Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

dimanche 25 janvier 2009

Democratie en lambeaux...

...Et fédération des mécontentements

"Où sont annoncées les lois à venir ? Sur le perron de l’Elysée, à la Cour de cassation, en conférence de presse. Quand j’entends la parole élyséenne, je sais ce que sera la loi. Et cela me rappelle l’axiome de l’ancien droit : “Si veut le Roi, si fait la loi
(R.Badinter)



Robert Badinter : Nous vivons dans une monocratie:



"Le président de la République nous dit qu’il s’agit de mettre fin à l’hypocrisie de la nomination par le CSA. Mais la question n’est pas là. L’essentiel est de garantir l’indépendance de l’audiovisuel public. A cet égard, la nomination par l’exécutif est un retour en arrière. Il n’y a aucun doute possible. Que ce choix soit soumis à l’avis du CSA ne change rien. Il y a une grande différence entre choisir entre une série de candidats après auditions publiques et se prononcer sur un seul candidat proposé par le président de la République. Vous n’êtes plus, si j’ose dire, à la carte, mais au menu. Et même au plat unique ! Quant au contrôle du Parlement, c’est un leurre. Si l’approbation devait se faire à la majorité des 3/5 des commissions des Affaires culturelles des deux assemblées, c’est-à-dire si l’opposition était nécessairement associée au choix, celui-ci aurait le mérite d’être consensuel. Mais, en l’occurence, c’est l’inverse qui a été décidé : pour que le choix du président de la République soit refusé, il faut qu’il le soit par 3/5 des membres des deux commissions ! En fait, ce qu’il aurait fallu, c’était renforcer l’indépendance du CSA en confiant la nomination de ses membres aux parlementaires votant à la majorité des 3/5.

Cette affaire conforte l’idée que nous vivons actuellement dans une monocratie. Notre système institutionnel se résume au pouvoir d’un seul, indiscutablement élu par le peuple. Où sont annoncées les lois à venir ? Sur le perron de l’Elysée, à la Cour de cassation, en conférence de presse. Quand j’entends la parole élyséenne, je sais ce que sera la loi. Et cela me rappelle l’axiome de l’ancien droit : “Si veut le Roi, si fait la loi”. »

Total contrôle:

C'est un arbre vénérable, aux racines profondes mais au feuillage ­léger : l'Arbre de la liberté qu'on plantait jadis sur les grand-places et que les bourrasques de l'Histoire ont tour à tour ployé et redressé. Depuis que Nicolas le jardinier s'en est vu confier l'entretien, un méchant coup de froid s'est abattu sur lui : des branches cassent, les libertés publiques se ramassent à la pelle. Pluie de lois répressives votées par le Parlement, création d'une ribambelle de délits, alourdissement des peines, augmentation spectaculaire des gardes à vue et des condamnations pour outrage, multiplication des expulsions, des atteintes au droit d'expression et à la présomption d'innocence : Gnafron joue du bâton ! Et certains craignent qu'il ne s'attaque au tronc.-« Tous paranos ! » affirment des défenseurs de cette politique sécuritaire. Peut-être, mais l'Histoire nous y autorise. Quand le chef de l'Etat endosse un costume de justicier, il n'est pas interdit de suivre le conseil de Marc Crépon : « La question qui hante, qui devrait hanter toute démo­cratie, écrit le philosophe dans son ­dernier essai, La Culture de la peur, pourrait être la suivante : comment être sûr que les mesures de sécurité qui sont prises pour répondre aux présupposées peurs des citoyens ne portent pas en elles une insécurité plus grave encore que celles qu'elles prétendent combattre ? » Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme sécuritaire. Qu'il se montre hyper­actif sur ce front ne surprend donc personne. Et la Constitution lui en donne le droit. Mais ces lois, ces pratiques et ces discours mettent-ils les libertés fondamentales en danger ? Il nous arrive de le penser, et pas seulement en nous rasant...


- le Parlement retrouvé ? | AgoraVox:
"...Qu’est-ce que par essence le Parlement comme son nom l’indique, en effet, sinon le lieu où les représentants élus de la nation se parlent, c’est-à-dire débattent ? Or l’article 13 de la loi organique en cours de discussion restreint le droit de parole et donc d’amendement qui est un droit constitutif du Parlement quand il élabore la loi. Lui ôter le temps de parole nécessaire revient à museler l’Opposition.
M. Emmanuelli a fait valoir son expérience d’ancien président de l’Assemblée. Il a rappelé qu’il avait dû, en menaçant de démissionner, s’opposer au gouvernement et au président de la République qui souhaitaient couper court au débat sur la révision constitutionnelle nécessitée par le traité de Maastricht, au début des années 90. Car, à l’époque, c’était l’Opposition de droite qui pratiquait l’obstruction, comme l’Opposition de gauche aujourd’hui. M. Emmanuelli a souligné que dans la constitution de la 5ème République, l’Opposition n’a pas d’autre moyen de se faire entendre. Il a concédé volontiers que cette obstruction peut prendre des formes ridicules. Mais, il ne faut pas perdre de vue l’essentiel, : « Derrière des formalismes ridicules, a-t-il averti avec force, il y a une réalité politique qui ne l’est pas ». Et cette obstruction n’est pratiquée que sur des sujets jugés cruciaux, à droite comme à gauche..."(P.V.)

-Droits de l'homme : un recul généralisé en France | Rue89:
"...A cette asphyxie démocratique s’ajoute en France un activisme présidentiel appuyé sur une véritable stratégie de déconstruction sociale. Cette stratégie s’engouffre dans les brèches sociales, en stigmatisant les « assistés » et les « racailles ». Elle profite des appétits personnels et de la déconfiture idéologique pour pratiquer l’« ouverture », atomisant du même coup les partis et brouillant l’offre politique. Enfin, elle décrédibilise l’Etat en le désengageant du terrain politico-social au profit de régulations marchandes, et en utilisant le bloc police/justice pénale comme un outil exclusivement répressif. Le patchwork idéologique présidentiel, mêlant moralisme traditionnel et discours postmodernes, répond à l’individuation sociétale par un individualisme antipolitique..."

-Nicolas Sarkozy et les droits de l'Homme : bilan du premier tiers du quinquennat
-Gérard Mordillat : « On organise la ruine du service public » | Rue89
-M. Bayrou : "Les atteintes aux libertés se multiplient de façon inquiétante"
-La dictature soft à la Française | AgoraVox
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-Le front des refus s’organise :
«l’Appel des appels» que nous publions aujourd’hui est-il un événement qui dépasse de loin le jeu du mécontentement catégoriel. Depuis de longs mois, nombre de professions, souvent vouées au service public, manifestent leur opposition. Elles usent de protestations classiques, mais aussi d’un langage et de méthodes dont la radicalité doit être méditée, alors même que leurs porte-parole ne sont pas forcément des militants organisés. Les psychiatres, les professeurs, les magistrats, les créateurs on tous un motif d’exprimer leur refus et leur revendication, quand ce n’est pas leur révolte. Il y a là un phénomène politique qui n’émane pas du monde des élus, des responsables de partis ou de syndicats. Il vient de la société..."
Désobéissance civile: l'arme des désespérés?

-L'«appel des appels» vise à la convergence des colères sociales | Mediapart:

La convergence des multiples inquiétudes catégorielles réveillées à la suite des réformes engagées ou annoncées de l'Education nationale, l'audiovisuel public, la santé, la justice... commence à s'opérer.Ce rassemblement est initié par Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie à l'université d'Aix-Marseille (Bouches-du-Rhône) et Stefan Chedri, psychanalyste et enseignant à l'université de Paris-IV.Roland Gori en explique ci-dessous l'objectif :Cette convergence se traduit d'ores et déjà par un texte commun, l'Appel des appels, qui n'entend pas seulement s'en prendre au travail du pouvoir en place mais plus largement critique l'«idéologie de "l'homme économique"» au nom de laquelle «le pouvoir défait et recompose nos métiers et nos missions en exposant toujours plus les professionnels et les usagers aux lois "naturelles" du marché»Pour les pétitionnaires, elle est à l'œuvre – notamment et en vrac dans les nouveaux programmes scolaires et l'aide personnalisée à l'école, dans le statut de l'enseignant-chercheur et le démantèlement du CNRS, dans la tarification à l'acte à l'hôpital, dans la remise en cause des modalités de l'hospitalisation d'office en psychiatrie, etc. Et de façon moins catégorielle, on la retrouve aussi dans le dépistage précoce des "troubles du comportement" chez l'enfant.Pour Roland Gori, les divers dispositifs visentà «l'apprentissage à la servitude volontaire"

-Appel des appels : un SOS désespéré et pluriel des acteurs de la République | AgoraVox
-Obama fait douter Sarkozy-Président sans boussole
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Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien."Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé".(Victor HUGO, dans "Napoléon, le petit", réédité chez Actes Sud)

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- Une lenteur soudaine
- Le Président et ses chaînes

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