Mes articles dans AGORAVOX (qui n'est plus ce qu'il était...) -signés: ZEN)-

samedi 9 janvier 2010

L'homme, son milieu,son histoire



Une autre manière d'écrire l'histoire

"Nous autres, civilisations, savons maintenant que nous sommes mortelles. (P.Valéry)

Considérer les rapports de l'homme avec son milieu naturel, ses ressources vitales, de manière à la fois économique et écologique, voir comment il transforme la nature tout en se transformant lui-même et sa société, jusqu'à mettre parfois en péril ses propres conditions de vie,

C'est une manière de faire l'histoire en profondeur ,sur une longue durée, en faisant appel à la géographie,l'économie,la climatologie...qui peut être riche d'enseignements pour nos propres sociétés elles-mêmes et leur devenir

Jared Diamond, biologiste, puis géographe, a tenté une démarche de ce type , dans le sillage d'autres qui avaient ouvert la voie : Le Roy Ladurie, Fernand Braudel notamment, en analysant ce qui s'est passé ou a pu se passer dans certains milieux écologiquement sensibles pour provoquer parfois la disparition de l'homme, comme dans l'ïle de Paques, le territoire des Aztèques ou le Groënland. Ce dernier lieu sera privilégié, car il a été étudié de manière plus approfondie
____________"Effondrement s’ouvre sur une question : comment des sociétés complexes et développées comme les cités mayas au Mexique et en Amérique centrale, les sociétés des Moche et de Tiahuanaco en Amérique du Sud, la Grèce mycénienne et la Crète minoenne en Europe, le Grand Zimbabwe et le Méroc en Afrique, Angkor et la société Harappan de la vallée de l’Indus, ou encore l’île de Pâques dans l’océan Pacifique, ont-elles pu subitement s’éteindre après s’être développées au point d’avoir laissé à notre contemplation médusée des ruines colossales ? Incidemment, il s’agit pour Diamond de se demander s’il est possible que les mêmes phénomènes se produisent dans des sociétés aussi puissantes que les Etats-Unis du début du XXIe siècle. Plus généralement, quelles leçons pouvons-nous tirer de ces disparitions pour parvenir à réguler le développement de nos propres sociétés ?"(N.Duvoux)

-"La catastrophe a ceci de terrible que non seulement on ne croit pas qu’elle va se produire, mais qu’une fois produite elle apparaît comme relevant de l’ordre normal des choses. » (J.P.D.)
-Jean-Pierre Dupuy : l’impensable des crises-
"S’il y a une chose que nous ne pouvons plus nous permettre, c’est de nous abandonner à l’optimisme scientiste qui compte uniquement sur la technique pour nous sortir des impasses où nous a mis la technique..."

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-Grandeur et décadence des sociétés humaines : à propos de Jared Diamond:
"...Effondrement, ne serait-ce que parce son thème – la chute des civilisations – et la thèse qu’il défend – l’écocide ou suicide des sociétés par dilapidation des ressources naturelles –, s’inscrit dans la filiation des livres qui ont marqué la prise de conscience de la responsabilité humaine dans la détérioration de l’environnement et dans le risque de fragilisation des sociétés qui en procède par un « effet-boomerang ». A titre de repères dans une histoire des idées qui reste largement à écrire, on peut rappeler que Hans Jonas a, le premier, ouvert une interrogation d’ordre éthique sur la responsabilité de l’homme dans la soumission de la nature à la technologie une Le principe responsabilité . Ce disciple d’Heidegger mettait en garde contre l’irréversibilité de l’impact de la technologie moderne sur l’équilibre naturel. Selon Jonas, l’humanité doit reprendre une maîtrise sur la technique moderne pour éviter d’être rattrapée par les catastrophes que son développement aura engendrées. Jonas tirait un nouveau concept de responsabilité dont l’objet propre est la perpétuation indéfinie de l’humanité dans l’avenir. Puisque l’homme a la capacité de détruire la nature, il a de nouvelles obligations dont la singularité est de procéder de l’avenir. La réflexion sur la fragilisation des sociétés induite par le développement technique et la diffusion technologique a également été prolongée par le livre d’Ulrich Beck, La société du risque...
L’auteur distingue les processus par lesquels les sociétés anciennes ont causé leur propre perte en endommageant leur environnement. Ils sont au nombre de huit, dont l’importance relative varie selon les cas : la déforestation et la restructuration de l’habitat ; les problèmes liés au sol (érosion, salinisation, perte de fertilité…) ; la gestion de l’eau ; la chasse excessive ; les conséquences de l’introduction d’espèces allogènes parmi les espèces autochtones ; la croissance démographique et l’augmentation de l’impact de l’activité humaine sur les habitants. Ce type d’effondrement soudain n’est pas limité au passé. L’inquiétude face à la menace d’écocide est d’autant plus grande que les problèmes environnementaux auxquels les sociétés modernes sont confrontées sont identiques à ceux qui ont causé la chute des sociétés du passé. Mais il faut en plus rajouter à ceux-ci quatre autres facteurs : les changements climatiques causés par l’homme ; l’émission de produits chimiques toxiques dans l’environnement ; les pénuries d’énergie et l’utilisation humaine maximale de la capacité photosynthétique de la terre.
___Toutefois, selon Diamond, l’effondrement des sociétés n’est jamais imputable seulement aux facteurs écologiques. L’auteur a ainsi identifié cinq facteurs potentiellement à l’œuvre dans tout effondrement environnemental. Quatre d’entre eux peuvent se révéler significatifs pour une société donnée. Il s’agit des dommages environnementaux, du changement climatique, de la présence de voisins hostiles ou de l’absence relative de partenaires commerciaux amicaux. Le cinquième facteur identifié par Diamond, à savoir les réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux est, quant à lui, toujours significatif. Encore une fois, on voit à quel point les débats liés à la réception de son précédent ouvrage l’ont conduit à infléchir sa démarche – notamment en ce qui concerne la prise en compte de la rétroaction de l’action humaine sur l’environnement...."
-Manicore - Effondrement

Une étude de cas:Le Groenland, ou le mythe du pays vert de l'an mille - AgoraVox(Waldgänger):
"Plus grande île du monde si l’on considère l’Australie comme un continent, le Groenland fut à vrai dire laissé dans une tranquille indifférence pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, ce territoire jouit d’un regain d’intérêt, surtout lié à son statut de lieu exposé au changement climatique. Les partisans du réchauffement trouvent l’état de ses glaciers alarmant. Pour leurs adversaires, le Groenland était,
au moment de sa découverte en l’an mille, un endroit verdoyant où les vaches broutaient paisiblement, dans un climat bien plus doux qu’aujourd’hui, avant que la dégradation du climat à partir du XIVème siècle ne mène à la disparition de la colonie au XVème siècle. Cette vision romantique du Groenland ne correspond pas à la réalité : ce milieu n’est en réalité pas très différent de ce qu’il était il y a 1000 ans, et l’existence de la colonie viking fut toujours précaire, dans des milieux qui existent toujours, contrairement à ce qui est parfois sous-entendu(...)
Les meilleurs emplacements sont à l’intérieur des fjords, dans des endroits abrités des vents marins et de l’influence des glaciers proches, qui jouissent de microclimats favorables, car les conditions changent très vite au Groenland.Dans les meilleurs endroits du Sud, on peut observer ce genre de paysage au fond des vallées. Les trois premières images de
ce lien, celle d’un autre et celles des trois pages d’un dernier sont également des exemples.

Dans le deuxième secteur le plus favorable qui, comme le premier, coïncide avec l’emplacement d’une des deux colonies vikings du Groenland, on peut également observer des formes de végétation basse. Les températures estivales sont identiques à celles du Sud. Néanmoins, situé à 500 kilomètres au plus au nord, la saison végétative n’y est pas aussi longue (cinq mois contre sept au Sud). On voit que l’herbe y est plus rase et les arbustes plus petits qu’au Sud, même si le milieu reste utilisable pour l’élevage(...)
(...)Les Vikings ne vécurent pas dans un « Greenland » qui portait bien son nom en l’an 1000 et aurait cédé la place à un enfer blanc. En réalité, leur mode de vie révèle plus qui ils étaient qu’un état du climat du Groenland. Leurs colonies furent toujours réduites, vécurent difficilement, dans des secteurs de l’île qui étaient incontestablement les plus favorables, semblables à aujourd’hui, mais pas du tout représentatifs de l’immense majorité des milieux groenlandais, qui restent aujourd’hui comme hier, radicalement hostiles à toute implantation humaine. "
Le mythe du Groenland vert

-Google E:"narsarsuaq"-"Umanak".

-http://p6.hostingprod.com/@treks.org/arctic_greenland_map.jpg
- le site de Thulé:une végétation limitée, rase et parfois parsemée de plaques de neige"
-"Les trois premières images de ce lien"-"A Narsarsuaq, au Sud du Groenland, où se concentre l’essentiel des plantations, se trouvent ainsi 100 000 arbres, sur 200 hectares."

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-La Société du risque - Ulrich Beck
>Risque global
-Principe de Cassandre -Revue philosophique
-Optimum climatique médiéval
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- Serons-nous l'exception ?

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