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mercredi 21 janvier 2009

Aide aux banques: qui va payer ?

"Comment expliquer aux citoyens français que l'Etat -(c'est à dire nous les citoyens) - vient de prêter 10,5 milliards d'€ à ces banques, et qu'il s'apprêter à leur accorder une nouvelle ligne de crédit de 10,5 milliards, que ces établissements prêtent toujours aussi peu d'argent aux entreprises en difficulté et aux particuliers"

-"le bilan de la BNP Paribas c'est 1 800 milliards d'€, quasiment le PIB de la France. Voilà la preuve que ces 10 milliards d'€de fonds propres en plus ou en moins ne font aucune différence "Nicolas Sarkozy qui entend "moraliser le capitalisme" ne craint donc pas d'abreuver en fonds publics ces établissements bancaires qui ,pendant des années, ont engrangé des milliards de profits." (J.Marseille)


Banques: l'argent de l'Etat servira-t-il les actionnaires? | Mediapart:

"...De plus en plus de voix à gauche mais aussi dans la majorité s'étonnent de l'étrange mansuétude dont fait preuve l'Etat à l'égard des banques qu'il secourt. Les conditions devraient être un peu durcies dans le deuxième volet du plan de sauvetage bancaire, en cours de discussion. Mais pour beaucoup, les contreparties demandées par l'Etat sont encore très loin de ce qu'il serait en droit d'exiger contre 21 milliards d'euros d'aides....
Toutes les banques s'en tiennent à une position de principe, celle du droit des sociétés: les dividendes sont votés par l'assemblée générale des actionnaires sur proposition du conseil d'administration. En langage décodé, cela ressemble à une fin de non-recevoir. L'Etat n'étant pas actionnaire des banques, il n'a pas à se mêler de leur politique de distribution et de rémunération....
Que feront-elles? Les comptes n'étant pas encore arrêtés, il est difficile de savoir si toutes résistent à la tourmente financière. Mais une chose est sûre: si leur résultat le leur permet, les banquiers verseront des dividendes à leurs actionnaires. C'est ce qu'avait laissé entendre BNP Paribas dès l'adoption du plan: «Cela ne remet pas en cause notre politique de dividende», s'était alors félicitée la banque...
Une grande partie du monde bancaire est persuadée que la fin de la crise va se traduire par de nouvelles concentrations bancaires. Dès lors, chacune s'efforce de constituer des forces, de s'assurer des fidélités. Même si celle des actionnaires est toute relative: dans une bataille boursière, l'argument d'une prime l'emporte bien souvent sur un supposé affectio societatis. Qu'importe! Il faut plaire aux actionnaires. ...
Dès le lancement du plan de sauvetage bancaire, cette situation était prévisible. D'emblée, le gouvernement français a choisi de se lier les mains, et de renoncer à toutes ses prérogatives. Une démarche inverse à celle de tous les autres gouvernements. Parce qu'ils estimaient impossible de verser de l'argent public sans surveiller son utilisation, les gouvernements américain, anglais, allemand – qu'on ne peut guère soupçonner de vues étatistes – ont tous exigé d'être actionnaires, d'entrer au conseil, et ont imposé de fortes limitations sur les rémunérations voire la suppression des bonus.
L'Etat français, largement inspiré par le monde bancaire en général, et par Michel Pébereau, président de BNP Paribas en particulier, n'a rien demandé de cela. Il a refusé d'être actionnaire, d'entrer au conseil, et n'a assorti ses aides d'aucune limitation sur les rémunérations. L'auto-régulation du monde bancaire devait suffire à garantir le bon emploi de l'argent public...
Les banques ne sont pas les seules à avoir ce traitement privilégié. L'Etat envisage d'apporter plusieurs milliards d'aides au secteur automobile, dans le cadre d'un plan qui doit être annoncé le 20 janvier. De même, il compte racheter plusieurs milliers de logements pour aider les promoteurs à traverser la crise immobilière. A chaque fois, il s'agit d'argent public. Mais il semble qu'à aucun moment, le gouvernement n'ait envisagé de demander des restrictions sur le versement des dividendes ou sur les rémunérations des dirigeants à tous les groupes automobiles ou immobiliers qui en bénéficieront."
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Question à 1 000 milliards de $...
quel journal a-t-il osé titrer:

"le moment est venu d'envoyer Wall Street en prison"L'odieux coupable n'est autre que le très sérieux mensuel américain "Fortune", la bible du capitalisme anglo-saxon, celui qui publie chaque année le classement des plus gros comptes en banque de la planète.Fortune va même plus loin en sous-titrant "rendez l'argent"Sous entendu: vous, messieurs les actionnaires, qui vous êtes goinfrés de dividendes indécents pendant des années, vous messieurs les patrons, qui vous êtes gavés de revenus démentiels, vous messieurs les traders, messieurs les managers de Fonds spéculatif, qui avez été rassasiés de bonus obscènes, vous messieurs les chefs d'entreprise, qui avez bénéficié de subventions publiques et d'exonérations fiscales en tout genre, vous messieurs les banquiers, que les Etats sont en train de sauver de la faillite à coup de milliards...L'heure est enfin venue de partager et de redistribuer...osons dire...de faire preuve de solidarité, pour ne pas dire de civisme Selon le quotidien " les Echoss" les trois plus grandes banques françaises ( BNP Paribas, Société générale et Crédit Agricole ) vont dégager en 2008, 9 milliards de € de profits. Résultat inouï, sidérant, suffocant même, dont le tiers au moins, sera reversé sous forme de dividendes aux actionnaires.( Le secteur financier, de dérégulation en déréglementation, a pu acquérir, relativement à l'économie réelle, une prépondérance inconnue jusqu'à présent. Alors que les profits de la finance ne représentaient que 14% du total réalisé par les entreprises américaines en 1960, ce chiffre atteignait 37% en 2007.)

Comment expliquer aux citoyens français que l'Etat -(c'est à dire nous les citoyens) - vient de prêter 10,5 milliards d'€ à ces banques, et qu'il s'apprêter à leur accorder une nouvelle ligne de crédit de 10,5 milliards, que ces établissements prêtent toujours aussi peu d'argent aux entreprises en difficulté et aux particuliers.Situation inexplicable, injustifiable, insupportable.L'Etat va de nouveau recapitaliser les banques françaises pendant que celles-ci, comme si de rien n'était, s'apprêtent à distribuer des dividendes himalayens.Or ces banques disposent d'une autre source de financement à toute épreuve : La Banque Centrale Européenne (B.C.E) qui leur a ouvert comme jamais les vannes du crédit pour éviter la rupture totale des circuits financiers tant redoutée après la faillite de l'américain Lehman Brothers, le 15 septembre dernier.Depuis l'automne, les réseaux bancaires français ont obtenu plus de 20 milliards des fonds d'épargne de la Caisse des dépôts qu'elles ont ensuite prêtés, du moins on l'espère, aux PME au bord de l'asphyxie. Mieux encore,depuis le 1er janvier, toutes les banques commerciales ont désormais le droit de distribuer le livret A, autrefois monopole de la Caisse d'épargne, de la Poste et du Crédit mutuel.

Même Jacques Marseille, économiste et essayiste apprécié de la droite la plus libérale, s'étouffe à l'idée d'un tel gâchis "le bilan de la BNP Paribas c'est 1 800 milliards d'€, quasiment le PIB de la France. Voilà la preuve que ces 10 milliards d'€de fonds propres en plus ou en moins ne font aucune différence "Nicolas Sarkozy qui entend, affirme-t-il "moraliser le capitalisme" ne craint donc pas d'abreuver en fonds publics ces établissements bancaires qui ,pendant des années, ont engrangé des milliards de profits. Ainsi, BNP Paribas, qui fut longtemps figure de modèle ; de 2003 à 2007, a banque présidée par Michel Pébereau, par ailleurs conseiller du prince et de ses ministres, a dégagé près de 30 milliards d'€ de bénéfices nets. Sur la même période, 11,5 milliards ont été versé sous fore de dividendes et près de 5 milliards ont été consacrés aux rachat d'actions. Au total, ce sont 16,5 milliards qui ont été versés aux actionnaires. Plus de la moitié des bénéfices !Cette hémorragie a fragilisé les fonds propres de l'entreprise, alors même que son bilan grossissait avec la bulle.La solvabilité de la banque s'est fortement dégradée, son ration passant de 9,5% en 2003 à 5,9% fin 2008.En décembre dernier, BNP Paribas a donc reçu un premier chèque de 2,55 milliards de la part de la société de prise de participation de l'Etat (SPPE).

Ce prêt n'est assorti d'aucune obligation, (hormis le versement d'un intérêt de 8%). Rien n'oblige les banques à utiliser cet argent frais pour faciliter l'accès au crédit des entreprises en particulier.Mieux, les banques pourront, si elles le souhaitent, rembourser ces "obligations convertibles" à leur guise, voire les conserver "ad vitam eternam".Bref l'Etat est incapable de dire comment cet argent sera utilisé.Dans cet étrange contexte, les patrons seront aussi bien servi que les actionnaires. Le gouvernement avait promis que, grâce au code de bonne conduite du Medef, on verrait enfin disparaître bonus extravagants, parachutes dorés choquants retraites chapeau démesurées et stock-options déraisonnables; Une enquête du cabinet Hewitt Associates contredit ce voeu pieux. C'est ce que disait déjà, en décembre dernier, la Compagnie nationale des commissaires aux comptes. Pourquoi se gêner, d'ailleurs, puisque le gouvernement repousse chaque mois l'idée de légiférer...!

(Millésime)
-Le tour de passe-passe des bonus, par Nicolas Dupont-Aignan
-Aide aux banques : des fonds propres... un peu sales ?
-Qui paiera la dette de la crise?
-Deuxième vague d’effondrements bancaires | AgoraVox
-Recherche Google : aide aux banques
-Un Sarkozy bancal sur l’aide aux banques
-C.Lagarde conditionne l'aide aux banques
- Phase IV de la crise systémique : Début de la séquence d'insolvabilité globale:
"..Et 2009 est l'année qui va obliger tous les acteurs économiques à tenter d'évaluer concrètement l'état de leur solvabilité, sachant que nombre d'actifs continuent encore à perdre de la valeur. La difficulté est qu'un nombre croissant d'opérateurs ne font plus confiance aux indicateurs et instruments de mesure traditionnels. Les agences de notation ont perdu toute crédibilité. Le Dollar US n'est plus qu'une fiction d'unité de mesure monétaire mondiale dont nombre d'Etats tentent de se dégager au plus vite (6). Donc toute la sphère financière est à juste titre suspectée de n'être plus qu'un immense trou noir. Pour les entreprises, plus personne ne sait si les carnets de commande sont fiables (7) puisque, tous secteurs confondus, les clients annulent massivement les commandes (8) ou n'achètent plus, même quand les prix sont cassés, comme le confirme la forte baisse des ventes de détail de ces dernières semaines (9). Et pour les Etats (et autres collectivités publiques), c'est dorénavant l'effondrement des recettes fiscales qui fait craindre une envolée des déficits pouvant entraîner là aussi des faillites. D'ailleurs, des milliardaires russes (10) aux pétromonarchies du Golfe arabique en passant par l'Eldorado commercial chinois (11), ce sont toutes les « poules aux œufs d'or » des entreprises et des établissements financiers de la planète (et notamment européennes, japonaises et nord-américaines (12)) qui s'avèrent désormais insolvables ou tout juste solvables. La question de la solvabilité de l'état fédéral et des états fédérés américains (13) (comme de celle de la Russie ou du Royaume-Uni) commence d'ailleurs également à être posée dans les grands médias internationaux ; tout comme d'ailleurs celle des grands fonds de pension par capitalisation, grands acteurs de l'économie globalisée de ces vingt dernières années."

-Jusqu'à quand l'Amérique trouvera-t-elle des prêteurs ?
- Evans-Pritchard : de sérieuses inquiétudes pour la Livre Sterling
-Roubini : les pertes peuvent atteindre 3600 milliards, le système bancaire US est virtuellement en faillite
-Lorsque le pouvoir politique se heurte à celui des marchés financiers... | Mediapart
-Sauver les banques, et après ? par Paul Jorion

- Banques zombies et retour du culte du Vaudou, par Paul Krugman
-Les banquiers de la honte

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