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jeudi 19 février 2009

Classer le vivant ?



Fascinante biodiversité...

"L'homme donna des noms à tous les bestiaux et à toutes les bêtes sauvages." Ainsi, nous dit la Bible, Adam prit-il symboliquement possession du monde. Comme le "premier homme" mythique, le zoologue se donna d'abord pour mission de répertorier le monde vivant, son domaine. Pour ce faire, il lui fallait définir les principes d'une classification, et ensuite regrouper les animaux selon ces critères. Après de très nombreuses tentatives, ce fut le naturaliste suédois Karl von Linné (1708-1778) qui établit les bases de l'actuelle classification du monde animal. En effet, au milieu du XVIIIe siècle, le catalogue des espèces connues était assez vaste et les connaissances anatomiques suffisamment développées pour permettre de dégager des principes qui n'ont guère varié depuis. Cependant, la tâche n'était pas aisée, similitude et différence étant parfois trompeuses. Il fallait un critère efficace de sélection: ce fut l'espèce.
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"Face à la foisonnante diversité du vivant, classer a toujours été une préoccupation ancienne des hommes. C’est Aristote qui est un des premiers à avoir proposé une classification. Il a été suivi par beaucoup d’autres dont les plus connus sont Linné, Buffon, Lamarck, Cuvier … Charles Darwin a proposé, en cohérence avec sa théorie sur l’origine des espèces, que les classifications reflètent les liens de parenté entre les organismes et l’histoire de l’évolution. Willi Hennig, peu après la dernière guerre mondiale, a systématisé l’idée postulée par Darwin en regroupant les organismes surleurs caractères communs transmis par des ancêtres communs : c’est la classification phylogénétique. A chaque fois, ces illustres scientifiques, pour proposer leurs modèles, ont utilisé les connaissances et méthodes disponibles de leur époque. Cela explique aisément
l’évolution souvent radicale des systèmes proposés. Cela n’a pas été sans révisions parfois douloureuses des conceptions anciennes et des difficultés ou même des résistances à l’enseignement des nouvelles..
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" La systématique, cette science de la classification, et son enseignement ont fait leur saut quantique…. Elles n’ont plus rien à voir avec ce qu’elles étaient dans un passé récent ! Il ne s’agit plus de classer pour trier, ranger, repérer, engranger ou pour… le plaisir de classer ! Il s’agit de répertorier pour comprendre, pour comprendre une histoire. Et par n’importe laquelle : celle de la Vie, celle des êtres vivants. Les résultats sont décapants, mais tellement plus formateurs que la connaissance des pièces buccales d’un crabe ou du nombre des sépales d’un coquelicot ! Désormais –il faudra s’y faire- les poissons n’existent plus… Les termes de "reptiles" ou d’"invertébrés" n’ont plus aucun sens, du moins sur le plan scientifique. Pire, les dinosaures n’ont pas disparu !… Les crocodiles sont plus proches des oiseaux que des lézards..."

La spéciation, et le flou du concept d’espèce | AgoraVox

"...Le concept d’espèce... n’est rien d’autre qu’une commodité pratique. Déjà Lamarck, qui occupait la chaire de zoologie des animaux inférieurs, en observant des séries de fossiles de mollusques présentant des changements graduels, se demandait s’il s’agissait vraiment d’espèces différentes, ou alors si des mollusques avaient pu être modifiés au fil des couches géologiques qu’il observait. Ce qui l’amena à énoncer « La nature n’a fourni ni classe, ordre, ni genre, ni espèces constantes […] les espèces se fondent les unes dans les autres. »Darwin, lui, en lieu et place des pinsons (qui ne sont là que pour amuser la galerie de l’évolution) s’est intéressé aux pigeons. Membre d’une société colombophile de Grande-Bretagne, il se rend compte que présenté comme des individus sauvage, un ornithologiste hésiterait certainement à les classer tous dans la même espèce. Il consacre d’ailleurs plusieurs pages à leur sujet dans l’origine des espèces. Pareil pour les botanistes : l’un de ses collègues dénombre cent quatre-vingt deux plantes anglaise, et un autre deux cent cinquante et une. L’un de ces messieurs serait-il distrait ou l’autre fumerait-il certains de ses sujets d’étude ? Même pas. Simplement, de nombreuses formes sont dites « douteuses » faisant qu’on a du mal à dire si ce sont vraiment des espèces ou juste des variations. (Dans le même ordre d’idée, on pense tous savoir ce qu’est un chien, mais comment prouver sans les croiser qu’un caniche nain et un molosse sont de la même espèce ?)

D’où cette affirmation du grand Charles :

« [le concept d’espèce] est arbitrairement donné par pure commodité. »


-LECOINTRE Guillaume, "Comprendre et enseigner la classification du vivant"

-Classification scientifique des espèces>>Portail:Biologie>>Biogéographie - Wikipédia
-Classification des espèces
-Le Règne animal, classification des animaux
-Classification phylogénétique

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