La destruction des caisses d’opium qui appartenaient à des négociants anglais résidant à Canton par le vice-roi Lin Zexu, en juin 1839, fournit le prétexte attendu pour déclencher les hostilités.

En 1860, quand est signé le traité de Pékin, qui fait suite à une longue liste de traités qualifiés par les Chinois de « traités inégaux », onze ports, dont Canton, Shanghaï, Hankou et Tianjin, sont ouverts au commerce ; les droits de douane y sont limités à un maximum de 5 %. Les Occidentaux ont le droit de circuler à l’intérieur du pays et d’y acquérir des propriétés foncières sans payer plus de 2,5 % de taxes. Dans ces ports ouverts, dits « ports à traité », les étrangers, bénéficiant de l’extraterritorialité, commencent à développer des « concessions », comme à Shanghaï. Des quartiers de villes échappent ainsi, en fait sinon en droit, à l’autorité chinoise. Interdit à diverses reprises depuis 1796, le commerce de l’opium peut désormais se développer sans obstacles : on passe de 30 000 caisses de drogue en 1838 (en contrebande) à 68 000 caisses en 1850, et 96 000 en 1873 .Toutes les puissances étrangères disposent désormais de missions diplomatiques permanentes à Pékin. L’Angleterre fait de l’îlot de Hongkong une colonie de la Couronne, alors que la Russie, par l’action diplomatique, a acquis plus d’un million de kilomètres carrés, de la rive nord du fleuve Amour à la rive orientale de l’Oussouri....

-Les guerres de l’opium ou l’écrasement de la Chine:"...La plupart de nos contemporains, européens ou nord-américains ignore massivement l’existence des guerres de l’opium, c'est-à-dire, l'histoire de la démolition de l'empire chinois par les Etats modernes occidentaux, l'Angleterre, la France, la Russie puis l'Allemagne et les Etats-Unis, et au cours des 19ème et 20ème siècles, afin d'y introduire librement les caisses d'opium et les missionnaires et, enfin, le piller sans pitié...."

-La Chine en enfer : pillages et génocides blanc:"...L'arraisonnement et la mise à sac de la Chine, l'asservissement du peuple vont s'accompagner d'un étrange phénomène, c'est-à-dire l'intoxication quasi suicidaire des Chinois, intoxication massive induite et mise en scène par les Etats et les entreprises occidentales...

-Première guerre de l'opium -Seconde guerre de l'opium

-La troisième guerre de l’opium | AgoraVox

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-Afghanistan, opium de guerre, opium de paix :
"... L'économie de la drogue représente, en effet, environ 60 % du PIB - chiffre qui n'a été égalé par aucun autre pays, pas même par la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, dont la part n'excéda jamais les 7 %. La situation inédite de l'Afghanistan invite donc à s'interroger non seulement sur le rôle que la production et le commerce de l'opium jouent dans une économie de post-conflit dévastée, mais aussi sur l'influence qu'ils peuvent avoir dans le processus complexe de reconstruction de l'État...."
-La production illicite d'opium en Afghanistan:
"...La croissance du phénomène narcotique dans le pays a en effet été en partie déterminée par la guerre soviéto-afghane, par les rivalités et les affrontements des différentes factions afghanes après le retrait soviétique, mais aussi par l’apparition plus tardive sur la scène afghane du mouvement des taliban, favorisée rappelons-le par le regain régional des politiques de l’accès (depuis le Pakistan jusqu’au Turkménistan, à travers la réouverture de la route Quetta – Kandahar – Herat, Achkhabad)...L’enclavement et l’isolement de l’Afghanistan doivent beaucoup plus à l’histoire politique de la région, à la géopolitique, qu’à la géographie, à l’instar du développement de l’économie des drogues illicites dans ce pays qui ne remonte, somme toute, qu’une trentaine d’années, et qui s’est fait surtout au cours de la dernière décennie, sur les ruines de la guerre. .."
- Au coeur du royaume de l’opium:
"...Même le ministre antidrogue, qui siège dans un bunker à Kaboul, s’avoue impuissant. « Si le monde veut que l’Afghanistan vive, il faut nous aider à endiguer le business de la drogue, lance Habibullah Qaderi. Et aussi contrôler les frontières : les trafiquants se rendent facilement en Iran et au Pakistan. »L’ennui, c’est que l’Etat lui-même est totalement gangrené par le trafic. Sur les 2,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires de la drogue en Afghanistan, 600 millions vont aux paysans et 2,2 milliards aux trafiquants, passeurs, contrebandiers. Lesquels arrosent les gouverneurs, les chefs de police, les députés. Quant à la charité internationale, bien souvent elle ne dépasse guère Kaboul aux faubourgs reconstruits, aux villas neuves, aux rues embouteillées de superbes tout-terrain...."
-La seule victoire en Afghanistan est celle de l'opium:
"...Depuis octobre 2001, la culture de pavot a augmenté en flèche. La présence des forces d’occupation en Afghanistan n’a pas eu pour effet l’élimination de la culture du pavot. Au contraire.Sous les Talibans, la prohibition avait en effet causé « le début d’une pénurie d’héroïne en Europe vers la fin de 2001 », comme l’admet l’ONUDC.L’héroïne est un commerce de plusieurs milliards de dollars supporté par des intérêts puissants, qui requiert un flux régulier et sécuritaire de la marchandise. Un des objectifs « cachés » de la guerre était justement de restaurer le trafic de la drogue, parrainé par la CIA, à ses niveaux historiques et d’exercer un contrôle direct sur les routes de la drogue.En 2001, sous les Talibans, la production d’opiacés s’élevait à 185 tonnes, pour ensuite grimper à 3400 tonnes en 2002 sous le régime du président Hamid Karzai, marionnette des États-Unis.Tout en soulignant la lutte patriotique de Karzai contre les Talibans, les médias omettent de mentionner qu’il a déjà collaboré avec ces derniers. Il a aussi déjà été à l’emploi d’une pétrolière des États-Unis, UNOCAL. En fait, depuis le milieu des années 1990, Hamid Karzai agissait comme consultant et lobbyiste pour UNOCAL dans ses négociations avec les Talibans.Selon le journal saoudien Al-Watan, « Karzai était un agent en sous-main de la Central Intelligence Agency à partir des années 1980. Il collaborait avec la CIA en acheminant de l’aide américaine aux Talibans à partir de 1994, quand les Américains, secrètement et à travers les Pakistanais, supportaient les visées de pouvoir des Talibans. »Il est pertinent de rappeler l’histoire du trafic de drogue dans le Croissant d’or, qui est intimement lié aux opérations clandestines de la CIA dans la région.Avant la guerre soviético-afghane (1979-1989), la production d’opium en Afghanistan et au Pakistan était pratiquement inexistante. Selon Alfred McCoy, il n’y avait aucune production locale d’héroïne.L’économie afghane de la drogue fut un projet minutieusement conçu par la CIA, avec l’assistance de la politique étrangère américaine.Comme il a été révélé par les scandales Iran-Contras et de la Banque de Commerce et de Crédit international (BCCI), les opérations clandestines de la CIA en support aux moujahidins avaient été financées à travers le blanchiment de l’argent de la drogue..."
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-Opium - Wikipédia
-L'opium:histoire d'une fascination
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- De la géopolitique des drogues illicites
-ETAT GRANGRENE ?------------------Le double jeu des USA vis à vis des narcotrafiquants
-Guerre contre la drogue, arme de l'Etat etINSTRUMENT DE CONTROLE SOCIAL:
"...Si l'État sécuritaire national américain n'a rien fait pour arrêter le commerce international de la drogue, il a fait beaucoup pour l'encourager. Certains disent ironiquement que le sigle CIA signifie " Capitalism's International Army " (" Armée internationale du capitalisme ") et d'autres qu'il veut dire " Cocaine Import Agency "...Les drogues sont un instrument important de répression et de contrôle social. Les impérialistes britanniques le savaient et il en va de même pour les faiseurs d'opinion conservateurs, la police, la CIA et la Maison- Blanche. De Harlem au Honduras, l'empire utilise n'importe quel moyen à sa portée pour garder des populations tourmentées dans la démoralisation et la désorganisation."
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Afghanistan : La CIA trafique, les soldats trinquent
-En route pour l'Asie: le rêve ... A.McCoy

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