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vendredi 31 octobre 2008

Fonds de pension : alerte !

Une bombe à retardement...

- " Lidée très en vogue jusqu'ici de financer les retraites uniquement par capitalisation est remise en question" (Philippon)______________________

-La finance veut transférer tous les risques vers les salariés-
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-"Albert Ewards, stratégiste monde de la SG qui prédit dans Les Echos du 23 septembre un risque de baisse sur les grands indices de plus de 50% d'ici quelques semestres. Pas de "bol" pour les baby-boomers qui voulaient prendre leur retraite dans les 5 ans. Plus largement la crise financière pose aussi la question du financement des retraites."_________

-Fonds de pension, piège à cons ? - : "Le travail de Frédéric Lordon examine les fondements sociaux, le fonctionnement et les fragilités de ce que nous sommes maintenant plusieurs à qualifier de « régime d’accumulation à dominante financière », de « régime d’accumulation financiarisé », ou encore de « régime de croissance patrimonial »"______________

Le krach boursier menace les retraites dans de nombreux pays:

"Avec la crise, c'est tout le système de retraites par capitalisation qui vacille. Aux Etats-Unis, la Sécurité sociale permet de toucher une pension mais le montant octroyé, correspondant en moyenne à 40 % du salaire, est souvent insuffisant et tous les Américains n'y ont pas droit. La quasi-totalité d'entre eux cotisent donc dans des fonds de pension. Soit dans des plans à "bénéfices garantis", où le salarié verse une cotisation à son entreprise qui s'engage à lui verser une retraite pour un montant fixé à l'avance (si l'entreprise ne peut le faire, le Pension Benefit Guaranty Corporation, un organisme d'Etat, prend le relais). Soit il décide de placer son capital à sa guise dans un fonds non garanti mais plus souple et souvent abondé par l'entreprise, comme les fameux "401-k", et reçoit à sa retraite le capital qu'il aura fait fructifier."Aujourd'hui la tempête financière dévoile les failles de tout le système", conclut l'économiste Thomas Philippon, professeur à l'université de New York. Les plans garantis "mettent en difficultés les entreprises. General Motors en souffre dramatiquement aujourd'hui", indique-t-il, car ce sont les sociétés qui doivent financer ces retraites alors que la crise met à mal leurs revenus. Tandis que les plans non garantis pénalisent les salariés. "Plus globalement, l'idée très en vogue jusqu'ici de financer les retraites uniquement par capitalisation est remise en question", estime M. Philippon.De fait, les Etats-Unis ne sont pas seuls dans la tourmente. Tous les pays qui ont opté pour un système équivalent, censé résoudre le casse-tête du financement des retraites par répartition menacé par le vieillissement de la population, sont concernés. Au Chili, où le système a été privatisé dans les années 1980, les fonds de pension auraient perdu 20 % de leur valeur. En Argentine, face à la déconfiture des fonds privés, l'Etat a même décidé de nationaliser le système et d'utiliser les 26 milliards de dollars gérés jusqu'ici par les fonds pour créer un régime public...

En Europe, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède ou la Finlande sont aussi touchés. Mais c'est en Pologne, en Hongrie et en République tchèque que les difficultés sont les plus sérieuses. Là-bas, les systèmes ont été privatisés plus récemment, pour désendetter les Etats et suivre les recommandations des grandes organisations internationales (Fonds monétaire international, Organisation de coopération et de développement économiques). Et contrairement à ceux des pays nordiques ou anglo-saxons, ces fonds n'ont pas accumulé assez de capitaux pour résister à une crise aiguë et longue."Lorsque la Bourse montait, on a porté trop d'attention aux systèmes par capitalisation, les systèmes de retraites ont été individualisés. Aujourd'hui, c'est chacun pour soi et les salariés risquent de se retrouver avec des retraites minables", alerte Pierre Habbard, de la TUAC, la commission syndicale consultative de l'OCDE.

Les retraités trahis par les fonds de pension:
"Pour beaucoup, non seulement les rêves de faire fortune en Bourse se sont évanouis, mais les espoirs d’une retraite paisible également. M. Maurice Jones, citoyen britannique et salarié modèle, peut en témoigner. Ayant commencé à travailler à 16 ans, il a gravi à la force du poignet tous les échelons de la hiérarchie, au point de devenir directeur de la division filature du groupe textile Lister & Co. Il a cotisé toute sa vie au fonds de pension maison. Pourtant, à 64 ans, il ne songe même plus à la retraite : il doit, comme il le dit, continuer à « travailler pour joindre les deux bouts ». Son entreprise a fait faillite, emportant au passage le fonds de pension qui y était rattaché ; l’argent qu’il y a versé pendant plus de trente ans s’est évaporé. Il n’a plus rien...
Le plus souvent, en effet, il existe une retraite publique pour limiter (un peu) les dégâts. Si la pension de base ne représente que 20 % environ du salaire d’activité en Grande-Bretagne, elle atteint 35 % aux Etats-Unis, et elle varie de 40 %, pour un couple disposant du salaire moyen, à 70 %, pour une personne ayant le salaire minimum, aux Pays-Bas. Il reste que, pour la plupart des salariés de ces pays, leurs futures retraites s’effondrent en même temps que les marchés financiers.
La glissade atteint déjà des proportions gigantesques : selon le cabinet d’audit américain Watson Wyatt, la valeur des fonds de pension a régressé de quelque 2 800 milliards de dollars, au niveau mondial, entre 1999 et 2002. Plus de dix fois le budget de la France. L’économiste Christian E. Weller fixe la perte moyenne pour un ménage américain disposant de fonds de pension à 43 % (. Et ce n’est pas fini.En fait, les salariés ne sont pas tous logés à la même enseigne, car ces fonds ne fonctionnent pas toujours selon les mêmes mécanismes. Pour simplifier, on peut dire qu’il en existe deux catégories : les fonds de pension à contribution définie et les fonds à cotisations définies. Les premiers assurent au cotisant une rente dont le montant est garanti par l’employeur (souvent 70 % ou 75 % du salaire d’activité). Pour l’épargnant, le résultat est assez proche du système par répartition, à cette différence près que l’argent récolté est placé en Bourse, et parfois en actions de l’entreprise. Lorsque celle-ci s’effondre, la catastrophe est au rendez-vous. C’est ce qui s’est passé chez Enron.Avec les fonds de pension à cotisations définies, le cotisant n’est plus assuré de rien. Ce qu’il touchera en fin de course dépend entièrement du niveau des taux d’intérêt et des actions au moment de son départ. C’est donc le salarié qui prend tous les risques...

Ces systèmes favorisent également l’insécurité sociale : on sait ce que l’on verse, mais pas ce que l’on va toucher. Les gestionnaires des fonds concernés brandissent les études montrant que, sur une longue période, les actions rapportent toujours. En réalité, tout dépend du moment du départ en retraite. S’il se situe en pleine hausse boursière, le calcul de la rente ou du capital versé sera au zénith. En période de débâcle, il sera au plus bas. L’économiste américain Christian E. Weller a calculé qu’en ayant économisé la même somme pendant quarante ans un retraité parti en 1966 avait doublé sa mise. Dix ans plus tard, un retraité partant dans les mêmes conditions ne touchait plus que 40 % de ce qu’il avait versé .

Responsable à la direction des fonds de pension de la Caisse des dépôts et consignations, M. Xavier Pétrolen le reconnaît : « Même sur des durées de portage très longues de vingt à trente ans, on peut avoir des rendements négatifs à la Bourse. » C’est la grande différence entre le régime par capitalisation et le régime par répartition : parce qu’il est lié à la volatilité des marchés, le premier ne peut pas apporter la sécurité, alors que le second, garanti par l’Etat et par l’ensemble des actifs, le peut...

Enfin, ces systèmes privés coûtent cher à l’Etat et aux régimes sociaux. En 2002, les exonérations de charges fiscales et de cotisations dont ont bénéficié les fonds d’épargne salariale représentent à elles seules la moitié du déficit de la sécurité sociale (4,5 milliards d’euros). Comme le fait remarquer M. Pierre-Yves Chanu, spécialiste des fonds de pension, conseiller de la Confédération générale du travail (CGT), « cela cannibalise le système », qui voit ses ressources, et donc sa capacité à répondre aux besoins, se réduire. ..La retraite par capitalisation n’est pas seulement économiquement absurde, socialement dangereuse et moralement injuste. A terme, son extension peut conduire à une implosion de la retraite par répartition, pourtant plus sûre et plus efficace." (Martine Bulard)

-Ségolène Royal ou les fonds de pension en douce
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-DEROUTE DES FONDS DE PENSION


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