Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 14 avril 2009

Rage et désespoirs américains

La pauvreté n'est pas une fatalité, mais l'aboutissement d'un système

Quand la majorité des Américains comprendra cela, beaucoup de choses pourront changer là-bas...
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-"Aux Etats-Unis, les 20 % des ménages les plus pauvres ne disposent que de 3,4 % de l’ensemble des revenus, mais les 5 % les plus aisés en perçoivent 21,2 %. A eux seuls, les 20 % les plus riches perçoivent près de la moitié du revenu national."

-"...Durant l’année budgétaire débutée en octobre, 28 millions de personnes aux États-Unis utiliseront les coupons distribués par le gouvernement pour pouvoir acheter l’essentiel dans les commerces d’alimentation."

-"From where I sit, “Depression Fury” has only just begun. Let’s hope that the country can pull itself out of the economic quagmire before more people with nothing to lose decide to take out their economic frustrations on innocent victims – or themselves."-Kathy Sanborn-









Si la révolte venait, la verrions-nous venir?:
"La chanteuse Kathy Sanborn propose l’expression “Depression Fury”. Désignée par certains comme “the American Enya”, elle est la fondatrice du genre Organic Protest Music. («People ask me how to describe Organic Protest Music. It's authentic. Organic Protest Music has a lot of heart and soul, and the lyrics are about important topics like peace and social conscience.») Très peace & love et new age, Sanborn annonce-t-elle un renouveau d’une musique populaire engagée comme il y eut, sur un mode pathétique et tragique, lors de la Grande Dépression, – racine incontestable du protest song désespéré?Son texte parle donc du désespoir des Américains, de leur rage et de leur fureur, sur CounterPunch le 8 avril 2009. Ce n’est pas une opportunité des temps commerciaux, il y a de la réalité derrière tout cela. Sanborn s’est documentée, outre d’offrir une évolution intéressante du langage...
Sanborn s’attache à détailler les appréciations statistiques du “désespoir économique” qui commence à s’installer aux USA, avec des effets dans les domaines du suicide, des crimes, des actes de violence gratuite suscités par des psychologies déséquilibrées et pressées par les conditions sociales. Sanborn conclut: «From where I sit, “Depression Fury” has only just begun. Let’s hope that the country can pull itself out of the economic quagmire before more people with nothing to lose decide to take out their economic frustrations on innocent victims – or themselves.»L’idée du désordre psychologique, avec des effets de violence sociale commence en effet à toucher l’évaluation générale. Le 10 avril 2009, le Times de Londres publie un texte sur les tueries aux USA, qui se multiplient, – actes de désespoir, de folie, de fureur, etc. «The US economic crisis and soaring job losses have brought a rash of killings across America with at least 58 fatalities in eight incidents over the past month.»...
Si sa dynamique d’aggravation se poursuit, des accidents majeurs sont possibles, dont on ne peut prédire quelle forme ils auront; il pourrait même s’agir d’une déstructuration souterraine du fragile tissu social, rendant la collectivité US de plus en plus vulnérable. L’éventuelle amélioration de la situation économique qui est déjà annoncée, y compris par le biais de campagnes quasi automatiques du système, comme à l’habitude, de virtualisation de la situation, par “mésinformation”, désinformation, etc., n’améliorera pas nécessairement cette situation. Il peut se créer un phénomène parallèle et antagoniste de contraction de la crise et d’élargissement du malaise, créant un sentiment encore plus fort de rupture de solidarité de la population avec le système: contraction de la crise financière et, éventuellement, de la crise économique au bout d’un certain temps, élargissement des effets au niveau des citoyens, avec les conséquences au niveau psychologique. Le fait que le sentiment (plus que l’“opinion”, nous semble-t-il) des citoyens US vis-à-vis du binôme antagoniste capitalisme-socialisme soit si peu conforme à l’habituelle sanctification du système capitaliste est à notre sens l’effet du malaise psychologique qui frappe la population.
La question qui se pose est de savoir si cette évolution, qui se fait sous nos yeux avec l’étrange privilège qui nous est donné de pouvoir la mesurer, constitue ou non une réponse à cette autre question : “Se révolteront-ils” ?.-
-Recession blamed for sharp increase in shooting sprees

-Une grève dans le Bronx | Mediapart
>Stella Doro Strike 2008 |
- Oregon Unemployment Rate Ties Record High in 60+ Years

-Des poulaillers en ville comme antidote à la crise américaine | Rue89:
"Jusqu »à dix poules par foyer. Pas de coq. Autorisation administrative requise. Vente des œufs interdite : Durham, en Caroline du Nord, vient de rejoindre le club très fermé des villes américaines qui autorisent leurs riverains à élever des gallinacés pour mettre du beurre dans les épinards....Pareille querelle ne peut se comprendre sans connaître l'histoire de Durham (218 000 habitants) et de ses sensibilités raciales à fleur de peau. Toute proche de Raleigh, la capitale de Caroline du Nord, Durham a été une ville industrielle qui a employé des dizaines de milliers d'ouvriers (noirs la plupart du temps) dans ses usines de transformation du tabac et ses manufactures textiles.Ces deux industries s »étant complètement effondrées, les usines ont fermé les unes après les autres, laissant autant de chômeurs noirs sur le carreau. Pour le coup, les solides institutions financières créées et toujours contrôlées par la communauté noire de Durham ont également réduit la voilure...
. Vous avez d'un côté des pauvres qui n'ont pas les moyens de s'approvisionner en bonnes choses au supermarché ; de l'autre des gens instruits, soucieux de la qualité de leurs aliments, souvent impliqués dans la défense de l'environnement (un souci encore très largement réservé à une certaine classe sociale). Ces deux groupes ont trouvé leurs chevaliers dans Hens.Sauf que ce retour des poules dans les arrière-cour ravive de mauvais souvenirs chez certains blacks. Dans les années 30, 40 et 50, au temps de la ségrégation, les gens survivaient tant bien que mal en cultivant des potagers et en récoltant leurs œufs...."
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-USA : séisme social
- USA : inégalités

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