Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

mardi 30 juin 2009

Madoff: grandeur et décadence...


Produit d'un système

"Je suis désolé" ...(Madoff)

"...Qu'a fait Madoff ?
Il a utilisé son nom, son aura, sa crédibilité, pour dire à un premier zozo "Prête moi 10 000 $, je te garantis 10%".La première année, il verse effectivement 1000$ d'intérêts au zozo. Mais pas sur le résultat d'éventuels placements bien pensés... sur ces propres 10 000 $ ! Il lui reste 9 000. Il trouve 9 autres zozos... "prête moi 10 000 blabla, 10%". Il leur verse leur 1000 chacun, et paye les 1000 d'intérêts du premier sur les 90 000 qu'il vient d'encaisser. Et ainsi de suite jusqu'à 50 Mds de dollars. Et que fait-il si jamais le premier vient lui réclamer sa mise de départ ? Il lui rend l'argent... des autres. ça fonctionne extrêmement bien tant que tout le monde ne vient pas retirer son pognon en même temps..."_________

-"En quoi donc les pratiques habituelles de Wall Street sont-elles différentes de l’affaire Madoff ? Eh bien, M. Madoff aurait apparemment sauté quelques étapes, en se contentant de voler l’argent de ses clients plutôt que d’empocher de gros frais de gestion tout en les exposant à des risques qu’ils ne comprenaient pas. Et alors que M. Madoff était apparemment conscient de sa fraude, de nombreux gestionnaires de Wall Street croyaient en leur talent. Pourtant, le résultat final est le même (prison mise à part) : les gestionnaires de fonds s’enrichissent et les investisseurs voient disparaître leur argent." (P. Krugman)
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-Madoff, miroir d’une économie américaine devenue folle:
"... C’est l’économie américaine dans son ensemble, tonne-t-il, qui ressemblait à une gigantesque escroquerie à la Ponzi, faite d’endettement et d’effet de levier, à laquelle se sont adonnés sans retenue les ménages, les banques, les entreprises et le gouvernement. Tous, peu ou prou, n’étaient plus à même d’honorer ni le principal ni les intérêts sans une perpétuelle et trompeuse réévaluation à la hausse de leur patrimoine, et la faillite était inévitable. Avec l’éclatement des bulles le roi est nu, constate Roubini, qui appelle ses concitoyens à avoir le courage de reconnaître cette vérité dérangeante. « Madoff, c’est nous, et Monsieur Ponzi, c’est nous ! »Les Américains ont vécu dans une économie de la bulle à la Madoff et Ponzi depuis une décennie, voire plus. Madoff est le reflet de l’économie américaine et de ses agents endettés à l’excès : un château de cartes bâti à coup d’effet de levier sur effet de levier par les ménages, le secteur de la finance et les entreprises, et qui s’écroule, désormais...."
- Bernie Madoff, bouc-émissaire commode, par Michael Moore:
"...Elie Wiesel voyait en lui un « Dieu ». Les investisseurs l’appelaient un « génie ». Mais, comme le dit justement le vieil adage campagnard, on ne sait jamais réellement ce qui se passe derrière des portes closes.Bernie Madoff, depuis 20 ans au moins, se livrait à une escroquerie pyramidale sur des milliers de clients, avec parmi eux des gens que vous et moi aurions considéré comme les meilleurs et les plus brillants. Des chefs d’entreprise, des célébrités, des organismes de bienfaisance, même certains de ses proches et son avocat se sont embarqués dans cette aventure (ce doit être la première fois qu’un avocat est victime de son client).Nous assistons de toute évidence à des années historiques, transformant la donne : le puissant tombe au plus bas, le rouge devient bleu, et le noir est président. En dehors du président Obama lui-même, personne sera plus emblématique que Bernard Laurent Madoff de ces années de la fin du capitalisme tel que nous le connaissions...
Et que dire des clients de Madoff eux-mêmes ? Qu’est-ce qu’ils s’imaginaient quand on leur garantissait d’incroyables retours sur leurs investissements chaque année - alors que personne d’autre sur la planète Terre n’obtenait rien de tel ? Certains ont reconnu qu’ils avaient l’intuition que « quelque chose se passait », mais aucun ne voulait vraiment savoir ce qui permettait à leur argent de pousser sur les arbres. Ils avaient peur de découvrir que cela n’avait rien à voir avec l’art du jardinage. De nombreuses victimes de Madoff ont déclaré aux enquêteurs qu’au fil des ans, ils ont investi bien au delà de la somme qu’ils avaient confié à Bernie à l’origine. Si j’achète à un gars dans la rue une voiture volée, la police saisira cette voiture même si je ne savais pas qu’elle avait été volée. Et si je savais qu’elle avait été volée je peux aller en prison pour recel. Est-ce que ces « victimes » restitueront les gains qui ont été obtenus frauduleusement ? Le patron de Goldman Sachs révèlera-t-il les raisons de sa présence lors des réunions avec le président de la Fed et le secrétaire du Trésor avant le renflouement ? Bank of America nous fera-t-elle le plaisir de nous dire comment elle a dépensé les 45 milliards de notre argent reçu du TARP ?...Ce serait sans doute trop demander. Mieux vaut se contenter de ne mettre que Bernie sur cette liste..."
-Bernard Madoff, grandeur et décadence d'un financier mystificateur
-Madoff condamné, le mystère reste entier
-Madoff | Rue89
-Les victimes de Bernie Madoff n’auront droit qu’à des peanuts
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L'effet Madoff
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Un banquier avoue

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