Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

vendredi 31 juillet 2009

Fait(s)divers

Gestion par le stress

-France Télécom: un salarié se suicide et met en cause sa hiérarchie:
"Dans le courrier laissé à sa famille, le cadre marseillais de 51 ans évoque l'«urgence permanente», la «surcharge de travail», l'«absence de formation», la «désorganisation totale de l'entreprise» et le «management par la terreur...»
-France Télécom reconnaît le stress subi par ses salariés | Eco89









-[C dans l'air - France 5-Suicide en entreprise]
- Suicides en série chez Renault à Guyancourt
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-La peur n'est pas un mode de management:
"...« C’est quand on arrive le matin à son travail la peur au ventre que l’on donne le meilleur de soi-même » affirmait récemment un ancien dirigeant d’un grand groupe équipementier automobile. Eh bien non ! Autant sur le plan éthique que sur le plan économique, il n’est pas acceptable que la peur soit érigée en mode de management de l’entreprise."
-Le Management par la peur:
"...Combien de collègues de boulot, techniciens, secrétaires, ingénieurs, cadres dirigeants aussi, qui se sont vu débarqués du jour au lendemain ? Dans des circonstances humainement douloureuses et contestables. Leurs travails n’étaient ils pas à la hauteur des exigences de la Direction ou des actionnaires ? Parfois, ce n’était même pas le cas. Mais soit incompatibilité d’humeur, soit une phrase qui a déplu à la Directrice Générale… Je me souviens de ce jeu à la machine à café : on pariait sur qui sera le prochain sur la liste. Je me souviens des soirées chez mon amie à Marseille : te souviens tu quand je tournais dans ton appartement, tribule et whisky à la main, persuadé que mon CDD renouvelable tous les mois arrivait à son terme ? Que ce serait à mon tour de passer par la case “dehors” ?..."
-Le_management_par_la_terreur_en_10_leçons:
"...le discours officiel rempli de sérénité et d’apaisement est en contradiction totale avec la réalité immédiate des collaborateurs : en effet, la situation personnelle de chacun est précaire, la sérénité laisse le pas à la crainte, la nervosité, la peur : peur de l’avenir, peur d’autrui, peur de soi-même (de ne pas être à la hauteur mentalement, physiquement). En réalité c’est cette peur que l’on tente par notre modèle de créer, car cette dernière nous permet de contrôler les esprits et de les obliger à donner le meilleur d’eux-mêmes. De plus, la contradiction entre le discours officiel et la réalité des salariés empêche toute rébellion, car on donne l’impression que tout va de soi et qu’ainsi si il y a un problème, il ne peut venir que de l’individu isolé et non de la structure en ellemême..."
-« Notre organisation du travail est basée sur des techniques de management brutales »:
"...Depuis une quinzaine d’années nous constatons une hausse des pathologies psychiques. Cela correspond à la mise en place d’une organisation du travail basée sur des techniques de management brutales. Les rythmes se sont intensifiés. On emploie des moyens primitifs pour faire pression et accroître les rendements des salariés. Nous sommes dans le tout quantitatif, dans une logique de gestionnaire. Les salariés viennent dans nos consultations car ils sont affectés par le sale boulot qu’ils doivent accomplir. Ils doivent donner toute leur énergie pour réaliser une tâche le plus vite possible, avec peu de moyens et peu importe le résultat. L’objectif est que le travail soit fait et non qu’il soit bien fait.
A la lecture des guides de management, on constate que tout cela se fait avec le consentement de l’encadrement. ..."
-Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés:
"...La peur est devenue une pièce maîtresse dans le fonctionnement du système. Ce maniement managérial de la peur et de la menace au licenciement pousse les gens à travailler à plein régime et c’est un des rouages essentiels à l’efficacité du système. On exige de ceux qui travaillent des performances toujours supérieures en matière de productivité, de disponibilité, de discipline et de don de soi.Ceux qui travaillent vivent dans une peur permanente. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de perdre son statut, peur de perdre sa place. La peur s’inscrit dans les rapports de travail. Elle engendre des conduites d’obéissance, de soumission et d’individualisme.
Dans ce nouveau système de management basé sur la peur au licenciement, la tolérance à l’injustice, la souffrance personnelle et la souffrance infligée aux collègues sont devenues des situations ordinaires..."

>>le travail c’est (pas) la santé


-Christophe DEJOURS " SOUFFRANCE EN FRANCE LA BANALISATION DE L’INJUSTICE SOCIALE ":
"...La flexibilisation c’est un processus plus large que la flexibilité. Sa caractéristique principale : l’individualisation des personnes au travail. C’est la mise sur la même plan des employeurs et des employé-es. La force, la puissance est inégale, c’est l’illusion d’un contrat égal entre des puissances disproportionnées. Ce fait est dénoncé depuis longtemps les critiques du capitalisme (Bakounine, Marx et les autres).
En Angleterre la flexibilisation s’est appuyée sur un discours ouvertement néolibéral. En France elle s’est développée quelques années plus tard avec un discours de progrès social, discours véhiculé par la gauche. C’est au nom de l’individu-e, de son autonomie que la législation à temps partiel a été adoptée au début des années 80. Ce sont deux variantes du même processus.
Ceci passe par des modalités pratiques très différentes : temps partiels, contrat à durée déterminée, stage, intérim, augmentation de la période probatoire avant l’embauche définitive, etc. Il y a une augmentation du temps de mise à disponibilité des travailleurs-euses pour l’employeur : passage de 5 à 6, voire 7 jours de possibilité de travail dans la semaine, annualisation, augmentation de la plage horaire de disponibilité dans la journée, lutte contre l’absentéisme, etc. La durée du travail change, elle est morcelée pour les temps partiels (caissières par exemple), elle augmente pour les cadres. On ne doit pas non plus oublier la tendance à transformer les salariè-es en travailleur-euses indépendant-es à leur compte.
_On constate plusieurs processus conjoints dans cette flexibilisation : l’atomisation des individu-es entre eux ou elles, l’implication plus grande des personnes. Cette implication demande une intériorisation plus grande des normes du combat pour la compétitivité, une adhésion aux valeurs du marché, de l’entreprise. Ceci se traduit dans le travail par une intensification physique et psychique de travail. Les contraintes physiques augmentent : gestes répétitifs très rapides, par exemple, avec les maux qui s’en suivent. La chasse aux temps non travaillés (pauses, mouvements inutiles, temps morts, etc.) est permanente. L’augmentation de la charge psychique est nette. La pression mentale est de plus en plus forte sur les personnes au travail. La société de l’information ce n’est pas seulement un mythe moderniste, elle a des effets pratiques puissants. Ceci passe par une la mobilisation de la subjectivité de plus en plus grande. Les conséquences sont connues des médecins du travail : sentiment de tête vide, l’anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, difficulté de concentration, prises de médicaments pour se calmer ou se stimuler, etc. Le sentiment de ne pas être à la hauteur, la sensation de ne pas pouvoir vivre sa vie sont assez communs. L’augmentation du nombre de dépressions peut être mise en relation avec la flexibilisation. La culpabilisation est forte surtout sur les personnes qui refusent, renâclent ou qui parfois osent se battre contre ces injustices. La déstructuration de la vie sociale due aux horaires flexibles peut entraîner une sensation de désocialisation. Comment s’occuper correctement de ses enfants avec ces horaires imbéciles ? Comment avoir une vie de couple si on se croise ? Comment avoir des ami-es quand on a des horaires qui changent tout le temps, qui ne sont pas en phase avec une vie sociale « classique » ?..."
-Le stress au travail
-Le stress au travail : pathologie ou symptôme ?
-Le travail rend les Français insomniaques
-Quand le stress au travail tue
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-Toyota mon amour

jeudi 30 juillet 2009

De livre en livre...


-"Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même". (D.Pennac)

-"Si vous possédez une bibliothéque et un jardin, vous avez tout ce qu'il vous faut." (Ciceron)

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Le livre a une histoire
Tout comme la lecture
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Du
plaisir aux "dangers" de la lecture
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L'histoire du livre - De l'invention de l'imprimerie à nos jours

-Le livre au Moyen-Age
-Projet Gutenberg
-Gallica
-Livres en ligne


-Sur les livres...

mercredi 29 juillet 2009

Russie: menace démographique?

La vodka n'explique pas tout...





-Un déclin démographique qui pose problème-
_________Des chiffres qui peuvent inquiéter______
____Une démographie problématique___

>Où va la RUSSIE ?
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Vivre et mourir en Russie - AgoraVox:

"La Russie irait mal, elle serait sur la pente descendante et tous les efforts faits actuellement pour la transformer en un géant économique moderne seraient menacés par la régression démographique. Presque partout ailleurs dans le monde, c’est le phénomène inverse qui menace. La surnatalité absorbe la croissance de l’Afrique même dans les pays qui arrivent encore à croître comme l’Ouganda ou le Ghana. L’Inde et la Chine malgré leurs efforts ne sont pas à l’abri d’un redémarrage de la croissance de la population avec des hommes surnuméraires condamnés au célibat et à l’onanisme. Le Bangladesh, le Nigeria, l’Egypte deviennent des fourmilières. La Russie se singularise par une décroissance démographique et un surplus de femmes. Catastrophe annoncée, pas si sûr.
Si l’on se réfère à l’article de Marie Jégo, la nouvelle prospérité russe risque d’être mise à mal à terme par le déclin de la population. L’article du quotidien le Monde est sobre et possède le mérite de ne pas tomber dans le sensationnel. Le phénomène est plus ancien cependant, mais il est souvent de bon ton de critiquer dans la presse la Russie en décrivant le pays actuel sous son aspect le plus noir et de faire état de la mafia, de la violence et de l’atavisme un leitmotiv capable d’expliquer tous les malheurs de la Russie. Ces critiques sont hélas souvent plus proche du fantasme que de la réalité. La population baisse en Russie, c’est un fait, l’espérance de vie des hommes est au plus bas, mais le pays est-il au bord de la catastrophe inéluctable, rien n’est moins sûr.
Certes, « il existe un solde négatif et une baisse durable de la population, passée de 148,9 millions d’habitants au début de 1993, à 141,9 millions en avril 2009, selon le comité d’Etat aux statistiques (Rosstat) ». Mais essayons d’analyser cette situation.
Selon l’Article du Monde :
L’alcool serait à l’origine de 500.000 décès par an !
Non sans humour (ou alors il est involontaire), le porte-parole de la Chambre civique déclarait que l’"épidémie d’alcoolisme a débouché sur le fait que la mortalité des hommes en liberté est trois fois supérieure à celle des hommes de la même tranche d’âge qui sont en prison". De là à mettre en tôle tous les hommes pour qu’ils arrêtent de s’en prendre une, de tôle, il n’y a qu’un pas. Mais si une Bachelot russe décidait subitement de l’incarcération de tous les grands buveurs (majeurs comme mineurs) comme mesure de santé publique, les « droits de l’hommistes » et même les Verts du monde occidental crieraient à l’infamie et à l’atteinte aux libertés. La prison n’est donc pas la solution idéale au sevrage, ni en Russie, ni ailleurs.
L’alcool serait aussi à l’origine de la criminalité et du suicide, (80% des meurtriers seraient ivres et 40% des suicidaires). Mais l’alcool est-il une cause de crime ou de suicide ou bien les assassins et les suicidaires se donnent-ils le courage du passage à l’acte en buvant ? Les deux options sont valables et ne sont point contradictoires. Car il est des hommes qui n’auraient jamais été violents s’ils étaient restés à jeun, mais d’autres qui boivent sans se bagarrer. Et puis, la société russe accepte beaucoup plus la violence et la force physique comme moyen d’expression naturelle des conflits entre individus, du moins beaucoup plus que les Européens d’aujourd’hui, qu’ils soient scandinaves ou latins. Les politiciens russes, qu’ils soient sobres ou quelquefois bourrés, cela arrive de temps en temps à la Douma, n’hésitent pas à faire le coup de poing dans l’hémicycle sans que cela choque particulièrement les Russes.
La vodka n’explique pas tout !
Le déficit natalité/mortalité :
La natalité européenne est faible, tant en Russie qu’en Espagne, Italie ou Allemagne. Elle est de 1.4 par femme en Russie, ce qui met ce pays dans la moyenne basse européenne. Seule la France possède depuis peu un regain démographique et une relativement importante natalité (au début surtout d’origine immigrée, la natalité gagne de plus en plus la population de souche en France depuis une dizaine d’années). Ce qui caractérise la Russie, c’est la forte mortalité, en particulier celle des hommes. Si l’on en croit l’article du Monde,"Un homme sur trois meurt entre 20 et 60 ans. Si nous ne venons pas à bout de ce problème, la population va décroître encore plus vite". L’homme jeune est donc une denrée rare, ce qui entraîne des veuves et des célibataires en surnombre.
Encore, selon l’article, "Les enjeux de la crise démographique en Russie" qui a été publiée, en juin, Les hommes russes ont aujourd’hui une espérance de vie de 61,4 ans (73 ans pour les femmes) alors qu’elle était de 63,8 ans dans les années 1960 (75 ans dans les pays développés).58.8 ans. Le jeune adulte russe serait donc une espèce en voie de disparition. On peut se demander pourquoi. La population russe décline, et pourtant le gouvernement fait tout pour inciter les Russes à avoir des enfants : prime à la naissance du deuxième enfant de plus de 7000 euros, allocations familiales doublées. Mais ce que font timidement les mères, les hommes le gaspillent en ayant le mauvais goût de mourir jeunes. Et puis, l’argent ne fait pas tout en la matière. Les Japonais ont bien plus de moyens, mais ne font pas d’enfants. Ils ont par contre un record de vieillards et de centenaires qui pèsent de plus en plus sur l’économie du pays. Et ils ont en commun avec les Russes une défiance envers l’émigration. ...
De quoi meurent donc les hommes en Russie ? D’alcoolisme, de tabagisme, d’une alimentation inadaptée dit l’article. Cela est vrai dans une certaine proportion, mais il faut aussi prendre en compte une plus grande prise de risque au quotidien. Risque qui est quasiment éradiqué en occident au nom du principe de précaution, du fait de lois répressives sur l’alcool, le tabac, la sécurité routière. Et aussi, il ne faut pas le nier la dévirilisation de la société occidentale ne permet plus les audaces des Russes. Cette mode n’a pas encore atteint la Russie, la conduite sportive, les excès de vitesses, les bagarres, les comportements téméraires, le sentiment qu’il ne faut pas prendre trop de précautions interviennent aussi dans la mortalité. Un sociologue russe disait d’ailleurs il y a quelques années que l’homme russe vis-à-vis du danger se comportait souvent encore adulte comme un adolescent ou un militaire. Se faire tuer dans une rixe par inadvertance lors d’une fête n’entraîne que rarement une vive réprobation, sauf si des Caucasiens y sont mêlés, entre Russes, cela est presque naturel. On ne parle pas de roulette russe pour rien, ce « sport » n’aurait jamais pu être conçu en Suisse.
L’Union Soviétique regorgeait de médecins et de centres de santé. Il y aurait beaucoup à dire sur la qualité et l’efficience des ces soins, mais la médecine russe existait bel et bien ainsi que les services sociaux et du temps du communisme, l’accès aux soins était une réalité. Et puis, il existait une médecine de pointe et des scientifiques de renom international. Aujourd’hui, la médecine n’a pas disparue du paysage russe, mais l’entrée du pays dans le modèle libéral fait que l’accès aux soins n’est pas identique pour tous. Certains services sont devenus obsolètes et inadaptés et certains Russes n’ont plus les moyens d’accéder aux médicaments et aux soins.
La correspondante du Monde reconnaît que : « Contrairement à une idée reçue, cette crise démographique n’a pas débuté avec la difficile transition économique et politique des années 1990. "Le pays ne participe plus à la baisse générale de la mortalité depuis plus de quarante ans",… ».
Le système médical soviétique n’était pas idéal, il s’est effrité au fil des ans, il a vu arriver un nouveau déclin sanitaire, mais il n’était pas non plus catastrophique. Le communisme soignait imparfaitement tout le monde, le nouveau régime par excès de privatisation, ne permet qu’à certains d’avoir accès aux soins.
D’autres phénomènes participent aussi à l’augmentation de la mortalité. En Russie, le Sida est d’apparition plus tardive qu’en Occident, mais il fait désormais des ravages comme dans les prisons, où il est souvent associé à la tuberculose multi résistante.
La toxicomanie aux drogues dures injectables peut aussi expliquer une surmortalité chez les jeunes (overdoses, septicémies et Sida).
Sans compter le nombre élevé de handicapés, environ 13 millions, souvent des victimes d’accidents domestiques ou de la route.
Il n’est pas certain que le déficit en hommes puisse être compensé par l’émigration étrangère. Contrairement aux idées reçues, la Russie accueille déjà sur son territoire de nombreux étrangers dont une majorité vient des anciennes républiques de l’Union Soviétique, devenues indépendantes. En 2008, la Russie comptait quelques 10 millions d’émigrés. Cela fait au bas mot, 7% de la population du pays, ce qui est loin d’être négligeable.
Selon le Monde : « L’hostilité tenace de la population à l’égard des migrants et l’absence de consensus sur ce sujet font obstacle ».
La venue de migrants Chinois, il en arrive de fait plusieurs milliers chaque année en Extrême-Orient russe, ou Indiens (ils ne viennent pas encore), deux pays présentant un déficit en femmes, n’est non plus une solution au problème démographique, avant tout pour des raisons culturelles et d’acceptation par l’immense majorité de la population russe.
L’église orthodoxe envisage même d’évangéliser les Chinois pour mieux les intégrer, mais le résultat pour l’instant est mince. Dionissi Pozdniaïev, chargé des communautés orthodoxes de Chine, déclarait en 2006, « J’estime que l’attitude envers les Chinois s’améliorera en Russie s’ils acceptent la religion orthodoxe et s’ils en parlent ouvertement. Il serait effectivement souhaitable d’éviter la création de communautés purement chinoises sur le territoire de la Russie, car l’Eglise se forme selon le principe territorial, et non pas ethnique ».
L’exemple de Khabarovsk, (cf. l’article du Figaro du 20 mai 2009, de Fabrice Nodé-Langlois) n’incite pas à voir l’immigration chinoise comme une solution au déficit en hommes en Russie et au déclin démographique. Cet autre article du Monde confirme cette impression.
La robotisation poussée à l’extrême au Japon permet de pallier le déficit des naissances. Mais la Russie ne peut hélas espérer le même résultat que les nippons. D’abord du fait de l’immensité du territoire et des faibles densités de population. D’autre part, les Japonais ont un excès de vieillards, ce que n’ont pas les Russes. La technologie russe est capable d’automatiser certaines activités et remplacer la main d’œuvre subalterne, mais elle ne peut l’obtenir aussi rapidement que son voisin oriental.
L’exportation de femmes russes :
Sur Internet et via des agences matrimoniales spécialisées, de nombreuses femmes russes se disent prêtes à quitter leur pays en vue d’accéder à de meilleures conditions d’existence en Europe occidentale, au Canada ou aux Etats-Unis. Cette pratique n’améliore en rien la situation démographique russe, car les partantes iront faire leurs enfants dans les pays d’où viennent ceux qui les ont choisies sur catalogues. Il serait plus judicieux de faire venir ces occidentaux en Russie, faciliter leur installation et leurs investissements par un système de primes et de prêts s’ils résident en Russie, et y travaillent avec des avantages fiscaux. L’intérêt serait double. D’abord un regain de natalité d’enfants vivant en Russie, donc parlant russe et en acquérant la culture et deuxièmement une diminution du nombre de femmes célibataires, sans pour autant pénaliser les hommes du pays qui ne sont pas assez nombreux. Enfin, les femmes russes connues pour leur caractère entier n’ayant pas la réputation de se laisser marcher sur les pieds et les occidentaux actuels venant de pays où la société se dévirilise de plus en plus, les nouveaux époux arrivant n’auraient ni la force ni l’audace d’imposer leur langue, leur culture et leur religion à leurs épouses et à leurs enfants. Cela conviendrait mieux aux aspirations de la population russe qui craint plus la perte identitaire que le métissage.
Le fossé démographique se creuserait donc dramatiquement de 700.000 chaque année, selon Vladimir Koulakov de l’Académie des sciences de Russie, même si les experts du Kremlin minimisent ce chiffre. En plus de la surmortalité masculine, la stérilité serait importante et l’avortement, bien que moins pratiqué que du temps soviétique serait encore non négligeable. Le niveau de vie s’accroît proportionnellement plus qu’en Occident, la crise actuelle est trop récente pour influer. Un nombre croissant de Russes vit mieux qu’avant, les vieux sont nettement moins bien lotis et les retraites sont faibles, mais si leurs conditions d’existences sont peu enviables, elles n’interfèrent pas sur la natalité. Les plus de soixante ans n’ont du fait de leur âge qu’un nombre négligeable d’enfants. Le problème vient des plus jeunes ayant une faible natalité probablement par choix. La liberté individuelle a donc un prix, celui de l’espérance de vie ! Et puis, partout sur la planète, l’accès à la consommation et au luxe diminue les ardeurs reproductives. L’enfant est un luxe pour le très riche et une catastrophe pour le pauvre qui vient de sortir de la misère.
Paradoxe apparent les Russes ne veulent pas beaucoup d’enfants, continuent à boire, à fumer, à prendre des risques dans leur vie quotidienne et ils n’en perdent pas pour autant la joie de vivre et une incroyable résistance à l’adversité. Les anciens parleront de l’âme russe romantique et fantasque, les psychologues qui nous pourrissent la vie en Europe utiliseront le terme de résilience.
La Russie en a vu d’autres depuis Ivan et Pierre le Grand, sans même parler de Staline. Elle saura s’adapter d’une façon ou d’une autre. Et puis de gens qui veulent coûte que coûte préserver leur mode de vie tout en faisant la fête ne peuvent être foncièrement mauvais..."(G.Yang)


mardi 28 juillet 2009

Rêve américain

L'usine à rêves, des origines à nos jours
__Une destinée manifeste?
____De la fondation à l'Empire








-Du
puritanisme des origines à la fascination contemporaine
-Origine du puritanisme
-Le calivinisme comme ciment
-Puritanisme et internationalisme

-Manifest destinity

-Les revers du rêve:
-USA: Obama et la santé
-USA: déclin programmé ?
-USA : séisme social
- USA : inégalités
-Colosse aux pieds d'argile?
-Howard Zinn: un Américain
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Le rêve américain : dissection - AgoraVox:

" « Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération : la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur. » (B.Obama)

Évoqué par un président métisse, beau et charismatique fraîchement élu, porté par la chaleur et le magnétisme de sa voix suave, le rêve américain ne peut exercer plus fortement son pouvoir mythique. Il ne peut être plus réel. Néanmoins, son sens reste toujours obscur. Comme si, du fait d’une utilisation récurrente et presque obsessionnelle, il n’était pas nécessaire de le définir.
-Qui voudrait d’un rêve pour trois dollars ? Qui peut encore, dans l’Amérique de 1931, alors en pleine Grande Dépression, croire que la prospérité est au coin de la rue, à portée de travail, de courage et de détermination ? Personne, calcule un éditeur. Il faut donc changer le titre de l’ouvrage qui lui a été proposé. The American Dream, une histoire des États-unis en un volume, devient The Epic of America [2].
Mais l’auteur, James Truslow Adams [3] - à qui l’on attribue la création de l’expression "rêve américain" [4], n’en démord pas : pas une ligne de son oeuvre ne sera modifiée. Son passage par la banque d’investissement - après des études de philosophie à Yale (!), lui permet de prendre ce risque. Ses arrières sont assurés. Sa motivation n’est pas pécuniaire. Il peut défendre son idée selon laquelle l’épopée américaine s’explique par l’existence d’un "rêve" :
... that American dream of a better, richer and happier life for all our citizens of every rank which is the greatest contribution we have as yet made to the thought and welfare of the world. [5]
Un rêve de dimension matérielle, et surtout spirituelle. Un rêve comme toile de fond du combat du quotidien, des privations, de la détresse éprouvée par les millions de victimes du marasme économique. Une réponse au vide moral creusé par l’avidité du milieu des affaires et le consumérisme ambiant. Un message d’espoir et de réconfort qui veut restaurer la confiance dans l’avenir, cruciale pour la reprise. Un héritage qui, James Truslow Adams en est convaincu, est la clé du sursaut. Son livre sera un succès. [6]
-Pour les tous premiers colons, des marchands aventuriers et des pauvres des campagnes de l’Angleterre, l’Amérique est un réservoir potentiel de richesses. Mais après quatre mois d’un voyage épuisant, la Compagnie de Virginie n’est pas au bout de ses peines. Jamestown [7] est une ville marécageuse très insalubre dans laquelle prolifèrent les maladies (scorbut, malaria, typhoïde, diphtérie etc.) qui déciment la population et l’empêchent de travailler. Ce qui fait dire au gouverneur de la colonie en 1611 que « chacun ou presque se plaint d’être ici ». Pas vraiment le rêve.
Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard que débarquent les colons qui vont être à l’origine du mythe américain. Ils sont des puritains, des dissidents persécutés par l’église anglicane officielle. Réfugiés en Hollande, ils décident de vendre leurs biens pour partir en famille, direction l’Amérique. Ils font étape en Angleterre, dans le port de Southampton, pour embarquer à bord du Mayflower (en 1620), qui doit les conduire en Virginie. Leurs motivations sont avant tout religieuses. Leur Amérique est rêve parce qu’échappatoire au cauchemar de l’intolérance et de l’oppression. Là-bas, les pèlerins pourront vivre leurs convictions en toute liberté et établir le royaume de Dieu sur terre. Une fois arrivés dans les territoires qu’ils baptiseront la Nouvelle-Angleterre - au lieu de la Virginie, ils découvrent une terre ingrate et isolée, un climat rude. Mais rien ne peut avoir raison de leur foi. Jamais les puritains ne doutent de leur succès. Chaque difficulté est surmontée en levant les yeux vers le ciel. C’est Dieu, qui a fait l’Amérique.
Cependant, derrière la lecture épique de cette histoire se cache une réalité moins reluisante. La traversée de l’Atlantique reste très éprouvante : l’insalubrité, la faim et la soif emportent souvent un voyageur sur dix. Sur place, les témoins déplorent la dépravation morale et dénoncent les nombreux adultères, l’indécence des tenues féminines, le développement de la prostitution etc. La pauvreté est souvent très mal vécue. Enfin, l’afflux constant d’immigrés d’origines de plus en plus diverses souffle sur les braises des tensions sociales. Les catholiques, les juifs, les irlandais et les pauvres forment la masse des indésirables. Les premiers puritains font montre d’une belle tolérance... à l’égard de leurs semblables.
Mais peu importe. Le décor est planté, le rêve est là et il magnétise déjà toutes les lettres qui sont envoyées en Angleterre. Celles-ci décrivent une terre magnifique, un jardin d’Eden qui apporte les trois bénédictions : la paix, la santé et l’abondance. Elles promettent à chaque immigrant une terre pour y construire sa maison, un champ propre à la culture et un pré le long du cours d’eau. Les âmes pieuses lisent cette publicité avec crédulité et sont irrésistiblement attirées. Plus rien ne les retient.
Deux cent ans plus tard - les années 1820, les lettres sont devenues des brochures qui parcourent toute l’Europe pour le compte des compagnies maritimes, des spéculateurs fonciers, des sociétés ferroviaires et des chefs d’entreprise qui ont besoin de main d’oeuvre et peuvent offrir des terres vacantes. Après les temps de l’indépendance [8] et la guerre de Sécession [9], l’immigration reprend donc de plus belle. Les histoires de self-made men (Carnegie [10], Rockefeller [11]) aiguisent les appétits des nouveaux arrivants en grande majorité sans qualification professionnelle. Ils espèrent, à force d’un labeur acharné, de frugalité et de sobriété, parvenir à la richesse - matérielle s’entend. Il s’agit de la deuxième version du rêve américain.
A la foi aveugle des pilgrims [12] se substitue tout un édifice philosophique : le darwinisme social. Cette doctrine est celle de Herbert Spencer, un philosophe anglais du XIXème siècle. Celui-ci explique grosso modo que la lutte pour la survie théorisée par Darwin [13] est également à l’oeuvre dans la société des hommes. Dans le capitalisme sauvage de la révolution industrielle états-unienne [14], la bataille du quotidien voit ainsi triompher les plus forts qui sont les plus doués, les plus méritants. Mais c’est la loi de la nature. Cette idée plutôt simple en apparence inspire les grands industriels de l’époque - Carnegie a révélé en avoir été illuminé, et sera chérie et développée par l’élite intellectuelle du pays.
Et comme d’habitude, les tenants du mythe omettent de découvrir le serpent derrière les fleurs : les millionnaires produits par la sélection "naturelle" le sont assez souvent devenus en utilisant les pires méthodes et se séparent très vite de l’ascétisme dont ils se parent volontiers devant leurs admirateurs. Ils prêchent, de surcroît, la liberté d’entreprendre tout en construisant des trusts prédateurs et liberticides.
C’est du côté que personne n’attend, d’une industrie que personne n’attend, et par l’action d’individus que personne n’attend que surgit la version moderne du rêve américain : Hollywood. Quelques juifs d’Europe centrale - Carl Laemmle (Universal Pictures), Adolph Zukor (Paramount Pictures), William Fox (Fox Film Corporation), Louis B. Mayer (Metro Goldwyn Mayer), Benjamin Warner (Warner Brothers) - qui ont pour trait commun une enfance vécue dans l’indigence, fondent dans la première moitié du XXème siècle l’empire des studios de cinéma, lequel sera jusqu’à aujourd’hui le principal vecteur de la culture américaine. Les projecteurs transmettent les images d’une Amérique parfaite fantasmée par ces hommes qui sont en quête d’anoblissement. Leur complexe d’infériorité vis-à-vis de l’establishment new yorkais les pousse à maquiller la réalité, à en recouvrir la moindre impureté. La pauvreté, l’alcoolisme et les violences domestiques sont très peu reflétés par les caméras. Avec l’arrivée du costume designer au sein des productions, le vêtement de scène n’est déjà plus celui de la ville et les films commencent de véhiculer des modes vestimentaires inaccessibles pour la majorité.
Ce matraquage marketing opéré par les studios, combiné avec l’émergence du tayloro-fordisme [15] et la réduction de la durée de vie des produits, engendre une certaine manière de vivre américaine, un certain art de vivre (!) consumériste : l’American Way of Life. La famille américaine modèle appartient à la classe moyenne. Le père et la mère, qui se sont rencontrés au lycée ou à l’université (et qui s’aiment toujours), et leurs deux enfants vivent dans une maison Levitt [16] située dans les suburbs [17]. Devant le garage trônent deux (au moins) magnifiques voitures flambantes neuves - très vraisemblablement de marque Ford, Chrysler ou General Motors. A l’entrée flotte un imposant drapeau américain gage d’un patriotisme sans faille. Les progrès techniques comblent la famille : le réfrigérateur, le lave-vaisselle et le lave linge facilitent la tâche de la mère au foyer ; papa s’est offert un rasoir électrique et peut désormais arriver à l’heure au bureau - il ne se coupe plus ; les enfants découvrent la radio, le poste de télévision couleur, et la publicité.
L’Amérique des trente glorieuses [18], en particulier, baigne dans le mythe de l’abondance cher à Jean Baudrillard [19]. Les malls, les grands magasins, les rues commerçantes et leurs étalages assènent « l’évidence du surplus, la négation magique et définitive de la rareté » [20]. Ils miment une « nature retrouvée, prodigieusement féconde » [21] - peut-être celle décrite par les premières lettres envoyées en Angleterre trois cent ans auparavant. Vus par un homme qui a connu la pénurie, la misère et le goulag de l’autre côté du rideau de fer, les États-unis ne sont pourtant pas le pays du rêve. L’Amérique est, pour Soljenitsyne [22], un supermarché ambulant dont l’impératif de consommation piétine toute dimension spirituelle. Une société matérialiste à l’excès créatrice de frustrations et de malheur. Dans Revolutionary Road [23], le romancier américain Richard Yates montre comment la douce léthargie du quotidien, son confort et la sécurité qu’il procure peuvent brider et emprisonner des individus mus par la fantaisie. Son jeune couple, bien conscient de l’illusion et de l’impossibilité du modèle américain, ne parvient pourtant pas à y renoncer.
Mais la classe moyenne n’est pas la plus à plaindre. Car le projet américain a toujours compris, depuis ses origines, son lot de laissés pour compte. Comment ne pas rappeler, tout d’abord, que les colonies ont été bâties en spoliant les Indiens déjà sur place, lesquels, s’ils osaient manifester la moindre réticence - et même s’ils n’osaient pas, étaient massacrés ou repoussés plus à l’Ouest - pour être massacrés un peu plus tard. Quant à ceux qui y échappèrent, ils furent décimés par les maladies, l’alcool et les armes. La naissance des États-unis repose donc en grande partie sur un génocide.
Leur développement économique et surtout agricole a eu pour socle une autre méthode douce : l’esclavage. Dans le cadre du commerce triangulaire [24], les descendants de Cham [25] étaient amenés par bateau pour travailler dans les plantations de coton, de tabac, de canne à sucre, de riz et de chanvre. Ils représentaient, dans certains états du Sud, plus de la moitié de la population. En dépit de l’abolition de l’esclavage, le racisme et la ségrégation légale puis de facto continuèrent de répandre du sel sur les plaies. Jusqu’au fameux discours de Martin Luther King - I have a dream [26] - et le concept de nouvelle frontière [27] - New Frontier - de John F. Kennedy qui revendiquent tous deux le rêve pour tous, sans considération de race ni de couleur de peau. Considérations qui, finalement, ont pris toute leur importance dans l’établissement des politiques de quotas de l’Affirmative Action [28].
Le critère éternellement discriminant reste, en définitive, le niveau de revenu. L’Amérique n’a jamais su ni jamais réellement voulu protéger ses pauvres de l’appétence de ses puissants. Des premiers indigents, dont les puritains regrettaient qu’ils ne se résolvent à leur sort, aux travailleurs pauvres modernes surexploités, surendettés, et souvent en surpoids, en passant par les misérables Okies [29] expropriés à l’usure magnifiquement dépeints par John Steinbeck dans Les raisins de la colère, il n’a jamais fait bon être pauvre aux États-unis. Malgré la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la promotion de l’esprit d’entreprise, la mobilité sociale américaine est une chimère : elle est la deuxième plus basse des pays à haut revenus - après le Royaume-Uni. Pas vraiment de quoi pavoiser.
L’épaisse couche de fard qu’est le rêve américain ne résiste pas à l’éclairage des faits. L’Amérique est maquillée comme une voiture volée dont la couleur originelle apparaît à qui se donne la peine de gratter. L’élection de Barack Obama est le dernier coup de peinture en date, celui qui permet encore d’affirmer que le projet américain est « quelque chose de plus grand que la somme (des) ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l’appartenance à une faction » [30]. Celui qui permet de redonner consistance à un hypothétique rêve.
Certes, tout n’est pas noir en Amérique. Et pourtant. Difficile de ne pas y voir l’intolérance des communautarismes, la violence, le consumérisme poussé à son paroxysme, la négation du spirituel. L’empilement branlant des ambitions personnelles. Une minorité qui vit son rêve, et une majorité aliénée qui se contente de le rêver. (Romain LEFFERT)

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lundi 27 juillet 2009

Retour aux analyses marxiennes?

Quel retour?

Marx, penseur de la crise
"N'écoutez pas les marxistes, lisez Marx"(M.Rubel)

Que peuvent nous réapprendre les analyses de l'auteur du Capital?
Nouvel alibi ?
ou
Retour capital?

Opportunisme symptomatique?
"Le nom du philosophe et économiste allemand, mort en 1883 à Londres et célèbre pour sa critique du capitalisme, est revenu dans la bouche des politiques et des experts avec l'intensification de la crise financière. Fin septembre, le ministre des Finances allemand, Peer Steinbrück, avait ainsi estimé, dans une interview au Spiegel, que "certaines parties de la théorie de Marx ne sont pas si fausses" comme celle selon laquelle le capitalisme finit par s'auto-détruire à force d'avidité. A la même époque, le chef de l'église anglicane, l'archevêque de Canterbury Rowan Williams, notait dans l'hebdomadaire The Spectator que Karl Marx a "fait remarquer il y a longtemps la façon dont un capitalisme débridé peut devenir une sorte de mythe, attribuant réalité, pouvoir et moyen d'action à des choses qui n'ont pas d'existence par elles-mêmes". (Challenges)

-Réconcilier économie et philosophie-
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«Marx n’a jamais été aussi utile»:
"La crise économique mondiale est une crise du capitalisme. Ce n'est pas la première, bien sûr, mais pour l'économiste Samir Amin, elle pourrait être l'occasion de remettre en cause les fondements-même du capitalisme. Pour sortir, non pas de la crise du capitalisme, mais du capitalisme en crise.
e principe de l’accumulation sans fin qui définit le capitalisme est synonyme de croissance exponentielle, et celle-ci, comme le cancer, conduit à la mort. Stuart Mill, qui l’avait compris, imaginait qu’un « état stationnaire » mettrait un terme à ce processus irrationnel. Keynes partageait cet optimisme de la Raison. Mais ni l’un ni l’autre n’était équipé pour comprendre comment le dépassement nécessaire du capitalisme pourrait s’imposer. Marx, en donnant toute sa place à la nouvelle lutte des classes, pouvait par contre imaginer le renversement du pouvoir de la classe capitaliste, concentré aujourd’hui dans les mains de l’oligarchie.
L’accumulation, synonyme également de paupérisation, dessine le cadre objectif des luttes contre le capitalisme. Mais celle-ci s’exprime principalement par le contraste grandissant entre l’opulence des sociétés du centre, bénéficiaires de la rente impérialiste et la misère de celles des périphéries dominées. Ce conflit devient de ce fait l’axe central de l’alternative « socialisme ou barbarie ».
Le capitalisme historique « réellement existant » est associé à des formes successives d’accumulation par dépossession, non pas seulement à l’origine (« l’accumulation primitive ») mais à toutes les étapes de son déploiement. Une fois constitué, ce capitalisme « atlantique » est parti à la conquête du monde et l’a refaçonné sur la base de la permanence de la dépossession des régions conquises, devenant de ce fait les périphéries dominées du système.
Cette mondialisation « victorieuse » a prouvé être incapable de s’imposer d’une manière durable. Un demi siècle à peine après son triomphe, qui pouvait déjà paraître inaugurer la « fin de l’histoire », elle était déjà remise en cause par la révolution de la semi périphérie russe et les luttes (victorieuses) de libération de l’Asie et de l’Afrique qui ont fait l’histoire du XXème siècle – la première vague de luttes pour l’émancipation des travailleurs et des peuples.
L'accumulation par dépossession se poursuit sous nos yeux dans le capitalisme tardif des oligopoles contemporains. Dans les centres la rente de monopole dont bénéficient les ploutocraties oligopolistiques est synonyme de dépossession de l'ensemble de la base productive de la société. Dans les périphéries cette dépossession paupérisante se manifeste par l'expropriation des paysanneries et par le pillage des ressources naturelles des régions concernées. L'une et l'autre de ces pratiques constituent les piliers essentiels des stratégies d'expansion du capitalisme tardif des oligopoles.
Dans cet esprit, je place la « nouvelle question agraire » au cœur du défi pour le XXIème siècle. La dépossession des paysanneries (d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine) constitue la forme majeure contemporaine de la tendance à la paupérisation (au sens que Marx donne à cette « loi ») associée à l’accumulation. Sa mise en œuvre est indissociable des stratégies de captation de la rente impérialiste par les oligopoles, avec ou sans agro-carburants. J'en déduis que le développement des luttes sur ce terrain, les réponses qui seront données à travers elles à l’avenir des sociétés paysannes du Sud (presque la moitié de l’humanité) commanderont largement la capacité ou non des travailleurs et des peuples à produire des avancées sur la route de la construction d'une civilisation authentique, libérée de la domination du capital, pour laquelle je ne vois pas d'autre nom que celui du socialisme.
Le pillage des ressources naturelles du Sud qu'exige la poursuite du modèle de consommation gaspilleuse au bénéfice exclusif des sociétés opulentes du Nord annihile toute perspective de développement digne de ce nom pour les peuples concernés et constitue de ce fait l'autre face de la paupérisation à l'échelle mondiale. Dans cet esprit la « crise de l’énergie » n’est pas le produit de la raréfaction de certaines des ressources nécessaires à sa production (le pétrole bien entendu), ni davantage le produit des effets destructeurs des formes énergétivores de production et de consommation en vigueur. Cette description – correcte – ne va pas au-delà des évidences banales et immédiates. Cette crise est le produit de la volonté des oligopoles de l’impérialisme collectif de s’assurer le monopole de l’accès aux ressources naturelles de la planète, que celles-ci soient rares ou pas, de manière à s’approprier la rente impérialiste, quand bien même l’utilisation de ces ressources demeurerait ce qu’elle est (gaspilleuse, énergétivore) ou serait soumise à des politiques « écologistes » correctives nouvelles. J'en déduis également que la poursuite de la stratégie d'expansion du capitalisme tardif des oligopoles se heurtera nécessairement à la résistance grandissante des nations du Sud.
La crise actuelle n’est donc ni une crise financière, ni la somme de crises systémiques multiples, mais la crise du capitalisme impérialiste des oligopoles, dont le pouvoir exclusif et suprême risque d’être remis en question, cette fois encore, à la fois par les luttes de l'ensemble des classes populaires et par celles des peuples et nations des périphéries dominées, fussent elles en apparence « émergentes ». Elle est simultanément une crise de l'hégémonie des Etats-Unis. Capitalisme des oligopoles, pouvoir politique des oligarchies, mondialisation barbare, financiarisation, hégémonie des Etats-Unis, militarisation de la gestion de la mondialisation au service des oligopoles, déclin de la démocratie, pillage des ressources de la planète, abandon de la perspective du développement du Sud sont indissociables.
Le vrai défi est donc le suivant : ces luttes parviendront-elles à converger pour ouvrir la voie – ou des voies – sur la longue route à la transition au socialisme mondial ? Ou demeureront-elles séparées les unes des autres, voire entreront-elles en conflit les unes contre les autres, et de ce fait, inefficaces, laissant l’initiative au capital des oligopoles ? ..."

-Quelle régulation pour sortir de la crise ?
-Les défis de la mondialisation

dimanche 26 juillet 2009

Déréglement agroalimentaire?

"La faim n'est pas une fatalité ni non plus un hasard malheureux. La faim est une politique, menée avec un cynisme croissant. L'expression «géopolitique de la faim», forgée par Josué de Castro au Brésil pour désigner le sort des populations privées de tout accès à la nourriture pour des raisons politiques, n'a jamais cessé depuis d'être d'actualité." (J.Julliard)


"
« Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlez la population. » Henry Kissinger (1970)








OGM, solution (finale) à la surpopulation - AgoraVox:

Depuis qu’Henry Kissinger énonçait il y a 40 ans cette implacable lapalissade et programme géopolitique bien connue, les USA se sont agités de part le monde pour mettre en place un contrôle stratégique sur les régions productrices d’or noir...Comme le rappelait George Bush Jr plus récemment à propos des US « Nous sommes accrocs au pétrole ». Cette idée s’impose dans les faits à l’ensemble des nations, inutile de revenir là dessus.Côté nourriture, la problématique devient plus sensible pour deux raisons qui ont encore très peu sauté aux yeux de cette minorité occidentale que nous sommes.

  • C’est tout d’abord une question de santé et de survie pour chacun de nous. En cas de pic pétrolier, l’individu lambda, aura de gros problèmes et se mettra vraisemblablement très en colère...Que la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire se dérègle, et beaucoup tomberont malade. Que cette chaîne s’interrompe, et beaucoup mourront.

  • La qualité de la nourriture conditionne aussi la santé de la population. Cette question est souvent considérée comme secondaire, dans la mesure ou pour beaucoup, la quantité prime sur la qualité. Pas forcement une question liée au degré de pauvreté et de creux dans l’estomac... mais les plus pauvres de ce monde ont tendances à devenir soit squelettiques, soit obèses.- Du champs à l’assiette. Quelle agriculture ?-La chimie, la santé et l’agroalimentaire sont les marchés les plus puissants et les plus omnipotent au monde. Le fantasme de Robert Shapiro, ancien PDG de Monsanto, de voir les industries de la santé, de l’agriculture et de l’agro-alimentaire se fondre en un seul corps tentaculaire est dans les faits pratiquement abouti, et réalisé par les principaux groupes de ce secteur.Monsanto s’est dans ce but allié au laboratoire américano-suédois Pharmacia & Upjohn (P&U) en 1999, donnant le groupe Pharmacia Corp. qui fut racheté en 2002 par Pfizer, leader pharmaceutique mondial. Monsanto a officiellement été libéré de Pfizer, néanmoins Pfizer en a conservé certain sites de Recherche & développement.En France Sanofi-Synthélabo, l’entreprise pharmaceutique est devenue en 2004 Sanofi-Aventis suite à l’acquisition par le groupe français du groupe franco-allemand Aventis dont l’activité dans le domaine de la semence est regroupé sous le nom Aventis CropScience .Les exemples de ce type de fusion sont légions ces 10 dernières années, et concernent tous les grands noms d’une industrie désormais véritablement « chimico/pharma/semencière ».La frontière entre secteur privé et secteur public devient elle aussi de plus en plus ténue.Le « Codex Alimentarius », objet de pas mal de fantasmes, organe international financé par l’OMS et l’OMC, et dont il faut retenir le nom, mérite un article à lui tout seul sur ce thème, donc je passerai directement à notre situation franco-française

  • L’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), établissement public français dont la mission principale est d’évaluer les risques sanitaires pour les aliments et l’eau, a près de 65 % de ses experts entretenant des liens directs et souvent contractuels avec les industries chimiques et agro-alimentaires.A voir à ce propos le documentaire extrait de l’émission de 90 minutes de Canal+ sur les petits arrangements entre l’Afssa et Monsanto. A télécharger ICI (Vidéo de 17 minutes)Aux Usa, toujours en avance sur nous, les salariés de la FAO (Food and Agriculture Organization, soit en francais, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et de Monsanto sont mutés et transférés d’une structure à l’autre le plus naturellement du monde de la corporation à l’agence gouvernementale et inversement.Public et privé sont là-bas des notions bien plus désuètes que chez nous.A la base de cette pyramide, le consommateur. Quel est la connaissance, voire l’influence du citoyen lambda sur la chaine alimentaire ?Les agriculteurs représentent 1% de la population en France et 2% de la population mondiale. Le reste de la population, et plus que jamais celle des grandes agglomérations, en est dépendante et en est globalement réduite à la position perpétuelle de l’oisillon qui tend le cou sans trop savoir d’où vient ce qui lui tombe dans le bec et à quel prix (J’entends ici, quelles externalités.)Maintenant, quelques constats :L’agriculture pompe aujourd’hui 70% des ressources mondiales en eau et est responsable de 30% des émissions de gaz carbonique générées par l’humanité (ce chiffre exclut les fameux pets de ruminants, qui eux, expulsent du méthane)L’agriculture intensive aujourd’hui est majoritairement responsable du déboisement des forêt primaires équatoriales et du phénomène de désertification.« Selon une étude de l’ONU, les déserts (chauds et froids) couvraient 44% de la surface terrestre en 1977 contre 63% en l’an 2000. » (Source Wiki)

  • -Quelles sont les agricultures alternatives et quelles seraient les conséquences de leur application ?-Ecoagriculture, agroforesterie, permaculture sont des domaines de réflexions sur une agriculture différente, qui offrent déjà un univers de solutions étudiées, éprouvées et efficaces.Pour donner un exemple emblématique, le semis direct ou agriculture sans labour, qui commence à être adopté par un nombre croissant d’agriculteur en Amérique du sud.Le labour ne sert à l’origine qu’à éliminer les mauvaise herbes.Les 4 conséquence principales d’un labour sont néanmoins désastreuses, et sont les suivantes :

  • Destruction de la structure du sol, car la remontée vers la surface de champignons et fongus qui logiquement nourrissent la plante et conservent l’eau sous terre, tue ces éléments indispensables.

  • Libération de 1 tonne de gaz carbonique par hectare, gaz logiquement capturé par les plantes et stocké dans le sol. (Étude ICI)

  • Consommation de 140 litres de fuel par hectare par l’engin agricole. (+ gaz d’échappement)

  • Érosion du sol qui peut s’élever jusqu’à 25 tonnes par an et par hectare cultivé, ce qui correspond à environ 25 mm d’épaisseur de sol. La pluie et le vent emportent en effet la terre laissée à nu.-Conséquences à l’echelle mondialeL’agriculture intensive avec labour telle que pratiquée partout dans le monde est donc responsable de 30% des émissions de gaz carbonique, a éliminé 90% de la de faune fongique du sol en Europe. La majorité du blé européen n’est à ce titre plus « panifiable », et beaucoup de notre pain quotidien est dû à la sueur des fronts brésiliens et argentins qui nous exportent leur blé.Les insectes prédateurs naturels des cultures, n’attaquent et dévorent que les plantes malades. Les tonnes d’insecticide épandu sur les champs ne servent donc qu’à protéger des champs de fruits, légumes ou céréales malades de pousser dans des sols détruits par le labour et les engrais chimiques.Voir le constat édifiant d’un micro-biologiste des sols ICI-Selon une étude de la commission européenne, la perte de sol se monte à 25 milliards de tonnes par an dans le monde. Le labour qui, comme je l’ai expliqué plus haut n’avait à l’origine pour but qu’un désherbage, est en fait aujourd’hui conservé pour aérer la terre morte, dure comme du béton et tassée sur plusieurs centimètres, ou rien ne peut plus pénétrer, ni les graines, ni la pluie.(Marchez sur un sol en sous bois, puis sur un sol au milieu d’un champs, vous verrez tout de suite de quoi je veux parler...)Conséquences potentielles d’une adoption de l’agriculture sans labour à l’échelle internationaleL’agriculture sans labour réduirait les émissions de carbones au rare passage des engins agricole sur le champs (et l’on tombe à moins de 20 litres de fuel par hectare)Le sol garde sa structure, et nourrit véritablement la plante, dont les « défenses immunitaires » deviennent suffisantes et permettent l’abandon de la majorité des engrais, des pesticides et des anti-fongiques.Un tel changement de système d’agriculture, donc de culture permettrait ensuite à chaque pays un minimum agricole, de respecter les termes du protocole de Kyoto sur les émissions de gaz carbonique.

Citons aussi la technique du BRF (Bois Raméal Fragmenté) qui permet tout simplement d’abandonner l’arrosage..Science-Fiction ?La technique du BRF consiste en la mise en place d’une couche de 2 à 8 centimètres de résidus du broyage de branchages et permet une division par 10 de l’arrosage sur un champ. En France cela limite donc l’arrosage à ce que fournit naturellement la pluie, et en Afrique réduit considérablement la quantité d’eau nécessaire à la production alimentaire, dans des limites qui rendent cette consommation d’eau supportable et possible.Les exemples sont légions dans le registre de la re-création d’écosystèmes qui permettent ce quasi-miracle pour les profanes, d’avoir une agriculture plus productive, plus saine, et qui nécessite moins de travail.Les gains de productivité, qui sont véritablement le seul argument de vente de nos Drug-dealers agricoles internationaux, ne sont d’ailleurs finalement même pas au rendez-vous...Une étude publiée en avril 2008 par l’Université du Kansas conclut que le soja OGM a un rendement de 10% inférieur à celui de son équivalent naturel. Le professeur Barney Gordon, du département de recherche agronomique de cette université, affirme avoir débuté cette étude après avoir reçu des plaintes de cultivateurs.Sur le terrain ; en effet et notoirement, les champs OGM d’Argentine connaissent une baisse de production de 10% par hectares en moyenne.Notre agriculture « moderne » résultant de cette Révolution Verte d’après Seconde Guerre Mondiale, est en matière de respect de l’environnement, une erreur tragique, une blessure désastreuse dans l’histoire non seulement de l’humanité, mais de toute faune et flore de ce monde.Envisagé par le profane comme la panacée qui « a permis de nourrir toute la population mondiale dans cette ère d’explosion démographique », elle a dans le même temps scié une branche sur laquelle nous somme tous assis, en imposant un modèle agricole destructif.Ne bénéficiant véritablement qu’à 5, 6 de ces groupes semenciers et chimiques, ce modèle est donc une superbe arnaque, un exemple typique de délire culturel imposé à travers le monde au fil de l’histoire de la colonisation..Cette agriculture à l’européenne à déstabilisé des cultures entières qui ont oublié leurs traditions fermières (la société africaine... une des plus structurée au monde avant l’esclavagisme), fait oublier des merveilles de technicité agricole (la fabuleuse « Terra Preta » d’Amérique du sud précolombienne), et contribue aujourd’hui à détruire l’environnement en monopolisant des ressources en eau phénoménale, créant des déserts, et déversant des tonnes de produits chimiques dans les sols et l’eau.Le point d’orgue, véritable cadenas de la Révolution Verte, est aujourd’hui incontestablement la naissance et l’imposition des OGM dans le monde.La lutte pour la protection de l’environnement nécessite, selon tous les discours écolos actuels, que l’humanité, dans sa grande majorité cesse de calquer son train de vie sur l’occidental rêvé typique, classe moyenne-supérieure, et que cet hurluberlu là abandonne son propre train de vie et habitudes de sur-consommation et de sur-gaspillage.

Ne serait-il pas plus simple et plus rapide de changer les méthodes de travail des agriculteurs, qui eux ne représentent en effectif que 2% de l’humanité ?Les conséquences sur l’environnement seraient tangibles en à peine 3 ans, le temps de passer à une agriculture « bio », qui selon la FAO serait largement capable de nourrir l’humanité.Quel est l’objectif de l’agriculture aujourd’hui, dans le monde ? Nourrir la population croissante, supposée atteindre 9 milliards en 2030 ?C’est bel et bien un défi, mais en terme d’objectif, est-ce vraiment celui des 5, 6 compagnies semencières qui se partagent les bénéfices de la ventes de grain, et produits chimiques phytosanitaire .Le sujet est vaste, mais après quelques recherche sur les OGM on se retrouve systématiquement face aux infos relatives aux danger des OGM sur la santé humaine, danger qui concrètement se trouve être assez souvent une baisse de la fertilité, des hommes et des femmes.Accident industriels ?Je renvoie là encore à l’indispensable reportage de Canal+ ICI, et à 5 informations mainstream disponibles sous le lien suivant et dont l’intérêt est de mettre en relief une vraie stratégie derrière ces “accidents industriels”

Réduire la population mondiale, le véritable objectif des corporations semencières mondiale ?L’idée sonne a priori comme le fin du fin en matière de théorie du complot, et c’est l’hypothèse de F. William Engdahl dans son livre « Semences de destruction », paru en France en 2008, préfacé par José Bové et parrainé par la confédération paysanne.Un résumé du livre, en moins de 20 pages (pdf) est disponibleICIA lire de tout urgence, afin de voir plus clair dans le débat sur les OGM. A ceux qui n’ont qu’un sourire en coin à l’idée qu’un complot de ce type puisse exister, le fait est qu’ici, il ne s’agit pas vraiment d’un complot, dans la mesure ou toutes les informations à ce sujet n’ont plus rien de secrètes... le Mémo NSSM 200 rédigé par Kissinger en 1974 préconisant une réduction de la population mondiale en utilisant « l ’arme » agro-alimentaire à l’horizon 2000 est un document publique, disponible ICI.

Vous avez peut-être entendu parler, ou plus probablement lu, si vous lisez l’anglais, des articles sur cette nouvelle loi, actuellement en cours de débat parlementaire aux USA, la loi HR875 (au doux nom de Food Safety Modernization Act) qui grosso-modo et très sûrement autorisera le gouvernement des USA à décider de ce qui est cultivable ou non, jusque dans le jardin des citoyens, et démolit toute possibilité de culture bio par des petites fermes. La loi est défendue par une sénatrice démocrate, Rosa DeLauro , elle même mariée à une grosse légume de Monsanto.Mais c’est aux USA, c’est loin...-Pour vous sentir plus directement concerné, je vous conseille cette courte vidéo, ICI qui nous rapproche considérablement du problème, expliquant le cas de la condamnation de l’association française Kokopelli à 80 000 euros pour avoir simplement vendu des graines de tomates non autorisé sur le marché.Celles-ci avaient le désavantage de NE PAS être OGM. Ces plans de tomates, naturels, ne sont l’objet d’aucun brevet, et peuvent produire des tomates elles mêmes fertiles.. Les vendre est donc en France un acte criminel puni par la loi.Ces types de graines (celles simplement produites par la nature) sont aujourd’hui relativement difficiles à trouver dans plusieurs parties du monde.Cultiver des patates, des tomates ou des carottes dans son jardin, stocker, échanger des plants ou des graines deviendra peu à peu un acte révolutionnaire. Même Barack Obama a déjà eu l’occasion de se faire taper sur les doigts par les industries semencières pour avoir laissé sa femme tenter de médiatiser son petit potager derrière la Maison Blanche. Le défi alimentaire du siècle passe sans aucun doute possible par l’appropriation de l’agriculture par tous, la prise de conscience que la production alimentaire peut s’intégrer aux éco-systèmes, plutôt que les détruire et que, comme le préconise Pierre Rabhi, chacun d’entre nous s’empare de ce pouvoir, pour créer des oasis en tout lieu.C’est bel et bien une forme de résistance que nous serons vraisemblablement tous amenés à considérer ..."

-OGM. Semences de destruction
-ATTAC - Suisse | L’Arme OGM
-TSR Archives: l'arme de la faim
-Agriculture,OGM,AFFSA
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-Agriculture : autre régulation
-Le sénateur et Monsanto

samedi 25 juillet 2009

Palestine:impuissance verbale



Une colonisation qui ne doit rien au hasard

« Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt de la colonisation”. (N.Sarkozy)
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-Palestine : les mots ne suffisent pas pour stopper la colonisation | Rue89:
"Mercredi, le gouvernement français a publié un nouvel appel a l'arrêt immédiat de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens occupés en 1967. Cette déclaration correspond à une réalité indéniable, et je voudrais profiter de l'occasion pour avancer une solution positive sur cette question.A maintes reprises, le président Nicolas Sarkozy a appelé au gel de la colonisation israélienne dans les territoires occupés palestiniens. A l'occasion de son discours prononçé devant la Knesset le 23 juin 2008, le président de la République française a ainsi déclaré qu'« il “ne peut y avoir de paix sans l'arrêt de la colonisation”. L'arrêt de la colonisation israélienne en territoire palestinien constitue un premier pas vers la paix.Après près de 42 années de colonisation des territoires occupés, alors que la viabilité du futur Etat palestinien est aujourd'hui en péril, les condamnations officielles et les résolutions des Nations unies demeurent malheureusement sans effet. Avec près de 500 000 colons résidant aujourd'hui en Cisjordanie, dont 185 000 au sein et aux environs de Jérusalem Est, la situation est devenue insoutenable.
Il y a bien longtemps que les mots ne suffisent plus. Pour sauvegarder la perspective d'une solution de paix basée sur deux Etats, il serait important que la France comme l'Union Européenne se saisissent de ce problème crucial et relèvent le défi. L'urgence justifierait une action sur trois fronts.
Il convient d'abord de constater que l'explosion de la colonisation doit beaucoup aux avantages économiques octroyés aux colons. Selon un sondage de La Paix Maintenant, la grande organisation pacifiste israélienne, 77% des colons (en Cisjordanie, Jérusalem non compris) ont choisi d'habiter en Cisjordanie pour des raisons liées au “mode de vie” proposé. Le plus souvent, ces colons s'installent en territoire palestinien parce que l'Etat d'Israël leur offre des logements de qualité à bas prix agrémentés d'incitations financières.
La construction d'infrastructures et la mise à disposition de services à l'usage exclusif des colons entravent le fonctionnement normal des villes et villages palestiniens. Ce sont l'existence de ces colonies qui justifient largement les restrictions à la libre circulation des Palestiniens imposées par Israël, et matérialisées par les checks points et le Mur de Séparation.
A force de destructions de maisons et de confiscations de terres, mes compatriotes viennent grossir chaque jour les agglomérations palestiniennes existantes, et déjà surpeuplées. Enfin, l'extension des colonies et la main mise des autorités israéliennes sur les ressources naturelles palestiniennes limitent les sources de revenu à la disposition des Palestiniens. Elles privent des centaines de milliers d'entre eux des moyens de mener une vie décente.
La responsabilité israélienne est centrale. On ne peut cependant passer sous silence le comportement de nombreuses sociétés étrangères, qui finalement contribue au développement démographique et économique de ces colonies en Cisjordanie.
Notamment, certaines entreprises françaises, répondant à une commande israélienne, achèvent de construire un tramway à Jérusalem-Est occupé. Cette ligne de tramway ne sert pas le bien-être des Palestiniens mais vise à connecter les colonies israéliennes au centre de Jérusalem. Cette construction atomise un peu plus le tissu socio-économique palestinien tout en consolidant la mainmise d'Israël sur Jérusalem.
-Sans doute est-il nécessaire de rappeler que le transfert d'une population étrangère sur une terre occupée est prohibé par la quatrième convention de Genève du 12 août 1949, dont le Conseil de sécurité des Nations unies a maintes fois réaffirmé la validité. La résolution 465 du 1er mars 1980, affirme notamment que :
“ Toutes les mesures prises par Israël pour modifier le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle ou le statut des territoires palestiniens (…) y compris Jérusalem (…) n'ont aucune valeur en droit. ” Les Etats doivent donc “ ne fournir à Israël aucune assistance qui serait utilisée spécifiquement pour les colonies de peuplement ”.
Aussi, est-il devenu aujourd'hui indispensable que la France prenne les mesures adéquates afin d'empêcher ses entreprises et ses nationaux d'agir illégalement dans les territoires occupés palestiniens.Second terrain qu'il convient de couvrir : mettre fin à l'importation de biens produits dans les colonies. Au sein de l'UE, la France figure parmi les premiers importateurs de produits israéliens. Parmi ceux-ci, nombreux sont les produits qui proviennent en réalité de colonies situées en Cisjordanie.
Ainsi, des sociétés israéliennes implantées dans les colonies s'enrichissent injustement en exploitant la terre et l'eau illégalement soustraites aux Palestiniens, ressources qui devraient normalement permettre le développement économique palestinien.
L'UE et Israël disposent d'un arrangement qui prévoit que ces biens ne bénéficient pas de l'accord de libre-échange qui les lie. Mais comment peut-on accepter que ces biens, produits sur un territoire usurpé en violation du droit international, puissent même continuer à entrer sur le marché européen.
L'UE jouit déjà d'une relation étroite avec Israël. Elle peut dès à présent utiliser son influence auprès de son partenaire afin d'obtenir qu'il se conforme à ses demandes répétées de geler la colonisation. Il est grand temps d'adopter une nouvelle approche : Israël, comme n'importe quel Etat agissant en violation du droit international, doit comprendre que de tels agissements ont un coût.Seules des mesures concrètes prises par les grandes puissances et notamment l'Etat français et l'UE peuvent mettre fin au morcellement continu des territoires qui torpille les dernières chances de paix entre Israël et le peuple palestinien.
L'UE soutient ces territoires occupés à hauteur de 500 millions d'euros par an. Tout comme il relève de sa responsabilité de vérifier que cet argent sert directement la cause de la paix, il est de son droit de s'assurer que cet investissement n'est pas sabordé par la politique de “fait accompli” menée par Israël en territoire palestinien.
Agir sur le front des colonies, après des décennies de condamnations infructueuses, ce n'est pas favoriser un camp ou l'autre. Joindre les actes à la parole c'est au contraire sauver les derniers espoirs de paix sur la base de la cohabitation de deux Etats."(Hind Khoury)
-Etat palestinien compromis?
-Inquiétant racisme en Israël - AgoraVox

-Israël: le chef d'un parti religieux stigmatise l'administration américaine:
"Le chef spirituel du parti gouvernemental ultra orthodoxe Shass, le rabbin Ovadia Yosef, s'en est pris avec une rare violence à l'administration américaine, à cause de sa demande d'un gel de la colonisation israélienne."De quel droit ils nous disent: ici on construit, ici on ne construit pas, nous ne sommes pas leurs esclaves", a proclamé l'ancien grand rabbin sépharade d'Israël dans son prêche hebdomadaire, diffusé dimanche par les radios israéliennes.

Il a assuré à cette même occasion les fidèles que le jour venu, le "messie les chassera", ainsi que les "méchants qui se trouvent sur le Mont du Temple", en allusion au culte musulman et à l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, sur le site du temple biblique.Cette prise de position du fondateur du quatrième parti d'Israël (11 sièges sur 120), positionné très à droite, s'inscrit dans une série d'attaques virulentes de la droite israélienne contre l'administration de Washington, prenant plus particulièrement à partie des responsables d'origine juive tels Ram Emmanuel, le chef de l'équipe de la Maison Blanche.Un nouveau projet d'implantation juive à Jérusalem-est, annexé de facto après son occupation en juin 1967, a provoqué une nouvelle passe d'armes entre Israël et les Etats-Unis sur la colonisation dans les territoires occupés."Nous n'acceptons pas que des Juifs n'aient pas le droit de vivre et construire où que ce soit à Jérusalem-est", annexé de jure depuis 1981, a affirmé dimanche dernier le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu...."
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-Palestine en morceaux