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jeudi 25 septembre 2008

Psychiatrie sous influence



Quand la psychiatrie est colonisée par l'industrie pharmaceutique...

Les liens financiers entre la toute puissante APA (Association Américaine de Psychiatrie) et l'industrie pharmaceutique se concrétisent dans le contenu de la "bible des psychiatres" : le DSM IV

"Vers une mise en tutelle chimique de cerveau disponible" ?__________

-"La majorité des auteurs du principal manuel de diagnostic des maladies mentales sont liés financièrement à l’industrie pharmaceutique.La moitié des experts psychiatres qui ont participé à la rédaction du plus célèbre manuel de classification diagnostique des maladies mentales sont payés par l’industrie pharmaceutique"(F.Bouchon)_________________

-"Nous sommes entrés dans l’ère d’une psychiatrie postmoderne, qui veut allouer, sous le terme de "santé mentale", une dimension médicale et scientifique à la psychiatrie. Jusqu’à présent, cette discipline s’intéressait à la souffrance psychique des individus, avec le souci d’une description fine de leurs symptômes, au cas par cas. Depuis l'avénement de la santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement.Depuis l’avènement du concept de santé mentale, émerge une conception épidémiologique de la psychiatrie, centrée sur le dépistage le plus étendu possible des anomalies de comportement. Dès lors, il n’est plus besoin de s’interroger sur les conditions tragiques de l’existence, sur l’angoisse, la culpabilité, la honte ou la faute ; il suffit de prendre les choses au ras du comportement des individus et de tenter de les réadapter si besoin." (C.Prieur)_________________

-"Un nouveau mot magique santé mentale pour médecine du psychisme, circule sans qu’on y prête toujours l’attention qu’il mérite. Avec le DSM l’homo neurologicus découpé en 400 rondelles dites troubles (on compte moins de médocs que de rondelles, mais les deux séries restent liées) pourrait économiser de se penser et d’élaborer patiemment le sens de sa propre vie — à l’ancienne, d’après Freud et successeurs. Expéditifs, résolument postmodernes, médicalisons-nous l'existence , saussisons-nous l'être, que restera-t-il de nous? en trois coups de protocole, votre vague à l'âme consolidé à l'epoxi tiendra le coup pour combien de temps encore, et à quel coût ?"(P.Grauer)
>>[L'approche adoptée par le DSM-IV vise à éliminer l'interprétation et à éradiquer toute réflexion dans l'établissement du diagnostic. Pour y parvenir, des critères diagnostiques précis ont été définis par L'American psychiatric association et les lobbys pharmaceutiques. On est "invités" à les accepter tels quels-Wiki-]
>>[ Les compagnies pharmaceutiques ont un intérêt direct sur la détermination des troubles mentaux intégrés dans le DSM. La transparence en ce domaine devient cruciale lorsque les liens financiers entre chercheurs et industrie pharmaceutique sont stables et multiples. Les groupes de travail du DSM présentant les liens avec les industries pharmaceutiques sont ceux qui travaillent dans les champs diagnostiques (e.g. troubles de l’humeur et désordres psychotiques) où l’approche psychopharmacologique constitue le traitement habituel. Le marché des psychotropes étant très rentable, il y a lieu de s'inquiéter, et au minimum d'énoncer une sévère critique à l'égard de certains aspects fonciers de ce manuel de diagnostic. C'est d'autant plus patent comme conclusion que, par exemple, les antidépresseurs et les neuroleptiques totalisent respectivement des ventes annuelles d'environ 20,3 et 14,1 milliards dollars. Autre exemple, le marché porteur des neuroleptiques se décline en termes de vente avoisinant 8,5 milliards dollars (18,7 milliards prévus pour 2007). -wiki]_______________________
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L’ELABORATION DES NORMES PSYCHIATRIQUES :

"...L’APA (American Psychiatrical association) détient le pouvoir de définir les termes et les critères en fonction desquels se fait la distinction entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. Elle produit à intervalle réguliers le DSM - Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. Ce catalogue de définitions et de descriptions cliniques est diffusé dans le monde entier, tout acte psychiatrique qui se veut « moderne » y souscrit d’une manière ou d’une autre.
La première édition (DSM-I) est publiée en 1952, et diagnostique 60 pathologies différentes. La deuxième édition (DSM-II) est publiée en 1968, et recense 145 pathologies psychiques.
La troisième édition (DSM-III) est publiée en 1980 et dénombre 230 pathologies.
Cette édition avait pour but de faciliter une approche rationalisée des essais thérapeutiques afin de valider les nombreuses molécules nouvelles que les laboratoires avaient mis sur le marché depuis le début des années 1970. Le DSM-IIII crée également des catégories de populations porteuses de pathologies, apparemment définies sur la base de critères cliniques.
Outre cet assujettissement aux productions des grands groupes pharmaceutiques, il ne faut pas négliger un autre fait symptomatique qui devrait nous éclairer sur l’impact ethnique - moral - de toute définition de la folie. Jusqu’en 1974, l’homosexualité était classée comme un désordre mental. DSM-II....
Le Dr Steven Sharfstein, ancien président de l’APA, face aux critiques qui lui étaient adressées, se justifiait ainsi en 2003 : « Pour survivre, nous devons aller là où se trouve l’argent ».Rien de plus clair !
Les psychiatres sont les médecins les plus soutenus financièrement par l’industrie pharmaceutique. Lisa Cosgrove et Sheldon Krimsky, dans une étude parue en 2006, précisent : sur 170 experts ayant contribué au DSM IV, 56% avaient des liens financiers avec une ou plusieurs firmes pharmaceutiques. Quant aux experts des groupes de travail consacrés aux « troubles de l’humeur » et aux « troubles psychotiques », ils étaient tous dans une position avérée de conflits d’intérêts. La psychiatrie, en dehors des narcoses - électrochocs - est très consommatrice de molécules. D’autre part, les psychotropes et les antipsychotiques, prescrits pour traiter les troubles de l’humeur - troubles bipolaires, par exemple - et les psychoses - schizophrénie pour la plus connue, sont très coûteux. Ils sont aussi prescrits sur de longues périodes. Aux USA, le groupe des antidépresseurs génère 20,3 milliards de dollars de profit, celui des antipsychotiques 14,4 milliards (chiffres établis en 2004 et en très nette augmentation depuis).(Sources : Psychiatry & Pharma, the unholy alliance

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" Qu’on veuille ou non le reconnaître, l’APA (Association Américaine de Psychiatrie) tient les rênes de la psychiatrie mondiale parce que c’est elle qui a le pouvoir de définir les termes, de poser « les principes de vision et de division » (Bourdieu) en fonction desquels se fait la distinction / division entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. C’est un immense pouvoir que de définir la "normalité" et de décider de ce qui est ou non un trouble psychique qui entrera dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), édité et révisé par l’APA. Pouvoir d'abord idéologique. Et puisque nous vivons dans une idéologie néolibérale triomphante selon laquelle rien ne doit s'opposer à la maximisation des profits, force est de constater que ce pouvoir est entre les mains des marchands des diverses multinationales.

Nous parlions dans cette note du fait que les psychiatres sont les médecins les plus financés par l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts n’ont pas contourné le DSM, loin de là, ce qui a valu beaucoup de critiques à l’APA. La vague de protestations recommence, puisqu’un communiqué de presse de l’organisation a rendu publics début mai les noms des 28 psychiatres superviseurs et des 120 membres des groupes de travail chargés de préparer la 5ème édition du DSM, à paraître en 2012. Comme avant, 16 des 28 superviseurs ont de très forts liens financiers avec l’industrie pharmaceutique pour diverses activités promotionnelles."

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